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  • il y a 8 heures
Le bal des ambitions est ouvert dans l'espace macroniste : Attal, Borne, Philippe… Qui est le favori ? Qui peut être l'outsider ? Diane Bonneau fait le point avec Aurélien Soucheyre, responsable de la rubrique politique.

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Transcription
00:01Qui sera l'héritier de Macron pour la présidentielle de 2027 ?
00:05En ce moment, c'est un peu le bal des ambitions dans l'espace macroniste.
00:09Entre Attal, qui est invité à se présenter, Borne, qui claque la porte,
00:13et Philippe, qui est favori dans cet espace, on a besoin de faire le point.
00:17Pour ça, nous sommes avec Aurélien Soucher, chef du service Politique à l'Humanité.
00:22Aurélien, bonjour.
00:23Salut.
00:24Alors, tu vas nous aider à faire un peu le point sur tout ça.
00:28Gabriel Attal va très probablement briguer l'Elysée en portant les couleurs de Renaissance.
00:32Est-ce que c'est ça ?
00:33Oui, alors ce qui se passe, c'est que mardi soir, le Conseil national de Renaissance,
00:37donc le Parlement du parti, Renaissance, c'est le parti qui avait fondé Emmanuel Macron,
00:40qui a changé de nom plusieurs fois, mais qui s'appelle Renaissance maintenant.
00:43Donc ce Parlement du parti a voté une motion qui, je cite,
00:46appelle le secrétaire général du parti, donc Gabriel Attal, à être candidat à l'élection présidentielle.
00:51Alors ce qui se passe maintenant, c'est que l'ancien Premier ministre, donc Gabriel Attal,
00:54a jusqu'au 1er octobre pour se déclarer.
00:56Et une fois qu'il se déclare, il y a dans les jours qui suivent, très rapidement,
01:00un vote pour valider sa candidature, un vote des adhérents de Renaissance.
01:05Donc il n'y a pas trop de suspense.
01:06En fait, là, c'est lui qui va être candidat de Renaissance.
01:08Le suspense, c'est à quel moment il va juger opportun tactiquement,
01:12parce qu'il n'y a pas de suspense politique, pour se déclarer et lancer sa campagne.
01:16Donc cette motion était attendue.
01:18Il l'a emportée largement avec 221 voix contre 22 voix,
01:22et 10 se sont absolus.
01:24Et ce qui est intéressant, c'est que la séance était exceptionnellement présidée
01:27par l'eurodéputé Fabienne Keller,
01:29parce que Elisabeth Borne a claqué la porte de la présidence du Conseil national du parti
01:35la semaine dernière,
01:36donc sur fond de désaccord stratégique avec Gabriel Attal.
01:39Elle dit « Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne ».
01:41Donc il y a ça qui...
01:42Et elle sort un livre, tout comme Gabriel Attal a sorti un livre récemment,
01:45mais on ne les a pas encore lus, il faudra qu'on aille décortiquer ça.
01:49On va diguer sur le sujet.
01:50Et est-ce qu'Elisabeth Borne, elle pourrait elle aussi être candidate du coup ou pas ?
01:54Alors pas sûr, pour le moment elle trace sa route.
01:56En tout cas, elle ne sera pas candidate de Renaissance,
01:58puisque là c'est pris par Gabriel Attal vraisemblablement.
02:01Quand elle a claqué la porte du parti,
02:02certains s'attendaient à ce qu'elle rejoigne Édouard Philippe.
02:05Mais depuis, elle a déclaré dans Ouest France que
02:07Édouard Philippe, je cite,
02:09« souhaite rassembler la droite et le centre.
02:11Moi, je pense que nous devons chercher à rassembler
02:13de la gauche réformiste à la droite modérée. »
02:17Donc à voir ce qu'elle fera.
02:18Et là, on voit bien dans ce qu'elle dit
02:19qu'il y a les hésitations qui peuvent exister au sein de la Macronie,
02:23qui penchent très clairement à droite depuis toujours,
02:25mais qui a, même si elle est très à droite,
02:27surtout pour les journalistes de l'UMA,
02:28la Macronie c'est vraiment la droite pure,
02:29mais il y a dans l'espace macroniste
02:32une aile droite très proche des Républicains,
02:34une aile gauche qui pouvait être proche
02:36des plus sociaux libéraux du PS,
02:39tendance Hollande ou Glucksmann.
02:41Donc à voir de ce côté-là.
02:43Et en tout cas, en ce qui concerne Gabriel Attal,
02:46lui, il n'est pas soutenu par Macron.
02:47Et Macron n'a plus vraiment la main sur son parti Renaissance.
02:51Ce n'est pas forcément un handicap,
02:52d'ailleurs, de ne pas être soutenu par Macron,
02:53à voir comment ça se passera.
02:55Mais surtout, la grande question, c'est que
02:58Gabriel Attal, il est sur le même espace politique
03:00que Édouard Philippe,
03:02à tel point que les deux ont forgé un pacte de non-agression
03:06dans le cadre de la pré-campagne à la présidentielle
03:08et qu'ils se sont engagés autour d'une possible alliance
03:10avec l'idée que celui qui sera le moins bien placé
03:13soutiendra le mieux placé.
03:14Ils ont même publiquement évoqué la perspective,
03:16je cite, d'un rassemblement
03:17pour une candidature unique de leur espace.
03:21Et c'est intéressant, ça, cette potentielle alliance
03:23et ce pacte de non-agression dans cet espace macroniste
03:26dans lequel Philippe est clairement favori pour l'instant.
03:29Est-ce que tu peux nous dire un peu plus
03:30ce que Gabriel Attal fait actuellement pour se démarquer ?
03:33Oui. Alors, il est fait feu de tout beau à l'Assemblée,
03:35parce qu'il est à la fois secrétaire général du parti Renaissance,
03:39mais il est aussi président du groupe Renaissance
03:41à l'Assemblée nationale.
03:42Donc là, il fait feu de tout bois.
03:43Il était très investi sur la loi Yadan,
03:46loi qui confond antisémitisme et antisionisme,
03:48qui visait à criminaliser le soutien à la Palestine,
03:50qui était rédigée n'importe comment,
03:52et une loi qui s'est fait étrier
03:53par cinq rapporteurs de l'ONU
03:55et la copie a même été reprise en main par le gouvernement.
03:58Donc Attal était très investi là-dessus.
03:59Il s'est aussi déméné pour que les salariés
04:02des boulangeries, des boucheries de plusieurs commerces
04:05puissent être sollicités par leur employeur,
04:08par leur patron, pour travailler le 1er mai.
04:09Donc en fait, c'était pour libéraliser le travail du 1er mai,
04:12pour que beaucoup plus de monde travaille le 1er mai,
04:14alors que c'est la journée internationale de lutte
04:17pour les droits des travailleuses et des travailleurs,
04:20ce qui a fait grand bruit.
04:22Et là encore, il a été repris de volet par le gouvernement,
04:25avec Sébastien Lecornu, le Premier ministre,
04:28qui a envoyé balader son texte
04:29et qui travaille sur une nouvelle ébauche.
04:31Bref, il essaye de façon assez libérale,
04:34assez la maladroite, assez liberticide parfois.
04:37Bon, alors évidemment,
04:39à l'humanité, on n'est pas son cœur de cible,
04:42mais on essaye de problématiser,
04:44de réfléchir à ce qu'il vise.
04:45Et pour l'instant, on a un petit peu de mal
04:47à imaginer qui il pourrait séduire.
04:49Mais bon, en politique, parfois, on a des surprises.
04:51Et justement, on a du mal, du coup, nous,
04:53à l'humanité à savoir qui il pourrait séduire.
04:55Et on n'est pas ses seuls adversaires pour l'instant.
04:57Est-ce que tu peux nous parler de...
04:58Enfin, qui sont ses adversaires dans le champ politique ?
05:00Alors, dans le champ politique
05:02où il espère imposer sa candidature,
05:05c'est Édouard Philippe, on l'a dit, bien sûr.
05:06C'est aussi Raphaël Glucksmann, en partie,
05:09puisque Raphaël Glucksmann,
05:10même s'il est plus dans un espace politique
05:12qui va de la droite du PS à la gauche de la Macronie,
05:15il est soutenu par plusieurs anciens macronistes,
05:17comme Sacha Houllier, Aurélien Rousseau,
05:19Marguerite Cazenave,
05:20qui étaient des piliers de la Macronie.
05:23Mais là, on parle surtout de stratégie politique.
05:26Ça compte.
05:27Il faut décortiquer ça.
05:29Mais ce qui reste aussi à savoir,
05:30c'est quel va être le projet de Gabriel Attal
05:32pour la vie des gens
05:33et comment il va l'incarner.
05:34Et sur l'incarnation,
05:35bon, là, c'est encore autre chose,
05:36mais sur l'incarnation,
05:38on peut se demander si...
05:39Parce que sur l'espace politique,
05:40il a des concurrents avec Édouard Philippe
05:42et Raphaël Glucksmann.
05:43Et sur la façon de faire de la politique,
05:46on peut se demander si le terrain
05:47n'est pas déjà pris,
05:48au sens où, au niveau du style TikTok,
05:50jeune opportuniste qui surestime ses compétences,
05:53qui essaie de jouer avec les codes numériques
05:55et qui raconte des salades
05:56avec un air très sérieux,
05:57c'est déjà un peu pris par Bardella.
05:59Donc, même si, évidemment,
06:00ce n'est pas du tout le même électorat.
06:01Donc, à voir.
06:02Mais par exemple,
06:03je crois que c'est le journal de l'opinion,
06:04rêve d'un second tour,
06:06Bardella, Attal,
06:07en se disant,
06:07ce serait bien,
06:08c'est les plus jeunes,
06:09c'est ceux qui parlent le plus
06:11sur Internet, etc.
06:13C'est aussi quelques fois
06:15les plus coquilles vides,
06:16mais ils ont quand même un projet
06:17tous les deux très dangereux.
06:18Évidemment, ce n'est pas la même chose.
06:19Ce n'est pas l'extrême droite de Bardella
06:21et l'extrême centre
06:23et l'extrême libéralisme d'Attal,
06:25ce n'est pas la même chose.
06:26Mais pour l'instant,
06:29aucun des deux n'a montré de projet
06:30qui améliorent la vie des Français.
06:32Très bien.
06:32Affaire à suivre du côté de Gabriel Attal.
06:34Merci beaucoup, Aurélien,
06:35pour ce point et à bientôt.
06:37À bientôt.

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