Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 23 heures
« C’est la jeunesse d’or, c’est la jeunesse la plus importante, c’est la GenZ quoi. » Sur le campus de l’Université de Paris-Est Créteil (UPEC), Anna manifeste une pancarte « Jeunese dorée » à la main. L’étudiante est très fière de faire partie de la Gen Z, et elle est loin d’être la seule. Sur les blocus lancés par les lycéens et rejoints par des étudiants, les jeunes n’hésitent pas à revendiquer leur appartenance à la Gen Z, qui désigne les personnes nées entre la fin des   années 90 et le début des années 2010. Un mouvement qui n’est pas sans rappeler le soulèvement de la même génération dans des pays du sud, comme le Kenya, le Népal, le Maroc, le Pérou ou Madagascar. 

Le lien avec ces autres mobilisations est d’ailleurs revendiqué, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. Bien que les revendications et les conditions dans lesquelles ont eu lieu ces différents soulèvements diffèrent, la jeunesse française revendique une solidarité avec celle des autres pays.

Au-delà des différences, Paolo Stuppia, spécialiste des mouvements sociaux de la jeunesse et co-auteur de « Géopolitique de la jeunesse : Engagement et (dé)mobilisations » (Editions Cavalier bleu) identifie plusieurs éléments propres à la Gen Z. 

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00C'est important de souligner qu'on fait partie de cette jeunesse dorée, la Gen Z, la génération EV.
00:05C'est la jeunesse d'or, c'est la jeunesse la plus importante, c'est la Gen Z, c'est
00:09notre nom.
00:10Sur les blocus lancés par des lycéens et rejoints par des étudiants,
00:14les jeunes n'hésitent pas à revendiquer leur appartenance à la Gen Z,
00:17qui désigne les personnes nées entre la fin des années 90 et le début des années 2010.
00:22Un mouvement qui n'est pas sans rappeler le soulèvement de la même génération dans des pays du Sud,
00:26comme le Kenya, le Népal, le Maroc, le Pérou ou encore Madagascar.
00:31Le lien avec ces autres mobilisations est d'ailleurs revendiqué.
00:34L'une des bandes-sons populaires sur les vidéos de blocus qu'on trouve sur TikTok
00:37utilise la musique No Title de Nodé, tirée d'un court-métrage du youtubeur Cyprien,
00:42avec un extrait d'un sujet du journal de France 24 intitulé « Génération Z, un vent de révolte ».
00:48Bienvenue dans le débat, il est consacré à la Gen Z, à la génération Z,
00:53qui manifeste dans de nombreux pays depuis quelques semaines.
00:56On va regarder les images très présentes sur les réseaux sociaux,
00:59regarder à Madagascar, au Maroc, au Pérou, au Népal.
01:03On voit des formes de politisation qui émergent dans ce mouvement,
01:07puisque un mouvement lycéen, c'est aussi une première expérience, bien souvent militante.
01:12Et cet entrée dans l'engagement, en fait, c'est quelque chose qui se fait
01:16avec les codes qui sont propres à la génération Z.
01:19Et ce qui se fait en France, mais ce qui se fait aussi au Népal,
01:23ce qui se fait au Maroc, ce qui se fait à Madagascar, ce qui se fait au Pérou,
01:27malgré des différences notables.
01:32Les revendications et les conditions dans lesquelles ont eu lieu ces différents soulèvements
01:36ne sont pas les mêmes.
01:37Mais la jeunesse française revendique une solidarité avec celle des autres pays.
01:41Ça fait plaisir aussi de voir qu'il y a d'autres personnes de notre âge
01:44qui revendiquent aussi des choses similaires ou pas aux nôtres.
01:48Et ça montre vraiment la solidarité de toute la génération Z, même de par la France.
01:53C'est pas parce qu'on n'a pas les mêmes enjeux qu'on n'a pas les mêmes envies.
01:58Et du coup, l'envie, c'est vraiment de montrer qu'on a envie de changer.
02:01On a un point commun et c'est vraiment qu'on a envie de changer le pays
02:04et la manière de faire les choses.
02:06On a tous cette envie de revendiquer nos droits et notre liberté.
02:09Au-delà des différences, Paolo Stupia, spécialiste des mouvements sociaux de la jeunesse,
02:14identifie plusieurs éléments propres à la Gen Z.
02:17Il y a cette idée de génération interconnectée mais aussi ultraconnettée
02:22où on a des choses qui se passent en temps réel
02:26qu'on peut transmettre d'un bout à l'autre de la France comme d'un bout à l'autre
02:30de la planète.
02:31On a vu à Madagascar qu'on n'est pas seul bougé.
02:35Mais le Népal, c'est pourquoi il a bougé ?
02:37Parce qu'il a vu qu'en Indonésie, ça a bougé.
02:39Auparavant, ça avait bougé au Bangladesh et comme ça, ça s'est transmis au Maroc, etc.
02:45Donc c'est aussi cette interconnexion extrême
02:49et ce sentiment vraiment qu'ils vivent dans un monde
02:52qui ne va pas leur offrir des perspectives d'avenir.
02:57La connexion de cette génération fait aussi que les crises se vivent en temps réel
03:01et qu'un blocage diffusé sur un réseau social va favoriser sa duplication.
03:07Mais outre son statut de génération ultra connectée, la Gen Z partage aussi un sens de l'humour.
03:12Qui de nous deux, spécial couple amoureux, qui boude le plus sans aucune raison particulière
03:21et de nombreuses références.
03:23La culture pop, ça fait vraiment unité dans la Gen Z puisque c'est une culture qui est partagée.
03:32C'est la culture d'avoir des symboles qui ne sont peut-être plus les symboles révolutionnaires classiques
03:40mais qui sont issues d'un certain nombre de mangas ou bien de films qui sont partagés.
03:48On a par exemple beaucoup vu des références au manga One Piece dans des manifestations
03:52ou d'autres figures connues comme Spider-Man.
03:55Et la culture du rap,
03:59c'est quelque chose qui les traverse assez transversalement.
04:03Ça a été le cas au Népal où le premier ministre qui a été élu en mars 2026,
04:10c'est un ancien rappeur qui s'est reconverti en politique.
04:18C'est le cas au Maroc sur les mouvements de l'an dernier
04:23où le milieu du rap a subi une répression comparable à celle de la jeunesse
04:28et ça s'est alimenté.
04:30Vous avez des éléments aussi qui sont beaucoup issus de la culture propre aux réseaux sociaux.
04:38Plusieurs battles d'aura ont eu pour arène les blocus
04:44et de nouveaux mèmes sont nés durant la mobilisation.
04:47Un mot classique, bismillah c'est les ténèbres.
04:50Bismillah c'est les ténèbres.
04:52Un autre point commun pour le chercheur est que si les mobilisations de la Gen Z
04:55à travers le monde partent de revendications matérielles,
04:59d'autres préoccupations s'y ajoutent.
05:01On retrouve aussi des raisonnements sur les autres crises qui touchent cette jeunesse
05:06puisque cette jeunesse est soumise non seulement à une baisse de pouvoir d'achat
05:10et des crises qui touchent le futur au niveau économique,
05:15donc l'entraide dans le marché du travail, etc.
05:18mais elle est aussi soumise à une crise environnementale.
05:22Le fait d'avoir des revendications sur faire court par 35 degrés,
05:28à 35 dans une classe,
05:29c'est quand même des effets qui sont ressentis
05:32et qui contribuent à alimenter ce sentiment d'horizon boucher.
05:36Il y a les crises géopolitiques,
05:40notamment la question de Gaza qui est remise,
05:45a aussi un lien avec tout ce qu'il est tout.
05:47On peut d'abord parler de convergence des luttes
05:49parce qu'on voit qu'on défend d'abord nos droits,
05:51mais qu'on évoque aussi la Palestine,
05:54qu'on évoque aussi tout type de privation de liberté,
05:56si je peux dire, prise de parole.
05:57L'analyse qui est faite par les contestateurs,
06:01c'est sur le même registre.
06:02Et le même registre, c'est les privations,
06:05les privilèges,
06:06cette idée aussi de cette classe dominante
06:09qui cumule les privilèges,
06:12une même volonté aussi de prise de parole
06:14et de changement global.
06:16Tout cela, c'est puisque cette génération
06:19a une vision beaucoup plus systémique.
06:21Si vous voulez,
06:22elle va beaucoup plus voir
06:24toutes ces formes de domination,
06:26toutes ces inégalités,
06:27se renforcer les unes les autres
06:29plutôt qu'en avoir une qui remplace d'autres.
06:32Mais s'ils sont fiers de faire partie de la Gen Z,
06:35cela ne les empêche pas de faire référence
06:36à d'autres générations.
06:38D'ailleurs, le mouvement est parti de lycéens
06:40dont une partie n'appartient pas
06:41à la Génération Z, mais Alpha.
06:43Notamment, si vous voulez,
06:46en 1968,
06:47qui est une grosse référence
06:49par cette jeunesse,
06:50qui d'ailleurs n'utilise pas
06:53que le terme Gen Z.
06:54Vous avez aussi des pancartes
06:55qui utilisent la Génération 6-7
06:58en référence à leur 6-7.
07:00Et en fait, ils l'utilisent comme jeu de mots
07:02avec Génération 67 versus Mai 68.
07:05Donc vous voyez,
07:06il y a aussi un certain partage de codes
07:10qui leur sont propres
07:11et qui sont propres à l'Internet
07:12et aux réseaux sociaux.
07:14C'est une jeunesse qui veut aussi,
07:17qui a un sentiment de solidarité
07:20entre les jeunes.
07:21Le fait qu'il y ait, par exemple,
07:23des lycéens du privé,
07:24on verra si c'est ponctuel ou pas ponctuel,
07:27qui ont rejoint les lycéens du public,
07:30les lycéens de Paris
07:33qui ont rejoint le mouvement
07:34en solidarité aux lycéens de banlieue.
07:36Donc vous voyez,
07:37c'est quand même quelque chose
07:39qui nous dit quelque chose
07:42sur l'attraction mobilisée.
07:44Du moins, il y a une volonté véritable
07:46de déployer une solidarité
07:48par classe d'âge.
07:49Avec les blocus en France,
07:51des appels à manifester
07:52ont été lancés par la Gen Z
07:53dans d'autres pays européens
07:55comme la Belgique, l'Italie
07:56ou encore l'Allemagne.

Recommandations