00:00Là, on a assisté en direct à un échec absolument majeur du renseignement, du maintien de l'ordre.
00:06Je ne parle pas des unités sur le terrain, ils ont fait ce qu'ils ont pu, 1200 interpellations, ce
00:10n'est pas rien.
00:11Mais dans l'anticipation ?
00:13Voilà, on a gravement sous-estimé un carnage que tout le monde a vu arriver,
00:18qui était planifié depuis des jours ouvertement.
00:21Et on a eu des forces de l'ordre en total sous-effectif, privées surtout des moyens de faire face,
00:26des directives nécessaires pour affronter pareilles situations.
00:30Donc évidemment, le bilan est totalement effroyable.
00:34Il aurait pu être encore beaucoup plus lourd que ça,
00:36parce que les images de lynchage, de tentatives de meurtre sur les policiers sont très nombreuses.
00:42Dans votre livre, Laurent Oberton, vous parlez d'une cloison pourrie du vivre ensemble.
00:46Est-ce que c'est ça à quoi on a assisté hier ?
00:49Oui, c'est l'aboutissement de ce que Mélenchon appelle de ses voeux,
00:55la nouvelle France qui va abattre la citadelle,
00:58et en passant les commerçants, et en passant les honnêtes gens,
01:01et les policiers, et les gendarmes.
01:04Il faut quand même savoir que depuis le début de ce mouvement,
01:08ce mouvement qu'on présente encore comme social,
01:10le nombre de policiers et gendarmes blessés a dépassé
01:13celui consécutif aux émeutes après la mort de Naël Mezrouk,
01:18qui était déjà absolument faramineux.
01:20On se rapproche du record historique des Gilets jaunes.
01:23Et pour moi, il y a cette double responsabilité majeure,
01:27celle de la France insoumise.
01:29Ça fait des années...
01:30Qui pointe du doigt ce matin par l'exécutif ?
01:32Mais à juste titre, parce que ça fait des années
01:35qu'ils appellent à désarmer les garants de l'ordre public,
01:38quand ils ne les traitent pas d'assassins et de sauvages,
01:41pour reprendre les mots du député Thomas Porte.
01:43Et maintenant, cette nuit, ils font la tournée des commissariats
01:46pour s'assurer des conditions de garde à vue des émeutiers.
01:49Donc, ils sont complètement du côté de la rue.
01:52Et il y a la responsabilité du président de la République,
01:55qui a lâché publiquement ses policiers,
01:57qui a sous-entendu qu'ils étaient excessifs,
01:59qu'ils devaient faire preuve d'empathie.
02:00Et finalement, quand on veut maintenir le désordre,
02:03quand on veut prolonger cette doctrine de maintien de l'ordre à zéro bavure,
02:07eh bien, on sacrifie les policiers et les gendarmes à la rue.
02:10Et la force reste à la rue.
02:12Les fonctionnaires sont tétanisés par ces directives qui les mettent en danger.
02:15et évidemment, ça génère un sentiment d'impunité qui mène au chaos.