00:00Sandrine Rousseau absolument qui nous racontera dans quelques minutes qu'elle a été nassée place de la République.
00:04Mais d'abord, Sandrine Rousseau, merci d'être avec nous.
00:06Des mairies ont subi des intrusions. La mairie de Marseille, la mairie centrale de Marseille,
00:11ainsi que la mairie de Lille, s'est confirmée officiellement. Une réaction à cela, s'il vous plaît ?
00:16Déjà, il ne faut pas dégrader des bâtiments publics, particulièrement pas la mairie.
00:20Je condamne ces dégradations, il n'y a pas de sujet.
00:22Après, il faut s'interroger sur le signal que c'est.
00:24Parce que là, moi, ce que j'ai vécu à Paris, je ne l'ai jamais vécu.
00:27Je fais des manifestations depuis que je suis gamine.
00:30Je n'ai jamais vu ce qui est en train de se passer à Paris.
00:33Et en fait, la question, c'est quelle est cette stratégie du maintien de l'ordre ?
00:36Même, je vais vous dire, j'ai discuté avec des policiers qui, eux-mêmes, étaient extrêmement nerveux sur ce qui
00:40se passait
00:41et, je pense, pas très à l'aise, en fait, avec ce qui était en train de se passer.
00:44Et vraiment, il y a des scènes qui sont des scènes inadmissibles en démocratie,
00:48inadmissibles quand, juste, on est dans des manifestations pour demander une dignité à vivre.
00:53Enfin, là, pour moi, à Paris, en tous les cas, et dans les endroits où j'étais,
00:57on était à la limite de ce que la République peut accepter.
01:01Vous condamnez les intrusions dans les mairies, mais vous condamnez aussi la tactique policière.
01:05C'est bien ça ?
01:06Ah ben là, moi, j'appelle au calme les policiers.
01:08Enfin, clairement, en fait.
01:09Là, ce qui s'est passé à Paris, là où j'étais, il est urgent de demander aux policiers de
01:14calmer ça.
01:15que Nunez, le ministre de l'Intérieur, pardon, je suis fatiguée, calme ces policiers, en fait.
01:22Parce que là, ce qui se passe, moi, j'ai vu des gens qui ont eu des grenades assourdissantes
01:27et des tirs de lacrymo, il n'y avait pas une agressivité dans ce qu'il faisait.
01:32Pas une, pas une.
01:33Et j'y étais.
01:34Donc, on ne peut pas me raconter que c'était quelque chose.
01:36J'étais au milieu d'eux.
01:37Donc, vraiment, là, ce n'est pas possible, en fait.
01:39Alors, c'est toujours pareil, c'est-à-dire Rousseau.
01:40Il y a effectivement, d'après vous, une tactique policière qui ne vous convient pas.
01:44Il y a également des commerces et des boutiques qui ont été pillées place de la République, là où vous
01:48y étiez.
01:49Est-ce que vous condamnez là aussi ?
01:50Non, mais en fait, là, ce qu'ont fait les policiers, c'est qu'ils ont obligé tous les manifestants
01:54à se répartir dans Paris.
01:57On a fait plein de rues adjacentes.
01:59Donc, évidemment que dans ces cas-là, on n'est plus dans un cortège qui est contrôlé et qui peut
02:04avancer tranquillement.
02:05Les gens qui étaient là ne demandaient qu'une seule chose, c'était à manifester.
02:08Moi, les gens me demandaient où est le cortège parce que nous, on veut manifester.
02:11Et donc, évidemment, ils se répandent dans les rues adjacentes.
02:13Et évidemment, ça crée des tensions parce que quand il y a des charges,
02:16et moi, je me suis retrouvée dans plusieurs charges de police dans des rues adjacentes,
02:19je peux vous dire qu'évidemment, tout le monde court dans tous les sens et tout le monde s'énerve.
02:22Évidemment, tout le monde s'énerve.
02:24Mais là, la responsabilité du maintien de l'ordre, la responsabilité du maintien de l'ordre, elle revient à la
02:30police.
02:31Et en fait, là, la police, de ce que j'ai vu et j'en ai été témoin, n'a
02:35pas du tout été à la hauteur de l'enjeu de cette manifestation
02:38qui est une manifestation pour la dignité.