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  • il y a 5 minutes
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur la fusillade à Aubagne dans laquelle un adolescent de 14 a blessé le proviseur de son collège et une professeure.

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Transcription
00:00Mais je vous propose de commencer donc cette émission par Aubagne avec cet élève de 14 ans qui a ouvert
00:04le feu à 4 reprises avec un fusil de chasse hier matin au collège Joseph Lacanale d'Aubagne.
00:09Le collège Joseph Lacanale c'est là où était Marcel Pagnol à Aubagne.
00:14Donc c'est tout un symbole.
00:16C'est Joseph Pagnol.
00:16Pardon ?
00:17C'est son père.
00:18C'est son père, exactement.
00:20Je vous propose de voir le sujet de Sarah Fenzari qui nous donne les dernières informations.
00:27Il est environ 9h30 hier matin lorsqu'un adolescent de 14 ans, classe de 3ème dans ce collège d'Aubagne,
00:34entre un étui à guitare sur le dos, vidé de son instrument mais armé d'un fusil de chasse.
00:42Il monte au premier étage, ouvre le feu sur le principal, blessé à la hanche droite.
00:48A ses côtés, une enseignante est blessée à la cuisse.
00:51Une 3ème personne présente sur les lieux est elle aussi légèrement touchée.
00:56Le collégien ne s'arrête pas là, il poursuit sa progression jusqu'au deuxième étage.
01:02Face à une professeure, il tire en direction du sol, à quelques mètres d'elle.
01:07Il se rend ensuite dans une salle de classe, tire un coup de feu devant des élèves et leurs enseignantes,
01:14indemnes mais terrorisées.
01:16C'est finalement en redescendant cet escalier que le conseiller principal d'éducation parvient à le maîtriser, à le désarmer
01:24avant son interpellation.
01:27Il a été placé en garde à vue, une perquisition a eu lieu à son domicile où plusieurs armes ont
01:32été retrouvées, une enquête pour tentative d'assassinat est ouverte.
01:37Les deux parents sont donc en garde à vue, le jeune enfant également, il a 14 ans, le jeune adolescent.
01:43Écoutez Edouard Geffray qui était ce matin sur France Inter, mobile pour le moment inconnu.
01:48Alors on ne connaît pas le mobile.
01:50Il y aura une enquête évidemment, enfin l'enquête permettra peut-être de le dire.
01:53Ce qui est frappant c'est le caractère prémédité.
01:56C'est-à-dire que c'est un jeune qui avait organisé son périple si je puis dire.
02:01Heureusement il a été interrompu dans son périple par un personnel extraordinaire.
02:04Mais il avait organisé son périple et il a eu le temps quand même de recharger son fusil en cours
02:08de route.
02:08Donc on est quand même bien sur un jeune qui avait une intention clairement de tuer.
02:14Mais donc quand la procureure évoque l'hypothèse de harcèlement, ça vous n'avez pas d'éléments qui corroborent ?
02:19On a regardé évidemment du côté purement administratif et à ce stade.
02:23parce qu'une fois encore, y compris parce qu'on a des collègues qui sont encore hospitalisés,
02:26mais aucun élément à l'éducation nationale ne permettrait d'attester un tel contexte.
02:35Quand on a lu il y a plus de dix ans maintenant la France orange mécanique de Laurent Auberton,
02:39tout le monde a souri, ça faisait référence au film orange mécanique.
02:43La souris est attaqué, est attaqué.
02:45Là on a franchi un pas, parce que c'est tout à fait inédit.
02:50Jusqu'à maintenant, si, jusqu'à maintenant.
02:51Vous avez une habitude ?
02:52Vous excusez-moi ?
02:54Jusqu'à maintenant, on a eu des attaques au couteau.
02:57Il y a eu Bernard, il y a eu Dominique Bernard, il y a eu Samuel Paty, Agnès Lassalle.
03:01Là, on a une arme à feu.
03:03C'est aux Etats-Unis qu'on voit ça.
03:04Vous trouvez que c'est bien ?
03:05Il s'apprêtait, je trouve, qu'on a franchi un seuil à nouveau
03:07d'un jeune qui rentre avec une arme à feu et qui s'apprête à faire une tuerie de masse.
03:11Parce que c'est bien cela.
03:13Il a blessé trois ou quatre personnes, il a été interpellé,
03:16mais ça aurait pu être encore beaucoup plus dramatique.
03:18Donc on voit bien maintenant qu'on a franchi un seuil
03:21dans cette violence sans limite avec des jeunes de plus en plus jeunes,
03:2514 ans, qui bénéficient automatiquement de l'excuse de minorité, bien sûr.
03:30Ça montre aussi l'impunité qui règne chez ces jeunes
03:33qui sont de plus en plus violents,
03:34et en même temps la perte d'autorité.
03:38On va dire les mêmes banalités que nous disons chaque fois.
03:40On a franchi un seuil.
03:42Oui, je ne suis pas sûr qu'on franchisse un seuil, mais bon.
03:45Je n'ai pas de précédent d'une arme à feu.
03:48Charlotte ?
03:50C'est dans la lignée de tout ce qui se passe en France depuis des années ?
03:55On ne franchit plus de seuil, en fait ?
03:56Quand on a dépassé les limites, il n'y a plus de limites ?
04:01À 14 ans, qu'ils soient capables de venir tuer dans leur établissement
04:04avec une arme à feu ou un couteau, j'y vois le même problème en réalité.
04:07Ce n'est pas plus grave avec une arme à feu.
04:10Ça dépend aussi peut-être de l'environnement.
04:12Est-ce que ce jeune avait l'habitude aussi de voir des armes manier ?
04:15Est-ce qu'il peut expliquer pourquoi il a pris une arme
04:16plutôt qu'un couteau dans sa cuisine ?
04:18Mais le problème reste le même.
04:20Et je crois que franchement, là, en l'occurrence,
04:22avec ce qu'on sait et ce à quoi ça ressemble,
04:25parler de l'impunité par exemple ou de la réponse pénale
04:28me semble assez inadaptée.
04:29Je ne crois pas que ce genre de gamin qui arrive,
04:32et on le voit, l'exemple américain des tuerilles de masse,
04:35ce n'est pas la réponse pénale qui va les empêcher.
04:37Il y a un tel mal-être contre eux-mêmes
04:41qui se retourne contre les autres,
04:42une capacité de tuer à 14 ans.
04:44Il faut y aller quand même, à bout portant comme ça,
04:46son prof, son proviseur.
04:48Attendons d'avoir les éléments précis dans ce cas-là.
04:51Mais je crois que ça dit beaucoup plus
04:52sur l'effondrement psychique d'une partie de cette jeunesse
04:56que sur la question...
04:58Marine Le Pen, qu'a-t-elle dit ?
04:59Indignation.
05:02Ma réaction est évidemment une réaction d'indignation.
05:05Il va donc falloir, ce que j'ai appelé,
05:08resacraliser le respect de l'intégrité physique.
05:13Et ça passera évidemment par une aggravation
05:17des conditions, des condamnations
05:19qui pourraient être délivrées
05:22à la suite de ces atteintes à l'intégrité physique.
05:26C'est vrai qu'il y a un certain nombre de professeurs,
05:30vous le savez,
05:31évidemment les drames que nous avons tous en mémoire,
05:36qui ont été assassinés.
05:38Mais il y a là, depuis quelques jours,
05:40même si je ne fais pas de lien
05:41avec ce qui s'est passé à Aubagne,
05:43mais il y a depuis quelques jours
05:44des atteintes à l'intégrité physique de professeurs,
05:47extrêmement nombreux,
05:49de proviseurs qui ont été blessés,
05:51blessés, de force de l'ordre.
05:55Et tout ceci crée une ambiance terriblement angoissante
06:01parce qu'elle semble révéler
06:03que des jeunes, de plus en plus jeunes,
06:07n'ont plus aucun complexe
06:09à venir blesser,
06:13frapper, lancer des pierres,
06:16viser avec des mortiers,
06:17et aujourd'hui viser avec une arme de chasse
06:22des gens qui devraient normalement
06:28faire l'objet du plus grand des respects,
06:30les pompiers, les policiers,
06:33les professeurs.
06:34Donc il faut rétablir cela
06:36parce que sinon,
06:38nous allons vers des temps
06:39qui vont être des temps terribles.
06:42Olivier Delagarde,
06:43elle, c'est un lien
06:44et je trouve qu'elle a raison
06:45entre le climat actuel
06:46et ce qui s'est passé hier
06:47alors que tout le monde refuse
06:48à faire ce lien.
06:49J'ai entendu notamment France Inter
06:50dire qu'il n'y a aucun rapport.
06:52Il y a quand même un climat
06:53qui contamine ces jeunes gens
06:54de violence.
06:56Là encore,
06:56c'est une question de bon sens.
06:58C'est ce qui me sidère.
06:59Personne, à l'heure qu'il est,
07:00n'est capable de dire
07:01ce qu'il y avait dans la tête
07:02de ce gamin,
07:02pourquoi est-ce qu'elle a pris une arme.
07:04Mais une heure après les faits,
07:06on entendait déjà
07:07sur des radios,
07:08confrères, collègues, etc.
07:10Ça n'a rien à voir
07:11avec le mouvement lycéen.
07:12Ça n'a rien à voir
07:15surtout pas d'abîmer
07:17entre guillemets
07:18le mouvement lycéen
07:19d'expliquer que ces jeunes
07:20sont non-violents,
07:21que c'est la police
07:22qui est violente
07:24et que ces chères têtes blondes,
07:26elles, défilent.
07:27Évidemment.
07:28Évidemment.
07:29Alors que si,
07:30évidemment.
07:31C'est insupportable.
07:32On n'en fait rien
07:32que les gens se taisent
07:34à ce moment-là.
07:35Mais que les gens se taisent.
07:37Vous comprenez bien
07:39que tout ce monde médiatique
07:41pense de la même manière.
07:44C'est la même chose
07:44que pour Crépol.
07:45Oui.
07:46C'est la même chose
07:46que pour Crépol.
07:47Vous avez raison.
07:49Certains se précipitaient
07:50pour dire
07:50c'est juste un fait divers.
07:52Il n'y a aucune signification.
07:53Vous avez raison.
07:54C'est le terme rassurisme
07:55qui a été adopté
07:56très justement
07:57pour autre chose
07:57pour les communes.
07:58Greta Thunberg,
07:59je vous interromps
07:59parce que Greta Thunberg
08:00est à Paul-Éleard
08:01avec un kéfier.
08:02Ah bah.
08:03Donc nous voilà sauvés.
08:05Nous voilà sauvés.
08:06Greta Thunberg.
08:07Elle est un peu en difficulté.
08:08Son petit commerce
08:09commet la crise
08:10donc elle essaie.
08:10Voilà.
08:10Elle est là.
08:12Donc elle a effectivement
08:14elle a le kéfier
08:15qu'elle porte
08:16effectivement
08:17c'est une image forte.
08:18Quel âge est-elle ?
08:19Greta Thunberg.
08:20Elle doit avoir
08:20une petite vingtaine d'années
08:22maintenant
08:22mais regardez
08:22tous ces jeunes gens.
08:23Alors qu'est-ce que le kéfier
08:26vient faire
08:27dans ces manifestations
08:29pour...
08:29Voilà.
08:30Elle change de cause
08:31oui.
08:32Je cherche une petite...
08:33Ce n'est pas le sujet
08:34du remplacement des profs
08:35me semble-t-il.
08:36Non.
08:37Juste tout ce qu'il vient de dire.
08:38Joseph Paz Escaron.
08:39Vous avez raison sur la question
08:41de l'ensauvagement
08:42je veux dire
08:42qui n'est pas nouveau.
08:43En janvier 2025
08:45je me souviens de la lettre
08:47que la maman d'Elias
08:48avait adressée
08:49où tout était dedans.
08:50Tout était dedans.
08:51C'était en janvier 2025
08:52il y a plus d'un an
08:53il y a un an et demi
08:54sur l'ensauvagement des jeunes
08:56global.
08:57D'accord ?
08:58Et qu'est-ce qui a été fait ?
08:59Qu'est-ce qui a été fait depuis ?
09:01Justement on écoutera tout à l'heure
09:03l'excellente chronique
09:03comme chaque matin
09:04de Laurent Tessier

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