00:00Ce qui est grave aujourd'hui, c'est que les émeutiers s'en prennent justement à des symboles de l
00:04'autorité publique.
00:05Et c'est ça qui est grave, c'est-à-dire qu'il y a une telle désagrégation de l
00:09'État
00:09qu'aujourd'hui, les émeutiers passent à l'action sur les symboles de l'autorité de l'État.
00:14Et qu'est-ce que ça dit, du coup, selon vous ?
00:17Ça dit cette destruction de l'État par incapacité, par incompétence et par manque d'anticipation.
00:25Vous savez, gouverner, c'est anticiper.
00:27Donc ça, c'était évitable. De quelle façon ?
00:29C'était évitable, d'abord parce qu'il fallait écouter les lycéens avant même qu'ils n'occupent les lycées.
00:34Ça fait deux ans qu'ils bougeaient les lycéens, qu'ils demandaient des moyens de présence dans toutes les classes
00:40et les souffrances que leur impose Parcoursup.
00:44Rien n'a été fait, on les a oubliés, on ne les a pas écoutés.
00:48Et le jour où ils se mettent en mouvement, où ils occupent leurs lycées,
00:51le gouvernement envoie les forces de l'ordre pour dégager les lycées,
00:55alors qu'il fallait les laisser deux, trois jours, organiser des états généraux dans les lycées,
01:00discuter, mettre à plat, trouver des solutions et calmer la question de la colère lycéenne
01:05en répondant à leurs revendications.
01:07Si vous aviez eu ce bon fonctionnement de l'État à ce moment-là,
01:11vous n'auriez pas eu ensuite l'escalade.
01:13Sauf qu'en l'occurrence, si on doit rester juste sur ces images, c'est Goyenne Royale,
01:24c'est quand même un symbole ce qui est en train de se passer.
01:27On est sur des chaînes d'info continue, donc c'est vrai qu'on voit le feu du matin au
01:29soir
01:30et il y a aussi des endroits, il faut le dire, où ça s'est bien passé.
01:34Mais bien sûr.
01:35Et ça s'est bien passé aussi, et là on ne les voit jamais.
01:37Peut-on occulter ce qui se passe ?
01:39Moi, si vous m'invitez, c'est pour essayer d'analyser les choses politiquement.
01:41Oui, et c'est pour ça que je vais vous donner la parole.
01:44Les images, vous aurez toute la journée, quand je partirai, vous allez remettre les images.
01:46Non, parce que quand vous partirez, peut-être que cette mairie aura entièrement cramé.
01:51En tout cas, de toute façon, elle n'est pas loin d'être totalement détruite.
01:54Et pas seulement, il y a eu Marseille, il y a eu Lille, il y a eu d'autres mairies,
01:58c'est-à-dire d'autres symboles de l'autorité municipale qui ont été prises à partie.