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  • il y a 2 minutes
Aubagne : «Personne n'est capable de dire ce qu'il y avait dans la tête de ce gamin», rappelle Olivier de Lagarde

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur la fusillade à Aubagne dans laquelle un adolescent de 14 a blessé le proviseur de son collège et une professeure.

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Transcription
00:00Mais je vous propose de commencer donc cette émission par Aubagne avec cet élève de 14 ans qui a ouvert
00:04le feu à 4 reprises avec un fusil de chasse hier matin au collège Joseph Lacanale d'Aubagne.
00:09Le collège Joseph Lacanale c'est là où était Marcel Pagnol à Aubagne.
00:14Donc c'est tout un symbole.
00:16C'est Joseph Pagnol.
00:16Pardon ?
00:17C'est son père.
00:18C'est son père, exactement.
00:20Je vous propose de voir le sujet de Sarah Fenzari qui nous donne les dernières informations.
00:27Il est environ 9h30 hier matin lorsqu'un adolescent de 14 ans, classe de 3ème dans ce collège d'Aubagne,
00:34entre un étui à guitare sur le dos, vidé de son instrument mais armé d'un fusil de chasse.
00:42Il monte au premier étage, ouvre le feu sur le principal, blessé à la hanche droite.
00:48A ses côtés, une enseignante est blessée à la cuisse.
00:51Une 3ème personne présente sur les lieux est elle aussi légèrement touchée.
00:56Le collégien ne s'arrête pas là, il poursuit sa progression jusqu'au deuxième étage.
01:02Face à une professeure, il tire en direction du sol, à quelques mètres d'elle.
01:07Il se rend ensuite dans une salle de classe, tire un coup de feu devant des élèves et leurs enseignantes,
01:14indemnes mais terrorisées.
01:16C'est finalement en redescendant cet escalier que le conseiller principal d'éducation parvient à le maîtriser, à le désarmer
01:24avant son interpellation.
01:27Il a été placé en garde à vue, une perquisition a eu lieu à son domicile où plusieurs armes ont
01:32été retrouvées, une enquête pour tentative d'assassinat est ouverte.
01:37Les deux parents sont donc en garde à vue, le jeune enfant également, il a 14 ans, le jeune adolescent.
01:43Écoutez Edouard Geffray qui était ce matin sur France Inter, mobile pour le moment inconnu.
01:48Alors on ne connaît pas le mobile.
01:50Il y aura une enquête évidemment, enfin l'enquête permettra peut-être de le dire.
01:53Ce qui est frappant c'est le caractère prémédité.
01:56C'est-à-dire que c'est un jeune qui avait organisé son périple si je puis dire.
02:01Heureusement il a été interrompu dans son périple par un personnel extraordinaire.
02:04Mais il avait organisé son périple et il a eu le temps quand même de recharger son fusil en cours
02:08de route.
02:08Donc on est quand même bien sur un jeune qui avait une intention clairement de tuer.
02:14Mais donc quand la procureure évoque l'hypothèse de harcèlement, ça vous n'avez pas d'éléments qui corroborent ?
02:19On a regardé évidemment du côté purement administratif et à ce stade.
02:23parce qu'une fois encore, y compris parce qu'on a des collègues qui sont encore hospitalisés,
02:26mais aucun élément à l'éducation nationale ne permettrait d'attester un tel contexte.
02:35Quand on a lu il y a plus de dix ans maintenant la France orange mécanique de Laurent Auberton,
02:39tout le monde a souri, ça faisait référence au film orange mécanique.
02:43La souris est attaqué, est attaqué.
02:45Là on a franchi un pas, parce que c'est tout à fait inédit.
02:50Jusqu'à maintenant, si, jusqu'à maintenant.
02:51Vous avez une habitude ?
02:52Vous excusez-moi ?
02:54Jusqu'à maintenant, on a eu des attaques au couteau.
02:57Il y a eu Bernard, il y a eu Dominique Bernard, il y a eu Samuel Paty, Agnès Lassalle.
03:01Là, on a une arme à feu.
03:03C'est aux Etats-Unis qu'on voit ça.
03:04Vous trouvez que c'est bien ?
03:05Il s'apprêtait, je trouve, qu'on a franchi un seuil à nouveau
03:07d'un jeune qui rentre avec une arme à feu et qui s'apprête à faire une tuerie de masse.
03:11Parce que c'est bien cela.
03:13Il a blessé trois ou quatre personnes, il a été interpellé,
03:16mais ça aurait pu être encore beaucoup plus dramatique.
03:18Donc on voit bien maintenant qu'on a franchi un seuil
03:21dans cette violence sans limite avec des jeunes de plus en plus jeunes,
03:2514 ans, qui bénéficient automatiquement de l'excuse de minorité, bien sûr.
03:30Ça montre aussi l'impunité qui règne chez ces jeunes
03:33qui sont de plus en plus violents,
03:34et en même temps la perte d'autorité.
03:38On va dire les mêmes banalités que nous disons chaque fois.
03:40On a franchi un seuil.
03:42Oui, je ne suis pas sûr qu'on franchisse un seuil, mais bon.
03:45Je n'ai pas de précédent d'une arme à feu.
03:48Charlotte ?
03:50C'est dans la lignée de tout ce qui se passe en France depuis des années ?
03:55On ne franchit plus de seuil, en fait ?
03:56Quand on a dépassé les limites, il n'y a plus de limites ?
04:01À 14 ans, qu'ils soient capables de venir tuer dans leur établissement
04:04avec une arme à feu ou un couteau, j'y vois le même problème en réalité.
04:07Ce n'est pas plus grave avec une arme à feu.
04:10Ça dépend aussi peut-être de l'environnement.
04:12Est-ce que ce jeune avait l'habitude aussi de voir des armes manier ?
04:15Est-ce qu'il peut expliquer pourquoi il a pris une arme
04:16plutôt qu'un couteau dans sa cuisine ?
04:18Mais le problème reste le même.
04:20Et je crois que franchement, là, en l'occurrence,
04:22avec ce qu'on sait et ce à quoi ça ressemble,
04:25parler de l'impunité par exemple ou de la réponse pénale
04:28me semble assez inadaptée.
04:29Je ne crois pas que ce genre de gamin qui arrive,
04:32et on le voit, l'exemple américain des tuerilles de masse,
04:35ce n'est pas la réponse pénale qui va les empêcher.
04:37Il y a un tel mal-être contre eux-mêmes
04:41qui se retourne contre les autres,
04:42une capacité de tuer à 14 ans.
04:44Il faut y aller quand même, à bout portant comme ça,
04:46son prof, son proviseur.
04:48Attendons d'avoir les éléments précis dans ce cas-là.
04:51Mais je crois que ça dit beaucoup plus
04:52sur l'effondrement psychique d'une partie de cette jeunesse
04:56que sur la question...
04:58Marine Le Pen, qu'a-t-elle dit ?
04:59Indignation.
05:02Ma réaction est évidemment une réaction d'indignation.
05:05Il va donc falloir, ce que j'ai appelé,
05:08resacraliser le respect de l'intégrité physique.
05:13Et ça passera évidemment par une aggravation
05:17des conditions, des condamnations
05:19qui pourraient être délivrées
05:22à la suite de ces atteintes à l'intégrité physique.
05:26C'est vrai qu'il y a un certain nombre de professeurs,
05:30vous le savez,
05:31évidemment les drames que nous avons tous en mémoire,
05:36qui ont été assassinés.
05:38Mais il y a là, depuis quelques jours,
05:40même si je ne fais pas de lien
05:41avec ce qui s'est passé à Aubagne,
05:43mais il y a depuis quelques jours
05:44des atteintes à l'intégrité physique de professeurs,
05:47extrêmement nombreux,
05:49de proviseurs qui ont été blessés,
05:51blessés, de force de l'ordre.
05:55Et tout ceci crée une ambiance terriblement angoissante
06:01parce qu'elle semble révéler
06:03que des jeunes, de plus en plus jeunes,
06:07n'ont plus aucun complexe
06:09à venir blesser,
06:13frapper, lancer des pierres,
06:16viser avec des mortiers,
06:17et aujourd'hui viser avec une arme de chasse
06:22des gens qui devraient normalement
06:28faire l'objet du plus grand des respects,
06:30les pompiers, les policiers,
06:33les professeurs.
06:34Donc il faut rétablir cela
06:36parce que sinon,
06:38nous allons vers des temps
06:39qui vont être des temps terribles.
06:42Olivier Delagarde,
06:43elle, c'est un lien
06:44et je trouve qu'elle a raison
06:45entre le climat actuel
06:46et ce qui s'est passé hier
06:47alors que tout le monde refuse
06:48à faire ce lien.
06:49J'ai entendu notamment France Inter
06:50dire qu'il n'y a aucun rapport.
06:52Il y a quand même un climat
06:53qui contamine ces jeunes gens
06:54de violence.
06:56Là encore,
06:56c'est une question de bon sens.
06:58C'est ce qui me sidère.
06:59Personne, à l'heure qu'il est,
07:00n'est capable de dire
07:01ce qu'il y avait dans la tête
07:02de ce gamin,
07:02pourquoi est-ce qu'elle a pris une arme.
07:04Mais une heure après les faits,
07:06on entendait déjà
07:07sur des radios,
07:08confrères, collègues, etc.
07:10Ça n'a rien à voir
07:11avec le mouvement lycéen.
07:12Ça n'a rien à voir
07:15surtout pas d'abîmer
07:17entre guillemets
07:18le mouvement lycéen
07:19d'expliquer que ces jeunes
07:20sont non-violents,
07:21que c'est la police
07:22qui est violente
07:24et que ces chères têtes blondes,
07:26elles, défilent.
07:27Évidemment.
07:28Évidemment.
07:29Alors que si,
07:30évidemment.
07:31C'est insupportable.
07:32On n'en fait rien
07:32que les gens se taisent
07:34à ce moment-là.
07:35Mais que les gens se taisent.
07:37Vous comprenez bien
07:39que tout ce monde médiatique
07:41pense de la même manière.
07:44C'est la même chose
07:44que pour Crépolle.
07:45Oui, vous avez raison.
07:47Vous avez parlé.
07:49Certains se précipitaient
07:50pour dire
07:50c'est juste un fait divers.
07:51Il n'y a aucune signification.
07:53Vous avez raison.
07:54C'est le terme rassurisme
07:55qui a été adopté
07:56très justement
07:57pour autre chose.
07:57pour...

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