00:00Europe 1.
00:01Eliott de Valais-Vous. Il est 11h20 sur Europe 1, merci d'être avec nous pour la suite d'Eliott
00:06de Valais-Vous.
00:06On continue de parler de cet acte 2, des manifestations et des violences qui pourraient, comme le week-end dernier,
00:11en émailler le message,
00:12toujours en compagnie de Georges Fenech, ancien magistrat.
00:14C'est Sébastien Nigné, journaliste au côtier d'Eliott de Val, jusqu'à 13h.
00:19On va écouter le Premier ministre Laurent Nouniez qui a pris la parole à Paris ce matin.
00:24J'ai dit le Premier ministre, oui pardonnez-moi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez.
00:29Merci monsieur le magistrat de m'avoir repris.
00:31Laurent Nouniez à l'école nationale de police ce matin, l'école nationale qui se situe dans Paris, dans le
00:3712e arrondissement de Paris.
00:38On sait qu'on aura probablement des groupes disparates qui vont essayer de créer des incidents,
00:43soit s'en prendre au commerce, piller les commerces, s'en prendre aux institutions, s'en prendre aux forces de
00:47sécurité intérieure.
00:48Et vous savez que le maître mot aujourd'hui, ce sera la mobilité, la réactivité, l'adaptabilité,
00:54et qu'on puisse impacter vraiment les groupes à risque.
00:57C'est vraiment les instructions que j'ai passées partout en France.
00:59Qu'on soit absolument intraitable.
01:00Il faut qu'on soit hyper, hyper, hyper réactif.
01:03Et il faudra qu'on soit extrêmement mobiles.
01:05Vous avez le soutien de la hiérarchie.
01:07Vous avez le soutien du ministre aussi.
01:09Souvenez-vous-en toujours.
01:10Toujours.
01:11Moi je suis derrière vous.
01:12Je sais qui vous êtes.
01:13Je sais ce que vous affrontez.
01:14La violence de ce que vous affrontez.
01:16Et vous pouvez aussi compter sur mon soutien.
01:18Et je sais que vous agissez dans un cadre légal et réglementaire.
01:21Je sais que tout ce que vous faites est proportionné.
01:23Et donc je sais que tout se passera bien.
01:24Et que vous saurez parfaitement intervenir et maintenir l'ordre.
01:28Alors cette déclaration, elle est intéressante.
01:30Je sais que tout ce que vous faites, vous le faites de manière proportionnée.
01:34On est loin, très loin de la gueulante d'un certain Emmanuel Macron,
01:40qui, il y a dix jours, restreignait l'utilisation et suspendaient l'utilisation des grenades d'un encerclement.
01:49Des grenades d'assourdissante, pardon.
01:51Et parlaient des policiers comme d'une police qui manquait d'empathie.
01:57Sébastien Ligny et Georges Fenech.
01:59Dix jours plus tard, rattrapés par le réel peut-être,
02:02Laurent Nouniez qui entretient des relations très étroites avec le président de la République,
02:08à qui il a remis sa démission le week-end dernier, démission refusée.
02:14Et bien aujourd'hui, Laurent Nouniez n'est pas la voix d'Emmanuel Macron, attention.
02:19Mais il est le Premier ministre, il est donc, vous savez, il faut le dire aux auditeurs d'Europe 1,
02:23la place Beauvau, on dit souvent que la place Beauvau, c'est vraiment le second bureau de l'Elysée.
02:30L'antichambre.
02:30L'antichambre de l'Elysée, puisque l'Elysée et le ministère de l'Intérieur sont quasiment côte à côte.
02:37Donc c'est très intéressant d'avoir ce discours-là, qui est loin, très très loin,
02:41des accusations et des accusations d'Emmanuel Macron contre les policiers.
02:45Peut-être que je me trompe et que je suis candide ou trop naïf,
02:48mais j'ai quand même malgré tout l'impression qu'en effet,
02:51le 17 octobre a servi de piqûre de rappel ou de piqûre du réel,
02:57notamment pour le gouvernement,
02:58et que certains sont peut-être tombés de très très très haut
03:01en voyant l'état aujourd'hui de la menace de la délinquance et de l'insécurité dans ce pays.
03:05Je pense, et d'ailleurs on l'a tous sous-estimé samedi dernier,
03:09mais je pense qu'on savait que c'était une possibilité.
03:11En tout cas, une majorité de Français qui vivent l'insécurité au quotidien
03:15savaient qu'une mobilisation pareille pourrait très mal finir.
03:18Mais je pense que le gouvernement est tombé de très haut
03:19et qu'ils se sont rendus compte samedi dernier
03:21qu'il y avait en effet un nombre incalculable de casseurs professionnels,
03:25mais que surtout, il y avait une masse de pillards, de jeunes, de lycéens, d'opportunistes,
03:31et cette masse-là, qui se compte en dizaines de milliers,
03:34il l'avait totalement sous-estimée,
03:35et je pense que ça a servi de piqure de rappel.
03:37Je suis en train de rescruter les images également depuis Orléans,
03:40où se tient la convention du Rassemblement National,
03:43dans une ville qui a été bonkérisée,
03:45avec des présences policières en masse.
03:49Il y a une manifestation qui est organisée à l'appel de la CGT,
03:53à l'appel de la France Insoumise,
03:55on voit des drapeaux également du Parti Socialiste en première ligne.
03:58Il y a Sophie Binet, mais également Olivier Faure,
04:04tout cela alors que les policiers, peut-être,
04:07devraient être concentrés sur la petite et la grande délinquance,
04:11et la menace terroriste,
04:12plutôt que de sécuriser une ville pour une convention.
04:15Non mais ces gens sont d'une indécence complète,
04:18mais ce n'est pas le sujet.
04:19Je regarde quand même les images,
04:21et je me dis que finalement ce qui se passe à Orléans
04:24est bien triste pour nos commerçants,
04:26et bien triste aussi pour la démocratie.
04:29Ahmed est avec nous.
04:30Il nous appelle depuis Paris.
04:32Bonjour Ahmed.
04:33Bonjour.
04:34Bonjour à vous tous.
04:35Et c'est un...
04:36Vous êtes buraliste, Ahmed,
04:38et vous êtes un buraliste qui a vu son bar tabac saccagé
04:43dans le 10e arrondissement de Paris la semaine dernière.
04:46Comment allez-vous, Ahmed ?
04:47Oui.
04:48Écoutez, ça va un peu mieux grâce aux habitants
04:51qui sont autour de moi,
04:53mais voilà, ça fait mal au cœur de voir tout mon commerce
04:58pillé, saccagé, vandalisé.
05:01Votre commerce, vous avez pu rouvrir ou pas, Ahmed ?
05:05Non, je ne peux pas ouvrir encore,
05:06parce qu'il est dans un état impossible d'ouvrir tout de suite.
05:10Ça sera des travaux de 1 à 2 mois environ.
05:131 à 2 mois ?
05:15Est-ce que vous avez réussi à chiffrer
05:19les dégâts qui ont été causés dans votre bar tabac ?
05:24Pour l'instant, je n'ai pas chiffré.
05:26Honnêtement, tout est cassé à l'intérieur.
05:28Ils m'ont tout saccagé, tout cassé,
05:32rien qui reste à l'intérieur.
05:35Donc, je n'ai pas chiffré encore.
05:36Je suis en train de tout préparer avec mon comptable,
05:39les factures.
05:39L'expert de l'assurance est passé il y a 12 jours.
05:43Du coup, là, on est en train de préparer ça.
05:45Je vais faire intervenir 2-3 sociétés pour faire des devis.
05:48Et à ce moment-là, j'aurai un peu une idée
05:51de combien ça va me coûter tout ce massacre.
05:56Et vous parlez de massacre.
05:57Ahmed, vous êtes buraliste depuis combien de temps ?
06:01Alors là, dans cette affaire-là,
06:03je suis buraliste depuis un an et demi environ.
06:05Mais j'avais déjà une affaire avant
06:07que j'ai vendue dans le 18e arrondissement de Paris.
06:09J'ai racheté ici il y a un an et cinq mois environ.
06:16Et c'est tout s'effondre en l'espace de quelques minutes.
06:20C'est combien de personnes qui sont rentrées dans votre bar tabac ?
06:25Vous étiez présents au moment des faits ?
06:26Non, j'ai pris la décision de fermer ce jour-là.
06:29Comme je me doutais un peu que c'est une manifestation un peu dangereuse,
06:35même si on n'a pas eu l'info.
06:36Mais j'ai pris la décision de fermer.
06:39Donc, aux alentours de 15h, 15h30,
06:41il y avait une quarantaine, 50 personnes
06:45qui couraient vers le rideau
06:46à l'extérieur de mon établissement,
06:49voire plus de personnes.
06:51Donc, ils étaient équipés.
06:54Ils avaient des pieds de biche.
06:56Ils avaient plein de choses avec eux.
06:58Jusqu'à ce qu'ils ont réussi à l'arracher,
07:00une cinquantaine de personnes sur un rideau.
07:01Et à un moment donné, il va lâcher.
07:04Ils ont réussi à l'abîmer, à le casser.
07:09Donc, ça, c'était la première vague.
07:10Ils sont rentrés à l'intérieur.
07:11Cette vague-là, principalement, elle n'a fait que de pillages.
07:14On volait toutes nos marchandises de cigarettes.
07:17Et au bout de 10h, 15h, voire 20 minutes,
07:21ils sont sortis, ils sont partis.
07:22À ce moment-là, il y avait la nuit qui commençait à tomber.
07:26Donc, il y avait la deuxième vague.
07:28Celle-là, elle était vraiment méchante.
07:29Et c'est celle-là qui m'a saccagé tout mon bar,
07:32tout mon tabac.
07:33Ils ont continué à piller, à casser, à massacrer.
07:38Voilà.
07:38Une journée, le fruit de tous les efforts
07:41que j'ai faits depuis un an et demi,
07:43elle est partie.
07:44On n'a rien de temps.
07:46Écoutez, Ahmed, on pense très fort à vous.
07:48On vous apporte tout notre soutien, bien sûr.
07:50Si vous souhaitez en parler, en studio ou en plateau,
07:54qu'on puisse suivre un peu votre parcours
07:58pour être évidemment dédommagé,
08:00mais surtout pour pouvoir reconstruire à l'identique
08:05ce qui a été saccagé par ces sauvages,
08:08n'hésitez pas.
08:10Et notre plateau sera toujours à votre disposition, cher Ahmed.
08:15Courage, on pense fort à vous, Ahmed.
08:17Merci d'avoir témoigné au 01-80-20-39-21.
08:21On revient dans un instant.
08:22On ira à Orléans.
08:23Les manifestations anti-rassemblement national
08:25s'élancent.
08:26Le théâtre antifasciste est donc en marche
08:29du côté d'Orléans.
08:30On sera avec Edwige Diaz,
08:33sénatrice de Gironde et présidente du groupe RN au Sénat,
08:36qui réagira à 11h30 avec nous.
08:38Restez avec nous.
08:39Merci.
08:39Merci.