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00:00Bonjour Erwin Ngapet.
00:01Bonjour.
00:01Vous avez commencé au TVB, ça on l'a beaucoup entendu.
00:05Vous êtes de retour dans la salle de vos débuts.
00:08Vous êtes double champion olympique, l'un des meilleurs joueurs du monde à votre poste.
00:12Est-ce qu'aujourd'hui, il y a encore quelque chose qu'on ne sait pas sur vous ?
00:15Je dirais au niveau de la musique peut-être, ce qui fait partie un peu de ma reconversion.
00:21Je me suis lancé dans la production depuis pas mal de temps pour produire des artistes.
00:25Je pense que je vais m'orienter là-dessus pour mon après-carrière.
00:28Peut-être que ça, les gens ne le savent pas encore.
00:30Bonjour Pascal Foussard.
00:31Bonjour.
00:31On va commencer cette interview tous les deux.
00:34Pascal, il a un rôle important dans votre carrière, vous le dites.
00:38Vous en parlez aussi dans votre livre.
00:40Qu'est-ce qu'il représente pour vous dans ce que vous êtes aujourd'hui au volet ?
00:43Je pense que la première chose, c'est Pascal.
00:45Ça a été la première personne qui m'a fait confiance au niveau professionnel.
00:49J'ai encore le souvenir de cet essai que j'étais venu faire dans cette salle à 17 ans,
00:53alors que je ne jouais plus au volet depuis plusieurs mois déjà.
00:57Donc mon papa était devenu entraîneur.
00:59et Pascal m'a donné la chance de venir faire un essai pour compléter le groupe professionnel
01:04parce qu'il manquait un jeune dans l'équipe.
01:06Et donc voilà, c'est le premier contrat que j'ai signé ici à Tours.
01:09Et c'est Pascal qui a été la personne qui m'a fait confiance en premier.
01:12Et puis derrière, il y a eu toutes nos aventures, évidemment, en équipe de France où je trouve qu'on
01:17l'a dit passé, mais Pascal a eu un rôle très, très important.
01:19Et votre papa, il le dit. Lui, il arrive coach au Tour Volleyball. Vous, vous partez du centre de formation.
01:27Et vous, Pascal, vous dites oui à Eric Engapet. Il n'y a pas de doute, on va le prendre.
01:31Est-ce que vous voyez quelque chose en lui tout de suite ?
01:33Et oui, il avait quelque chose de plus que les autres. Mais comme son père était là, c'était simple
01:38pour lui.
01:39C'était là aussi la possibilité qu'ils vivent ensemble. Il y avait toutes ces choses-là qui étaient humainement
01:43très importantes.
01:45Après, ce n'est pas parce qu'il a signé à Tours qu'il a fait une grande carrière. Son
01:48père l'a formé, très bien formé.
01:50Et la seule chose que j'ai insisté, c'est que son père, au début, au bout de deux mois,
01:54il ne voulait pas le mettre titulaire parce que c'était son fils, parce qu'il ne voulait pas le
01:58candidatron.
02:00C'est moi qui ai quasiment obligé son fils, enfin son père, à le mettre titulaire.
02:03Et ça tombe bien que vous disiez ça. On va écouter un tout petit extrait de votre papa.
02:07Je n'ai pas été tendre avec lui parce que je l'ai fait travailler beaucoup plus que les autres.
02:11Il n'avait pas de problème particulier au niveau de l'attaque, mis à part acquérir de l'expérience.
02:15Mais il avait un petit problème au niveau de la réception et de la défense.
02:19C'était surtout parce qu'il préférait plus le filet que derrière.
02:23Vous ne pouvez même pas savoir combien de temps il a travaillé au niveau de la récepte.
02:26Son avenir était en réception à attaque.
02:28Moi, j'étais pointu avec les jeunes de l'équipe de France.
02:30Lui m'a tout de suite dit que mon avenir était sur un poste de récepte à attaque.
02:34Moi, j'ai dit OK, pourquoi pas.
02:36Mais c'est vrai que je n'étais pas prêt à la charge de travail qui allait suivre.
02:40Et oui, effectivement, quand je viens à Tours, je me souviens les après-entraînement où tout le monde est parti.
02:46Où moi, je suis encore là tout seul avec la machine à bosser la réception.
02:50J'en ai mangé énormément.
02:52Alors, ce n'était pas des moments faciles parce que c'était mon papa.
02:55Après, on rentre à la maison.
02:57Il y avait les devoirs.
02:58Il y avait tout ce qui englobe la vie de famille aussi.
03:01Mais aujourd'hui, avec tout ce qui s'est passé pour moi dans ma carrière,
03:04je suis conscient que si je n'aurais pas fait ça, je n'aurais sûrement pas eu la carrière que
03:09j'ai eue aujourd'hui.
03:09Mais je me souviens des premières entrées d'Hervine en réception.
03:12Il se faisait siffler par le public parce qu'il avait du mal en réception.
03:15Après, ça n'a pas duré très longtemps.
03:16Mais au début, c'était tendu.
03:18Parce que dans sa tête, il était toujours un peu pointu.
03:21Et son père avait ce projet-là avec.
03:23Et après, je pense qu'on a gagné la Coupe de France en décembre.
03:26Et en partie grâce à lui.
03:28Et à partir de là, il a lancé tout.
03:30Qu'est-ce qu'il a de plus, Hervine Engapet ?
03:33Déjà, Hervine, il a inventé des gestes.
03:36Alors quand on avance des gestes dans son sport, c'est qu'on est largement au-dessus des autres.
03:39Il a créé des choses.
03:41Après, je pense qu'il a été façonné par son père.
03:43Parce qu'il a une force de caractère qui impose par rapport à l'adversaire, par rapport à ses coéquipiers.
03:49Il a une qualité, c'est qu'il fait très bien jouer ses coéquipiers.
03:52Et par moments, ses coéquipiers, à côté de lui, surjouent.
03:56On l'a bien vu avec Poitiers, ils ont surjoué avec lui.
03:59Et quand il est parti, ce n'était plus la même chose.
04:02Il y a quelqu'un d'autre qui dit un peu ça de vous.
04:04On va l'écouter aussi.
04:06Quelqu'un avec qui vous avez joué et que vous connaissez encore très bien.
04:08La seule manière de battre la vigne, c'est de le laisser tranquille et de l'ignorer.
04:11Plus tu le stimules et plus il te montre qu'il est le meilleur.
04:13Tu sois plus mental que physique, mais dans ton comportement.
04:16Et comme on fait un sport de faute, donc il fait que le mental a une importance vraiment très très
04:19très forte dans nos sports.
04:21Et lui, sur ce point-là, il domine tout le monde.
04:23À Tours, là, je sais que le challenge dans lequel il est parti va réussir.
04:26J'ai aucun doute.
04:27Il va encore mettre le volleyball français à un autre niveau.
04:29C'est sûr que je suis un joueur de défi, j'aime quand il y a des points, j'aime
04:35quand il y a de la bagarre.
04:37Mais je suis un joueur qui cherche un peu le contact visuel au filet avec l'adversaire,
04:43parce que c'est quelque chose qui me motive.
04:45Et Horacio, il me connaît très bien.
04:47Quand on joue à Tours, c'était l'objectif numéro un avant de gagner, avant de rentrer sur le terrain.
04:55C'était lequel on prend en grippe aujourd'hui de l'autre côté du filet pour nous motiver.
05:00Et ça, c'est quelque chose que j'ai toujours gardé.
05:03Et finalement, quand je joue contre des gens de l'autre côté du filet avec qui j'ai des bonnes
05:08relations ou que j'aime bien,
05:09c'est plus compliqué parce qu'il n'y a pas cette confrontation.
05:13Et j'arrive à aller chercher, c'est pas de la haine, mais j'arrive à aller chercher quelque chose
05:18qui m'énerve chez l'adversaire pour me motiver encore plus.
05:22Qu'est-ce que vous n'avez pas gagné à Tours avec le TVB à l'époque ?
05:25Oui, la Ligue des Champions.
05:26Est-ce que c'est un projet ? Est-ce que c'est une ambition dans les deux ans à
05:29venir ?
05:30C'est une ambition, c'est un rêve.
05:32En plus, je ne l'ai jamais gagné, j'ai perdu des finales.
05:35Après, il faut être honnête, aujourd'hui, les grosses écuries en Europe, c'est très très fort, c'est très
05:40solide.
05:41Et je pense que si on travaille bien, on peut faire vraiment de belles choses en Ligue des Champions.
05:45Et pour le championnat de France, la Coupe de France, c'est quoi un indispensable de gagner avec vous, capitaine
05:51?
05:51Je pense que moi ou pas moi, à Tours, quand tu viens à Tours, tu te dois de au moins
05:58jouer la finale de Coupe de France et la finale du championnat.
06:01C'est le plus gros club depuis maintenant plus de 10 ans, plus de 15 ans en France.
06:08Donc, quand tu viens à Tours, et ça, tous les joueurs en sont conscients, on se doit de jouer les
06:13deux finales, que ce soit la Coupe et le championnat.
06:15Mais on le sait tous, un peu au fond de nous, qu'on se doit de gagner ces deux titres
06:19-là, c'est sûr.
06:20Et c'est vrai que vous le dites, il y a un effectif qui est renouvelé de moitié cette année
06:23au TVB.
06:24On a une question d'une auditrice, Aurélie, qui nous envoie un message.
06:27Elle disait justement, après Poitiers, est-ce que ça a été un choix du cœur de revenir ici, après 15
06:34ans à l'étranger ?
06:35Il y a l'envie de rentrer en France, c'est clair, mais il y a l'envie de rentrer
06:37en France dans un club, justement, qui va performer.
06:40Un club qui va jouer la Ligue des champions et un club qui a une structure qui va me permettre,
06:46pendant bel et deux années, de continuer à gagner des titres
06:50et à retrouver une, j'ai envie de dire, une forme physique optimale pour que dans deux ans, je puisse
06:56aller faire les Jeux à Los Angeles
06:59et pas seulement être là parce que dire, c'est mes derniers Jeux, aller chercher une troisième médaille.
07:04C'était évidemment ma prochaine question. À Tours, il y a aussi une partie du staff médical qui est en
07:09équipe de France.
07:10Est-ce que vous avez besoin de ça ? Est-ce que vous y croyez à ces Jeux en 2028
07:14?
07:14Moi, j'y crois très fort. Je savais qu'en venant à Tours, j'allais avoir un cadre parfait pour
07:20pouvoir préparer ces Jeux-là.
07:23Et puis, il y a tout ce qui va avec, forcément. Il y a la place du volet, sur le
07:28territoire, dans la ville.
07:29Il y a une salle qui est pleine pratiquement tout le temps. Il y a une certaine ferveur autour du
07:33volet.
07:33Et moi, c'est ces clubs-là où j'adore jouer, pour lesquels j'adore jouer.
07:38Et puis, en plus, il y a un staff qui est présent en équipe de France aussi,
07:43donc qui va pouvoir m'aider à préparer cette grosse échéance aussi.
07:46Plus on vieillit, on sait que dans le haut niveau, il faut encore travailler, être attentif à tout.
07:51Je pense qu'il est parti dans cet état d'esprit-là parce que faire quatre JO,
07:54je pense qu'il n'y a pas beaucoup de sportifs en France qui l'ont fait.
07:57C'est un challenge incroyable.
07:59Gagner trois JO de suite, ça ne s'est jamais fait non plus.
08:02Et ça serait un autre challenge qui peut relever.
08:05Est-ce qu'on peut s'attendre quand même à retrouver à Grenon,
08:07on l'a évidemment eu ces dernières années,
08:09mais des belles balles de match comme on a pu connaître à Poitiers il y a quelques mois.
08:13C'est vrai que vous adorez ça ?
08:14Oui, c'est sûr.
08:15C'est sûr.
08:15Les moments où les salles sont pleines et qu'il y a la victoire au bout,
08:18c'est les moments pour lesquels nous, les sportifs, on vit.
08:20Oui, ça va être important le début de saison d'amener cette dynamique de victoire
08:24pour créer un peu quelque chose dans la ville de Tours
08:28et que les gens viennent, même que ce soit le mardi, le mercredi,
08:32que les gens viennent à la salle et qu'on fasse chauffer cette salle.
08:36Vous en parliez, Pascal, il y a quelques minutes,
08:38mais vous avez inventé des gestes.
08:39C'est quand même très rare.
08:41Si j'en prends un, on ne va pas tous les nommer,
08:43mais il y a ce match retourné.
08:45Le premier, c'est en 2015.
08:46En plus, ça fait basculer le match.
08:48Qu'est-ce qui vous prend ?
08:50Est-ce que ça vient comme ça
08:51ou est-ce que vous l'avez travaillé à l'entraînement ?
08:54Travailler à l'entraînement, c'est un grand mot.
08:56On faisait surtout les idiots à la fin de l'entraînement,
08:58parfois en faisant des trucs comme ça.
09:01Et puis là, c'est sur une balle de match de championnat d'Europe
09:03où il y a une passe qui est un peu écartée du filet
09:06et ça vient assez naturellement.
09:09J'ai vraiment envie que le point se finisse
09:11et donc je tente ce geste.
09:14Mais je ne l'ai pas travaillé avant l'entraînement.
09:16On le faisait pour rigoler avec les copains à la fin de l'entraînement.
09:21Et ce qui est assez drôle, c'est qu'aujourd'hui,
09:22j'ai plein de coachs de jeunes qui viennent me voir
09:25et avec ironie, mais qui me disent qu'on me déteste
09:27parce que les petits, ils viennent et ils ne font que ça
09:30pendant tout l'entraînement,
09:31alors qu'au lieu de travailler sérieusement.
09:33Et votre fils, il le tente aussi ?
09:35Oui, c'est le premier.
09:36Et sur vos gestes un peu spectaculaires,
09:38même votre comportement sur le terrain,
09:40votre maman, elle a une théorie, Christine ?
09:42Irwin a toujours eu un énorme caractère, même petit,
09:45avec parfois des difficultés à faire des compromis.
09:49Mais ce côté spectaculaire,
09:51il l'a plus ou moins observé
09:53dans les matchs de basket des Lakers
09:55avec Irwin Johnson.
09:57C'est pour ça d'ailleurs qu'Irwin porte ce prénom.
09:59et qu'il faisait beaucoup de spectacles,
10:01des passes aveugles.
10:02Enfin, voilà, ce joueur était
10:04un des joueurs fétiches de son père.
10:06Et donc, je pense que ça l'a nourri
10:09et qu'il reproduit cette manière de jouer
10:13spectaculaire, fantasque, etc.
10:15Oui, c'est ça.
10:16Mais c'est sûr que ça a joué
10:17parce que papa, il passait les cassettes
10:20de Magic Johnson à longueur de journée.
10:23Il rembobinait à chaque fois qu'il faisait une action
10:26un peu comédie, fantasque ou pas sans regarder.
10:29Moi, je me souviens, ma première rentrée ici,
10:31c'était Conte Cane qui a fait un bloc.
10:33Je fais un bloc et donc,
10:34je veux faire un peu le show.
10:36Et il m'a regardé.
10:37Et moi, je pensais que ça allait lui faire plaisir
10:39parce que je faisais un petit truc
10:40et ça ne l'a pas fait du tout rigoler.
10:42Et donc, alors lui, il adorait le spectacle et tout.
10:44Mais quand moi, je le faisais,
10:45ce n'était pas bon.
10:45Mais par contre, il me les mettait en boucle
10:47à la maison, les actions comme ça.
10:48Vous venez de sortir un livre.
10:50Il y a eu une BD aussi sur vous l'année dernière.
10:52Donc, ça montre, voilà, le joueur que vous êtes aujourd'hui.
10:55Alors, je ne vais pas tout spoiler,
10:56mais vous entrez dans le dur, dans le livre,
10:58avec cet épisode où vous êtes viré de l'équipe de France.
11:00Le coach qui dit, moi, je ne veux pas de ça.
11:02Vous revenez aussi sur plusieurs démêlés judiciaires.
11:05Vous avez eu cette agression d'un contrôleur.
11:08Il y a eu une main aux fesses aussi.
11:10Je le résume grossièrement.
11:11C'était au Brésil.
11:12Est-ce que ça, vous le regrettez ?
11:13On ne peut pas tout mélanger.
11:14C'est un peu ce que je dis aussi dans le livre.
11:16C'est qu'il y a des choses, bien sûr, que je regrette.
11:19Il y a des choses que je ne regrette pas du tout
11:21et que je pense que c'était un passage.
11:23Voilà, c'était sur mon chemin de vie qui se sont passés.
11:27Ce qui était surtout important pour moi par rapport au livre,
11:30c'était de parler de tout.
11:32Parce que finalement, je me suis rendu compte au bout d'un moment
11:35qu'en fait, tous les petits problèmes que j'ai eus à gauche, à droite,
11:39je n'en ai jamais parlé.
11:40Parce qu'il y a le club, il y a l'équipe de France,
11:43il faut toujours que ça se tasse.
11:44Et donc moi, je ne me suis jamais exprimé.
11:47Et donc, je trouvais que c'était important de parler de tout
11:50et qu'enfin, sur chaque sujet,
11:52il y a mon point de vue à moi et ma vérité à moi.
11:54Donc voilà, après, forcément, il y a des choses que je regrette.
11:57Il y en a que je ne regrette pas.
11:58Comme quoi, par exemple ?
11:59Dans le livre, je parle par exemple de la SNCF avec le contrôleur.
12:05Alors, c'est une réaction que j'ai eue,
12:06mais il y a eu plein de choses qui se sont passées avant.
12:10Ça, c'est des choses qui n'ont jamais été dites.
12:11Et vous l'expliquez dans le livre ?
12:13Que j'explique dans le livre.
12:14Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, dire que je regrette ça,
12:16ce n'est pas possible pour moi.
12:17Aujourd'hui, vous êtes capitaine.
12:18Est-ce que vous auriez aimé gérer le Erwin Engapet de l'époque ?
12:21Je pense que toute l'image qu'il y a eu avant,
12:24qui s'est passée avant,
12:25quand les journalistes aussi ont grossi volontairement l'enfant terrible et tout,
12:30je pense que ça a finalement joué en ma faveur sur plein de choses,
12:33notamment sur l'effet que je pouvais avoir sur les adversaires.
12:35Vous en avez fait une marque de faveur ?
12:37J'en suis très conscient.
12:37Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, à 35 ans,
12:40ce n'est plus le cas.
12:42J'ai des responsabilités différentes.
12:45Mais c'est sûr que pendant une bonne dizaine,
12:47quinzaine d'années, j'en ai joué.
12:48Et vous parlez de Pascal, puisque vous lirez Pascal,
12:51mais vous dites, Pascal, il m'a toujours protégé.
12:54Il a toujours été là.
12:55J'ai eu la chance d'être entouré par des gens
12:56qui ont été bienveillants.
12:58Et Pascal en fait partie.
13:00Il m'a aussi engueulé quand il fallait m'engueuler.
13:02Parce que c'est quelqu'un qui est une méritée.
13:04Parce que s'il ne méritait pas, je ne me serais pas accroché à lui.
13:06Ou plein de gens ne seraient pas accrochés à lui.
13:08Il y a un tel talent qu'on savait qu'avec lui, on irait loin.
13:11Sans lui, on n'irait pas loin.
13:12Certes, on ne peut pas tout pardonner.
13:14On ne peut pas tout excuser.
13:15On a beaucoup échangé, beaucoup expliqué.
13:17Mais c'est vrai qu'après, il a fait des petites erreurs.
13:22Comme il dit, c'est son parcours de vie.
13:24On a beaucoup parlé de sport et de votre livre.
13:26Et vous en parlez aussi justement dans votre livre.
13:28Mais vous avez, je n'appellerais pas ça une passion,
13:31parce qu'en fait, vous le mettez au même niveau.
13:32Vous ne pouvez pas vous passer du rap.
13:34Ouais, des fois, j'essaye.
13:36Des fois, j'essaye, puis ça me manque.
13:39Ça fait partie de ma vie, la musique, l'écriture.
13:41Ça me permet aussi de m'évader,
13:44de sortir un peu du contexte du sport, du volet.
13:47Ça permet de dire des choses que parfois,
13:49tu ne peux pas te permettre de dire
13:50quand tu as la casquette du sportif,
13:53joueur de l'équipe de France.
13:54Quand tu as la casquette du rappeur,
13:55il y a des choses que tu peux dire.
13:56Vous parlez du racisme, notamment.
13:58Même des fois, des messages un peu politiques
14:00où on sait que quand tu es sportif de haut niveau,
14:03quand tu prends partie,
14:04ça peut devenir compliqué maintenant
14:05avec les réseaux sociaux.
14:07Donc voilà, mais ça me permet de m'évader,
14:11de voir autre chose, de faire autre chose.
14:12Et puis, il y a aussi le fait que maintenant,
14:14j'ai un peu la casquette aussi de production.
14:17Donc ça me permet aussi d'aider des plus jeunes
14:20qui n'ont que ça.
14:21Donc ouais, j'adore, je kiffe.
14:22Et puis, je pense que ça m'a aidé aussi
14:26dans ma carrière quand j'étais à l'étranger.
14:28Beaucoup, je l'ai souvent dit.
14:29Quand j'étais à Kazan,
14:31Covid, confiné, à moins 30 degrés,
14:33si je n'aurais pas eu mon petit home studio à la maison,
14:35je n'aurais pas pu rester 7 mois à Kazan.
14:38Justement, votre après-carrière,
14:40c'était une autre question envoyée par une auditrice.
14:42Vous le voyez comment après le voler ?
14:44Musique, voler, rien du tout ?
14:46Avant, je n'étais pas du tout volé.
14:49Je pense que c'était aussi le fait
14:50que je sois plus jeune
14:52et que mon papa, il ait été entraîneur.
14:55Et que refaire cette vie-là,
14:58de changer de club,
15:01de passer d'hôtel en hôtel,
15:03c'était compliqué.
15:05Aujourd'hui, je me vois peut-être un peu plus
15:06dans le voler parce que...
15:08Peut-être aussi parce que je vois mon fils
15:10et que je vois ses entraînements
15:11et que les jeunes et tout,
15:13c'est quelque chose qui m'intéresse un peu.
15:14Mais quoi qu'il arrive,
15:15il y aura de la musique,
15:16la production, ce que je disais,
15:18la transmission avec les jeunes.
15:19Pascal Foussard dit que vous êtes
15:21très généreux, parfois trop généreux.
15:23Est-ce que vous êtes d'accord
15:24que vous donnez trop
15:25ou que vous avez trop donné ?
15:26C'est de bosser là-dessus encore.
15:28Votre maman, elle dit que vous êtes sensible
15:30et que ça, on ne le voit pas trop.
15:31Ouais, si, d'accord.
15:33Avec les gens que j'aime, ouais.
15:36Votre papa dit, je cite,
15:37je suis très fier parce qu'il dit
15:39ce qu'il pense et il n'est pas faux cul.
15:40Non, mais ça, c'est lui qui me l'a appris, ça.
15:43C'est toujours le cas.
15:44Ouais, toujours, toujours.
15:45Enfant terrible, justement,
15:46on vous a beaucoup appelé comme ça.
15:47Est-ce que ça, ça a pu vous agacer
15:49ou parfois, est-ce que vous avez trouvé ça injuste ?
15:51Ça ne m'a jamais agacé.
15:53Je me souviens même que quand on disait
15:54c'est le NLK du volet,
15:56moi, je disais, moi, je l'adore, NLK.
15:58Ça ne m'a pas agacé du tout.
15:59Votre maman, elle ne regarde plus
16:00les réseaux sociaux
16:01parce qu'elle ne supporte pas les critiques.
16:02C'est une menteuse.
16:03Ah, bon, elle m'a promis
16:04qu'elle ne regardait pas.
16:05Elle a commenté il y a 72 heures.
16:07Elle ne me l'a pas dit.
16:08Je crois que je ne la vois pas.
16:09Est-ce que vous, ça vous atteint ?
16:11Pas du tout.
16:12Pas du tout.
16:13Si vous aviez pu jouer
16:15avec un joueur français
16:17qui n'est pas de votre génération,
16:18ça aurait été lequel ?
16:19Un joueur de volet ?
16:20Fabiani.
16:20Pas mal.
16:21Et dernière question,
16:22on vous la pose à chaque fois,
16:23mais elle est difficile.
16:25Tour ou Poitiers ?
16:26Donc, pour le volet, je dirais Tour.
16:28Pour la vie, je dirais Poitiers.
16:29Et là, vous espérez réécrire l'histoire
16:31dans ces deux prochaines saisons ?
16:32Réécrire l'histoire,
16:33moi, ce que j'aimerais,
16:34c'est qu'on...
16:36...de dire un beau parcours
16:39en Ligue des Champions.
16:39Donc, je vais dire un final fort,
16:42une demi-finale de Ligue des Champions
16:43avec Tour, ce serait beau, déjà.
16:44Ah ouais ?
16:45Ah ouais.
16:45C'est ambitieux.
16:46C'est ambitieux, mais...
16:47Il faut.
16:47Il en faut.
16:48C'est possible.
16:49Ouais.
16:50Parce qu'aujourd'hui,
16:50pour un club français,
16:51qu'est-ce que c'est un beau parcours
16:52en Ligue des Champions ?
16:53C'est passer les poules.
16:55Si on passe les poules
16:55et qu'on saute en huitième,
16:56on va faire la gueule.
16:57Donc, non, un final fort,
16:59ce serait bien.
17:00Merci beaucoup.
17:01Merci.
17:01Merci à vous, Pascal.
17:02Merci.