00:00Ce qui est en train de se passer dans le pays est extrêmement grave, et cet événement qui est grave
00:05va en rajouter.
00:08Et je crois qu'il est important de ne pas se tromper dans l'analyse du problème.
00:11Je suis atterré par ce qu'a dit le Président de la République, et vous savez pourquoi ?
00:16Parce que c'est moi qui ai écrit la circonstance aggravante dans le Code pénal.
00:20Ça a été voté en 2003, il y a 23 ans.
00:23J'ai doublé les peines, en cas de délit ou de crime à caractère raciste ou antisémite, sur des personnes
00:30qui sont tuées ou blessées,
00:32parce qu'on pense qu'ils sont telle ou telle religion ou telle ou telle croix.
00:35Ça fait 23 ans que nous nous enfonçons dans des clivages, dans des coupures, autour de la notion de race.
00:44C'est gravissime, et on n'en sort pas.
00:47Quand le Président de la République dit que c'est un tournant, il a oublié, et Amine a très bien
00:52fait de le rappeler,
00:53tous les morts qui ont jalonné ces 23 dernières années, dans toutes les communautés de notre pays.
01:00Des catholiques, des juifs, des musulmans, des noirs, tout le monde a été touché.
01:07Et nous sommes à la veille de manifestations extrêmement graves.
01:11La semaine dernière, on a vu les violences venues des banlieues.
01:16Demain, il y a des violences qui vont probablement arriver à Orléans,
01:21parce que le Front National, ou le Rassemblement National, tient son congrès.
01:26On est dans une situation qui est extrêmement grave.
01:29Donc, ce que je regrette, c'est que le Président de la République,
01:33au lieu de se tromper sur le diagnostic, ne donne pas les leçons de cette affaire.
01:37Il faut les tirer. Il faut absolument que la race cesse d'être le clivage politique de notre pays.
01:44Or, malheureusement, c'est le cas depuis longtemps.
01:48Et j'allais dire depuis 1983, avec le début de « Touche pas à mon pote », etc.
01:52On a installé, au nom de l'antiracisme, c'est très important ce que je vais dire là,
01:57au nom de l'antiracisme, on a fait de la race le clivage de notre vie politique,
02:01et on le paye tous les jours.