00:00Après des mois de rebondissements et une campagne atone marquée par la pandémie,
00:03la guerre et le refus du président sortant de débattre avec ses concurrents,
00:06le duel annoncé aura bien lieu.
00:08Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen au second tour.
00:10Une nouvelle fois, entre un Français sur quatre et un Français sur trois
00:13a décidé de ne pas s'exprimer lors du scrutin présidentiel.
00:15C'est le signe d'une crise démocratique qui s'approfondit.
00:18L'autre événement de la soirée reste tout de même le fait que l'extrême droite
00:21sera une nouvelle fois présente au second tour.
00:22C'est l'aboutissement d'un mouvement de fond depuis des années,
00:25entre survalorisation des thématiques d'immigration et de sécurité,
00:28incapacité de gouvernements successifs à répondre aux besoins populaires,
00:31mais aussi jeux politiciens.
00:32Macron aura tout fait pour installer ce duel, pensant être sûr de le gagner.
00:35Mais à trop jouer avec le feu, il risque de se brûler, et nous avec.
00:38On pense aussi à ces dernières semaines et sa sortie sur la retraite à 65 ans,
00:42point très sensible dans le pays, balancé à la face des Français
00:44alors qu'il se croit intouchable, et qui aura sans doute convaincu
00:47quelques centaines de milliers d'électeurs supplémentaires
00:50d'exprimer leur colère dans les urnes.
00:51Marine Le Pen peut aussi remercier Zemmour, qui avec ses outrances répétées,
00:55son racisme décomplexé et son révisionnisme,
00:57aura réussi à faire passer la candidate de feu le Front National
01:00comme une candidate acceptable pour la République,
01:03ce qu'évidemment, elle n'est pas.
01:04Qu'un candidat comme Zemmour recueille autour de 7% des voix
01:07est l'une des alertes de la soirée.
01:08Les résultats du premier tour montrent aussi que la logique du vote utile
01:11a marché à plein dans cette dernière ligne droite.
01:13C'est le cas pour le président sortant,
01:14qui a bénéficié d'un report de voix à droite contre Le Pen.
01:16C'est le cas pour l'extrême droite, avec des électeurs Zemmour
01:19qui ont choisi la meilleure façon de voir leurs idées arriver au second tour.
01:22Mais c'est aussi le cas d'une frange d'électorat de droite qui a finalement choisi Le Pen.
01:25Tiraillé entre le libéralisme macroniste et l'identitarisme de l'extrême droite,
01:29voilà LR à peu près nu ce soir,
01:31avec un score spectaculairement bas pour sa candidate Valérie Pécresse,
01:35probablement en dessous des 5%.
01:36A gauche, les votes utiles avaient également marché à plein,
01:38puisqu'à mesure qu'élection approchait,
01:40Jean-Luc Mélenchon a quasiment doublé le score qui lui était prédi au départ.
01:43A gauche, c'est donc la déception.
01:45Non seulement aucun candidat n'atteint le second tour,
01:47mais les autres prétendants ont subi de plein fouet le vote utile
01:50et se retrouvent à des scores très bas.
01:51Les campagnes termes de Yannick Jadot et Anne Hidalgo
01:53les placent à des scores très en dessous de leurs espoirs initiaux.
01:56L'écologiste avait l'ambition de devenir le leader à gauche
01:59porté par les aspirations à lutter contre le changement climatique.
02:01C'est raté.
02:02Anne Hidalgo paye pour sa part les renoncements du Parti Socialiste depuis des décennies.
02:06Incapable d'inventer une alternative dans l'opposition
02:08et menant une politique conforme aux intérêts des puissants quand il est au pouvoir,
02:11à 2%, la crise est très très profonde dans la social-démocratie.
02:15Enfin, Fabien Roussel, qui a mené une campagne dynamique et remarquée,
02:18n'est pas payé de ses efforts.
02:19Le candidat communiste fait à peine mieux que le score de Marie-Georges Buffet en 2007,
02:23avec autour de 2,5%.
02:24Les jours heureux ont été pourtant l'un des points marquants de cette période électorale.
02:28Même si Fabien Roussel aura su faire entendre un nom sur une cloche pendant cette campagne,
02:31les classes populaires ont pour l'instant choisi d'autres voies pour exprimer leur envie de changement.
02:35Au total, et malgré des offres politiques diverses,
02:37la gauche reste dans un étiage entre 25 et 30% qui lui était promis en début de campagne.
02:42Un échec qui doit amener à des remises en cause profondes
02:44sur le plan des idées comme des stratégies communes.
02:46Au final, ce soir, c'est tout le paysage politique qui est bouleversé,
02:49puisque la droite est désormais incarnée par Emmanuel Macron,
02:51et l'extrême droite a avalé l'autre partie de la droite républicaine
02:54pour trôner désormais autour de 30%,
02:56tout comme la gauche et l'extrême centre macroniste.
02:58Trois blocs s'affrontent donc désormais.
03:00Mais le combat immédiat des progressistes est d'empêcher l'extrême droite de prendre le pouvoir.
03:04Ce soir, le danger est réel, imminent.
03:06Le fait que Macron arrive en tête n'obére rien de la capacité de nouvelles d'une extrême droite banalisée
03:10de remporter la mise.
03:11Le président aura tout fait pour dégoûter les électeurs de faire barrage,
03:13mais c'est pourtant de ça dont il s'agit.
03:15Personne à gauche n'utilisera le bulletin Macron de gaieté de cœur au second tour,
03:19mais c'est la seule arme qui reste pour empêcher le pire.
03:21La mise à mal de la République, de l'égalité, des conquistes sociaux et de la démocratie.
03:24L'extrême droite au pouvoir s'est repoussée à très loin la possibilité d'une altérative progressiste
03:29dont le pays a tellement besoin.
03:30L'urgence est d'empêcher ça.
03:36L'urgence est d'empêcher ça.