- il y a 8 heures
Donald Trump est le plus impopulaire des présidents après un an de mandat. En douze mois, il est néanmoins l’un des hôtes de la Maison-Blanche qui a le plus avancé dans la mise en œuvre de son projet et il dispose de tous les leviers pour poursuivre sa « révolution réactionnaire ». Décryptage avec Christophe Deroubaix et Théo Bourrieau.
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NewsTranscription
00:00Un an depuis son retour au pouvoir, comment Donald Trump a réussi à mettre sa révolution réactionnaire en marche malgré
00:06sa faible popularité ?
00:07Dérégulation de l'économie, atteinte à l'état de droit et au droit international, intervention armée.
00:12En 12 mois, le président états-unien est un des hôtes de la Maison-Blanche qui a le plus avancé
00:16dans la mise en œuvre de son projet.
00:19Donc Christophe de Roubaix, dans un de tes papiers, tu as mis en exergue cinq dates un petit peu fondatrices
00:27symboliques
00:28de la première année de Trump. Tu commençais à parler de la première, le 20 janvier, donc il y a
00:33tout pile un an, la cérémonie d'investiture.
00:37Pourquoi, selon toi, c'est une des cinq dates symboliques de la première année de Trump au pouvoir ? Enfin,
00:44du second mandat.
00:46Oui, parce que Donald Trump met au premier rang les plus grandes fortunes mondiales.
00:52Donc le message, on ne peut plus clair.
00:58Elon Musk, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, pardon, en tête.
01:02Voilà, en tête, il y avait aussi Bernard Arnault qui traînait par là, il y avait Larry Ellison dont on
01:08a parlé,
01:10il y avait Sergey Brin de Google.
01:12Les plus grandes fortunes mondiales étaient au premier rang de la cérémonie d'investiture de Donald Trump.
01:18Donc le message est plus clair sur le sens qu'il voulait donner à ce mandat.
01:25Et alors, j'ai une petite réflexion que je partage avec toi et avec vous.
01:29Dis-nous.
01:31Le fait qu'aux États-Unis, les riches aient un rôle puissant dans la politique,
01:40ce n'est pas nouveau, il y a du temps de ce qu'on appelle les barons voleurs.
01:44L'époque des barons voleurs, c'était la fin du 19e siècle, c'est les grandes fortunes,
01:48Carnegie dans l'acier, Vanderbilt, Rockefeller, JP Morgan, tous les noms qu'on connaît viennent de là.
01:54Et donc, évidemment, ils avaient des fortunes extraordinaires qu'ils dépensaient pour gagner de l'influence politique.
02:02Mais c'était toujours dans les coulisses.
02:03Toujours.
02:05Et donc là, je me dis, mais pourquoi assumer d'avoir autant de visibilité
02:13et de rendre la chose aussi manifeste, aussi incontestable ?
02:20Je n'ai pas de réponse.
02:22Il y a sûrement une sorte de sentiment d'impunité totale.
02:29Après, je me dis quand même que si quelqu'un comme Elon Musk, au-delà de ses motivations idéologiques,
02:34s'est senti lui aussi obligé d'aller mettre la main à la patte, si je puis dire, d'une
02:38certaine façon,
02:39c'est peut-être aussi un révélateur de fébrilité.
02:43On ne va pas aller plus loin, on ne va pas non plus dire qu'ils sont sur le reculoir.
02:48Mais enfin, quand même, fébrilité, parce que là aussi, on est face à une opinion publique.
02:52Quand on regarde les enquêtes d'opinion, je ne parle pas des sondages au jour le jour,
02:56je parle des vraies enquêtes d'opinion sérieuses, à augmenter.
03:01Je pense qu'il faut le redire aussi, c'est partie de la contradiction entre Trump qui déroule
03:09et l'opinion publique, la société, les Américains, les États-Unis qui ne suivent pas,
03:14majoritairement, ultra-majoritairement, sont pour l'alourdissement des impôts pour les plus riches,
03:19sont pour la création d'un équivalent d'un impôt sur la fortune,
03:22qui avait une proposition qui avait été portée par Elisabeth Warren et Bernie Sanders
03:26lors de la primaire 2020.
03:28Donc peut-être que, voilà, juste, je pense qu'ils savent qu'ils sont,
03:34là aussi, ils sont minoritaires sur ce sujet.
03:40Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'y a pas une majorité de l'opinion publique
03:43qui dit que les milliardaires sont milliardaires parce qu'ils ont fait,
03:47ils ont innové, parce qu'ils ont travaillé dur,
03:50parce que tout le monde a le sentiment de quelque chose qui ne fonctionne pas.
03:53Alors, c'est parfois être un peu diffus,
03:56c'est peut-être pas argumenté et expliqué avec les mêmes formules que Bernie Sanders,
04:02mais enfin, on voit aussi le succès que rencontre Bernie Sanders
04:05avec son tournée de meeting qu'il organise.
04:08Il y en avait encore hier dans le New Jersey, je crois,
04:11où il a commencé ça il y a neuf mois à peu près,
04:14qui s'appelle « Fight the Oligarchy », « Combattre l'oligarchie ».
04:18Et à ce moment-là, j'étais à Denver pour l'un de ses premiers meetings,
04:22pour un autre sujet sur l'immigration, d'ailleurs, demain.
04:25Et il commençait son discours, Bernie Sanders, en disant,
04:28il y a dix ans, quand je parlais d'oligarchie,
04:30personne ne comprenait ce que je voulais dire,
04:31mais on me disait même « T'es sûr qu'il faut continuer à en parler ? »
04:34Il dit « Aujourd'hui, tout le monde sait précisément de quoi il s'agit. »
04:36Donc, il y a quand même la nature du système économique
04:41et du système politique aux États-Unis
04:42a été mise en lumière par les mouvements politiques,
04:46notamment liés à Bernie Sanders, mais pas uniquement, mais autour.
04:50Et donc, on a exposé un peu l'effet Dracula,
04:53si on peut le dire comme ça, mais enfin bon.
04:56L'effet Dracula, voilà une finale d'analyse politique.
05:00Deuxième date marquante, selon toi,
05:03symbolique de la première année de Trump au pouvoir,
05:06le 19 juin, lorsqu'il déploie la garde nationale à Los Angeles.
05:09Est-ce que peut-être tu peux nous rappeler très rapidement
05:11le contexte dans lequel ça s'est passé,
05:13et ensuite, pourquoi, selon toi, c'est aussi marquant,
05:16et en quoi ça symbolise cette première année de Trump au pouvoir ?
05:19Oui. L'une des principales promesses de campagne de Donald Trump,
05:26outre l'économie, c'était de mener, de déclencher l'opération d'expulsion
05:34la plus vaste de l'histoire des États-Unis,
05:37donc de lancer une chasse aux migrants sans papier.
05:42Donc, il a commencé par les endroits où il estimait qu'il y en avait le plus,
05:47notamment Los Angeles.
05:48Donc, l'ICE, la police de l'immigration, a été envoyée à Los Angeles
05:54et s'est heurtée à des formes de résistance et d'auto-organisation des habitants,
06:01comme à Minneapolis, comme un peu partout, comme à Philadelphie.
06:05On a fait un reportage dans l'UMA, c'est Pierre Barbancé qui a fait un reportage dans l'UMA
06:08il y a dix jours sur comment Philadelphie résiste à l'ICE.
06:15Et donc, face à ça, il y a eu des moments tendus,
06:21et donc Donald Trump a saisi ce prétexte pour envoyer la garde nationale.
06:25La garde nationale, c'est l'armée de réserve, donc c'est l'armée.
06:30Et utiliser l'armée à des fins de politique intérieure,
06:34là aussi, c'est quelque chose qui n'avait jamais été fait, ou très rarement.
06:37En tout cas, la dernière fois que la garde nationale avait été mobilisée aux États-Unis,
06:41c'est en 1992, c'était en Californie, et c'était à la demande du gouverneur.
06:46C'était après les émeutes liées à l'affaire Rodney King,
06:51on ne va pas rentrer dans le détail.
06:52Mais là, ce n'était pas à la demande du gouverneur,
06:54c'était le pouvoir fédéral qui décidait d'envoyer l'armée.
06:57Donc là aussi, on est sur quelque chose de totalement nouveau.
07:01Troisième date qui symbolise la première année de Trump au pouvoir.
07:05Le 27 juillet, Donald Trump qui lance un petit peu les menaces de droit de douane exponentielle.
07:12Pareil, est-ce que tu peux nous rappeler rapidement le contexte de juillet ?
07:15Ça fait déjà plus de six mois.
07:17Et pourquoi ça symbolise cette année au pouvoir de Trump ?
07:26Le 2 avril, je crois, de mémoire, que Donald Trump appelait le jour de la libération,
07:31il annonce des droits de douane contre tous les pays du monde.
07:38Avec un présupposé, qui est faussé, je vais essayer de dire rapidement pourquoi il est faussé,
07:44présupposé que les États-Unis se sont fait voler leur richesse par les autres pays.
07:50Donc on voit bien que depuis 30 ans, le monde économique ne ressemble plus à ce qu'il était,
07:58enfin aujourd'hui, ne ressemble plus à ce qu'il était il y a 30 ans.
08:01La montée en puissance de la Chine, des BRICS,
08:04mais il se trouve que les États-Unis pèsent toujours un quart du PIB mondial.
08:09Quand même en 1980, il n'y a pas de déclin des États-Unis de ce point de vue-là.
08:12Mais Donald Trump pense quand même que, je ne sais pas s'il le pense, en tout cas il le
08:17dit,
08:18et avec lui une partie des élites des États-Unis,
08:21que les Chinois ont volé les emplois des États-Unis.
08:29Un, toutes les études montrent que c'est d'abord la robotisation qui a impacté l'emploi industriel aux États
08:35-Unis,
08:36et que deux, ce sont les multinationales américaines qui ont décidé de les délocaliser en Chine.
08:40Ce ne sont pas les Chinois qui ont volé, bref, on se comprend.
08:44Et donc on va récupérer de la richesse.
08:46Donc il présente un tableau dans la roseraie de la Maison Blanche,
08:53avec un tel aura autant, un tel aura autant, on ne comprend pas pourquoi exactement.
08:58Et donc certains pays résistent, notamment la Chine, et la Chine peut parce qu'elle est puissante.
09:07D'autres cannes, si je veux dire, se rendent parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement.
09:12Je prends un exemple, les autos, toute l'économie du les auto repose sur l'industrie du jeans.
09:19Voilà, des droits de douane de 25% et c'est la faillite totale de l'économie du les auto.
09:27Donc le les auto a dit...
09:29En fait, le truc de Donald Trump, ce n'est pas de mettre fin au libre-échange, là aussi c
09:33'est une fable qu'on a entendu.
09:35Pas du tout ça.
09:36C'est un libre-échange ascensionnique.
09:39C'est-à-dire que les produits américains ne seront pas taxés à l'exportation,
09:43mais les produits étrangers seront taxés à l'importation.
09:45Donc ce n'est pas une remise en cause du libre-échange.
09:48Et donc, en juillet, Ursula von der Leyen va rencontrer Donald Trump dans un golf en Écosse.
09:57Il était en visite là-bas, il venait de faire un golf.
09:59Et il lui a dit, bon ben ok, sans vraiment de mandat, on est d'accord pour votre accord.
10:05Et puis en plus, on s'engage à acheter 750 milliards de dollars sur 10 ans de produits énergétiques, pétrole,
10:12gaz, états-uniens.
10:14Donc c'est la reddition de l'Europe, cette date.
10:19Comme quoi, effectivement, c'est hautement symbolique et ce n'est pas forcément très positif pour la suite.
10:24Quatrième date, le 15 août, après avoir humilié son homologue grénien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche,
10:29le président états-unien invite en Alaska Vladimir Poutine.
10:32Que se passe-t-il lors de cette invitation, Christophe ?
10:37Alors, Donald Trump avait promis pendant la campagne électorale de régler la guerre en Ukraine en, je ne sais plus,
10:4448 heures, je crois.
10:45Ah oui, ce n'était pas 100 jours, non ?
10:47Non, c'était 48 heures ?
10:48Non, non, non, c'était 48 heures, il faudrait retrouver exactement.
10:51C'est vrai qu'on s'y perd dans le flot ininterrompu de déclarations.
10:58Je crois que c'était 48 heures ou en tout cas très rapidement, peut-être un mois, ou même 100
11:03jours.
11:03Bon, là, on est à 365 jours, ce n'est toujours pas réglé.
11:07Donc, j'ai choisi cette date parce qu'elle est symbolique aussi d'une volonté.
11:15Donald Trump qui est clair, on va en reparler tout à l'heure avec notre collègue Louis sur l'Amérique
11:23latine,
11:26mais qui se heurte à des contradictions.
11:29Et là, clairement, Donald Trump a dit, je vais d'abord mettre Zelensky au bas,
11:34donc humiliation dans le bureau au bas.
11:37J'aurais pu choisir cette date et je me suis dit, j'ai choisi la deuxième
11:41parce qu'elle est plus symbolique du blocage et des limites.
11:46Et donc, une fois que Zelensky a été humilié et ramené à sa nudité politique,
11:52sans les États-Unis, vous n'êtes rien et on vous tient,
11:58Donald Trump s'est dit, je vais me tourner vers Vladimir Poutine en disant,
12:00tu vois, j'ai mis Zelensky au bas et tu vas pouvoir créer un...
12:04Donc, il l'invite en Alaska et Vladimir Poutine ne cède de rien,
12:11ne cède de rien parce que son intérêt à lui n'est pas de céder à ce moment-là.
12:16Il a l'avantage, Donald Trump menace de lâcher Zelensky,
12:20lui sur le terrain, l'armée russe, même si ça coûte des dizaines de milliers de morts par mois,
12:25continue de plus ou moins d'avancer.
12:27Donc, il n'y a aucune raison que Vladimir Poutine cède.
12:30Et donc, Donald Trump est, d'une certaine façon, lui aussi humilié ce jour-là.
12:38Dernière date, ça peut-être que les gens l'ont encore un petit peu en tête,
12:41c'est le 21 novembre, quelques jours après son élection,
12:43Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, socialiste et musulman,
12:47rencontre le président des États-Unis dans son bureau
12:48et confirme dans une réponse à un journaliste qui le qualifie de fasciste.
12:51Je pense que beaucoup de gens ont vu cette vidéo tournée
12:54où on voit Donald Trump assis à son bureau, à côté de lui, Zohran Mamdani,
12:57une journaliste qui lui demande, alors, est-ce que vous considérez qu'il est fasciste ?
13:01Et Zohran Mamdani, on vous voit qu'il réfléchit.
13:05Alors, comment je vais pouvoir dire oui ?
13:06Et Donald Trump qui dit, non, mais vas-y, tu peux le dire, de toute façon, maintenant, c'est assumé.
13:10C'est vrai que c'est une vidéo qui peut faire sourire de premier abord,
13:16mais qui est quand même révélatrice de quelque chose d'extrêmement nouveau,
13:20d'affirmer comme ça, d'assumer l'opposition entre un fasciste, un antifasciste,
13:25à la télé, devant des journalistes ?
13:27Oui, j'ai choisi cette cinquième date parce qu'elle est...
13:31D'abord, elle complétait un peu le papier que j'avais fait à côté,
13:35donc je voulais que ce soit complémentaire.
13:37Et puis, elle dit quand même aussi qu'il y a une forme de...
13:41Je ne sais plus ce que j'écris à la fin de ces cinq dates,
13:44mais en tout cas, il y a une opposition qui était claire et décomplexée, elle aussi.
13:52Donald Trump incarne une droite et une extrême droite totalement décomplexées.
14:00Là, encore une fois, impopulaire et minoritaire.
14:03Mais si on veut comprendre aussi le paysage politique aux États-Unis,
14:07Donald Trump est très impopulaire, mais il y a aussi impopulaire que Donald Trump.
14:11C'est les démocrates.
14:14Tu vois un peu le truc de rejet, en fait, des deux.
14:18Les démocrates, pourquoi ?
14:19Parce que les grandes parties, je n'aime pas dire les électeurs ou les Américains,
14:24c'est trop globalisant, mais en tout cas, même le propre électorat démocrate
14:28est très en colère et très remonté contre les dirigeants démocrates
14:32parce qu'ils d'abord, ils estiment que la défaite de 2024
14:35aurait pu être évitée en menant un autre type de campagne,
14:37et puis surtout parce qu'ils le reprochent de ne pas mener l'opposition
14:41assez frontalement avec Donald Trump.
14:45Et donc, cette critique, c'est à trouver son chemin
14:49et s'incarne dans les élections, notamment de Zoran Mamdani,
14:53quand même le maire de New York, la plus grande ville des États-Unis,
14:58le temple supposé du capitalisme,
15:00est un socialiste démocratique assumé et un musulman.
15:06Non, mais il n'y a pas que Zoran Mamdani, je le dis souvent,
15:10enfin je dis souvent, je tiens à le dire à chaque fois,
15:14Seattle, l'autre ville, une autre grande ville à l'autre bout des États-Unis,
15:19qui avait été pionnière dans l'instauration du SMIC à 15 dollars,
15:22c'est-à-dire que c'est le double du SMIC fédéral,
15:24ça avait commencé il y a 10 ans, maintenant c'est la réalité dans un tiers du pays,
15:27et a élu une maire socialiste également,
15:31face à un maire démocrate sortant modéré, centriste,
15:37et plein de socialistes ont été élus dans le centre-ville d'Atlanta,
15:41une conseillère municipale socialiste, et dans New Jersey aussi.
15:45Donc là, c'est l'incarnation d'une gauche, d'un parti démocrate,
15:51enfin les deux, disons d'une gauche d'abord totalement décomplexée,
15:54donc c'est Zoran Mamdani qui a demandé ce rendez-vous à Donald Trump,
15:58qui y est allé, qui lui a fait part de ces divergences,
16:04il y a l'épisode fasciste, mais il n'y a pas que l'épisode fasciste,
16:07tout le monde a retenu ça évidemment, parce que c'est très graphique,
16:11mais Zoran Mamdani qui notamment redit aux journalistes
16:14qu'il estime que ce qui se passe à Gaza est un relève du génocide,
16:18alors que Donald Trump à côté est le soutien inconditionnel de Benjamin Netanyo,
16:23et donc de ce même génocide.
16:25Donc c'est une gauche, et en partie le parti démocrate,
16:29enfin la coalition démocrate, c'est pas un parti à l'européenne,
16:32qui a un côté décomplexé, et qui va, je ne sais pas comment le dire,
16:41qui va sur la ligne de front idéologique, contester et mener la bataille.
16:45On commençait un petit peu à en parler, enfin on en a parlé un peu tout au long de cet
16:50échange,
16:50mais je disais dans ton papier que selon le dernier sondage réalisé par CNN,
16:5439% des personnes interrogées approuvent l'action Donald Trump,
16:57la plus faible proportion pour un président à ce stade du mandat.
17:01Alors on a commencé un petit peu à comprendre d'où venait ce rejet,
17:06ou en tout cas cette mise en doute de la politique de Donald Trump,
17:08mais surtout qu'elles peuvent être les conséquences,
17:12notamment pour les élections de mi-mandat qui ont lieu dans 9 mois,
17:16c'est en novembre prochain, donc ça arrive quand même assez vite.
17:19Est-ce que ce rejet assez massif de la politique de Donald Trump
17:24peut avoir des conséquences dans les urnes ?
17:28Ça a déjà eu des conséquences dans les urnes,
17:31puisqu'il y a à peu près 23 ou 24 scrutins qui se sont déroulés depuis un an.
17:37Alors soit des scrutins partiels, pas suite au décès ou à la démission d'un élu,
17:43soit des élections qui viennent dans les années intermédiaires.
17:47Donc en général c'est le maire de New York, on en a parlé,
17:50et l'élection des gouverneurs de Virginie et de New Jersey.
17:55Systématiquement, les candidats républicains,
17:59dans ces élections, ont obtenu un score en moyenne 15 points
18:04en deçà du score de Donald Trump dans les mêmes endroits,
18:09circonscription en ville en 2024.
18:12Alors, c'est par un différentiel de participation.
18:16C'est-à-dire que les électeurs républicains,
18:20enfin une frange des électeurs républicains ne sont pas allés voter,
18:23notamment dans le New Jersey, on a vu, j'en parlais tout à l'heure,
18:24la partie des classes populaires latinaux qui avaient été tentées,
18:31séduites par le discours « on va régler vos problèmes économiques »,
18:34ont totalement déserté le parti républicain,
18:37et d'une sur-mobilisation des démocrates.
18:40Il y avait un deuxième sondage hier, la deuxième phase du sondage de CNN,
18:44c'était justement les élections de mi-mandat, la projection,
18:47et 66% des électeurs démocrates sont ultra motivés par ces élections de mi-mandat,
18:55contre seulement 50% des électeurs républicains.
19:00Donc, tout ça, ça annonce,
19:03on est loin, je dis moi, mais quand même,
19:05ça annonce une défaite des républicains aux prochaines élections de mi-mandat.
19:11D'ailleurs, Donald Trump l'a un peu anticipé,
19:12puisqu'il y a quelques mois, il a lancé un peu d'urgence,
19:17en catastrophe, il a demandé à des États républicains,
19:20à commencer par le Texas, de redécouper leurs cartes électorales
19:24pour avoir plus de sièges républicains, à voix égale.
19:30Donc, on sentait déjà un peu...
19:32La fabriquivité, quoi.
19:34Oui, clairement.
19:36Je cite aussi un autre chiffre de sondage,
19:3858% des États-Unis estiment même que cette première année est un échec.
19:42De toute façon, je ne l'ai pas encore dit,
19:44mais tout ce dont on est en train de parler,
19:47vous pouvez aussi aller le lire dans l'Humanité papier de ce matin,
19:52mais aussi sur Internet.
19:54Allez même plutôt sur Internet,
19:55parce qu'il y a notamment les versions plus longues des entretiens
19:57que tu as pu faire avec les deux chercheurs que j'ai mentionnés juste avant.
20:01Et donc, voilà, si vous voulez aller creuser un peu plus tout ça,
20:04n'hésitez pas à aller vous abonner à l'Humanité
20:06pour avoir accès à tout ce dont on est en train de parler.
20:08Merci.
20:09Merci.
20:09Merci.
20:09Merci.