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  • il y a 10 minutes
Après les violences qui ont émaillé la journée de manifestations du 17 octobre contre la "vie chère", le gouvernement a annoncé ce mardi que les couvre-feux en vigueur dans plusieurs villes seraient reconduits "là où la situation le nécessite" pour une deuxième nuit.

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Transcription
00:00– Monsieur le policier, bonsoir. – Bonsoir.
00:02– Grégory Joron, merci d'être avec nous, vous êtes secrétaire général du syndicat de police unité.
00:06D'abord, une première question. Il a été dit que le dispositif sécuritaire serait renforcé,
00:11BRI, GIGN, Sentinelle, et puis des renforts, surtout des forces de l'ordre.
00:17Est-ce que vous pouvez ce soir affirmer que plus jamais il n'y aura un 17 octobre, le 24
00:22octobre ?
00:23– J'aimerais, j'aimerais, j'aimerais déjà pas, mes collègues l'aient vécu.
00:26Est-ce qu'on peut l'affirmer ? Moi, je suis inquiet, en fait, pour une chose,
00:31un peu l'amnésie, réellement, de certains responsables, et notamment du gouvernement.
00:39Je le dis sincèrement, alors pas du ministre de l'Intérieur particulièrement,
00:43mais j'ai croisé un ministre hier sur un plateau qui m'a dit
00:45que c'est la première fois qu'on voit une mécanique comme ça.
00:48Enfin, pardon, mais non. Je rappelle qu'en 2018, on a vécu exactement les mêmes journées.
00:52En fait, moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'en fait, depuis 2016, pardon,
00:55je peux prendre 30 secondes de développement.
00:57Vraiment, c'est important, parce qu'il faut…
00:59En 2016, on a vu le retour des éléments radicaux dans les manifestations.
01:03La loi Travail, El Khomri, c'est la première fois qu'on avait, depuis 15 ans,
01:07qu'on avait un retour d'éléments radicaux, et donc qui mettait à mal, quand même,
01:10on va dire, la philosophie du maintien de l'ordre,
01:13puisqu'on était resté sur l'évitement, la mise en distance.
01:15Et là, pour le coup, on avait des gens qui venaient au contact
01:16et qui voulaient casser cette mise à distance.
01:18Premier élément. Qu'est-ce qu'on a fait depuis ?
01:22– Deuxième élément… – Je ne traduis rien.
01:24– Deuxième élément, les gilets jaunes. Pas grand-chose.
01:27Deuxième élément, les gilets jaunes.
01:28Les gilets jaunes, c'est quoi ?
01:29C'est le matin de l'ultra-gauche, fin de matinée de l'ultra-droite,
01:3316h du pillage. Ah si.
01:35– Oui, d'accord, mais au début…
01:36– Évidemment, il y avait quand même…
01:38– Évidemment, il y avait beaucoup de monde autour.
01:38– Je ne parle pas des éléments qui posent problème.
01:41– Je parle des éléments qui posent problème, évidemment.
01:43Les gens qui manifestent.
01:45Je fais bien la distinction entre ceux qui manifestent,
01:50et dont c'est le droit le plus fondamental d'exprimer des colères,
01:53des revendications, et ce qui nous pose problème
01:54en termes d'ordre public.
01:56C'est ce qu'on a vécu sur les gilets jaunes,
01:58plusieurs week-ends, rappelez-vous, du pillage.
01:59– Mais on s'en rappelle très bien.
02:01– Oui, mais nous, on s'en rappelle bien, tant mieux.
02:032023, qu'est-ce qu'on voit à Post-Naël ?
02:06Pillage, attaque des institutions,
02:09X bâtiments publics, je crois que c'est plus de 200 gendarmeries,
02:13commissariats, mairies qui ont été attaqués.
02:14– Médiathèques, écoles.
02:15– Exactement, avec pour le coup,
02:17quelque chose qu'on n'avait jamais constaté,
02:19une forme de coordination.
02:21D'accord ?
02:23Donc ce qui nous est arrivé samedi,
02:24c'est simplement l'addition de tout ça
02:26avec des gens qui ne sont pas bêtes,
02:28qui savent très bien et qui se nourrissent l'un l'autre.
02:30L'ultra-gauche, le risque de samedi,
02:33c'est très bien que les pilleurs sont une force supplémentaire.
02:35– Alors pourquoi parler de sidération ?
02:37– Parce qu'en fait, je pense qu'on n'a pas, pour le coup,
02:40personne, ou en tout cas mal anticipé,
02:43non, non, mais pardon, je vais vous dire,
02:45le volume de personnes qu'on avait en face de nous,
02:47le nombre de pilleurs qu'on avait en face de nous, notamment.
02:49– Nous sommes un pays qui a été frappé
02:51par des chocs terroristes d'une ampleur inédite.
02:53Nous avons des renseignements qui sont,
02:55même si malheureusement,
02:57le renseignement territorial a été démantelé en partie,
02:59qui sont à un niveau d'efficacité exceptionnel.
03:01On ne peut pas croire que 30 000,
03:0430 000 déstabilisateurs de l'État sont arrivés,
03:08habillés tout à fait tranquillement,
03:10et se sont mis à piller, cassés, brûlés.
03:12– Pour moi, les 30 000, je ne sais pas exactement
03:13s'ils sont bien posés, j'en sais rien,
03:14et puis peu importe, dans l'absolu, de toute façon,
03:16la réalité, c'est qu'on a pris la vague.
03:18C'est une réalité que moi, j'ai eu des messages
03:20tout au long de la journée de collègues
03:21qui m'ont informé du fait qu'ils devaient reculer,
03:25qu'ils ont eu peur, qu'ils ont...
03:27– Peur ?
03:27– Ah oui, bien sûr.
03:29Mais je pense que c'est quand même assez humain.
03:30– C'est humain.
03:31– Voilà, et je pense que c'est assez normal.
03:33Et même des collègues très aguerris
03:34qui se sont retrouvés dans des situations invraisemblables,
03:37à 4 ou 5 pour garder un parc,
03:38quand vous avez 800 personnes déchaînées devant vous,
03:41eh bien oui, vous avez, je crois, le droit d'avoir peur.
03:42Et à mon avis, c'est plutôt bien d'avoir peur.
03:45– Je peux vous dire qu'il y a la peur instinctive pour sa vie
03:49et il y a...

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