00:00Le temps de travail à l'école, on va en parler, ce qui se passe dans Paris, on va en
00:03parler.
00:04Je lis la presse française, je reprends l'expression d'Olivier Delagarde sur Europe 1 il y a quelques minutes,
00:09c'est le syndrome de Stockholm.
00:10C'est-à-dire que les journalistes épousent complètement ce qu'ils entendent sans distance, c'est ça qui est
00:17formidable.
00:17Les jeunes, ils peuvent dire n'importe quoi, c'est sans distance, c'est parole d'évangile, ce que disent
00:20les jeunes.
00:21Je trouve ça rigolo d'ailleurs, alors il y a sûrement des choses à entendre,
00:23mais on peut quand même de temps en temps dire attention, on peut faire preuve d'autorité,
00:28c'est comme dans les familles, il faut entendre évidemment ces jeunes,
00:31mais ils sont là quand même pour apprendre, pour être éduqués, si j'ose dire.
00:36On voit ça dans le sport d'ailleurs, il y a moins de discussions dans le sport.
00:39Il y a moins de discussions avec Louis-Henriquet ou Zinedine Zidane, ils appliquent.
00:43On n'écoute pas un vestiaire, on leur dit pas tiens, c'est pas très démocrate un vestiaire de football.
00:49Leurs revendications sont justement des revendications d'apprentissage, de moyens et d'adhésion à la société.
00:57– Mais sûrement, il y en a qui disent qu'ils ne veulent plus travailler.
00:59– Oui, oui, le lancer de pavé fait partie…
01:01– Tiens, regardez, je vous ai apporté ça.
01:03– Le lancer de pavé fait partie…
01:04– Je vous ai apporté ça, parce que j'en ai tellement marre qu'on tape sur les flics matin
01:08midi et soir,
01:08ça c'est ce que les flics prennent sur la tronche.
01:10– Vous savez qu'il y a un musée, il y a un musée des…
01:12– Vous résumez le mouvement lycéen à ça ?
01:14– Non, non, on parle de lycéen.
01:16– D'ailleurs, je n'essaye pas de le résumer, vous voyez, je trouve qu'il est hétéroclite.
01:20– Et encore, c'est petit ça.
01:21– Bon, alors, on est ce matin un peu partout, et notamment à Paris,
01:26on est dans le quatrième arrondissement, et on va voir aujourd'hui…
01:28Alors, qu'a dit M. Lecornu ?
01:30C'est l'instant…
01:32– L'instant quoi ?
01:33– De démocratie…
01:33– De démocratie interne.
01:35– Interne, oui.
01:35– Un temps de démocratie interne.
01:36– Donc l'autre jour, c'était la plateforme qui a fait un flop,
01:40elle n'a même pas duré 24 heures,
01:41et là, c'est la démocratie interne.
01:44Donc il n'y a plus d'emploi du temps, et on va écouter les jeunes.
01:48– On va écouter les jeunes, mais moi je les connais,
01:54ils vont dire on ne veut pas de portable.
01:55– Et la phrase incroyable de Nunez, hier quand même, à l'Assemblée,
01:58moi je l'ai noté, dans une démocratie normale,
02:03donc il admet à l'Assemblée qu'on est dans une démocratie qui est anormale.
02:08– Vous êtes quand même curieux…
02:09– Mathias Leboeuf.
02:10– Vous constatez en permanence que tout va mal,
02:13qu'il y a un effondrement du système éducatif français,
02:16et qu'effectivement, dans le classement PISA en permanence, on recule.
02:22Et quand les jeunes veulent changer les choses,
02:25vous dites, oh là là là, surtout ne touche pas à rien.
02:27– Ils veulent les changer en pire.
02:28– Ce que j'entends, c'est de changer en pire.
02:31– Ah bon ? Demandez que les profs soient remplacés,
02:34vous trouvez que c'est en pire ?
02:35– Non, pas ça.
02:35– Demandez qu'il y ait des aides à l'éducation,
02:37vous trouvez que c'est en pire ?
02:38– Mathias Leboeuf.
02:38– Demandez d'avoir des locaux qui soient corrects,
02:40vous trouvez que c'est en pire ?
02:41– Demandez un meilleur aménagement des temps scolaires,
02:44parce que vous savez qu'on est beaucoup plus chargés
02:49qu'on passe notre temps à se comparer à l'Allemagne.
02:52Comparer à l'Allemagne, il y a en moyenne une heure et demie de moins
02:56par jour pour les lycéens.
02:59Là, vous ne comparez pas.
03:01– Vous pensez qu'un sandier des lycées, ça va...
03:03– Non, non, non.
03:05– Mathias, c'est un prétexte.
03:08– Évitez cette outrance, bien évidemment.
03:11– Mais c'est quoi l'outrance ? C'est de foutre le feu un lycée qui est outrancié ?
03:13– Mais Mathias, arrête de se planquer derrière des prétendices.
03:17– Tout le monde le sait qu'il y a des exigences de réformes.
03:21– Je vais vous dire...
03:21– Et le corps enseignant et les proviseurs n'ont rien fait pour obtenir des réformes.
03:26– À vous entendre.
03:27– Ils sont à plat ventre.
03:28Ils n'ont rien fait depuis des années.
03:30– Vous êtes complices, vous, certains enseignants, de cette dégradation.
03:35– Vous avez participé intellectuellement, moralement, à la dégradation de l'enseignement.
03:40– Non, mais c'est bien évident.
03:42Alors, arrêtez de vous planquer derrière le prétexte.
03:45– À vous entendre.
03:46– Ça ne justifie pas la violence.
03:48– À vous entendre.
03:48– Ça ne justifie pas l'agression contre les profs.
03:50– À vous entendre.
03:51– À vous entendre.
03:52– Mathias Leboeuf.
03:53– À vous entendre.
03:54J'ai l'impression d'écouter des vieux barbons de l'UDR, le parti gaulliste, qui disent
03:58« Oh là là là là, des jeunes, c'est quand même la chienlis. »
04:03Désolé, on a une revendication de la jeunesse.
04:06Vous pouvez balayer d'un revers de main avec tout le mépris que vous voulez.
04:10– Mais il n'y a pas de mépris.
04:11– Il n'y a pas de mépris.
04:11– Moi, j'ai entendu beaucoup, beaucoup de mépris.
04:14– Pardonnez-moi.
04:15– Bon, asylise le corps et après on part pour Paris.
04:17– Et puis quand même, parce que si je sais le vieux barbon, c'est lui.
04:19– Me semble-t-il, nous prenons…
04:21– Sciences Po est bloqué.
04:22– Me semble-t-il, nous prenons plus au sérieux les revendications, les prétendues revendications
04:26des lycéens que les lycéens eux-mêmes.
04:28C'est-à-dire que j'étais la première sur ce plateau à dire qu'il fallait entendre
04:33une partie des revendications qui étaient celles portées avant qu'il y ait des lycées
04:37brûlés, avant qu'il y ait un tel niveau de violence par certains lycéens, par certains
04:41syndicats et par des enseignants.
04:44Simplement, on ne peut plus discuter de ça aujourd'hui.
04:46Quand on voit le degré de violence de cette jeunesse qui n'est pas…
04:50enfin d'ailleurs qu'une jeunesse scolarisée, en fait, qu'il y a beaucoup de casseurs,
04:53on sait que LFI a participé aussi à faire venir des… c'est une réalité, c'est…
04:59– Oui, oui, oui.
05:00– Voilà, donc des mouvements de black bloc qui sont unis à une présence du jeunesse.
05:04– Que le mouvement soit noyauté.
05:05– Et ce qu'ils cherchent, ce sont des affrontements.
05:08– Je voudrais qu'on aille sur le terrain.
05:09– Et c'est un rejet profond de l'autorité.
05:12– Pardonnez-moi, mais les manifestations qu'on a eu hier, une grande partie des manifestations
05:16qui ont eu hier se sont aussi passées tout à fait normalement.
05:20– Si, si vous parlez.
05:22– Allez !