Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 minutes
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Elle ne sera pas ouverte aujourd'hui, pourquoi ?
00:02En effet, normalement plein d'enfants, plein d'anniversaires, de joie, des rires d'enfants.
00:09Et samedi 17, juste après la fermeture, nous avons été pillés, assaillis, des meutiers, de bêtes féroces armées
00:21qui ont saccagé nos vitres et qui sont parvenus à entrer.
00:25On était nous-mêmes dans le bâtiment, j'avais rejoint mes collaborateurs.
00:30Et ils ont tout pillé, ils ont tout brûlé.
00:33On a réussi à évacuer.
00:35Ce que je ne comprends pas, Cécile, c'est pourquoi ils se sont attaqués à un parc de loisirs,
00:41une sorte de jardin d'enfants, en quelque sorte.
00:44Aucune explication. Un parc de jeux couverts pour enfants.
00:47Je suis installée dans ce secteur depuis 20 ans.
00:49On a les fêtés les 21 ans de l'établissement.
00:52C'est une zone de loisirs avec un bowling, une patinoire, un cinéma au pied du centre-ville.
00:5920 ans, un quartier, c'est vrai, qui avait déjà eu des difficultés en 2023.
01:04Donc, seconde période des meutes et elle a été fatale pour nous.
01:08Ils ont encerclé le bâtiment.
01:10J'ai très vite compris qu'on était en grand danger.
01:13Je ne fais pas de politique, je suis chef d'entreprise,
01:15mais je dénonce quand même un abandon,
01:17puisque j'étais 30 minutes sans aucun renfort, ni de police, ni de pompiers.
01:22Nous étions paniqués dans ce bâtiment dont on savait qu'on allait être prisonniers.
01:27Heureusement, j'avais vécu 2023 et donc j'ai donné des consignes précises à mes collaborateurs
01:31pour qu'on puisse évacuer.
01:33Mais on a vécu le pire.
01:35C'était barbare, c'était violent, c'était inédit, c'était inexpliqué.
01:39Et mes collaborateurs sont très, très, très choqués.
01:42Vous dites que c'était barbare, c'était violent.
01:44Vous avez été confrontée aux émeutiers ?
01:48Bien sûr.
01:49Et vous avez essayé de parler avec ces individus ?
01:52Non, du tout. Non, on a fui.
01:53Non, non, j'ai fait fuir mes collaborateurs.
01:56J'ai fait fuir mes collaborateurs parce qu'ils sont arrivés en hurlant,
01:59ils ont tout saccagé, ils ont mis des bidons d'essence et ils ont mis le feu.
02:03Donc, il fallait fuir.
02:04Certains de ces émeutiers ont été retrouvés une semaine après ou pas ?
02:08Aucun.
02:08Aucun.
02:09Et c'était des gens qui étaient cagoulés ou leur visage était...
02:13Certains pouvaient déceler leur visage ?
02:17Tous étaient en jogging avec des cagoules et des masques d'Halloween.
02:23Aucun.
02:23On n'a vu que des yeux et encore très, très peu.
02:26Ce qui m'a marqué, c'est que vous avez dit, Cécile, j'ai vécu 2023.
02:30Pourquoi vous dites j'ai vécu 2023 ?
02:31Au moment des émeutes de Naël, votre parc de loisirs a là aussi été attaqué ?
02:36Oui, déjà.
02:37Et quand je vous dis que j'ai vécu 2023, c'est que c'est une entreprise familiale.
02:41Je travaille avec mon papa qui a 83 ans, qui est encore directeur financier, et mes deux fils qui ont
02:46rejoint l'entreprise.
02:47Donc, j'étais en train de préparer une transmission.
02:49Et en effet, en 2023, j'ai passé trois nuits dans le bâtiment.
02:53Quand mon voisin, le bowling a brûlé, je suis restée trois nuits dans le bâtiment avec mon compagnon et des
03:00extincteurs prêts à éteindre tout départ de feu.
03:03Et chance pour nous, en 2023, les vitres double sécurité avaient réussi à résister aux assaillants.
03:10Et là, ça a été très, très, très rapide et très, très violent.
03:14Ils étaient très préparés.
03:17Cécile, vous avez envie de dire quoi aux auditeurs d'Europe 1 qui nous écoutent ?
03:21Peut-être aux Français qui partagent votre colère, votre tristesse ?
03:25Parce qu'aujourd'hui, vous avez réussi à chiffrer le coût des dégâts ?
03:31Eh bien, il y a plus de 600 000 euros d'investissement à l'intérieur.
03:35Un bâtiment qui est fini de payer, 1 200 mètres carrés.
03:39Là, on perd d'exploitation puisque nous entamons la période un petit peu plus hivernale.
03:44Donc, pour une activité indoor très, très forte.
03:46On est sur les mois qui arrivent à plus de 300 000 euros de perte d'exploitation.
03:50Ce que je veux dire aux Français, c'est que moi, je suis chef d'entreprise et j'ai vécu
03:54beaucoup d'adversité entrepreneuriale.
03:56L'entrepreneuriat aujourd'hui, c'est très, très compliqué.
03:59Il faut être robuste.
03:59Le mot résilience, on n'en peut plus.
04:02Moi, je voulais être protégée par l'État.
04:04Je voulais que les pompiers puissent intervenir alors qu'ils se sont fait caillasser.
04:07Je ne comprends plus.
04:09Je ne comprends pas pourquoi nous, commerçants, petits chefs d'entreprise, on est la cible d'un climat social tendu.
04:15Je ne suis pas d'accord du tout.
04:17Je ne comprends plus.
04:18Et je ne veux plus me battre surtout.
04:20J'arrête.
04:20Je ne veux plus me battre.
04:22Quand vous dites vous arrêter, Cécile, ça veut dire quoi ?
04:25Ça veut dire que j'avais un projet de 12 millions d'euros.
04:28avec 64 créations d'emplois.
04:31Et dans la nuit du 17 au 18, j'ai écrit à toute autorité, je lève le crayon.
04:36J'arrête l'entrepreneuriat en France.
04:38Quand les chefs d'entreprise ne sont pas protégés par l'État face à des assaillants qui, de toute façon,
04:42seront impunis.
04:43Parce que tous les assaillants de 2023 qui ont été interpellés ont été relâchés.
04:47Et ça, c'est une injustice.
04:49Parce que, oui, effectivement, si j'avais été armée samedi, il y aurait eu un massacre.
04:54Et je comprends.
04:55Je comprends les gens qui veulent s'armer.
04:57Parce que c'est inégal.
04:58Cécile, permettez-moi de vous reprendre.
05:01Évidemment, je ne vous fais pas la leçon.
05:05Je n'ai vraiment pas...
05:07Ce n'est pas du tout mon style.
05:08Vous savez que mon rôle, en revanche, c'est de modérer.
05:11Les propos qui peuvent être tenus sur le plateau.
05:14On sait à quel point, dans un studio,
05:17on sait à quel point le climat est un climat de surtention, de surviolence, etc.
05:25Et permettez-moi de retirer ce que vous avez dit en disant
05:30que si j'avais été armée, j'aurais pu faire un massacre.

Recommandations