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00:00Et l'autre regard, c'est celui de Mélanie Pitot ce matin.
00:02Bienvenue, Mélanie, comme chaque vendredi,
00:06pour nous parler d'un certain nombre de faits que vous avez choisis.
00:11Aujourd'hui, on prend la direction de l'Espagne.
00:13L'Espagne qui est en pleine crise politique.
00:16Rien ne va plus, même on peut le dire, pour le gouvernement de Pedro Sanchez
00:19qui a convoqué des élections législatives anticipées.
00:22Ce sera le 29 octobre, il a été contraint, c'est moins qu'on puisse dire.
00:26Mélanie, ce matin, vous avez décidé de revenir sur la crise
00:30qui a poussé le chef du gouvernement espagnol à dissoudre le Parlement.
00:34C'était le 5 octobre dernier.
00:35Oui, tout à fait, Rachid.
00:37Tout le monde se souvient de la jeunesse de cette crise.
00:39C'est l'exclusion de l'autogénère Marie-Carmen Abascal de son logement
00:43qu'elle occupait depuis sept décennies.
00:46Une expulsion qui a suscité une vive émotion dans l'opinion publique.
00:49Les Espagnols ont pris la rue pour manifester contre le mal-logement
00:53et l'augmentation des prix du loyer.
00:57Donc là, on peut voir des images de ces copements, justement, à Madrid.
01:01Alors, ni une ni deux.
01:02Le gouvernement de Pedro Sanchez tente de faire passer plusieurs mesures au Parlement
01:08pour lutter contre la crise du logement.
01:10Il se heurte à un mur.
01:11Les deux décrets-lois cruciaux ne passent pas.
01:14Et le chef du gouvernement est face à une réalité
01:16que Nicolas Klein, spécialiste de l'Espagne, agrégé d'Espagnol,
01:20et professeur aux classes préparatoires, nous explique.
01:23Et il s'agit en fait du talon d'Achille du Parti Socialiste.
01:27Ce que cette affaire a révélé, c'est que l'exécutif espagnol
01:32était surtout en minorité au Congrès des députés.
01:35Un exécutif de coalition en minorité, donc extrêmement fragile, extrêmement instable,
01:40qui s'est retrouvé, en réalité, face à un constat que tout le monde avait fait depuis longtemps,
01:46y compris, il faut le dire, Pedro Sanchez lui-même,
01:49c'est qu'il n'y avait pas de majorité, qu'il n'y en avait plus depuis longtemps,
01:53et que partant de ce constat, Pedro Sanchez, le président du gouvernement, a préféré dissoudre.
01:59L'affaire Marie-Carmen Abascal et de ces deux décrets
02:03a surtout révélé au grand jour, a rendu impossible à dissimuler cet état de minorité.
02:10Voilà, cette minorité à laquelle il fait référence, Mélanie,
02:14elle ne donne pas cher de la peau, en tout cas, elle se retrouve aussi dans les sondages,
02:18elle ne donne pas cher du tout de la peau du parti, le PSO, le parti du chef du gouvernement.
02:24Et on parle de véritables coups de poker de la part de Pedro Sanchez.
02:28Oui, exactement, ces élections à venir d'ici une dizaine de jours,
02:32c'est du pain béni un peu pour la coalition de droite et de droite radicale
02:36qui s'opère déjà dans certaines régions d'Espagne,
02:39comme l'Andalousie, la région la plus peuplée de l'Espagne.
02:43Le candidat du parti populaire de droite a été réélu grâce au soutien du candidat d'Extrême Vox,
02:49idem pour Castille et Léon, ou encore en Aragon, ou encore même en Estre-Madur.
02:55Alors, le risque que cette fusion, en fait, se retrouve aussi au niveau national,
03:00c'est ce que nous explique Nicolas Klein ce matin.
03:03L'opposition de droite réclamait depuis très longtemps des élections,
03:07pas seulement d'ailleurs à cause des problèmes de logement,
03:11mais en raison de toute une série de forts désaccords et de scandales
03:14qui ont touché le gouvernement de Pedro Sanchez.
03:17La plupart des sondages qu'on a vus depuis des mois
03:20et qui se confirment depuis l'annonce de la dissolution,
03:24laissent entendre, pour le moment en tout cas,
03:26qu'une majorité de droite, entre le parti populaire, la droite classique et Evox,
03:30la droite radicale, pourrait arriver au pouvoir.
03:32En fonction des sondages, on est sur cette coalition de droite et droite radicale
03:37entre 198 et 205 sièges.
03:41Or, la majorité absolue au Congrès des députés espagnols est à 176 sièges,
03:46ce qui donnerait donc une majorité absolue très nette à cette coalition.
03:51Mais évidemment, ce n'est qu'une photographie sur l'instant,
03:54comme disent les sondeurs, on verra comment la campagne évolue
03:58et si la gauche parvient à mobiliser son électorat ainsi que les indécis.
04:03Oui. Alors, Mélanie, cette crise du logement que vous avez évoquée,
04:07il y a aussi les affaires de corruption au Parti Socialiste espagnol
04:10qui éclaboussent Pedro Sanchez même directement,
04:14parfois même à travers sa famille.
04:15Ce ne sont pas toutefois les seules raisons de cette crise politique en Espagne.
04:20Il y a aussi la crise migratoire, le passage de quelques 70 000 migrants
04:24dans le président occupé de Subta, qui peut aussi peser en tout cas
04:30sur cette balance et ces élections.
04:32Oui, complètement une crise migratoire.
04:34Que les partis de droite et de droite radicale se sont empressés
04:38de récupérer, instrumentalisation des lois migratoires,
04:42qui est le cheval de bataille de Pedro Sanchez durant son mandat.
04:46Il faut rappeler que le gouvernement socialiste a régularisé environ 500 000 personnes
04:50au titre de l'année 2026, des décisions qui ne sont pas en droite ligne,
04:54des idées de ses opposants.
04:56Et donc, les électeurs de droite et d'extrême droite vont sûrement faire payer le prix
05:00à Pedro Sanchez.
05:01C'est en tout cas ce que pense Nicolas Klein.
05:05La crise migratoire de Ceuta va très certainement pousser des électeurs
05:10à aller voter pour la droite et en particulier pour la droite radicale de Vox
05:14qui a un discours beaucoup plus ferme sur l'immigration.
05:18Il faudra voir comment cela parvient à mobiliser les électeurs de droite
05:22et plus encore les électeurs indécis.
05:24Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'immense majorité des Espagnols,
05:28quasiment 80%, considère les villes autonomes de Ceuta et Melilla
05:33comme des parts intégrantes du territoire espagnol,
05:38considère que Ceuta et Melilla sont aussi espagnols que le reste du territoire péninsulaire
05:43et des deux principaux archipels que sont les Baleares et les Canaries.
05:46Il n'y a que 13 à 14% des citoyens espagnols
05:50qui estiment que le statut de Ceuta et Melilla est particulier
05:53et demanderait une coopération et une négociation plus poussée avec le Maroc.
05:59Alors cet éclairage, Rachid, de Nicolas Klein ce matin,
06:02nous permet de mieux comprendre la récente visite.
06:06C'est mardi et mercredi du roi Felipe VI d'Espagne
06:09dans les présides occupés de Ceuta et Melilla.
06:13Une vision coloniale d'une certaine partie de la péninsule ibérique au XXIe siècle
06:18qui s'est pourtant targuée d'être l'un des pays européens les plus fermes
06:21contre la politique de colonisation israélienne et en faveur de la cause palestinienne.
06:26Effectivement. En tout cas, quoi qu'il arrive, on suivra de très près les élections
06:30qui auront lieu le 29 octobre prochain, date d'une nouvelle ère peut-être,
06:34pour Pedro Sanchez et pour le PSO.
06:37Peut-être aussi le grand retour de la droite espagnole au pouvoir.
06:41En tout cas, on verra ce que donne le scrutin qu'on suivra bien évidemment sur Média TV.
06:45Merci beaucoup Mélanie Pinto, c'était L'Autre Regard.