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Peut-on amputer la contribution française à l'Union européenne de 11 milliards d'euros sans en payer le prix fort ? Alors que Marine Le Pen promet de sabrer nos versements à Bruxelles, Étienne Gernelle dénonce une illusion économique : l'argent-du-beurrisme. Un tel bras de fer menacerait directement les 9 milliards d'euros perçus par la France via la PAC, dont elle est la première bénéficiaire. Surtout, le budget européen ne pèse que 1,16 % du PIB des Vingt-Sept, contre 57 % pour les dépenses publiques françaises. Accuser l'Europe reste un mirage commode qui masque nos propres faiblesses budgétaires.

Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi

§ #EtienneGernelle #LePoint #RTLMatin #MarineLePen #RassemblementNational #UnionEuropeenne #BudgetEuropeen #PAC

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Transcription
00:00Et ce matin, Etienne, vous nous parlez de cette contribution de la France au budget de l'Union Européenne.
00:05Elle devrait être de près de 31 milliards l'an prochain, une participation en hausse que certains veulent diminuer.
00:10Hier encore, Marine Le Pen a assuré que si le Rassemblement National prend le pouvoir,
00:15elle amputera de 11 milliards les versements à l'Union Européenne dès l'an prochain.
00:20Promesse intenable, nous dites-vous.
00:22Oui, c'est surtout de l'argent du beurisme.
00:24Je ne sais pas si vous connaissez cette doctrine économique diablement séduisante
00:29selon laquelle on pourrait avoir le beurre et l'argent du beurre.
00:33Première illusion, ça ne marche pas du tout comme ça à un budget européen.
00:36Il y a des règles, c'est calculé selon la richesse des pays.
00:39On peut toujours négocier des rabais.
00:40Par le passé, les Britanniques l'ont fait.
00:42Et même l'Allemagne, qui reste néanmoins et de très loin le premier contributeur net.
00:47Mais il y a toujours des raisons ou des contreparties.
00:51Et si la France pratique le bras de fer, comme le prétend Marine Le Pen,
00:55bref, si elle ne paye pas, il y aura des sanctions ou en tout cas des répercussions.
00:59Par exemple, sur les un peu plus de 9 milliards d'euros de la politique agricole commune,
01:05la fameuse PAC, qui est le premier poste de dépense européen.
01:09Oui, oui.
01:10Et dont nous sommes les premiers bénéficiaires.
01:13Encore oui.
01:14Or, Marine Le Pen n'envisage pas, mais alors pas du tout,
01:17que la PAC nous rapporte moins.
01:19L'argent, le beurre, au sens propre.
01:22Mais surtout, je vais vous dire, l'Europe, c'est l'arbre budgétaire qui cache la forêt nationale des dépenses.
01:27Pourquoi, Étienne ? Parce que ce n'est pas à l'échelle de nos problèmes budgétaires ?
01:31Ah mais alors, pas du tout.
01:32C'est le deuxième écran de fumée de cette affaire.
01:35Le budget de l'Union européenne, c'est 1,16% du PIB européen.
01:39Les dépenses publiques françaises, c'est 57% de notre PIB,
01:44contre d'ailleurs moins de 50% en moyenne dans les pays de l'Union.
01:47Bref, notre problème budgétaire, eh bien, c'est le nôtre à nous.
01:52Alors, c'est bien pratique de s'agiter sur ce sujet pour donner l'illusion que Bruxelles paiera,
01:56comme en disait l'Allemagne paiera, après la guerre de 14-18.
02:00Mais c'est un mirage.
02:01Cela permet surtout de masquer les insuffisances des économies dans les programmes.
02:06Et puis, vous savez, il y a ce troisième non-dit de Marine Le Pen dans cette histoire.
02:10L'Europe nous rapporte beaucoup, énormément d'argent.
02:13Mais pourquoi ? Parce que ça nous donne accès au marché ?
02:16Oui, mais ce n'est pas pour rien, par exemple, que la Norvège,
02:18qui ne fait pas partie de l'Union européenne,
02:21contribue au budget européen en échange de l'accès au marché.
02:25Ils ne sont pas fous, les Norvégiens.
02:27Et la meilleure preuve de tout cela est par l'absurde.
02:29Les Britanniques ont quitté l'Union en raison, entre autres, de cette contribution.
02:34C'était le fameux slogan du Brexit,
02:36des 350 millions de livres, que ce soit 400 millions d'euros,
02:39envoyés à Bruxelles chaque semaine.
02:41Alors, c'était un mensonge, mais surtout, aujourd'hui,
02:44on voit que les Britanniques envisagent de revenir.
02:47Le Brexit leur aurait coûté 8% de leur PIB en cumul.
02:51Et donc, ils ont compris.
02:52L'écrivain américain Henri-Louis Mencken, un génie,
02:55nous avait prévenu, et je le cite,
02:57« la plus coûteuse des folies est de croire passionnément
03:00à ce qui est manifestement faux ».
03:02Étienne Jarnel, directeur Dupont.
03:03Étienne, nous sommes jeudi, vous êtes venu les mains vides.
03:06Ah, je n'ai pas apporté le journal.
03:08Alors, dis-nous ce qu'il y a-t-il à la une Dupont.
03:09C'est Raphaël Glucksmann à la une,
03:11« l'homme qui veut libérer la gauche, entre parenthèses, de Mélenchon ».
03:16Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire sociale-démocrate,
03:19le week-end dernier, on le rappelle.
03:21Et demain, voilà, on va le montrer, quand même, ce point,
03:24pour ceux qui nous regardent en vidéo,
03:25et cette couverture, effectivement,
03:27avec le vainqueur de la primaire sociale-démocrate.
03:30Et on rappelle que demain, comme chaque vendredi,
03:32ce sera la semaine d'Alain Duhamel.

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