- il y a 6 heures
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00:03Générique
00:21Bonsoir à toutes, bonsoir à tous.
00:22Merci de nous rejoindre pour ce nouveau numéro du Tour de la Question.
00:26Votre rendez-vous politique hebdomadaire sur Moselle TV.
00:28Ravi de vous retrouver chaque semaine pour débattre, comprendre et analyser ensemble
00:32les grands enjeux pour les Mosellans et les Français,
00:35notamment à l'approche de cette échéance présidentielle.
00:38Cette semaine, nous allons revenir sur une thématique
00:40qui vous a peut-être touché directement ou indirectement ces dernières décennies,
00:45notamment dans notre région.
00:46La filière sidérurgique, c'est 36 000 personnes en 2024
00:50contre plus de 100 000 il y a 40 ans et 160 000 dans les années 70,
00:54environ 77% de baisse en 50 ans.
00:57Un secteur dont on a souvent dit qu'il était mort et enterré.
01:00En Moselle, les noms historiques rappellent des souvenirs à tout le monde.
01:03La famille de Vendel évidemment, la Solac, Usinor, ArcelorMittal, Ascométal,
01:08autant de noms connus dans toute la France
01:09et qui ont permis à des milliers de Mosellans,
01:11mais aussi d'immigrés d'Europe et d'Afrique,
01:14de trouver un travail à Romba, à Gondange, à Yange ou encore Florange.
01:18Mais depuis près de 20 ans, la situation se dégrade de plus en plus
01:22face à la surcapacité mondiale croissante,
01:24à l'augmentation des coûts de production,
01:26mais aussi à l'importation à bas prix sur le marché européen.
01:29La France qui se vantait d'être souveraine sur l'acier
01:32importe aujourd'hui 11,2 millions de tonnes
01:34et en exporte un peu moins de 10.
01:36Quel avenir désormais pour l'industrie française et pour nos usines ?
01:39Comment retrouver notre compétitivité et notre souveraineté en Europe ?
01:43Pour répondre à ces questions, notre invité est ce soir, Belkir Beladad.
01:46Bonsoir.
01:47– Bonsoir.
01:48– Belkir Beladad, vous êtes député PS de la première circonscription de Moselle.
01:52Il y a quelques jours, vous avez été missionné par Sébastien Lecornu
01:56pour défendre l'industrie française, pour défendre l'avenir de la sidérurgie.
02:00Avant d'en parler plus en détail sur ce dossier,
02:03est-ce qu'on peut expliquer déjà aux téléspectateurs
02:05ce que ça veut dire une mission parlementaire ?
02:07– Alors c'est une mission qui est confiée par le Premier ministre
02:12sur une thématique importante d'actualité
02:15qui est là en l'occurrence celle de l'avenir de la sidérurgie française
02:19au moment où on a un débat très important
02:21sur la souveraineté d'un certain nombre de filières industrielles.
02:25C'est une mission qui va durer six mois
02:28avec une remise de propositions d'ici fin mars au plus tard.
02:33C'est une mission qui sera réalisée avec ma collègue sénatrice
02:38Anne-Marie Nedelec qui est d'ailleurs du Grand S,
02:41qui est sénatrice de la Haute-Marne.
02:44Et donc on va ensemble mener cette mission sur six mois
02:47avec un certain nombre de propositions très concrètes.
02:50Et là en l'occurrence on a un débat important,
02:54un enjeu démocratique important qui est l'élection présidentielle à venir.
02:57Et donc les propositions que nous ferons seront aussi dans le débat public.
03:03Elles ne seront pas simplement remises au Premier ministre,
03:06mais également elles seront dans le débat public
03:09pour que les uns et les autres puissent s'en emparer.
03:13En tout cas c'est ce que nous souhaitons.
03:15– Donc cette lettre de mission que vous avez reçue le 1er octobre,
03:18dedans Sébastien Lecornu écrit
03:20« La France a porté un plan assis au niveau européen »
03:22qui a été concrétisé en juillet par la mise en place
03:24de mesures post-sauvegarde pour lutter contre ces surcapacités dont on parlait.
03:29Comment, enfin, quand on saura que ces mesures fonctionnent ?
03:33Quels sont les indicateurs qui nous permettront de dire
03:36que ces mesures justement de sauvegarde fonctionnent ?
03:38Ce sera quoi ? Les prix, la production ?
03:40– Alors on a déjà des mesures de sauvegarde
03:42qui ont été déjà prises tardivement,
03:44mais en tout cas elles ont été prises
03:45avec les premières mesures anti-dumping en 2015,
03:49les premières mesures de sauvegarde en 2019.
03:53et on a vu que finalement ça ne réglait pas du tout le problème
03:59avec une surcapacité de produits chinois
04:02qui s'introduisait très facilement,
04:04une demande qui diminue.
04:06Et donc cet écart entre la demande et l'offre
04:09n'a toujours pas été réglé.
04:11Et ce n'est pas avec les mesures de 2019
04:14en termes de mesures de sauvegarde,
04:16notamment sur les quotas.
04:18Donc au-delà d'un certain niveau de quotas,
04:22c'était 25% de droits de douane.
04:26Et on voit que ça n'a pas porté ses effets.
04:29Et donc en 2026, il y a eu un nouveau plan acier
04:32qui a porté les droits de douane au-delà des 50%.
04:37Comme le font d'ailleurs les Américains.
04:41Ils ont augmenté leurs droits de douane jusqu'à 50% cet été.
04:45Donc nous devons absolument protéger notre marché européen
04:49à travers ces mesures de sauvegarde,
04:51mais également à travers la taxe carbone
04:57pour faire en sorte que les produits que nous importons,
05:01parce qu'il y a un quota de produits importés,
05:03respectent aussi un certain nombre de normes environnementales.
05:06– Pour expliquer, les aciérés aujourd'hui,
05:08ils ont une capacité de production de 2,4 milliards de tonnes par an.
05:11En face, la demande, c'est 1,8 milliard.
05:13Donc selon l'OCDE, il y a un excédent potentiel, c'est ça,
05:17de 640 millions.
05:18Sauf qu'on ne peut pas redémarrer une industrie
05:21en appuyant sur un bouton.
05:22Donc il faut vendre pour que les industries continuent à travailler.
05:25Il faut vendre à bas prix.
05:26C'est ça la problématique aujourd'hui de certaines industries françaises.
05:29C'est qu'il faut continuer à produire.
05:32– Oui, tout à fait.
05:33Mais parce qu'en fait, il faut avoir en face un marché.
05:36Et le marché, notre marché, c'est le marché européen en fait,
05:41mais également international, mais le marché européen également.
05:44Et en voulant protéger nos producteurs européens et français,
05:50c'est de donner cette capacité à répondre à un certain nombre d'enjeux.
05:54Les enjeux concernant une filière de défense qu'il va falloir développer.
05:58On a voté une loi de programmation militaire importante.
06:00On y rajoute, au-delà des 36 milliards, 6 milliards dans le budget de cette année
06:06pour faire en sorte que, comme pour l'Allemagne,
06:09nos industries puissent en bénéficier et répondre finalement à ces enjeux.
06:15L'industrie automobile, là aussi, il y a des investissements extrêmement importants à réaliser
06:21parce que la nature des aciers, plus fin et répondant notamment à une demande d'autonomie
06:28plus importante des véhicules électriques, doit permettre justement de pouvoir répondre
06:34à cet enjeu du développement de la filière électrique.
06:38Donc on a en fait, en face, même si la demande diminue, des besoins relativement importants
06:47pour plusieurs de nos filières industrielles.
06:49On ne peut pas, et c'est le message que je donne depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois,
06:55on ne peut pas avoir un discours de dire qu'on veut avoir une souveraineté industrielle
07:01en matière de défense, en matière d'automobile, en matière d'aérospatiale
07:05ou dans d'autres filières stratégiques, et puis laisser finalement l'acidologie française
07:14et européenne à la traîne et ne pas la considérer comme étant prioritaire.
07:18Et ça veut dire la protéger derrière par des mesures de sauvegarde
07:23au niveau des frontières européennes, par des mesures de quotas,
07:28par le soutien des certificats d'économie d'énergie.
07:31– Aussi s'appuyer sur l'Europe pour ça, les barrières commerciales, c'est avec l'Europe aussi.
07:35– C'est avec l'Europe, aujourd'hui c'est à peu près 300 millions de tonnes,
07:41c'est 2 millions, c'est pratiquement 3 millions d'emplois indirects,
07:45parce qu'on parle souvent d'emplois directs, mais il y a des emplois indirects,
07:50les chiffres que vous citiez sont tout à fait exacts, c'est 36 000 emplois aujourd'hui,
07:56mais en emplois indirects c'est près de 100 000 emplois indirects
07:59qui font vivre nos territoires.
08:02Et donc le combat qui est le mien, à travers les propositions que je ferai
08:05à travers cette mission-là, ça va être notamment de trouver les leviers
08:10de compétitivité, de production et de sauvegarde des emplois sur nos territoires,
08:18et puis enfin la question de la décarbonation.
08:21Donc ce sont finalement les leviers à trouver pour ces 3 priorités
08:27qui me semblent absolument importantes.
08:30– On le disait, donc la sidérurgie c'est 36 000 emplois en France,
08:33plus les emplois indirects, on a perdu tout de même 60 000 emplois en 40 ans,
08:39avec cet avenir de la sidérurgie que vous êtes en train de travailler,
08:43entre préserver les emplois, les recréer ou accompagner la transformation,
08:47parce qu'il va y avoir sans doute encore des suppressions,
08:50ce sera quoi la priorité ? Plutôt en recréer ou plutôt conserver
08:54ce qui peut être encore conservé ?
08:55– Aujourd'hui à travers un certain nombre d'acierries et de forges en France,
09:02c'est bien sûr les sauvegardées.
09:05On a les forges de la fonderie de Bretagne qui a été liquidée il y a quelques jours,
09:11celles de l'effonderie de Tarbes qui produisent les obus 150 mm
09:21qui permettent justement d'alimenter les canons César,
09:28risquent d'être également liquidés.
09:32Donc il faut absolument sauvegarder ces emplois.
09:36Parallèlement, on a dans le cadre du processus de décarbonation
09:42des investissements extrêmement importants,
09:45comme à Dunkerque avec plus d'un milliard 300 millions d'euros
09:50qui sont investis dans des fours électriques,
09:53la même chose du côté des Marseille Caglia à Foss,
09:58justement dans des nouveaux procédés
10:01qui permettent finalement cette transformation des hauts fourneaux
10:05vers finalement de procédés innovants
10:09qui coûtent moins cher,
10:13qui sont moins émetteurs de CO2
10:15et qui permettent à la fois de préserver l'emploi
10:18mais également de les développer
10:19parce qu'on a besoin de continuer d'investir massivement.
10:22Et si on arrête d'investir,
10:24on ne peut même plus pouvoir les maintenir, nos emplois,
10:27comme ça a été le cas à Novasco,
10:28où il y aura l'occasion d'en reparler,
10:31de la question du financement.
10:33Et donc ces financements doivent permettre également
10:36de développer de nouveaux emplois,
10:39de nouvelles filières par rapport à des marchés,
10:42notamment dans la défense.
10:44L'Allemagne réussit à le faire sur les questions de défense.
10:46Quand il y a un budget qui est voté,
10:49on a en face des marchés
10:51qui se développent pour les industriels allemands.
10:54Il faut qu'on fasse la même chose en France.
10:56Il faut que ces financements qui sont votés par le Parlement
11:02puissent aussi se retrouver dans nos entreprises
11:07chez les industriels français.
11:10– La décarmation sera donc un enjeu
11:12parce qu'une sidérurgie moins énergivore,
11:16forcément ça réduit les coûts.
11:17Mais par contre, ça veut dire les investissements pour s'adapter.
11:20Donc la France va proposer d'accompagner cette transition
11:24au niveau des industries ?
11:26– Oui, tout à fait, tout à fait.
11:28Notamment à travers le système des certificats d'économie d'énergie.
11:33Vous savez que les fournisseurs d'énergie sont obligés
11:37d'aller récupérer des quotas ou des certificats d'économie d'énergie.
11:42Et là, ils pourront le faire notamment à travers des projets
11:46tels que celui des Marseille-Caiglia à Foss ou à Dunkerque
11:50sur l'investissement de plusieurs fours électriques.
11:56Ça représente par exemple sur le projet de Foss,
12:00sur 1,3 milliard, c'est 550 millions d'euros
12:04qui sont apportés en termes de financement
12:07et qui sont permis notamment par la réglementation française
12:13et qui est poussée bien sûr par l'État français
12:16pour soutenir ces investissements.
12:19– On revient encore sur ces trois causes
12:21de la crise évoquée par le Premier ministre.
12:23Donc il y avait la baisse de la demande européenne,
12:25le coût de l'énergie et la concurrence déloyale.
12:28Concernant justement la baisse de la demande
12:30et de l'énergie trop chère,
12:31qu'est-ce qu'on peut faire concrètement
12:32par rapport à l'énergie aujourd'hui ?
12:34Parce que ça n'a pas l'air d'être des choses
12:36qu'on peut influer, régler avec des textes de loi.
12:38– Non, ce sont des, comme je le disais à l'instant,
12:41des investissements dans le domaine de la décarbonation
12:45et c'est un enjeu crucial pour notre économie.
12:52C'est bien sûr des économies qui sont réalisées
12:57dans les process de fabrication
13:02et ça permet notamment d'avoir un levier de compétitivité
13:06face à nos concurrents.
13:10– Pour bien comprendre, avec cette mission parlementaire,
13:14est-ce que vous avez le pouvoir de proposer des mesures
13:17qui seront immédiatement applicables
13:18ou votre rôle se limite en quelque sorte
13:21à formuler des recommandations au gouvernement ?
13:23– Alors ce ne seront pas uniquement…
13:24Oui, alors il n'y aura pas simplement des recommandations,
13:26il y aura des préconisations très, très, très fortes,
13:31y compris disruptives,
13:33parce que moi je veux profiter de cette occasion-là
13:36pour pousser un certain nombre de sujets,
13:40notamment sur la question des financements,
13:44le soutien notamment de PPI
13:47auprès d'un certain nombre de secteurs stratégiques
13:50comme celui de la sédéologie.
13:52On a beaucoup de difficultés par exemple
13:54à faire intervenir notre banque publique
13:58d'investissement sur des projets de cette nature.
14:03Il y a forcément des risques à prendre.
14:08Et donc moi je veux profiter de cette occasion
14:10pour effectivement faire des propositions extrêmement fortes.
14:13Alors c'est un peu prématuré de vous les indiquer,
14:18en tout cas de vous donner quelques orientations
14:19puisqu'on est au début de notre mission.
14:21En tout cas ce qui est sûr c'est qu'on va aller à la rencontre
14:24de l'ensemble des grands sédéologistes français.
14:28Donc on aura plusieurs déplacements à Dunkerque, à Foss,
14:32ici dans le Grand Est et en particulier en Moselle.
14:36Les centres de recherche,
14:37la question de la recherche est absolument fondamentale.
14:42Et le crédit impôt recherche,
14:44puisqu'on est en plein examen budgétaire,
14:46doit être absolument maintenu.
14:48Je pense que c'est une des mesures que je soutiendrai de manière forte
14:53et peut-être les flécher sur des projets de cette nature-là.
14:57– Les entreprises et les syndicats.
14:59– Et les syndicats bien entendu, les salariés.
15:01Nous irons aussi à Bruxelles au Parlement européen
15:05pour rencontrer à la fois les parlementaires européens
15:08et les deux commissaires européens chargés de ces sujets.
15:15Voilà, donc on a l'intention de porter une ambition dans cette mission,
15:21de faire des propositions très concrètes et très opérationnelles
15:24pour aller beaucoup plus loin que ce qui a été fait jusqu'à maintenant.
15:28On a pris un retard à l'allumage ces dernières années,
15:31par naïveté, je pense, par naïveté.
15:35Et voilà, le bon bout commence à être pris.
15:39Je pense que maintenant, il va falloir passer directement
15:42la troisième, la quatrième, voire la cinquième sur ce sujet
15:46parce que les Chinois, les Américains ou les Russes ne nous attendent pas.
15:50– Avant de passer sur les dossiers plus locaux et mausélans
15:53pour rester sur ce sujet, récemment la Chambre régionale des comptes du Grand Est
15:58s'est penchée sur la reconversion des friches aussi,
16:00ce qui fait partie de ce dossier.
16:02Dans son rapport, elle souligne que sur les 913 friches
16:04de la région Grand Est, seulement 105 étaient reconverties.
16:08Aujourd'hui, on estime qu'une reconversion, ça dure en moyenne 20 ans,
16:11c'est très coûteux, c'est très long.
16:13Est-ce qu'il est aussi, on l'a déjà entendu dans cette émission,
16:16est-ce qu'il est aujourd'hui peut-être un peu trop compliqué
16:18de faire quelque chose de ces friches à cause des pélues,
16:21à cause des sols pollus, à cause des normes ?
16:23Est-ce que c'est aussi quelque chose sur lequel vous allez travailler ?
16:26– C'est une vraie, oui, tout à fait, c'est une vraie richesse.
16:29C'est un potentiel incroyable, c'est une chance,
16:32une chance vraiment que d'avoir ces friches sur nos territoires
16:37et aussi importantes et nombreuses mangeres.
16:39Celle des portes de l'Orne, c'est 400 hectares,
16:42c'est considérable et on a l'occasion là
16:45de finalement transformer l'économie actuelle,
16:49l'économie existante et traditionnelle comme celle de la sidérogie,
16:52vers de nouvelles innovations, vers de nouveaux marchés,
16:57mais également des industries nouvelles liées notamment à l'intelligence artificielle.
17:04Donc c'est une vraie chance.
17:05Concernant les normes et ça, vous savez, moi j'ai travaillé pendant 4 ans,
17:094-5 ans au cœur de l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques,
17:13on a fait des choses tout à fait extraordinaires.
17:15On a été capable, par exemple, de construire, bâtir le village olympique
17:20qui est la plus grande opération immobilière de ces 80 dernières années,
17:24non pas en 15 ans, c'est le temps qu'il aurait fallu,
17:27mais on l'a fait en 4 ans dans les délais, avec la qualité nécessaire et dans les coûts.
17:32Donc on est capable de faire, comme avec les doubles permis,
17:36les réductions des autorisations administratives extrêmement courtes,
17:39on est capable de faire.
17:40Et d'ailleurs, on a un certain nombre de projets d'intérêts nationaux
17:44qui sont identifiés un peu partout en France,
17:47et le projet par exemple de Marseille-Caglia à Foss,
17:49en est un, il est considéré comme tel, il a ce statut-là,
17:53pour que justement les projets qui se font d'ailleurs assez souvent
17:58sur des friches industrielles ou des friches toutes courtes,
18:03permettent d'aller beaucoup plus rapidement
18:05et de pouvoir faire en sorte que notre industrie,
18:09notre sidérurgie puisse redevenir compétitive comme dans d'autres pays.
18:15– On va revenir en Moselle justement, Belkir Beladad,
18:17vous êtes arrivé en France il y a presque 50 ans, jour pour jour aujourd'hui,
18:22pour rejoindre votre père qui était, c'était le 12 octobre 1976,
18:26pour rejoindre votre père qui était venu en Moselle dans la sidérurgie à Agondange.
18:29– Tout à fait.
18:29– Est-ce que vous pensez que cette histoire personnelle
18:31vous oblige en quelque sorte à des résultats ?
18:34– Oui, une part d'émotion, bien sûr.
18:37Quand on est fils de sidérurgie, mon père avait travaillé à la SAF,
18:43Novasco liquidée, comme beaucoup sur Agondange et sur la vallée de Lorne.
18:51Et puis ensuite il a travaillé à la série de Gondrange,
18:54à la coulée continue et c'est là qu'il a terminé sa carrière.
18:57Oui, donc c'est forcément une émotion particulière
19:02et c'est quelque part aussi une envie de donner un avenir à cette sidérurgie.
19:09J'entends trop souvent effectivement,
19:11ah bon il y a une sidérurgie en France, il y a encore des emplois ?
19:14Oui, oui, il y a un avenir encore dans notre pays pour notre sidérurgie.
19:17Justement au moment où on affronte des défis considérables
19:21en matière de défense, en matière d'innovation dans l'automobile
19:27et d'autres filières, donc là de l'avenir il y a des emplois.
19:31Oui, on ne se bat pas avec les mêmes armes que la Chine ou les Etats-Unis
19:36et l'objet de cette mission c'est aussi de trouver des leviers
19:40qui permettront de se battre avec les mêmes armes.
19:44Voilà, c'est vraiment ça l'enjeu et en espérant bien entendu
19:47que dans nos territoires, nos territoires puissent en bénéficier
19:52non pas simplement pour sauvegarder ce qui a sauvegardé,
19:56mais vraiment de donner une vision et d'en faire une priorité stratégique.
20:01C'est en tout cas le vœu que je formule dans cette mission.
20:06Alors la Moselle, on le sait, c'est une terre de sidérurgie, vous l'avez dit,
20:08qui a été lourdement impactée depuis des années sur le dossier notamment de Novasco par exemple.
20:12On le rappelle, fermeture du site à Gondange comme dans le reste de la France
20:16après la reprise par Gréboul, que vous et le ministre avez qualifié à l'époque
20:20de voyous à l'Assemblée.
20:21Tout à fait.
20:21Le 10 décembre 2025, le ministre vous dit à l'Assemblée que tout va être fait
20:25pour éviter d'en faire une friche.
20:27Deux semaines plus tard, près de 500 personnes se retrouvent sur le carreau.
20:31C'est un échec ce dossier ?
20:32C'est un véritable gâchis, c'était le quatrième redressement judiciaire
20:41et à travers tout ce que j'ai pu dire tout à l'heure sur les difficultés de notre industrie,
20:47de nos industries, on voit qu'on a besoin d'industrie en fait aujourd'hui
20:54et les erreurs politiques qui ont été faites ces 30-40 dernières années,
20:59c'était de considérer que ce n'était pas une priorité en fait
21:01et qu'on pouvait fabriquer des produits sans avoir d'usine.
21:05Quelle bêtise !
21:06Et on le paye très cher, on le paye très cher aujourd'hui
21:09et on voit que les mesures qui sont prises sur le plan européen,
21:12elles tardent et elles ont tardé à être prises.
21:15On a pris le bon chemin.
21:18Et voilà, je pense que le choix qui avait été fait à un moment donné
21:21de plutôt choisir Grébul au lieu de Veneté, pour moi, était une erreur.
21:27Voilà, donc Veneté qui est l'un des plus grosses idéologistes italiens,
21:32c'est 2 millions de tonnes de produits fabriqués d'acier chaque année,
21:36donc un gros aciériste qui avait un projet qui était plutôt intéressant.
21:42Malheureusement, ce n'est pas celui-là qui a été choisi, c'est Grébul.
21:45Et on connaissait Grébul.
21:48Voilà, c'est la raison par laquelle d'ailleurs,
21:49on a mis en place une commission d'enquête
21:53et l'État a porté plainte contre Grébul,
21:58qui n'a engagé qu'un million et demi sur les 90.
22:02Moi, en tant que parlementaire, j'ai été amené en 2024, un an avant,
22:05à mobiliser l'État jusqu'au plus haut sommet de l'État, auprès de l'Élysée,
22:12pour faire en sorte que l'État mette 85 millions d'euros sur la table.
22:16Voilà, ça a été fait.
22:18Malheureusement, en face, on a un repreneur voyou
22:23qui n'a pas respecté ses engagements.
22:25Comment on peut éviter un nouveau novasco aujourd'hui ?
22:28Il faudra demander, imposer même aux repreneurs des garanties financières ?
22:32– Alors, on avait fait quelques propositions,
22:34et j'avais fait notamment une proposition que j'avais suggérée à Sébastien Martin,
22:38le ministre de l'Industrie, et Roland Liscuit,
22:40au ministère de la Commune des Finances.
22:42C'était de faire en sorte que, sans aller jusqu'à une nationalisation totale,
22:48plutôt partielle, mais de nantir par exemple les apports,
22:52par exemple les 85 millions d'euros de l'État et de les nantir,
23:03et de demander des comptes ensuite aux repreneurs
23:08par rapport à ce nantissement.
23:11Dans le cas du figure où Grébul n'aurait pas respecté ses engagements,
23:17on aurait pu, à ce moment-là, récupérer une grande partie
23:21des 90 millions sur lesquels ils s'étaient engagés.
23:25– Donc des sanctions en cas de non-résumé.
23:27– Ça, c'est une des réponses qu'on pourra peut-être,
23:30j'espère en tout cas, apporter dans une réglementation,
23:34une législation à venir.
23:36– Pour Arsoramital aussi, on sait évidemment que c'est un gros dossier en Moselle.
23:41Quel avenir pour cette filière en Moselle ?
23:43Un avenir durable ? Est-ce qu'il y en a un sur notre territoire ?
23:47– En tout cas, oui, on a prévu nous de les rencontrer.
23:51Il y a un avenir par rapport aux défis rencontrés,
23:56par rapport à celui de la décarbonation,
23:59par rapport à une demande importante dans le domaine de la défense,
24:07celui de l'automobile, une spécialisation vers une filière plus résiliente
24:15et plutôt tournée vers des produits fins en matière d'autonomie des véhicules électriques
24:25parce qu'on a aussi un secteur automobile important dans le Grand Est.
24:31Donc oui, j'aurai l'occasion de les rencontrer.
24:34Il ne faut pas oublier qu'on a à la fois la filière de production,
24:38primaire mais également secondaire,
24:42mais on a aussi un centre de recherche extrêmement important
24:45qui est le plus important en Europe, voire dans le monde.
24:49J'aurai l'occasion de les rencontrer.
24:51– C'est son encloi ?
24:52– Tout à fait.
24:53Et moi, ce que je regrettais dans le dossier de Novasco,
24:55c'est qu'on n'avait pas uniquement la Syrie,
24:57on avait un centre de recherche d'une quarantaine de personnes
25:00qu'on a perdu en même temps parce que tout ça, on ne le retrouvera pas.
25:05Et on avait l'un des centres de recherche sur Agondange,
25:09l'un des plus performants il y a une quinzaine d'années
25:12et on l'a perdu à travers ce gâchis.
25:15Donc il faut absolument qu'on continue à investir dans la recherche
25:19et dans ce centre de recherche comme d'autres d'ailleurs
25:23parce que c'est à travers notamment l'innovation
25:26qu'on pourra aussi avoir des éléments différenciants
25:30par rapport aux produits d'acier chinois ou américains
25:37qui protègent énormément leur marché.
25:40Donc au-delà simplement de la protection des marchés,
25:44il faut avoir cette capacité d'investissement importante
25:47à la fois dans les aciéries pour décarboner,
25:50pour rendre finalement les coûts beaucoup plus compétitifs pour nos produits
25:55et puis en même temps soutenir de manière forte la recherche.
26:00– On le rappelle à ce dossier qui est actuellement au Sénat
26:03sur la nationalisation d'Arcelorand.
26:05– Tout à fait.
26:05– Et qui doit repasser, qui est actuellement sur le bureau du Sénat.
26:08Merci Belkir Valadad, vous avez fait le tour de la question
26:11mais ce n'est pas terminé.
26:13Comme à l'accoutumée à chaque fin d'émission,
26:15on a le traditionnel tour du cadran.
26:1760 secondes pour répondre à ces affirmations que je vais vous donner
26:21par vrai ou faux uniquement.
26:23– Vous avez le droit éventuellement un petit peu clair.
26:25– Voilà, si vous le souhaitez.
26:26Est-ce que vous êtes prêt ?
26:27– Oui.
26:27– C'est parti.
26:29– La France ne peut pas être une grande puissance
26:31sans produire son propre acier.
26:33– Vrai.
26:34– L'Europe a sacrifié sa sidérurgie sur l'autel de la mondialisation.
26:38– En partie vrai.
26:40– On ne peut pas demander aux industriels de décarboner
26:43sans leur donner les moyens de le faire.
26:45– Vrai.
26:45– L'État doit pouvoir entrer au capital d'une entreprise
26:48pour sauver une industrie stratégique.
26:50– Dans certains cas de figure et de manière partielle.
26:55– Il faut demander plus de garantie aux repreneurs.
26:58– Vrai.
26:59– La France considère la sidérurgie comme une industrie du passé.
27:04– Joker, je ne le pense pas.
27:07– Cela coûte moins cher de reconvertir une friche
27:10après une fermeture que de sauver une usine.
27:12– Faux.
27:13– Dans dix ans, la Moselle produira encore autant d'acier qu'aujourd'hui.
27:16– Vrai.
27:16– C'est l'abandon politique des bassins industriels
27:19qui a fait progresser le RN dans certains secteurs.
27:21– Vrai.
27:22– On vous a confié cette mission car c'est dans l'ADN des Mosellans.
27:25– Vrai.
27:26– Et enfin, avec Glucksmann, le PS a une chance à la présidentielle 2027.
27:30– Vrai.
27:31– Merci Belkir Veladad.
27:32– Merci à vous.
27:33– D'avoir fait le tour de cette question avec nous.
27:35Je vous rappelle, vous avez donc cette mission parlementaire
27:37pour réfléchir sur l'avenir de la sidérurgie en France,
27:40un rapport qui est attendu au plus tard en mars 2027.
27:42– Merci.
27:44Nous, on se retrouve dès la semaine prochaine, évidemment,
27:48sur ce plateau pour une nouvelle édition du Tour de la question.
27:51Merci de nous avoir suivis.
27:52L'actualité continue sur Moselle TV
27:54et en replay dès maintenant sur Moselle.tv.
27:56Bonsoir.
27:56– Sous-titrage ST' 501