00:00C'est pour ce qui est des appels sur les réseaux sociaux, c'est pas compliqué.
00:03C'est des appels à la révolution et on garde toujours ces appels à tuer des flics et buter du
00:08CRS
00:08dans le cadre de ces manifestations avec des grimées grands comme votre studio
00:12parce que la crainte principale, c'est qu'on en perde le contrôle
00:16et que ça parte sur des violences urbaines, encore une fois, avec cet enchaînement à chaque fois.
00:21C'est la manifestation dont il faut assurer le maintien de l'ordre
00:24tout en étant capable de se projeter sur tous les mouvements de violence spontanée,
00:27d'où la difficulté à gérer ça pour nous.
00:30Parce qu'ils allaient maintenir de l'ordre d'un côté le rétablissement de l'ordre de l'autre.
00:32Cette manifestation, si elle est importante, là sur Paris, on attend environ entre 20 et 40 000 personnes.
00:38Mais ça, c'est des chiffres, c'est des estimations.
00:40On verra bien sur pièce de quoi on parle.
00:43Et s'il y a beaucoup de monde, ça fait une opportunité pour les casseurs.
00:47Le ministre de l'Intérieur dit que les policiers vont sécuriser les manifestations officielles.
00:52En revanche, ils seront sévères avec les blocages sauvages.
00:56Les consignes sont claires pour demain ?
00:57Vos collègues savent parfaitement ce qu'il faut faire demain ou c'est un peu flou ?
01:03C'est toujours le même scénario.
01:04Vous avez les consignes type qui sont évidemment de mettre fin aux violences quand on les constate.
01:09On ne peut pas dire que les collègues ne font pas le travail.
01:11On a des milliers et des milliers d'interpellations.
01:13Ceux qui disent que la police n'interpelle pas et qu'on laisse les casseurs casser, c'est faux.
01:16Les policiers savent interpeller. Il faut que la consigne soit claire.
01:18C'est ça. Mais les consignes, comment vous dire, sont évidemment claires.
01:21On met fin aux violences.
01:22Moi, ce que je constate, c'est qu'on a des collègues qui acceptent de jouer le jeu encore et
01:26toujours,
01:26malgré les blessés qui tombent et malgré le fait qu'il n'y ait pas de perspective de sortie à
01:32court terme.
01:32Parce que si on regarde un petit peu ce qui se passe, moi, je ne remets pas en cause des
01:36revendications légitimes de certains.
01:37Vous avez des lycéens qui ont des revendications légitimes.
01:39Demain, il y aura des gens qui sont là pour la vie chère, le prix du carburant.
01:42Il y a même des agriculteurs qui peuvent se mêler à tout ça.
01:45Vous avez des gens qui sont évidemment dans des revendications légitimes.
01:47Mais vous avez aussi des casseurs professionnels.
01:49Vous avez aussi des gens qui viennent pour caillasser la police, pour essayer de tuer du flic.
01:53Ces gens-là, ils ne sont pas dans une volonté de manifestation, on est bien d'accord.
01:55Ils sont là dans une volonté d'insurrection.
01:57Ce qu'ils veulent, c'est simplement faire tomber l'État, renverser le pouvoir.
02:01Donc face à ces gens-là, on ne peut pas se dire que ce sera fini dans deux semaines.
02:04C'est une stratégie de bordélisation de la rue et ça peut durer à minima jusqu'aux élections, voire après
02:09selon les résultats.
02:09On a vu sur les réseaux sociaux, les représentants des représentants de la mouvance islamiste,
02:15avec longue barbe, musique également, qui lancent des appels à la violence.
02:21Quel crédit apporter à ces appels ?
02:24Est-ce qu'on en interpelle certains ?
02:26Ce qui est certain, c'est qu'ils ont une audience, malheureusement.
02:29Et ce qu'on constate, c'est que dans ces...
02:32Si vous voulez, une fois que c'est le chaos, c'est de plus en plus le chaos.
02:34C'est-à-dire que là, on a perdu le contrôle sur ces mouvements-là.
02:36Vous aviez M. Lecornu hier qui disait, face caméra, on s'attend aux violences.
02:40C'est-à-dire qu'on est spectateur de ça.
02:41On envoie la police pour faire tampon, on envoie la police en bouclier, en dernier rempart.
02:44Mais on est spectateur de ça.
02:46Donc nous, on est payé pour subir au milieu, au bout d'un moment, on ne pourra plus.
02:48Voilà la réalité.
02:50À quand ?
02:51Pardon ?
02:51Vous dites, au bout d'un moment, on ne pourra plus.
02:53Au bout d'un moment, on ne pourra plus.
02:55Mais la situation qu'on vit actuellement, où non seulement on est employé comme chair à canon,
02:59parce qu'encore une fois, l'État n'a qu'une seule stratégie, au final,
03:02pour répondre aux violences qu'on encaisse, c'est d'envoyer la police.
03:07Alors que si on remet les choses un petit peu dans l'ordre,
03:09vous avez d'abord le politique qui ne répond pas à des sujets de fond,
03:12qu'on parle de l'école, qu'on parle des agriculteurs,
03:14qu'on parle de toutes les préoccupations qui pouvaient animer les Gilets jaunes au départ.
03:18À chaque fois, ce n'est pas des sujets police.
03:19Mais le policier, c'est le rempart utilisé par l'État.
03:23Derrière, on se fait littéralement éclater.
03:25On est bientôt à 1000 blessés.
03:26Et on va les atteindre demain, très certainement.
03:29Donc, au bout d'un moment, oui, le policier, si en plus, il n'est pas soutenu,
03:32il ne peut pas continuer.
03:33On ne peut pas demander ça aux gens.
03:34Et là, vous avez une parole présidentielle qui, d'un coup, vous explique
03:36qu'on est trop dur et sans empathie quand on a 1000 blessés qui veulent nous tuer.
03:39Et derrière, au lieu de démentir ces propos-là,
03:42on nous explique qu'après tout, il faut être compréhensif.
03:44C'est la génération Covid.
03:45Bon, pardon, mais il y a un moment, c'est absolument insupportable,
03:49et donc le phénomène de démotivation, il est croissant et il est normal.