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  • il y a 1 jour
On ne le répétera jamais assez : les dessins animés, ça n’est pas QUE pour les enfants ! Et même parfois, c’est pas DU TOUT pour les enfants.

Jim Queen, c’est pas n’importe quel film d’animation pour adulte. Non seulement il sort à point nommé pour le Mois des Fiertés, dans un contexte politique où l'extrême droite est aux portes du pouvoir. Mais on peut aussi le voir comme le nouveau représentant d’un phénomène culturel plus large : le dark woke. Décryptage avec Benj' et Kath de Bolchegeek !

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Transcription
00:01Nous on a décidé de fuir la canicule en se réfugiant au cinéma, je pense beaucoup de gens
00:05ont fait cette stratégie et on s'est dit qu'on est allé voir les deux films qui faisait un
00:08peu
00:09pas mal parler en ce moment et le plus étonnant c'est que le plus gai des deux n'est
00:13pas celui
00:13qui s'appelle Backroom.
00:46Et oui, on ne le répétera jamais assez, les dessins animés ce n'est pas que pour les enfants et
00:52même parfois ce n'est pas du tout pour les enfants.
00:55Jim Quinn, ce n'est pas n'importe quel film d'animation pour adulte, non seulement il sera point nommé
01:01pour le mois des fiertés
01:01dans le contexte politique évidemment abordé en début d'émission, mais on peut le voir comme le nouveau représentant d
01:08'un phénomène culturel plus large
01:09sur lequel on va revenir. Mais avant ça, si vous avez trouvé le moyen de louper le coche...
01:15Qui l'a vu ici ?
01:16Moi je l'ai vu.
01:17Ah juste toi, ok. Alors on va vous expliquer.
01:18Jim Quinn suit les aventures d'un influenceur muscu, majeur de la communauté gay, aidé par son plus grand fan,
01:25lui-même encore au placard, en quête d'un remède contre l'hétérose.
01:29Une épidémie menaçant de les transformer, eux et toute leur communauté, en quelqu'un comme moi, capable de comprendre la
01:36règle du hors-jeu
01:36qui pourtant n'est pas si dur à piger quand même, on est d'accord, vous forcez un petit peu
01:40avec ça,
01:40ou de danser la chenille, ou de multiplier les fashion faux pas, c'est-à-dire un hétérosexuel.
01:46L'existence même d'un tel film dans le circuit du cinéma français, plus encore par les temps qui courent,
01:51tient du miracle, il aurait été purement impensable il y a encore une décennie,
01:55et c'est pas pour rien s'il a subi les affres d'un développement compliqué de sept longues années,
01:59assurant son bouclage par le soutien d'un financement participatif.
02:02C'est qu'il ne s'agit pas d'une énième comédie tournant en dérision l'homosexualité,
02:07mais d'une oeuvre intrinsèquement liée à la communauté et à la culture gay.
02:11Une véritable lettre d'amour à ces dernières, comme l'affirment les deux réalisateurs,
02:15Marco Nguyen et Nicolas Attané.
02:17Et c'est vrai qu'ils y ont injecté une quantité hallucinante de références,
02:21mettant en scène de véritables lieux et des figures emblématiques,
02:25que beaucoup peut-être parmi nous connaissent.
02:28Les initiés ne manqueront pas de les reconnaître comme un peu des geeks devant une marvellerie finalement,
02:33et pour le grand public, cette aventure permet d'explorer cette culture,
02:37ces acteurs, ces espaces, sublimés en véritable folklore,
02:41presque comme de la fantaisie finalement, avec son propre jargon.
02:44On traverse les différents royaumes de cet univers,
02:47rencontrant ses clans, ses classes de personnages,
02:50les Jim Queens bien sûr, avec leur culte du corps,
02:53les Twinks, les Drag Queens ou encore les Bears,
02:55ce surnom donné dans la vraie vie,
02:58aux hommes volontiers barbus, d'une masculinité peut-être plus classique,
03:01amateur de planches mixtes,
03:03et se voit littéralement représenté sous la forme d'ours anthropomorphe dans le film.
03:08Donc là, Satyre retourne le rire contre ce groupe qui en a moins l'habitude,
03:13c'est vrai, donc les hétéros,
03:14mais réalisée par des personnes au fait des enjeux de cette communauté,
03:18elle n'a aucun mal à donner dans l'autodérision, voire l'autocritique,
03:22comme par exemple sur la problématique du rejet de la communauté masculine gay
03:26vis-à-vis des autres lettres du LGBTQIA+,
03:29ou à travers une milice néofasciste,
03:31qui pourrait bien faire écho au ralliement aux idées d'extrême droite
03:34d'une partie de cette communauté,
03:36et subtilement appelée dans le film la Gestapo.
03:40Et oui, car derrière son vernis potache,
03:43le film évoque des sujets assez graves en fait,
03:45et politiques, l'homophobie, bien évidemment,
03:48avec une parodie explicite de Christine Boutin
03:50sous le patronage d'un portrait de Jean-Marie Le Pen,
03:53quand même, c'est à noter, l'horreur des thérapies de conversion,
03:56et surtout, au-delà de ce pitch rigaudrôle de l'hétéros,
04:00les images des lieux et des gens disparaissant petit à petit dans le marais,
04:05convoquant soudain une mémoire particulièrement traumatique pour la communauté.
04:09Je pense que l'influence du VIH a été très grande dans l'écriture de Jim Quinn.
04:14Le passage où Jim reçoit un grand rejet de la commu,
04:18c'était vraiment une manière de montrer ce qui s'est passé dans les années 80,
04:22lors de l'épidémie du VIH,
04:24et pour montrer aussi que ça existait,
04:27et que la commu, elle a pu aussi être assez dure.
04:31Et ce qui est très beau, c'est que souvent,
04:33on a des spectateurs, là, pendant les ans aux premières,
04:35un peu plus âgés, qui viennent nous voir extrêmement émus,
04:38parce qu'ils comprennent ce qu'on a voulu écrire,
04:41et ils sont assez reconnaissants du fait qu'on ait un peu parlé aussi
04:45de ce qui se passait aussi dans la communauté à cette époque.
04:48Alors, le film se transforme en une immense pride révolutionnaire
04:52à l'assaut du pouvoir et des forces de l'ordre,
04:55revenant à la pride originelle qu'ont été les émeutes de Stonewall.
04:59Vous l'aurez compris, sur le fond,
05:01Jim, c'est dur à dire,
05:03quand vous avez comme moi un petit cheveu sur la langue,
05:04je vais y arriver,
05:05Jim Quinn assume un aspect légèrement progressiste.
05:10Vraiment un tout petit peu, vous allez le voir.
05:12Franchement, allez le voir.
05:14Mais, et c'est ça qui est intéressant à relever,
05:16ce dernier ne prend pas la forme d'un pamphlet au ton grave et pesant.
05:20Il passe par l'humour potache, provoque, voire carrément débile.
05:23Un ton trash, donc volontiers vulgaire, profondément graveleux,
05:27à base de godemiché, de lavement et de Philippe Catherine,
05:31qui joue donc une prostate extrêmement mignonne.
05:35C'est quoi la prostate ?
05:37Je vais vous expliquer.
05:39Mais qu'est-ce que vous...
05:39Oh non !
05:40La prostate est une glande située sous la vessie et à l'avant du rectum.
05:45Elle contient le liquide séminal qui compose la majorité du sperme.
05:50Ce petit extrait que vous venez de voir,
05:51si vous ne le connaissez pas, que j'ai dû flouter moi-même,
05:55pour des raisons de Twitch et de YouTube,
05:57vient d'une série réalisée par le même studio que Jim Quinn,
06:01le studio Bobby Pills, qui a été fondé par Bobby Prod,
06:04que vous connaissez peut-être pour la série Les Cassos, par exemple,
06:06et à qui on doit un certain nombre de créations assez trash,
06:09plus ou moins sérieuses, comme Vermine ou Crisis Young.
06:12Et d'ailleurs, si des personnes impliquées nous regardent,
06:15on serait chaud d'avoir des nouvelles de Nymphopolis,
06:18que vous voyez à l'écran là,
06:19qui est un projet de Estelle Charlier et Alexis Beaumont,
06:21dont on n'a plus trop de nouvelles, alors qu'on était assez ambiancés.
06:24L'extrait qu'on a vu, c'est donc le même studio,
06:27parce qu'on leur doit aussi Pipoudou and the Superfuck Friends,
06:31une série qui reprend, comme vous l'avez vu,
06:32les codes des dessins animés éducatifs pour les petits,
06:35avec son personnage naïf, doublé par la voix de notre enfance,
06:38Brigitte Lecordier, se promenant pipou à l'air,
06:40tel Donald Dick.
06:42Et cette série, elle s'est avérée hyper graveleuse,
06:44voire, disons-le, lubrique, bourrine et basse du front,
06:48mais réellement pédagogique,
06:50tournée vers l'éducation sexuelle pour les adultes,
06:52qui, oui, en ont aussi bien besoin.
06:54Et surtout, elle le fait à travers des discours largement progressistes
06:58sur les questions de sexualité,
06:59mais aussi de mœurs, de masculinité, d'identité de genre,
07:03la transidentité, etc.
07:05Et on y trouvait déjà à l'écriture un certain Nicolas Attané,
07:08co-réalisateur de Jim Quinn.
07:10Eh oui.
07:11Alors, en résumé, Jim Quinn, c'est très,
07:14comme on dit politiquement, incorrect.
07:16Et c'est très, mais alors très, le wokisme.
07:20Tu vas devenir hétérosexuel.
07:26La seule maladie dont il faut s'inquiéter,
07:28c'est le cancer wok.
07:31C'est nouveau ici.
07:33Approche.
07:38Donc, wok, on l'a dit,
07:40mais c'est pire que ça, en fait.
07:42Est-ce que vous connaissez,
07:44est-ce que vous avez déjà entendu parler
07:45du phénomène dark wok ?
07:48Non.
07:49Eh bien, non.
07:49Eh bien, non.
07:51Eh bien, dark wok, c'est une expression popularisée
07:53ces dernières années,
07:54comme souvent d'abord sur Internet, évidemment,
07:57avant d'atteindre les médias traditionnels.
07:59C'est d'abord, évidemment, un retournement du stigmate
08:01de la part des forces à qui on colle l'étiquette
08:04censée être infamante de wokisme.
08:06Genre nous.
08:07Genre nous.
08:08Elle revendique aussi un sens originel,
08:11assumer la nécessité d'être éveillé,
08:14conscient envers toutes les formes d'injustice,
08:16ou pour parler de manière plus matérialiste,
08:18de systèmes d'oppression et d'exploitation.
08:22Le sens originel de la pilule rouge,
08:24qu'on rappelle avoir été créée par deux réalisatrices trans,
08:28deux gauches radicales,
08:29on le rappelle,
08:30avant qu'il ait été approprié par la droite la plus bête du monde,
08:34une fois absorbée,
08:35il devient impossible d'ignorer la matrice
08:37derrière les illusions de l'ordre social.
08:39Mais encore, ça, ça va, parce que Dark Walk, évidemment, ça va plus loin.
08:44C'est Dark Walk.
08:45Qu'est-ce que ça veut dire ?
08:46Eh bien, ça ne vous aura pas échappé.
08:47Les détracteurs de ce qu'ils appellent le wokisme,
08:51ils ont construit un récit,
08:52qui en réalité est un tour de passe-passe,
08:54une inversion des valeurs,
08:55qui renvoie les combats, disons,
08:57de gauche progressiste,
08:58à une forme de puritanisme,
09:00en gros, des gens chiants et donneurs de leçons,
09:03en position d'imposer partout la censure et la cancel culture.
09:06Vous le savez, à cause d'eux, on ne peut plus rien dire
09:09et encore moins rire de rien.
09:11Mais si on se penche sur la genèse de ce récit,
09:14ce narratif, il remonte à plus loin que ça.
09:16Au moins aux années 90,
09:17décennies où on a commencé à vraiment parler de guerre culturelle.
09:21Souvenez-vous, si vous êtes aussi vieux que moi,
09:23on ne disait pas wokisme à l'époque,
09:25je l'apprends peut-être à certains,
09:26mais on parlait beaucoup de politiquement correct.
09:29Et ce politiquement correct a commencé à être associé aux idées progressistes.
09:34Eh messieurs, c'est quoi ou juste le problème ici ?
09:36Vous êtes qui, vous ?
09:37Je suis le principal PC.
09:38Ah, chouette, on est tous PC aussi.
09:40Non, il y a notre pote au PC ici.
09:41Ouais, moi, d'où à You State.
09:42Cool, moi, je suis de Texas et NM.
09:44Je savais pas qu'il y avait autant de gens conscientisés dans cette ville
09:46pour défendre les minorités.
09:47On devrait tous se voir.
09:49Voilà, pour les amateurs de South Park,
09:50évidemment, le principal PC qui ne veut pas dire parti communiste,
09:53il veut dire politiquement correct dans ce contexte-là.
09:56Alors, on n'a pas le temps de refaire le match ici,
09:58de refaire toute cette histoire.
09:59On en a parlé à plusieurs reprises dans Feu Populaire,
10:02notre émission pour l'UMA qui vient de se terminer.
10:05Vous pouvez les revoir à l'infini, vous allez voir, il y a plein de choses.
10:09C'est une honte que ça soit fini.
10:10Oui, c'est terrible, c'est très très grave.
10:13En tout cas, on pourrait débattre de plein plein de raisons
10:15de cette association et de ce qui s'est passé depuis les années 90,
10:18mais une des principales, c'est la captation des idées progressistes
10:21par des élites libérales qui les ont limitées à des formes superficielles
10:25et moralisatrices, donc du politiquement correct,
10:27afin de se redonner à peu de frais une image de gauche
10:30sans jamais avoir à agir sur les conditions matérielles.
10:34Après, ça n'empêche pas de faire un peu d'autocritique
10:36parce que c'est un peu vrai que des fois, on est un peu casse-couille.
10:40Évidemment, on vient tout le temps tout remettre en cause
10:42et ça n'arrange pas que, voilà, on ne sache pas toujours bien
10:46comment s'adresser à des gens qui ne l'ont pas prise,
10:48cette fameuse pilule rouge.
10:49Voilà, c'est vrai que de notre côté,
10:51on pourrait un peu travailler là-dessus, c'est vrai.
10:53Ce qui est vrai aussi, c'est que les réactionnaires
10:56ont pu monter en épingle certaines tendances
10:58à ce qu'on appelle la pureté militante.
10:59Mais surtout, de leur côté, l'intérêt est clair.
11:02Chercher à faire passer toute critique légitime
11:05d'un humour oppressif tapant vers le bas
11:07pour une atteinte à, si ce n'est là,
11:09au moins leur liberté d'expression.
11:12Plus encore, l'étiquette de politiquement correct
11:14cherche à créer l'illusion, en miroir,
11:17que ce sont les idées réactionnaires
11:19qui seraient du côté du fun, de la rébellion,
11:21de l'impertinence.
11:22Ce qui leur a toujours cruellement manqué,
11:24elles qui sont historiquement du côté
11:26de la censure et de l'ordre moral.
11:28Une illusion qui ne manque pas de s'effondrer
11:30à chaque fois que la droite radicale
11:31montre son visage autoritaire
11:33une fois arrivée au pouvoir.
11:34Comme on le voit partout dans le monde en ce moment,
11:36de la première puissance mondiale
11:38à la plus petite mairie RN.
11:40D'où le surgissement de cette notion
11:42de dark walk, sous forme non pas de constat,
11:45mais d'une véritable revendication.
11:47Celle d'un progressisme impertinent,
11:49moqueur, provoquant et agressif,
11:51qui arrête de marcher sur des oeufs
11:53et trier les gommettes,
11:54pour user d'humour noir,
11:55de langage cru,
11:56de méchanceté jouissive.
11:57Une gauche qui assume son esprit transgressif
11:59et sale gosse,
12:00qui ne retient pas ses coups
12:01face à des adversaires
12:02qui ont depuis longtemps retiré les gants,
12:04qui assume son héritage contre-culturel,
12:06en deux mots,
12:07politiquement incorrect.
12:08Ainsi, le dark walk se détache enfin
12:11de cet héritage libéral attaché aux civilités,
12:15au respect des institutions
12:16et à surtout ne pas être trop radical
12:19parce que ça ne fait pas sérieux.
12:21À la formule devenue fameuse de Michelle Obama
12:23qui prônait que,
12:24s'il s'abaisse, nous nous élevons,
12:26le dark walk répond que non,
12:28s'il s'abaisse,
12:28on les enfonce encore plus bas,
12:30c'est ça qu'ammerde.
12:33C'est pas pour rien que cet état d'esprit
12:38prend de l'ampleur face à la faillite
12:40d'un progressisme poli
12:42qui s'est montré incapable de tenir tête
12:44à une droite toujours plus extrême.
12:46Mais il avait été théorisé
12:47dès le milieu des années 2010
12:49par ce qu'on appelle la dirtbag left
12:52qu'on pourrait traduire par
12:53gauche de petit merdeux
12:54ou gauche de salopard.
12:56Là aussi, un retournement du stigmate
12:58à la manière du punk,
12:59assumant de revenir tant à la radicale
13:01qu'à la vulgarité.
13:03Bref, une gauche décomplexée
13:05contre une droite déjà au-delà
13:07de tout complexe.
13:08Une gauche qui continue à adorer
13:10la fine analyse politique,
13:15les sciences humaines
13:16et les débats byzantins,
13:18mais qui invite néanmoins cordialement
13:20les réactionnaires à bien aller
13:22se faire foutre,
13:22le pouvoir à manger ses morts
13:24et quant au modéré Bontain,
13:26vous êtes bien gentil,
13:27mais maintenant,
13:27il faut fermer vos gueules.
13:28Cette tendance,
13:29on la voit depuis un moment
13:30s'imposer dans l'humour.
13:31On pense ici, bien sûr,
13:32en France au succès d'audience
13:33des censurés de la radio publique,
13:35mais aussi à l'émergence
13:36de toujours plus de nouveaux profils
13:37dans l'humour
13:38qui parlent de féminisme,
13:40de racisme,
13:40d'homophobie,
13:41de transphobie,
13:42de validisme,
13:42de lutte des classes,
13:43de révolution.
13:44Bref, 50 nuances
13:45de wokisme,
13:46mais qui s'autorisent
13:47à être trash frontal,
13:48parfois débile,
13:49souvent provoque,
13:50mais par d'autres profils
13:52que les habituels réacs rincés
13:54pour qui l'humour
13:55se résume à s'autoriser
13:56des accents rasselards
13:57et les mêmes blagues
13:58hélicoptères de combat
13:59depuis 15 ans.
14:00On le voit aussi
14:01dans le commentaire politique,
14:02plus particulièrement
14:03sur Internet,
14:04lieu par excellence
14:05de la liberté de ton,
14:06réinvesti par la gaucheosphère,
14:08je crois d'ailleurs
14:08que Ribot en a parlé récemment,
14:10l'un des streamers politiques
14:11les plus suivis au monde,
14:12Hassan Piker,
14:13est emblématique
14:14de ce qu'on appelle
14:14cette dirtbag left,
14:16mais on voit clairement
14:17le même mouvement en France.
14:19Et cette tendance,
14:20on la voit dans la production culturelle.
14:22C'est d'ailleurs intéressant
14:23que, comme dans le cas
14:24de Jim Quinn,
14:25ça passe souvent
14:26par l'animation pour adultes.
14:27On voit également
14:28le succès des productions
14:29venues du web,
14:30comme The Amazing Digital Circus
14:34ou encore Has Been Hotel,
14:35un dessin animé,
14:37ma passion, mon amour,
14:38de comédie musicale,
14:39plus queer, tu meurs,
14:41plein de gros mots,
14:42de sexe, de drogue,
14:44de rock'n'roll,
14:44qui est devenu
14:45quoi qu'on en pense,
14:46et c'est pas que moi,
14:47c'est vraiment réel,
14:48un véritable phénomène culturel.
14:58Voilà, donc là,
14:59tous ceux qui connaissent
15:00sont en train de chanter,
15:01les réseaux sociaux
15:02sont en train de me détester
15:03pour cet extrait,
15:04mais ce qui est
15:05vachement moins étonnant,
15:07en revanche,
15:08c'est que beaucoup
15:08de ces productions
15:09nous viennent
15:10de communautés queer.
15:11Car oui,
15:12si vous pensez
15:13que la culture LGBT
15:14est politiquement correcte,
15:15c'est que vous n'avez jamais
15:17entendu parler
15:17d'une drag queen
15:18plus de 10 secondes.
15:20Seulement, voilà,
15:21c'est du politiquement
15:22incorrect plus précis,
15:23plus transgressif,
15:25porté par des personnes
15:26qui jusque-là
15:26avaient moins accès
15:27au mégaphone.
15:28Pas des trucs
15:29pour des fragiles
15:30incapables d'encaisser
15:30une vanne
15:31sur leur petite position
15:32minable de privilégié
15:33et pour qui
15:34la moindre chose
15:35qui ne leur ressemble pas
15:36doit disparaître
15:37de l'espace public.
15:38C'est vrai,
15:38c'est pas étonnant
15:39parce que pour peu
15:40qu'on s'intéresse
15:40à autre chose
15:41que son petit univers
15:42mental rachitique,
15:43on sait que les cultures
15:45les plus radicales,
15:46les plus subversives,
15:47les plus contre-culturelles
15:48sont toujours venus
15:49des groupes marginalisés
15:50parce qu'il n'y a jamais
15:51eu plus politiquement incorrect
15:53que de remettre en cause
15:54les normes sociales,
15:55les dominations
15:56et l'ordre dégueulasse
15:57du monde.
15:57Tant que certains
15:58n'auront pas compris ça
15:59et se contentent
16:00de prendre un peu la confiance
16:01parce qu'ils semblent
16:01avoir le vent en poupe
16:02politiquement,
16:03ils ne seront pas prêts,
16:04je pense,
16:05pour ce qui arrive.
16:06Tous les autres
16:07continueront à pleurer de rire
16:08et nous,
16:09avoir vos larmes.

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