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  • il y a 3 minutes
À Laval, une nuit de violences a éclaté dans le quartier Saint-Nicolas, avec des tirs de mortiers, des véhicules incendiés et des bâtiments dégradés. Plusieurs dizaines de jeunes seraient impliqués. Ces violences interviennent dans un contexte de fortes tensions, après un contrôle routier qui a dégénéré lundi dernier dans ce même quartier. Pour Benjamin Camboulives, porte-parole Alternative Police, «il faut rétablir cette autorité de l’État et ça passe par des peines plancher».

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Transcription
00:00Bien sûr, c'est-à-dire qu'il faudrait que le législateur
00:02suive un petit peu l'avis de la population.
00:05Vous notez 83%, ça veut dire qu'il y a des gens de droite,
00:07il y a des gens de gauche.
00:08Pourquoi ? Parce que la sécurité, ça concerne tout le monde,
00:10c'est transpartisan.
00:11Voilà, et un tout petit peu d'histoire,
00:13ça a été supprimé en 2007, rétabli en 2014.
00:16Mais pourquoi ça a été supprimé, les peines planchées ?
00:18À chaque fois, c'est pour de mauvaises raisons.
00:20Il y avait une raison qui était que, soi-disant,
00:22ça ne permettait pas de lutter assez bien contre la récidive.
00:25Est-ce que vous avez le sentiment que la récidive,
00:27ça va mieux depuis 2014 ?
00:28Donc, clairement, c'était un argument qui tapait à côté.
00:30Après, il y avait la surpopulation du parc carcéral.
00:32Parce que c'est vrai, si on est plus sévère
00:34et qu'on met plus de gens en prison,
00:35on se rend plus compte qu'on a un problème de sous-dotation carcérale.
00:37On a 141% de densité carcérale.
00:40Et la protection des forces de l'ordre,
00:41ça ne doit pas dépendre de ça.
00:43Il faut que le législateur protège ceux qui protègent,
00:45protège mes collègues en intervention,
00:46et même en dehors des interventions, même hors service.
00:49Parce que maintenant, il y a une telle impunité
00:50que le policier est une cible partout,
00:52en service et hors service.
00:53Et j'en termine juste sur un point qui est important,
00:55c'est que souvent, un contre-argument pour les peines planchées,
00:57c'est que ça vient priver le magistrat
00:59de sa prérogative d'individualiser les peines.
01:02C'est-à-dire qu'on estime que le magistrat
01:03doit pouvoir adapter la sanction
01:04en fonction de la personnalité de l'auteur
01:05et des circonstances de l'infraction.
01:07Ce n'est pas parce que vous avez des peines planchées
01:08qu'il ne peut plus le faire.
01:09Vous avez déjà dans le code pénal un maximum de peines.
01:11Même s'il en a envie, le magistrat ne peut pas taper au-dessus.
01:13La peine planchée vient juste mettre un minimum de sanctions
01:15qui va nous garantir qu'il y aura bel et bien une sanction
01:18sans s'en prendre un policier.
01:19Mais le magistrat conserve toute l'attitude
01:21pour adapter la sanction entre les deux,
01:24entre un minimum et un maximum.
01:26Et simplement, on oublie le scénario
01:28où vous vous en prenez un policier
01:29et vous n'êtes pas sanctionné.
01:30Et je vous dis policier,
01:31mais c'est tous les représentants de l'État
01:32qui seraient concernés par les peines planchées.
01:34Les pompiers qui se font caillasser,
01:35les profs qui sont livrés à la violence dans les écoles,
01:38les élus qui sont menacés,
01:39les élus qui sont agressés.
01:41Voilà, il faut effectivement rétablir
01:43cette autorité de l'État.
01:44Ça passe par une sacralisation de l'uniforme,
01:46donc ça passe, en effet, oui, par des peines planchées.
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