00:00Oui, nous sommes avec Florence Bergeau-Blaclaire, elle est en train de nous expliquer qu'effectivement, il y a eu
00:09un acte politique lorsqu'on voit que les mairies ont été attaquées.
00:13Elle est en train de souligner qu'il y a eu une instrumentalisation du 17 octobre, on va lui demander
00:18comment et pourquoi.
00:20On parle avec Florence Bergeau-Blaclaire en direct sur Europe, anthropologue française, de ce mot qu'Emmanuel Macron n'a
00:27pas cité,
00:27que le Premier ministre n'a pas cité le mot immigration, mais que d'autres sites, on parle avec Florence
00:32Bergeau-Blaclaire de ces drapeaux qui ont été brandis,
00:35des drapeaux algériens, palestiniens, etc. Et si c'était des drapeaux russes, qu'est-ce qu'on aurait dit ?
00:42Voilà ce que nous font par certains auditeurs d'Europe 1 qui disent, j'aimerais savoir à quelle réaction auraient
00:46des politiques si jamais des manifestants avaient sorti des drapeaux de la Russie.
00:51Florence Bergeau-Blaclaire, vous êtes en ligne avec nous et on parlait de cette instrumentalisation du 17 octobre, de quoi
00:56parlons-nous concrètement ? Expliquez-nous.
00:59Alors, c'est vrai qu'il faut expliquer ce qu'est le 17 octobre 1961, ce que les Français savent
01:04peu en général.
01:05Ce qui s'est passé à Paris, c'est que la police du préfet Maurice Papon, qui était un ancien
01:11collaborateur des nazis,
01:13a réprimé assez violemment une manifestation du FLN, des Algériens,
01:19donc une manifestation qui a abouti à des dizaines de morts et des noyés dans la Seine.
01:25Et donc, pour l'Algérie, ce massacre est un symbole de la répression coloniale.
01:31Et d'ailleurs, le président Tebboune n'a pas hésité en 2023 à réintroduire dans l'hymne algérien un couplet
01:42qui dit
01:43« Oh France, voici venu le jour où tu devras rendre des comptes ».
01:47Et tout cela a été scandé le 17 octobre en commémoration à cet événement, devant le maire de Paris, il
01:55y a deux jours.
01:56Donc, il faut imaginer le climat.
02:00Les Algériens, depuis que je travaille sur ce sujet, depuis plus de 30 ans,
02:05les Algériens sont extrêmement sensibles à cette question de la colonisation et de la décolonisation.
02:13Et donc, il suffit d'utiliser ce 17 octobre pour les rendre absolument furieux.
02:20Et surtout, on a vu Al Jazeera+, donc la chaîne du Qatar qui s'adresse aux jeunes,
02:29essayer de faire un lien entre les manifestations, la répression des manifestations aujourd'hui et celle de 1961.
02:37Donc ça, c'était même avant le 17 octobre.
02:40On voit que ça a été monté, ça a été travaillé.
02:42Les populations ont été travaillées.
02:44Et on n'a pas vu ça parce qu'on ne prend pas en compte les symboles culturels.
02:49On ne pense qu'à la situation économique.
02:52Or, pour ces populations-là, qui sont aussi travaillées par la gauche décoloniale,
02:58c'est extrêmement sensible.
03:00On n'a pas compris non plus quand Charlie a été assassiné par des gens qui voulaient sauver le prophète.
03:06Ce sont des dimensions symboliques qui nous échappent complètement.
03:10Or, elles sont absolument cruciales.
03:12Et quand LFI joue avec ces symboles, il n'est pas très loin d'être criminel, d'agir de façon
03:20criminelle.
03:21Donc il faut arrêter ça, à mon sens.
03:24Et il faut aussi que les autorités comprennent ce qui se joue.
03:28Je pense que quelqu'un comme le recteur de la mosquée de Paris
03:34a attisé et jette de l'huile sur le feu.
03:37Et en même temps, c'est lui qui est reçu par nos autorités, notre gouvernement,
03:43pour représenter l'islam de France.
03:45Donc quelque chose ne va pas.
03:46Il faut qu'on prenne conscience qu'on ne doit pas jouer avec ces symboles-là
03:51et qu'ils sont extrêmement inflammables.
03:53Merci beaucoup Florence Berger-Blaclaire d'avoir été en direct
03:57avec nos sur-européens anthropologues françaises chargées de recherche au CNRS
04:01qui nous explique comment la date du 17 octobre a été bien choisie, organisée,
04:07que les populations ont été travaillées pour ce 17 octobre.
04:11Personne n'en parle et c'est là où ça nous intéresse.
04:14Merci à tous.