Passer au playerPasser au contenu principal
Après les violences des 17 et 18 octobre à travers la France, le ministère de l'Intérieur et son dispositif policier sont pointés du doigt. Les maires de Marseille et de Limoges, Benoît Payan et Guillaume Guérin, demandent des comptes.

#17octobre #paris #violences #giletsjaunes #pillage

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Des pillages, des boutiques incendiées et une question.
00:07Et la police, c'est la police ?
00:09Là, je crois qu'ils sont un peu débordés, peut-être, vous ne voyez pas ?
00:11Moi aussi, je suis débordé.
00:12Après les violences commises en marge de la manifestation du 17 octobre,
00:15qui ont touché plus de 2000 commerces en France selon la Chambre de commerce et Industrie,
00:19des interrogations subsistent sur l'absence de présence policière face au pillage.
00:22Il n'y a pas que la police qui est débordée, tout le monde est débordé.
00:25Quand tu vois des choses comme ça, dans un pays comme la France,
00:28je trouve que je suis pas normal.
00:29Alors, que s'est-il passé ?
00:31Comment autant de commerçants ont-ils pu se retrouver laissés pour compte
00:34et les forces de l'ordre aussi dépassées ?
00:36Ce qu'on sait, c'est que le nombre de forces de police
00:39était beaucoup moins que lors d'autres manifestations.
00:44Le problème, c'est qu'il y a eu dans le maintien de l'ordre,
00:47tu adaptes le maintien de l'ordre en fonction des renseignements que tu as,
00:50des renseignements territoriaux.
00:52Or, des renseignements qui sont parvenus étaient sous-estimés.
00:56Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:58dont la démission a été refusée par Emmanuel Macron ce lundi matin,
01:01a effectivement reconnu un manque d'anticipation.
01:03On a eu des prévisions de participation qui n'étaient pas de 100 000,
01:08comme je l'ai entendu tout à l'heure, mais c'était un peu plus de 200 000.
01:10On a terminé à 550 000, donc il y avait deux fois et demi plus de personnes.
01:13Ça veut dire que le dispositif que nous avons mis en place
01:16s'est trouvé dans certains endroits en asymétrie par rapport au volume de participants.
01:19L'ampleur a été sous-évaluée.
01:21Il y avait aussi des cibles, ils étaient mobilisés pour protéger Matignon, protéger l'Elysée.
01:28Ça a fait énormément de... Il y a eu une masse de mobilisation,
01:32ce qui explique aussi qu'ils n'étaient pas ailleurs,
01:36et notamment sur les saccages des magasins.
01:38Résultat, plusieurs maires se sont plaints d'avoir été abandonnés,
01:41comme le maire de Marseille, Benoît Payan,
01:42qui a contacté Emmanuel Macron ce samedi
01:44pour appeler en renfort des blindés centaures de la gendarmerie nationale.
01:47Je crois comprendre que certains avaient des informations,
01:51notamment sur la volonté de certains saccages d'en découdre.
01:55Une compagnie de CRS, ça fait 80 CRS,
01:58pour une ville qui fait 5 fois Lyon et 2 fois et demi Paris.
02:07Le maire de Limoges, Guillaume Guérin,
02:09dont l'hôtel de ville a été brûlé ce week-end,
02:11a notamment déploré des munitions insuffisantes ce samedi,
02:14dès le milieu de l'après-midi.
02:16Ce qui s'est passé hier est inadmissible,
02:17parce que la police nationale, elle a lutté avec beaucoup de pugnacité,
02:21mais elle n'avait pas les moyens.
02:22Ce que je veux aujourd'hui, c'est que le gouvernement prenne conscience
02:24que si l'hôtel de ville a brûlé,
02:25c'est parce qu'on n'a pas été capable de maintenir les casseurs sur les boulevards,
02:28parce qu'on n'avait pas les moyens de les maintenir sur les boulevards.
02:30Ce qui s'est passé, c'est qu'il n'y avait même plus de grenades à 15h30.
02:33Voilà la réalité des faits.
02:35Évidemment, en munitions, c'est la même chose,
02:37puisque tu calcules tes munitions en fonction des effectifs que tu mets en place.
02:43Le dispositif policier, et partout en France,
02:46se fait à partir des renseignements territoriaux.
02:49Ils ont des outils aujourd'hui qui ne sont plus adaptés à la situation.
02:53Et la difficulté est là, c'est qu'on est dans d'autres processus,
02:56nouveaux, très différents des Gilets jaunes,
02:58qui décident au dernier moment d'aller manifester ou d'aller casser sur TikTok, etc.
03:03Et ça, c'est très difficile pour les renseignements territoriaux d'anticiper.
03:08Lors de son intervention dimanche soir,
03:09Emmanuel Macron a promis de tirer toutes les leçons des violences du 17 octobre.
03:13La présidente de l'Assemblée nationale, Yann Broun-Pivet,
03:16qui envisage la création d'une commission d'enquête sur les événements,
03:19réunira les présidents de groupe à cet effet mardi matin.

Recommandations