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  • il y a 6 minutes
Chaque mardi et jeudi dans la matinale de Dimitri Pavlenko, Eugénie Bastié livre son regard sur l'actualité.

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00:007h, 9h, Europe 1 matin. Il est 8h39 comme sur Europe 1, Dimitri Pavlenko.
00:06Et place à votre première signature du jour. Bonjour Génie Bastier.
00:09Bonjour à tous.
00:09Vous revenez ce matin sur des propos tenus par Emmanuel Macron.
00:12Il s'est énervé hier contre les manipulations étrangères de l'information à l'oeuvre selon lui après les émeutes
00:18du 17 octobre.
00:19Oui, dimanche dernier le président semblait crépusculaire, éteint, incapable d'offrir la moindre réponse à la hauteur des événements.
00:25Mais voilà qu'il a retrouvé de la vigueur hier pour condamner non pas seulement les délinquants et les casseurs,
00:30mais ceux qui à l'étranger se permettent de critiquer la France.
00:34Inacceptable autant que stupide.
00:36Voilà comment le président de la République a qualifié les commentaires de dirigeants étrangers sur nos pays, notamment ceux de
00:41Donald Trump.
00:42Il a aussi dénoncé les images fabriquées par intelligence artificielle qui ont circulé après les émeutes.
00:48Alors l'image désastreuse de la France dans le monde, ce n'est pas de sa faute, mais celle de
00:53Trump et de l'IA.
00:54Il fallait y penser.
00:55Le président semble plus préoccupé par ceux qui parlent du désordre français que par ceux qui le sèment,
01:00plus inquiet des critiques des dirigeants étrangers que celles formulées par son propre peuple.
01:04Alors ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron s'agace des commentaires de dirigeants étrangers concernant la
01:09politique intérieure française.
01:10Oui, en effet, souvenez-vous, en février 2026, il avait demandé à Georgia Meloni de ne pas commenter la mort
01:16de Quentin de Ranque,
01:17ce jeune homme tué par les antifas, alors que celle-ci avait simplement exprimé son indignation.
01:22Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés, avait-il lancé.
01:26Ce de quoi je me mêle est tout de même un peu culotté de la part d'un président qui
01:30ne s'interdit nullement de commenter la politique intérieure des autres pays,
01:33qu'il s'agisse de la politique israélienne à Gaza ou de la politique interne américaine.
01:37Souvenez-vous même, dans la nuit du 6 au 7 janvier 2021, Emmanuel Macron avait prononcé une allocution solennelle depuis
01:45l'Elysée
01:46pour condamner l'assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump.
01:50Une allocution derrière un pupitre avec un drapeau américain pour dénoncer la violence politique américaine dans une mise en scène
01:57solennelle et théâtrale.
01:58Il avait même déclaré « nous ne céderons rien à la violence de quelques-uns »,
02:02comme si le président français était chargé de rétablir l'ordre à Washington.
02:05C'était franchement aussi ridicule que du Trump.
02:08Le président de la République ciblait hier surtout des dirigeants qui ne nous veulent pas du bien.
02:12Oui, il était très énervé, très très énervé. Voilà ce qu'il a dit exactement.
02:15Dans ces moments-là, on voit qui aime la France et qui ne l'aime pas.
02:19Tous les gens qui parlent mal de notre pays en ce moment, ce sont des gens qui n'aiment pas
02:22notre pays.
02:23Donc ces gens m'indisposent.
02:25M'indisposent, vous avez vu le mot.
02:28Alors on peut évidemment dénoncer les commentaires caricaturaux de Donald Trump,
02:31ses généralisations outrancières, sans considérer pour autant que tout dirigeant étranger
02:36qui tire les leçons de nos désordres est un ennemi de notre pays.
02:39D'ailleurs, le président s'est bien gardé de critiquer Peter Magyar.
02:42Le premier ministre hongrois, célébré par les européistes pour avoir battu Viktor Orban dans les urnes,
02:47a pourtant dénoncé dès le lendemain du 17 octobre les images choquantes venues de France.
02:53Il a même établi un lien explicite entre ces violences et l'immigration, je le cite.
02:58Face à cette destruction insensée et à cette violence injustifiée,
03:01il est peut-être désormais clair pour tous pourquoi la Hongrie défend l'approche la plus stricte possible en matière
03:07d'immigration.
03:08Alors faut-il accuser aussi Peter Magyar d'ingérence ?
03:10Même chose pour Donald Tusk, premier ministre polonais, ancien président du Conseil européen,
03:15libéral et centristes qui a déclaré après les émeutes françaises,
03:18la Pologne ne répétera pas les erreurs des autres pays européens et n'en paiera pas le prix.
03:22Avant de rappeler, nous défendrons faible enfermement notre frontière contre l'immigration illégale.
03:28Alors Emmanuel Macron voudrait manifestement que les dirigeants étrangers cessent de parler du déclin français,
03:33mais pour qu'ils arrêtent de l'évoquer, encore faudrait-il qu'ils cessent de leur en donner le spectacle.
03:38Il n'y a malheureusement pas besoin d'intelligence artificielle pour fabriquer des images lamentables de la France.
03:44Signature Europe 1, Eugénie Bastier. Merci Eugénie. Dans un instant, Julia De Funès, Olivier Delagarde et Pascal Proix.