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Avec Xavier Dupin, Secrétaire départemental adjoint Un1té du Bas-Rhin

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Transcription
00:00– Bonjour à vous, Xavier Dupin. – Bonjour, M. Aquili.
00:07– Bonjour et soyez le bienvenu. Vous êtes secrétaire départemental,
00:11adjoint d'Unité Police Nationale dans le Barin.
00:14Xavier Dupin, très franchement, qu'est-ce que vous craignez ce samedi ?
00:20Qu'est-ce que vous envisagez ? Qu'est-ce qui va se passer du côté de Strasbourg, selon vous
00:25?
00:25– Je pense, comme ça s'est passé la semaine dernière,
00:30en plus, nous avons une particularité qui va arriver ce week-end,
00:36nous avons deux points de rassemblement, un qui se retrouvera au Parlement
00:41et un autre, Place Clébert, place sur laquelle, la semaine dernière,
00:46le cortège des manifestants est parti.
00:48– Donc, double difficulté pour vous. Ce 17 octobre, pour vous, c'est un point de rupture ?
00:54– C'est un point de rupture. La chose des collègues qui ont été sur le terrain,
01:00vous savez, à Strasbourg, nous sommes spécialisés et connus pour le maintien de l'ordre,
01:05vu que c'est une capitale européenne, et j'ai des collègues qui ont connu l'OTAN.
01:10– L'OTAN et les Black Blocs ?
01:12– Oui. – Tout à fait, à l'époque. Et des collègues qui étaient présents sur le terrain
01:17m'ont dit que la violence dont ils ont été victimes a été supérieure à ce qui avait été connu
01:24pour l'OTAN.
01:26– Donc, imaginez que l'actuel supérieur, c'est-à-dire qu'ils n'avaient jamais vu une organisation
01:32et des attaques envers eux, dès le début, ça a commencé très tôt sur Strasbourg la semaine dernière.
01:38Il faut le savoir que dès 10h, 10h30, des groupuscules d'ultra-gauche, d'extrême-gauche,
01:45des Black Blocs ont commencé à attaquer les forces de l'ordre dès le matin.
01:49Et ça a continué jusqu'à 22h30, avec une particularité d'autres casseurs et de pilleurs.
01:56– Vous avez eu du pain. On a envie de vous dire, mais qu'est-ce qu'il faut faire
01:59?
01:59Qu'est-ce que vous pouvez faire vous-même, parce que vous êtes en première ligne avec vos collègues ?
02:05Quand on dit « Engager la force », jusqu'où est-ce que vous pouvez aller ?
02:09Parce que vous avez affaire à des clients, si je puis dire, en face,
02:12qui, eux, ne cessent jamais, n'arrêtent jamais.
02:16– La force qui est légitime donnée par l'État aux forces de l'ordre,
02:22et dans ces cadres-là de violences urbaines et de maintien de l'ordre,
02:26nous obéissons aux instructions et aux ordres qui nous sont donnés,
02:29à savoir par le préfet et le directeur interdépartemental à la police nationale,
02:34M. Haillet, dans le cadre légal du code pénal qui nous autorise à pouvoir répondre.
02:41Mais, comme je dis, c'est sur ordre, c'est-à-dire que si nous bougeons,
02:46notre mobilité, les endroits où nous allons, les armes utilisées sont uniquement sur ordre.
02:52Donc, je vous dirais qu'à un moment donné ou à un autre, actuellement,
02:56Strasbourg, lors de la dernière manifestation, il y a tellement eu de gaz lacrymogène utilisé
03:03que vous aviez l'impression, excusez-moi du terme, d'être en Bretagne en plein brouillard.
03:08Vous voyez ce que je veux dire ? Tellement qu'il y en avait.
03:10– Donc ça, ce n'est pas la bonne méthode, ça ?
03:14– La méthode, en fait, actuellement, c'est celle-là qui existe.
03:18C'est-à-dire qu'on évite, comme ces groupuscules cherchent à vouloir blesser ou tuer du policier
03:27avec des préméditations, puisqu'ils s'équipent, ils sont presque plus équipés que nous.
03:31Ils ont des masques de ski au dernier cri, ils ont des masques à gaz au dernier cri,
03:37des choses comme ça.
03:38Donc, si vous voulez, on utilise, on essaie de les tenir à distance
03:41pour éviter le nombre de blessés.
03:43Malgré cela, sur Strasbourg, nous en avons eu quand même la semaine dernière 24,
03:4810 CRS, donc un blessé à la jambe, et 14 collègues du 67, dont un à l'épaule.
03:55D'ailleurs, je tiens à avoir une pensée à eux d'un bon rétablissement.
03:59– Il faudrait augmenter la force, Xavier Dupas ?
04:03– La force, plus de force, là, il faut voir avec le législateur,
04:07si vous parlez de la loi. Maintenant, on va dire une chose,
04:12vous savez, la police nationale, malgré des efforts à la rigueur,
04:15je dirais conséquents, quoique de l'État, sur Strasbourg,
04:20nous manquons de 145 fonctionnaires de police, pas fonctionnaires de policiers.
04:25Donc, quand vous avez des manifestations comme nous avons eu jusqu'à 15 000 personnes
04:29la semaine dernière, donc 5 000, il faut dire, black blocs,
04:34suivis à l'issue de pilleurs et voyous et voleurs,
04:38il est sûr que là, l'effectif manque et c'est criant.
04:42Et puis, j'irai plus loin, le manque de moyens,
04:46voilà, la police nationale s'est connue, en 2025, pardon, 2024-2025,
04:51on n'a pas acheté de véhicules, de manteaux, et on a un matériel désuet.
04:56Vous savez qu'à Strasbourg, on a dû demander,
04:58on a rappelé des collègues pour faire du maintien de l'ordre
05:01et qu'ils n'ont pas de jambières de protection.
05:03– Donc, sous-effectifs, manque de moyens,
05:05Xavier Dupin, c'est quoi, c'est Mission Impossible ?
05:09– Ah ben, vous savez, les collègues,
05:11alors je ne dirais pas Mission Impossible,
05:12parce que le policier dans l'âme défendra,
05:17parce qu'il a ça dans le cœur et dans l'âme,
05:21défendra le drapeau français, la nation et la République.
05:25Et actuellement, c'est ce qu'il est en train de faire,
05:27c'est-à-dire, c'est vraiment les collègues qui sont sur le terrain
05:31et en enquête, parce qu'il ne faut pas oublier que nous avons
05:33les enquêtes derrière qui doivent être suivies,
05:38ne lâcheront pas.
05:39Maintenant, je vais vous dire, M. Aquilly,
05:41on arrive quand même à une fatigue importante.
05:45Voilà.
05:45Et puis, vous savez, un policier a besoin d'être soutenu.
05:51Notre directeur départemental, M. Haillet, nous soutient,
05:54mais vous savez, les mots du président de la République,
05:56lorsqu'il a employé les mots de pédagogie et d'empathie
06:00lors des manifestations, alors qu'on avait des blessés déjà,
06:04les collègues sur le terrain ont ressenti ça,
06:08ils ont été scandalisés, écœurés, ils se sont sentis abandonnés.
06:12Et vous savez, lorsque des troupes se sentent abandonnées,
06:15je reprendrai les déclarations de Reda Bellage.
06:18J'espère que ça n'arrivera pas qu'un collègue reste sur le carreau
06:23et soit blessé ou mort, parce que là, je pense que des collègues
06:27prendront des décisions importantes.
06:29Et c'est votre message ce matin.
06:31Merci infiniment.
06:33Xavier Dupin, merci à vous.
06:34Je rappelle...
06:35Je remercie, M. Aquilly.
06:37Vous êtes secrétaire départemental adjointe d'Unité Police Nationale
06:39dans le bar.
06:40Merci à vous d'avoir témoigné.
06:43Exactement, et exactement, seul syndicat représentant le corps d'encadrement
06:45et d'application des personnels administratifs, techniques et scientifiques
06:49et de la police technique et scientifique et des PA.
06:52Voilà, je vous remercie, M. Aquilly.
06:53Merci pour votre franc parler ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
06:55Merci, Xavier Dupin.
06:56Merci.
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