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  • il y a 24 minutes
BFMTV propose un nouveau numéro exceptionnel du FORUM BFMTV: “Pillages, émeutes : la France débordée” présenté par Maxime Switek. La chaîne consacre une soirée spéciale pour permettre à des citoyens, des personnalités politiques et des spécialistes d'échanger après la journée de manifestations du 17 octobre, émaillée de violences.

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Transcription
00:00Monsieur le maire, prenez le micro.
00:03Des commerçants comme Antoine, comme Swad, comme Zvetan, vous en avez vu des dizaines aujourd'hui ?
00:07Des dizaines, c'est des centaines d'ailleurs qui ont été, je suis même étonné des chiffres pour toute la
00:12France,
00:12j'ai l'impression que c'est des centaines pour le seul centre de Paris au sud de la République.
00:17J'ai vu des commerçants comme vous, j'ai vu des gens pleurer, j'ai vu des habitants aussi qui
00:21étaient comme vous inquiétés
00:23parce que ça s'est passé, il n'y a pas de différence, les commerçants ils sont rez-de-chaussée
00:26d'immeubles qui ont brûlé.
00:29Et je vous entends et j'ai l'impression d'une journée qui ne finit jamais, vous savez,
00:34une journée qui recommence sous les manières, en tout cas c'est ce qu'on a eu le sentiment de
00:37vivre ce week-end
00:38puisque après le samedi soir, on s'est dit ok, c'est un samedi soir terrible et hop, rebelote hier
00:42soir, c'était presque pire je crois hier soir.
00:44Pourquoi pire ?
00:45Pire parce que dans les noms, ça doit être encore pire, mais surtout cette répétition, c'est-à-dire que
00:50vous vous dites, ça ne va jamais s'arrêter.
00:52Et j'avais pensé, peut-être naïvement, qu'entre les deux journées, on s'adapterait, le dispositif s'adapterait,
00:58il n'a pas pu s'adapter, je le dis avec vraiment beaucoup de pensée pour les policiers qui ont
01:05été blessés, qui sont intervenus.
01:07Moi j'étais en permanence avec la préfecture de police, avec mes commissaires, sur le terrain, je n'ai rien
01:12à dire,
01:12ils étaient sur le terrain, ils défendaient, mais clairement, clairement ils n'étaient pas assez.
01:16Vous racontez tous la même chose, on est commerçant qui se sentit, et des habitants qui me disent on était
01:20abandonnés.
01:21Moi j'avais des situations où les gens m'appelaient, m'envoyaient des images, ou qu'on voyait nous-mêmes
01:26sur le terrain,
01:27et ça a duré 20 minutes, 45 minutes, une heure, une heure sans intervention, en plein cœur du centre de
01:34Paris, de la capitale de France,
01:36sans qu'il n'ait la possibilité d'y accéder.
01:39Et donc je me dis, là, j'entendais tout à l'heure, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, est quelqu
01:43'un qui connaît extrêmement bien Paris,
01:44extrêmement bien la police.
01:45– Qui a présenté sa démission ce matin, et Emmanuel Macron a refusé sa démission ce matin, ce week-end.
01:49– Je trouve ça incompréhensible, c'est quelqu'un, je vous dis, avec qui on a très très bien travaillé,
01:53j'ai connu des préfets, ils connaissent bien, je pense qu'ils se sont laissés, on va voir, le bilan
01:59n'est pas fait,
02:00et puis il y a des experts ici, sans doute mieux que moi, certainement, de la police.
02:03– On a plusieurs policiers avec nous ce soir, on va en parler évidemment.
02:05– À l'évidence, il y a un problème d'information, il y a un problème de renseignements généraux,
02:09les effectifs sur le terrain n'étaient pas suffisants, je pense que j'enfonce des portes ouvertes en disant ça,
02:14sans jeu de mots, et hélas…
02:16– Le ministre de l'Intérieur a reconnu ce matin qu'il avait perdu le contrôle,
02:20qu'on avait perdu le contrôle d'un certain nombre de villes ce week-end.
02:23– C'est clairement ce qui s'est passé dans le centre de Paris, et je vous entends,
02:26autour des endroits que vous décrivez, entre les Halles, la République,
02:29et oui, moi je fais partie de ceux qui ont dit, si on n'est pas capable d'assurer,
02:33il faut mettre les bouchées doubles, il faut passer à la vitesse supérieure, et donc oui…
02:37– Là, le fait qu'il y ait le couvre-feu ce soir, ça vous rassure ?
02:39– Écoutez, c'est un couvre-feu compliqué, il y a un couvre-feu, puis il y a un arrêté
02:42spécifique,
02:43il y a des arrêtés qui limitent la possibilité de se rassembler,
02:45vous avez, je crois, tout à l'heure un peu mélangé, c'est à partir de 23h le couvre-feu,
02:49les autres mesures d'arrêtés territoriaux, enfin c'est de la technique,
02:55étaient à partir de 20h, l'interdiction de rassemblement, l'interdiction d'être cagoulé,
02:59d'avoir le visage masqué, d'avoir un certain nombre de choses sur soi.
03:03Oui, en tout cas, tout ce qui peut être de nature à protéger nos commerces et les habitants,
03:09me rassure, on va voir à l'épreuve si c'est ce qui est le plus efficace, mais l'évidence…
03:12Vous avez évoqué, M. le maire, à un moment, dans ces dernières heures, vous avez évoqué l'armée.
03:17Oui, oui, alors ça fait beaucoup de… j'ai évoqué l'armée, je n'ai pas demandé qu'on appelle
03:21l'armée,
03:21j'ai dit que si les effectifs de police étaient insuffisants,
03:24si on n'avait pas assez de force pour maintenir l'ordre,
03:28eh bien oui, il fallait mobiliser l'armée, comme on le fait d'ailleurs.
03:30Du reste, j'ai eu plein de réactions, tous les jours, les sentinelles,
03:33les forces sentinelles depuis un certain temps, depuis les grands attentats,
03:37les forces sentinelles patrouillent, notamment dans le centre de Paris,
03:39où j'ai des secteurs qui sont très exposés, parce qu'il y a beaucoup de touristes…
03:42Mais ils ne sont pas formés au maintien de l'ordre, par exemple ?
03:44Bien sûr, et ils ne sont pas formés au maintien de l'ordre, on a besoin de policiers,
03:47mais par exemple sur des permanences statiques, sur des présences statiques,
03:50autour des halles, autour de la République, vous avez besoin d'avoir aussi des gens
03:53qui sont en dissuasion, et les forces militaires peuvent le faire,
03:57elles le font déjà, simplement, ce n'est pas pour libérer des policiers
04:01qui, eux, ont l'expérience et la capacité d'intervenir sur des situations.
04:04Ils n'ont pas pu le faire ce week-end, il aurait manqué,
04:07j'aurais préféré avoir des militaires ce week-end, on ne les a pas eus.
04:11Et l'évidence, c'est d'abord des forces de police.

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