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[#Reportage] Gabon : depuis quand informer est-il devenu synonyme de soutien ?

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Transcription
00:00Depuis quand, relayer les propos d'une personnalité politique signifie-t-il qu'on la soutient ?
00:05Au Gabon, cette confusion devient de plus en plus préoccupante.
00:10Lorsqu'un ancien dirigeant s'exprime, le média qui rapporte ses déclarations est parfois accusé de vouloir le réhabiliter.
00:16Lorsque le média relaie les critiques d'un opposant formulé à l'encontre du gouvernement,
00:21certains l'accusent immédiatement de partager les convictions de ce dernier.
00:25Et lorsqu'un responsable de la majorité défend une décision politique, d'autres dénoncent une opération de propagande.
00:34Mais depuis quand informer signifie-t-il adhérer ?
00:38Depuis quand un journaliste doit-il partager les opinions d'une personnalité pour pouvoir apporter ses déclarations ?
00:46Il faut rappeler une évidence, la mission des médias n'est pas de distribuer des certificats de bonne conduite aux
00:52acteurs politiques.
00:53Elle consiste à informer les citoyens sur les faits, les décisions et les prises de position qui présentent un intérêt
00:59public.
01:01Rapporter les déclarations d'Ali Bongo au Diba ne signifie pas soutenir l'ancien président.
01:07Donner la parole à un opposant ne fait pas d'un média un adversaire du pouvoir.
01:12Et relayer les décisions du président Brice Clotaire au Léguigema ne transforme pas automatiquement une rédaction en instrument de communication
01:20gouvernementale.
01:21Cette distinction est fondamentale.
01:25D'ailleurs, le Code gabonais de la communication reconnaît le pluralisme des opinions, l'indépendance des médias et la libre
01:33circulation de l'information.
01:35Mais le pluralisme ne peut pas fonctionner à un sens unique.
01:39On ne peut pas défendre la liberté d'expression lorsqu'elle bénéficie à ce que l'on apprécie, puis la
01:45contester lorsqu'elle permet à nos adversaires de s'exprimer.
01:49Attention toutefois, le pluralisme ne dispense pas les journalistes de leur responsabilité.
01:55Un média doit vérifier les faits, contextualiser les déclarations, confronter les versions et signaler les informations trompeuses.
02:04Car informer ne signifie pas non plus servir de caisse de résonance pour toutes les affirmations politiques.
02:10La différence entre le journalisme et la propagande se trouve précisément là.
02:15Le journaliste cherche à éclairer le public.
02:18Le propagandiste cherche à convaincre en faveur d'un camp.
02:21Et cette exigence doit s'appliquer à tous, au gouvernement, à l'opposition, aux anciens dirigeants et à ceux qui
02:28aspirent à exercer le pouvoir.
02:30Il est parfaitement légitime de critiquer un média pour une information erronée, un traitement déséquilibré ou un manque de rigueur.
02:38Mais le reprocher simplement d'avoir rapporté les propos d'une personnalité que l'on désapprouve, c'est confondre information
02:45et adhésion politique.
02:47Au fond, une question se pose à chacun d'entre nous.
02:50Voulons-nous des médias qui nous permettent de comprendre l'actualité dans toute sa diversité ?
02:57Ou des médias qui nous disent uniquement ce que nous avons envie d'entendre ?
03:01Parce qu'une presse libre n'a pas pour mission de conforter nos convictions.
03:06Elle doit nous donner les moyens de nous forger nos propres opinions.
03:10Et le jour où nous exigerons des journalistes qui ne relèguent que les paroles de ceux que nous approuvons,
03:17ce n'est plus la liberté de la presse que nous défendrons.
03:21C'est une information à notre convenance.
03:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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