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  • il y a 13 heures
Regardez L'angle éco de François Lenglet du 19 octobre 2026.

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Transcription
00:03RTL Matin
00:04RTL Matin, 7h40, l'Angléco maintenant avec François Langlais.
00:08Ce week-end a donc été marqué par les saccages, les pillages dans de nombreuses villes.
00:12Tout ce chaos risque-t-il d'aggraver l'état de la France
00:15et de nous faire basculer dans une crise financière profonde, François ?
00:19Oui, la crise française se joue maintenant sur trois tableaux simultanés.
00:25Dans la rue, où violences et pillages font rage, sur fond des revendications
00:29qui portent sur le niveau de vie, système éducatif.
00:33A l'Assemblée, où le gouvernement tente de faire passer un budget 2027
00:37qui laisse en l'état tous les problèmes du pays, à commencer par un déficit intenable.
00:42Entre 2020 et 2027, la France aura accumulé près de 50% du PIB de déficit.
00:49Il n'y a pas un pays de la zone euro qui affiche un tel désastre budgétaire.
00:54Et puis, troisième théâtre, les marchés financiers.
00:57Où le pays peine à convaincre ses prêteurs, sauf à payer des taux d'intérêt de plus en plus élevés.
01:03Alors qu'il lui faut désormais plus de 300 milliards par an
01:06avant même d'avoir commencé à rembourser le premier fifrelin.
01:11Désordre dans les rues, désordre dans les comptes, désordre à l'Assemblée.
01:16Ainsi finit ce second mandat présidentiel calamiteux.
01:20Donc François, vous faites le lien entre crise sociale et sécuritaire, crise politique et crise financière.
01:25Oui, pour plusieurs raisons.
01:27D'abord, à l'origine de ces crises, il y a un manque d'autorité, un pouvoir dépassé.
01:31Et puis, ces crises se nourrissent l'une l'autre.
01:33Comme il n'y a plus d'argent, impossible de calmer la colère à coup de milliard comme on le
01:37fait habituellement.
01:38Et comme il n'y a plus de majorité, impossible de redresser les comptes.
01:41De ce point de vue, la dissolution saugrenue de l'été 24, c'est l'une des causes du bazar
01:47actuel.
01:48Elle libère son venin progressivement.
01:51Par ailleurs, si les marchés financiers nous pénalisent, c'est bien sûr à cause de l'état de nos finances.
01:55Mais aussi parce qu'ils comprennent bien que le pays n'est pas prêt au plan social,
02:00pas prêt non plus au plan politique, à les remettre d'équerre ces comptes.
02:04Une crise financière, c'est en réalité la punition d'une paralysie politique.
02:10Et où nous mène-t-il, François, cet enchevêtrement des trois crises ?
02:13Écoutez, ce qui me frappe, c'est que ce melström se produit à quelques encablures de l'élection française clé,
02:21la présidentielle.
02:22Comme si les marchés financiers, les casseurs, avaient commencé à voter avant nous, les citoyens.
02:27Comme si les marchés anticipaient, au vu des candidats, du débat, de la situation sociale du pays.
02:33Que la présidentielle ne serait pas résolutoire pour nos problèmes.
02:38Vous savez, jusqu'ici, chaque élection présidentielle nous apportait une surprise.
02:42Avec l'effondrement d'un favori.
02:44C'était DSK en 2011.
02:46En 2017, c'était Juppé, puis Fillon.
02:49Ou bien, au contraire, l'émergence d'un nouveau.
02:51Cette fois-ci, la surprise, c'est peut-être que le destin du pays ne se jouera pas.
02:55Dans les urnes, mais sur les marchés et dans la rue, sur les marchés financiers et dans la rue,
03:00avec un pouvoir politique spectateur, sans prise sur les événements.
03:04Comme l'était le président hier soir.
03:06Un pouvoir politique spectateur.
03:08On va en parler dans un instant avec notre invité, Gabriel Attal.
03:11Merci François Langlais.

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