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  • il y a 2 jours
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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00:00Bonjour à vous.
00:0216h18, Pascal Praud et vous sur Europe 1.
00:05Bonjour M. D'Inville et merci d'être avec nous.
00:08Bonjour Pascal Praud.
00:10Est-ce que vous pouvez nous donner des précisions de ce qui s'est passé ce matin dans votre ville
00:16?
00:17Écoutez, une scène d'effroi.
00:20Un individu qui arrive dans ce quartier du bois de l'étang,
00:25devant la pharmacie de ce centre commercial qui se trouve dans notre quartier à Laverrière.
00:31Un homme sort de cette Clio blanche avec une détermination et un sang-froid qui fait froid dans le dos
00:40et tire sur deux hommes, un de 29 ans et un de 48 ans,
00:48deux hommes qui s'occupaient de l'entretien de notre école municipale
00:53qui doit ouvrir là dans quelques jours, qui est en reconstruction.
00:56Et donc c'est pour nous très important qu'elle puisse ouvrir à temps.
01:00Et donc des hommes qui se sont vus tirer dessus à quelques mètres.
01:09L'homme, l'assaillant, est reparti dans son véhicule,
01:13a tourné un petit peu aux alentours du centre commercial,
01:16aurait croisé un autre passant à qui il aurait dit « t'as de la chance ».
01:23Cette fois-ci, et il aurait poursuivi son périple meurtrier dans un autre quartier,
01:31un quartier qui s'appelle Orly Park,
01:33qui fait toujours partie de Laverrière, qui est tout près de la gare.
01:36Et c'est là où il s'en est pris à une jeune fille de 12 ans.
01:43Et effectivement, on évoque huit impacts de balles.
01:48Une jeune fille qui, au moment où je parle et les infos que j'ai,
01:53est vraiment dans un état très grave entre la vie et la mort.
01:57Donc voilà, des scènes d'effroi, une immense inquiétude et un traumatisme qui est assez terrifiant.
02:06Nicolas D'Inville, maire d'hiver droite de Laverrière dans les Yvelines,
02:10avec nous sur l'antenne d'Europe 1.
02:11Les deux premières personnes qui ont été ciblées, dans quel état sont-elles ?
02:16Alors, elles ont été transportées à l'hôpital, l'une à l'hôpital Pompidou,
02:20l'autre à la Pitié-Celle-Pétrière.
02:22Je n'ai pas d'informations sur leur état de santé.
02:26Ce sont donc des agents d'une entreprise de nettoyage,
02:32avec laquelle notre mairie a un contrat pour l'entretien de notre école.
02:37Je n'ai malheureusement pas de nouvelles concernant leur état de santé.
02:43Laverrière, c'est combien d'habitants, monsieur le maire ?
02:45Nous, on a 6 000 habitants.
02:48On est une ville avec, je dirais, des quartiers, avec ses difficultés,
02:53mais on n'avait jamais connu un tel niveau d'horreur
02:58où on s'en prend comme ça aux habitants, aux passants, à l'arme de guerre.
03:04Je me suis entretenu avec un habitant qui était sur place au moment des faits,
03:10qui m'a dit qu'on, entre guillemets, dans le malheur,
03:12on a eu de la chance qu'il n'y ait pas plus de monde.
03:14Il y avait un temps un peu bossade,
03:15qui m'a vraiment parlé d'armes de guerre,
03:17qui m'a parlé d'un sang-froid terrible de l'assaillant.
03:21Et on a eu aussi beaucoup de chance d'avoir une infirmière
03:25qui a pu intervenir immédiatement dans les minutes qu'ont suivi le drame.
03:29On se trouvait face à une pharmacie.
03:31Donc il y avait une infirmière qui a pu intervenir
03:33et puis notre responsable de la police municipale
03:36qui est intervenu dans les minutes qui ont suivi
03:38et qui a pu d'ailleurs récolter des douilles.
03:42Et elle en a récolté plus d'une dizaine.
03:44Plus d'une dizaine de douilles qu'elle a transmises à la police nationale.
03:47Mais ça vous témoigne de la gravité vraiment de l'événement.
03:51Vous parlez de police municipale dans une ville de 6000 habitants.
03:54Il y a combien de policiers municipaux ?
03:58Écoutez, on est peu nombreux.
03:59On a une responsable et deux ASVP,
04:01des agents de sécurité de la voie publique.
04:03On a une responsable qui est armée,
04:07donc avec une arme létale.
04:10Et on a des ASVP qui sont là plus pour de la proximité
04:14devant nos écoles.
04:15Donc eux n'étaient pas sur les lieux
04:19compte tenu de la gravité,
04:20compte tenu du fait qu'ils ne sont pas armés.
04:21On rappelle ce que c'est ou ce que sont les ASVP, avez-vous dit.
04:27Voilà, des agents de sécurité sur la voie publique
04:29qui sont membres de la police municipale,
04:32mais qui ne sont pas policiers municipaux,
04:34qui du coup font de la verbalisation
04:36ou des pointes dans les écoles,
04:38mais qui sont vraiment là pour de la proximité.
04:40Et on les voit.
04:41Ils n'ont pas du tout adapté à ce type d'événement.
04:43Et on les voit et c'est inscrit généralement
04:45sur leurs habits, sur leur uniforme,
04:48plus exactement ASVP.
04:50Vous êtes maire de Laverrière depuis combien de temps,
04:52M. Daville ?
04:54Écoutez, j'entame mon deuxième mandat.
04:57Comment qualifieriez-vous votre ville
04:59et le climat qui existe aujourd'hui ?
05:02On parle beaucoup de violence aujourd'hui en banlieue,
05:05d'un climat délétère.
05:07Est-ce que vous diriez que votre ville échappe à cela ?
05:09Est-ce qu'il y a une concorde,
05:10pour reprendre le mot d'Ali Rabé tout à l'heure,
05:13qui existe encore ?
05:14Honnêtement, moi en tant que maire,
05:16c'est plutôt une grande inquiétude
05:18sur l'état du pays,
05:19un pays qui se disloque.
05:21On a l'impression d'un pays à l'agonie,
05:24qui se fracture.
05:27Donc moi, je tiens la sonnette d'alarme
05:31auprès du président de la République.
05:32On a vu des scènes la semaine dernière
05:34qui nous ont effrayés.
05:36Là, aujourd'hui, attraper la verrière,
05:38c'est tout aussi angoissant.
05:42Donc c'est vrai que nous, les maires,
05:44on est un peu comme le petit colibri,
05:46vous savez, de Pierre Rabhi.
05:48Alors on sait ce qu'on peut.
05:49On essaie de travailler sur cette unité,
05:51dans nos quartiers, dans notre ville,
05:54avec nos habitants,
05:55et on fait ça tous les jours.
05:57Mais on sent plutôt un pays qui se divise
05:59et qui se fracture.
06:01Et ça se ressent.
06:02Ça se ressent, bien évidemment,
06:03dans nos villes et dans nos quartiers,
06:05malheureusement,
06:07avec des sujets même...
06:09Effectivement, le sujet racial
06:11fait partie d'un sujet de division.
06:15L'universalisme républicain
06:16n'est plus une notion à la mode.
06:20et ce crime,
06:21ou en tout cas cette attaque
06:23qu'il semble avoir pour mobile,
06:25en tout cas de ce que je comprends, raciste,
06:28témoigne de cette fracture
06:29à laquelle on assiste.
06:32Les gens qui ont été blessés
06:35sur le sol de la verrière,
06:37a priori, si je comprends bien,
06:39ne sont pas des habitants de la verrière ?
06:42Alors les deux personnes
06:44qui ont été blessées au bois de l'étang
06:45ne sont pas des habitants de la verrière,
06:47mais la petite fille est une habitante
06:50de la verrière du quartier d'Orly Park
06:54et elle est grièvement blessée
06:56et elle est vraiment une habitante
06:58de notre commune.
06:59Et vous la connaissiez peut-être ?
07:00Vous connaissiez peut-être sa famille ?
07:02Je sais qu'elle est à l'hôpital Necker.
07:04Est-ce que vous êtes entré en contact
07:05avec sa famille ?
07:06Est-ce que vous avez des informations
07:08à nous donner ?
07:09Alors j'ai essayé de rentrer
07:11en contact avec sa famille.
07:12Malheureusement, je n'ai pas réussi
07:13à les joindre.
07:14Je m'apprêtais tout à l'heure
07:16à me rendre à leur domicile
07:18puisque beaucoup de voisins
07:20m'ont appelé pour manifester
07:21leurs émotions, leurs vies émotions
07:24et donc tout à l'heure j'irai...
07:26Elle est sans doute, sa famille doit être
07:28à l'hôpital Necker très certainement
07:29puisqu'elle-même est à l'hôpital Necker.
07:31C'est sûr, si j'ai bien compris.
07:33J'essaierai en tout cas de voir
07:34s'il y a des membres de la famille
07:36et de rappeler la famille.
07:37On pense, et je dirais même au-delà de ça,
07:40on prie pour elle, vraiment.
07:41Bien sûr, on prie pour elle.
07:42Et vous n'avez pas d'informations particulières
07:44sur cette famille, si elle a des frères et sœurs
07:46et vous ne savez pas dans quelles conditions
07:49elle vit aujourd'hui, bien sûr.
07:52Vous ne savez pas où elle était scolarisée,
07:54si elle était scolarisée ou pas.
07:56Je vous remercie grandement
08:00et on partage tous ensemble, bien sûr,
08:03notre émoi ce soir.
08:04Il y a un homme qui est mort,
08:05qui avait 26 ans
08:07et puis il y a cette petite fille,
08:10cette fillette de 12 ans,
08:12ce qui nous interroge sur la nature humaine.
08:15Qu'est-ce qui fait qu'un homme
08:17puisse évidemment abattre de sang-froid
08:19des hommes, des femmes ?
08:21Qu'est-ce qui fait qu'il puisse viser
08:23une petite fille de 12 ans ?
08:26Quel est le mal qui puisse exister à ce point ?

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