00:00Bonsoir Caroline, merci d'être avec nous.
00:01Vous avez une boutique de vélos dans Paris ?
00:04D'équipements pour les vélos.
00:05D'équipements pour les vélos dans Paris.
00:07Votre 17 octobre, il a ressemblé à quoi ?
00:10Cauchemardesque.
00:11Je m'associe à tous les témoignages qu'il y a eu ce soir de commerçants.
00:15Ça a été un moment très dur et c'est encore très dur.
00:18Moi j'ai deux boutiques à Paris, une qui est rue de Rivoli et une qui est rue de Turbigo.
00:22Moi je travaillais ce samedi à Rivoli.
00:24On était ouvert, nous le samedi c'est le plus gros jour de vente.
00:28La boutique qui a été saccagée, pillée et partiellement détruite, on l'a ouverte il y a un an.
00:33Donc nous on a besoin de visibilité, on a besoin de travailler.
00:36A 16h mon employé m'appelle, il me dit il y a des lacrymos, il y a de la fumée,
00:41il y a des CRS, il y a des cris.
00:42Il n'y a aucun client, il faut que je parte, je ne me sens pas en sécurité.
00:46Évidemment je lui dis part, il baisse le rideau de fer, il ferme la boutique, il quitte les lieux.
00:52Voilà, à 19h, le rideau de fer est arraché, les deux vitrines sont cassées, la porte en vitrine est cassée
01:00aussi.
01:01Et c'est simple, de 19h et pendant toute la nuit, on a 30 personnes qui sont dans le magasin.
01:07Voilà ce qu'il reste de la boutique.
01:09Moi, ça c'est la Turbigo.
01:12Rivoli, je croise les doigts, est intacte.
01:15J'arrive le dimanche, vous ne pouvez plus circuler dans Paris, vous ne pouvez plus bouger, vous ne savez pas
01:19ce qui se passe.
01:20J'arrive le dimanche, vous trouvez votre boutique saccagée, détruite, il n'y a plus de porte, il n'y
01:29a plus de stock, elle est vide.
01:31Vous avez tout perdu et vous êtes là, seul, en face de votre boutique détruite.
01:36Et vous vous demandez comment on va faire, est-ce qu'on va pouvoir rouvrir, est-ce qu'on va
01:40pouvoir retravailler ?
01:43Et petit mot peut-être, dans cette boutique, c'est des vêtements de pluie, c'est des casques, c'est
01:47des antivols, c'est des éclairages.
01:49C'est un matériel hyper spécialisé.
01:52À quoi ça leur sert ? Qu'est-ce qu'ils en ont fait ? Je ne sais pas.
01:57Et vous n'avez pas retrouvé déjà un certain nombre de produits en vente sur des sites, etc. ?
02:01Parce qu'on a vu qu'aujourd'hui, vous n'avez pas regardé.
02:04Je dois porter plainte, je dois faire les démarches, je dois nettoyer, je n'ai pas voulu chercher.
02:09Qu'est-ce qui domine ? La colère, la fatigue ? À qui vous en voulez aujourd'hui ?
02:13De la fatigue, de l'épuisement, de l'inquiétude, mais aussi beaucoup de mouvements de solidarité.
02:20Des gens qui s'arrêtent, qui proposent de nous aider.
02:23Nous, on a parlé sur les réseaux, on a ouvert une cagnotte, il y a eu des centaines de contributions,
02:27des gens nous ont mis des mots de soutien.
02:29Donc franchement, dans ce moment de détresse, il y a aussi eu des comportements géniaux
02:33qui nous ont donné l'énergie de continuer.
02:35Donc vous continuez ?
02:37J'attends de savoir.
02:39En fait, c'est un arbitrage.
02:41La boutique, elle est détruite et elle est fermée.
02:43J'attends de savoir combien je vais être indemnisée aujourd'hui.
02:46Est-ce que vous découvrez quelles sont vos garanties que vous avez signées il y a cinq ans ?
02:50Plus elles sont bonnes, plus votre contrat est cher.
02:53Aujourd'hui, je regarde ce que j'ai signé.
02:55Vous avez à la fois les garanties sur le niveau de stock, mais vous avez aussi la perte d'exploitation.
02:59Moi, chaque jour que le magasin est fermé, c'est du manque à gagner.
03:02C'est une petite option magique, je ne l'ai pas signée sur ce magasin-là.
03:05Donc je dois rouvrir le plus vite possible.
03:07Et c'est en cela que la cagnotte qu'on a ouverte, où les gens mettent des contributions,
03:12elle va nous permettre d'avancer les frais, de remettre une porte, remettre une vitrine
03:15et ouvrir le plus vite possible.
03:16Vous savez combien vous avez perdu ?
03:18Oui, je sais combien j'ai perdu.
03:19Samedi matin, j'avais 50 000 euros de stock.
03:22Le soir, ils nous ont subtilisé 90% du stock.
03:26Ils ont pris la caisse, le tiroir caisse, l'ordinateur, la livebox, le TPE.
03:31Ils ont pris la livebox ?
03:32Ils ont désossé la livebox, le câble est arraché, je ne sais pas ce qu'ils vont faire de cette
03:36livebox.
03:37Ils ont pris le terminal bancaire, ça coûte cher, un terminal bancaire, et ils n'en feront rien.
03:41Donc non, ils ont tout pris.
03:47Vous disiez, donc, perte de 45 000 euros ?
03:50Oui, plus les dégâts matériels.
03:52Plus les dégâts matériels.
03:53Et la cagnotte, pour l'instant, elle est à combien ?
03:55Elle est à 11 000 euros.
03:56Elle est à 11 000 euros.
03:57La cagnotte, elle ne doit pas rembourser tous mes dégâts.
03:59Il y a une assurance qu'elle a pour ça.
04:00Elle vient nous aider à combler ce qui ne sera pas couvert par l'assurance.
04:04Et elle vient nous aider à avancer les frais.
04:06Moi, je ne vais pas attendre que les assurances me remboursent pour réparer ma vitrine et relancer mon magasin.
04:11Et je remercie les gens, franchement.
04:13C'est un élan de solidarité.
04:14Moi, je suis hyper touchée.