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  • il y a 9 heures
Le président des États-Unis a annoncé depuis le forum de Davos, ce mercredi 21 janvier, renoncer à s’emparer militairement du Groenland et même à imposer des droits de douane pour obtenir gain de cause, se félicitant d’avoir « conçu le cadre d’un futur accord » avec le secrétaire général de l’Otan concernant l’île de l’Arctique. La bataille d’interprétation autour de ce revirement commence, mais le diktat impérialiste version Trump reste. Décryptage avec Christophe Deroubaix, grand reporter à l'Humanité.

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Transcription
00:00Que faut-il retenir de la prise de parole de Donald Trump au Forum économique mondial de Davos ?
00:05Pour en parler, nous sommes avec Christophe Deroubet, qui est grand reporter à l'Humanité.
00:11J'ai sélectionné quelques extraits de la prise de parole de Donald Trump.
00:15On baisse les taxes et on augmente les droits de douane contre les nations étrangères qui sont mauvaises pour nous.
00:27Il est aussi venu à Davos pour rendre public une sorte de manifeste d'hégémonie des États-Unis sur le
00:37monde.
00:37Il est venu leur dire que quand le monde va mal, les États-Unis vont mal.
00:41Nous sommes la seule et unique superpuissance mondiale.
00:44C'est nous qui dictons l'agenda international.
00:47Les pays qui ne seront pas en ligne avec nos souhaits et nos désidératas politiques seront sanctionnés.
00:55Les droits de douane sont devenus autant une arme politique qu'une arme économique.
01:02D'où sa proposition de taxer à 200% les vins et champagne français si Emmanuel Macron décide de ne
01:09pas rejoindre son conseil de paix sur Gaza.
01:13Ou encore la menace qu'il avait faite d'imposer des droits de douane si les pays européens n'acceptaient
01:23pas que les États-Unis rentrent en possession du Groenland.
01:28Donc il est vraiment venu dire que le patron, c'est nous, c'est les États-Unis.
01:33Et en l'occurrence, c'est moi, Donald Trump.
01:34Qu'est-ce que tu peux dire des réactions qui ont suivi notamment cette phrase-là par rapport aux droits
01:40de douane dans les pays européens et aussi en France ?
01:44La réaction des pays européens, on devra attendre un peu ce soir pour la connaître précisément,
01:50puisqu'il y a un conseil européen extraordinaire ce soir à Bruxelles.
01:55Alors la situation a un peu évolué entre le discours de Donald Trump hier après-midi et aujourd'hui,
02:01puisque dans la soirée, il y a eu un accord cadre conclu, enfin conclu, proposé par le secrétaire général de
02:08l'OTAN,
02:08Marc Routte et Donald Trump sur le Groenland.
02:11Et Donald Trump a annoncé qu'il renonçait à l'imposition de droits de douane sur les pays européens.
02:16Donc la question des contre-sanctions de la part des Européens se pose un peu différemment ce soir.
02:21et on verra quelles mesures.
02:23D'abord, la principale question ce soir pour les Européens, c'est de se positionner par rapport à cet accord
02:27cadre.
02:28Est-ce qu'ils sont d'accord avec ça ou pas ?
02:33Et la question de savoir s'ils prendront des sanctions, c'est ce qu'on appelle le fameux bazooka.
02:41Ça porterait atteinte à 93 milliards de dollars d'investissement états-unien.
02:46C'est un instrument de coercition qui n'a jamais été utilisé par l'Union Européenne
02:51et que les dirigeants européens ont envisagé d'utiliser ces derniers jours.
02:56Toujours se méfier de politique fiction, mais ça m'étonnerait qu'ils le mobilisent ce soir
03:00vu que Donald Trump a renoncé officiellement hier à la force.
03:06Mais demeure néanmoins le problème de fond de cet accord cadre proposé par le secrétaire général de l'OTAN.
03:13Je t'en propose de passer au deuxième extrait.
03:15J'ai énormément de respect pour le peuple du Groenland et le peuple du Danemark.
03:21Un incroyable respect.
03:23Mais tous les alliés de l'OTAN ont l'obligation de défendre son propre territoire.
03:28Et de fait, aucune nation ou un groupe de nations n'est dans la position actuellement
03:33de pouvoir protéger le Groenland, si ce n'est les États-Unis.
03:37Qu'est-ce qui te marque dans sa partie sur le Groenland, dans son discours ?
03:43Est-ce que c'était attendu qu'il prenne ces positions-là et qu'il parle de cette manière-là
03:46?
03:46C'était attendu que Donald Trump continue de vouloir annexer ou en tout cas prendre le contrôle du Groenland.
03:55L'accord cadre dont on reparlera ne prévoit pas tout à fait ça.
04:00Finalement, ce qu'il faut retenir aussi sur le Groenland, c'est que Donald Trump a dû renoncer, en l
04:05'État,
04:05on commente toujours le jour, les journalistes, a dû renoncer à son projet d'annexion pur et simple.
04:11Et à l'emploi de la force.
04:13Je pense qu'il l'a fait pour deux raisons.
04:16La première est intérieure, la seconde est internationale.
04:19La raison intérieure, c'est que le projet d'annexion du Groenland est très très impopulaire aux États-Unis,
04:25dans un contexte où Donald Trump est lui-même très très impopulaire.
04:2890% des États-Unis sont opposés à l'annexion du Groenland.
04:32Et il y a un certain nombre d'élus républicains, de sénateurs républicains,
04:36ont fait savoir que si la Maison-Blanche utilisait la force,
04:40il voterait avec les démocrates un projet de loi obligeant à la consultation du Congrès.
04:46Donc je pense que Donald Trump a un peu rétro-pédalé pour cette raison.
04:52Et aussi, la deuxième raison, c'est quand même le tollé international contre ses visées prédatrices
04:57et son annexion d'un territoire autonome d'un État indépendant.
05:04De l'autant que Donald Trump dit qu'il respecte le peuple groenlandais,
05:07on peut sourire, parce que s'il respectait vraiment le peuple groenlandais,
05:11il ferait vivre un des principes du droit international depuis 1945,
05:14c'est-à-dire le droit des peuples à l'autodétermination.
05:18Et il pourrait très bien dire, on va demander aux groenlandais ce qu'ils en pensent,
05:23quelle souveraineté ils souhaitent, et ça règle la question.
05:28La position de Macron par rapport au Groenland,
05:32et comment il s'est situé avec l'OTAN et le Groenland,
05:34qu'est-ce que tu penses que ça a eu comme impact par rapport à Donald Trump ?
05:38L'Europe est apparue divisée face aux visées de Donald Trump.
05:43Il y a une frange, c'est un peu les mêmes pays que l'Allemagne et l'Italie, pour les
05:49nommer,
05:51qui avaient poussé à la conclusion d'un accord commercial avec les États-Unis
05:57dans le cadre de la guerre douanière de l'été précédent.
06:02Et donc là, l'Italie notamment, Giorgia Meloni, a fait savoir qu'il ne fallait pas couper avec Washington.
06:09Friedrich Merz, un peu plus discret, le chancelier allemand également.
06:14Donc là, on a un axe de ces deux pays qui pensent qu'il faut rester collés aux États-Unis,
06:19et d'autres pays, dont la France, beaucoup plus critique.
06:23Emmanuel Macron a appelé les Européens à se doter d'outils très puissants,
06:27je crois que c'est sa formule exacte face aux États-Unis.
06:29Mais là encore, ces paroles, ces déclarations, c'était avant que Donald Trump renonce à la force,
06:37et avant l'accord cadre qui est présenté.
06:40Et les Européens, maintenant, vont devoir se positionner par rapport à ça.
06:45Est-ce qu'ils vont accepter que les États-Unis aient la souveraineté,
06:49non pas de l'intégralité du territoire du Groenland, mais d'un certain nombre de bases ?
06:54En termes de principes de droit international, ça prend un certain nombre de questions.
06:57Tout à l'heure, tu disais donc, par rapport à l'accord cadre, que ce n'est pas exactement ce
07:03que ça prévoyait.
07:04Donc, qu'est-ce que, justement, ça prévoit exactement ?
07:07L'accord cadre qui a été présenté hier par Donald Trump et Marc Routte, qui est le secrétaire général de
07:12l'OTAN.
07:13Déjà, on peut souligner que l'avenir d'un pays indépendant, le Danemark,
07:19membre de l'Union Européenne et de l'OTAN, est négocié à ce stade entre le président des États-Unis
07:27et le secrétaire général de l'OTAN, qui est une organisation militaire fondée par les États-Unis.
07:31Il y a quelque chose déjà de baroque dans cette histoire, quelque chose qui ne fonctionne pas en termes de
07:36droit international.
07:37Et donc, alors, ce que ça, en fait, cet accord cadre tente de régler le problème
07:46entre d'un côté la volonté d'annexion pure et simple de Donald Trump
07:50et de l'autre côté le refus de l'annexion pure et simple par le Danemark et les pays européens.
07:54Donc, il y a deux points principaux.
07:57Le premier point, ce sera la création de zones militaires souveraines,
08:01c'est-à-dire que les États-Unis ont des bases actuellement au Groenland,
08:06mais ce ne sont pas des zones souveraines,
08:07ce ne sont pas considérées comme des parties du territoire américain.
08:12Cet accord cadre ferait en sorte que ces zones seraient des parties du territoire américain
08:17sur le sol du Groenland.
08:18Et donc, là, il y a deux zones militaires qui sont concernées
08:24et il pourrait y en avoir d'autres.
08:25On pourrait créer d'autres zones militaires.
08:28C'est sur le modèle des deux zones militaires que les Britanniques ont gardé à Chypre
08:33après l'indépendance de l'île.
08:35Ça, c'est la première chose.
08:36Le deuxième point qui m'apparaît important, c'est l'engagement à négocier
08:39un accès préférentiel aux ressources minières critiques.
08:43Alors, engagement à négocier, la formule est suffisamment souple
08:50pour laisser ouvertes toutes les options.
08:53Enfin, quand même, cet accord dit que le Danemark devra s'engager à négocier
08:58avec les États-Unis un accès préférentiel pour les États-Unis
09:02aux ressources minières critiques du territoire du Danemark.
09:05Donc, en fait, c'était les deux revendications de Donald Trump.
09:10Il voulait annexer le Groenland, un, pour avoir une espèce de glacier militaire
09:18en Arctique, face à ce qu'il estimait être les intrusions russes et chinoises.
09:25Et deuxièmement, c'était l'accès aux ressources minières critiques.
09:29L'accord cadre donne, dans un contexte, sous des formes qui n'étaient pas celles
09:35que Donald Trump voulait, mais quand même donne accès à ces deux revendications.
09:40Une suite est droit à ces deux revendications.
09:42On va maintenant passer à un autre extrait, qui est celui d'Emmanuel Macron.
09:58Comment tu comparerais les prises de parole de Donald Trump d'un côté
10:02et de Macron au Forum de Davos ?
10:04Il y a une sorte de jeu de chat et de la souris entre Donald Trump et Emmanuel Macron
10:08au Forum de Davos.
10:10Donald Trump, c'est un moment à moquer des lunettes de soleil d'Emmanuel Macron.
10:17Mais bon, ça, c'est l'écume, c'est pour l'anecdote.
10:20En gros, les deux, on voit que la nouvelle stratégie des États-Unis
10:25fait l'impasse sur l'Europe.
10:27Donald Trump l'a répété hier, l'Europe va dans la mauvaise direction,
10:32elle est méconnaissable.
10:33Dans le document de nouvelle stratégie de sécurité nationale
10:38qui a été rendu public en décembre aux États-Unis,
10:40l'Europe est présentée comme l'homme malade de la géopolitique mondiale.
10:44On savait déjà depuis le discours du vice-président J.D. Evans à Munich
10:50que les États-Unis estimaient que l'Europe était faible,
10:54était en déclin et était également critiquée par l'administration Trump
11:01pour avoir des politiques pro-laxistes en matière de migration, notamment.
11:06Tout ça a été repris d'un côté.
11:08Et de l'autre, Emmanuel Macron, qui ne reste qu'au stade du verbe,
11:15dit « En effet, l'Europe, ce n'est pas les États-Unis,
11:20nous avons une autre approche d'un certain nombre de problèmes. »
11:24Alors, ça c'est la rhétorique.
11:27Il y a quand même une rhétorique qui a beaucoup de mal à s'incarner
11:31dans des politiques communes de l'Europe et de l'Union européenne,
11:35parce que l'Union européenne est extrêmement divisée.
11:37On évoquait tout à l'heure la guerre douanière de l'été dernier
11:41où l'Europe a cédé aux États-Unis.
11:44Donc la question maintenant, c'est est-ce que l'Europe va également céder
11:47aux États-Unis sur le Groenland
11:49et accepter que les États-Unis aient des zones souveraines
11:53sur le territoire du Groenland
11:55et que les États-Unis aient accès aux ressources minières du Groenland ?
11:59C'est la question qui va se régler ce soir
12:01lors de l'Assemblée du Conseil extraordinaire à Bruxelles.
12:05Est-ce que c'est déjà arrivé par le passé, cette manière-là de régler des différends,
12:12particulièrement entre l'Europe et les États-Unis, au Forum économique de Davos,
12:16de se servir de ce lieu-là et de ce moment-là pour faire ça ?
12:20Parce que le discours de Donald Trump à Davos
12:27vient ponctuer tout un cycle qui n'est pas accidentel.
12:33C'est le Premier ministre canadien qui le dit, Mark Carney.
12:37Il dit que ce n'est pas une transition, c'est une rupture.
12:40Donc il y a une rupture de l'ordre international
12:43voulue par les États-Unis.
12:45Globalement, pour essayer de faire vite et simple,
12:49les États-Unis estiment que l'ordre international bâti en 1945,
12:54basé sur le multilatéralisme,
12:55est un obstacle au maintien de leur hégémonie.
12:59Donc ils veulent faire éclater tous les cadres multilatéralistes
13:01et négocier de manière bilatérale,
13:05surtout de manière économique comme de manière diplomatique,
13:08avec des pays pris séparément.
13:10Évidemment qu'on ferait aux États-Unis un avantage
13:15par rapport aux autres pays,
13:16puisque les États-Unis sont toujours la première puissance économique mondiale.
13:19C'est un quart du PIB mondial.
13:21En 1980, il n'y a pas de déclin de ce point de vue-là.
13:24Et puis c'est la principale puissance militaire mondiale de loin,
13:28de très très loin,
13:29avec un budget de 1 000 milliards que Donald Trump peut porter à 1 500 milliards.
13:33Donc ils ont un avantage concurrentiel extraordinaire
13:35par rapport aux autres dont ils veulent jouer
13:37en divisant tous les autres pays,
13:41et donc y compris l'Europe.
13:42C'est un peu la nouveauté, c'est celle-là.
13:44On savait que la Chine était le concurrent stratégique
13:46désigné depuis une quinzaine d'années.
13:48Mais maintenant, l'administration Trump considère
13:51que l'Europe fait aussi partie d'eux,
13:53et au même titre que les anciens asliés,
13:55sont au même titre que les ennemis.
13:59Et justement, selon toi,
14:02qu'est-ce qui a fait qu'il y a eu ce glissement de position
14:06dans le fait qu'avant, ils considéraient que c'était seulement la Chine,
14:09et désormais l'Europe en plus ?
14:11Qu'est-ce qui a fait que ça a changé ?
14:12Ce qui a changé, c'est l'administration Trump par rapport à l'administration Biden.
14:15L'administration Biden n'avait pas le même...
14:18Et peut-être si on dit une nouvelle administration démocrate,
14:21après Donald Trump,
14:22ils n'auront pas le même rapport.
14:23En fait, ça commence avec le discours de G.D. Vance à Munich,
14:29qui reproche aux Européens d'abord principalement ses politiques migratoires.
14:35En gros, ce qu'on reproche Trump et G.D. Vance à l'Europe,
14:39c'est de ne pas mener les mêmes politiques qu'eux,
14:43donc en matière de ce qu'ils appellent le free speech,
14:45de pouvoir que tout le monde puisse s'exprimer,
14:47y compris les nazis et l'extrême droite, d'un côté,
14:52et d'autre, de ne pas être les gardiens d'une sorte de suprémacisme blanc.
14:55Dans le document de sécurité nationale dont je parlais,
14:58on peut lire que parmi les problèmes les plus importants
15:01auxquels l'Europe est confrontée,
15:05il y a les politiques migratoires, je cite,
15:08qui transforment le continent et créent des conflits.
15:11Donc l'administration Trump considère que la migration,
15:15par définition, est source de conflits.
15:18On voit bien ce qu'ils sont en train de faire aux États-Unis
15:19avec la chasse aux migrants, avec la police de l'immigration partout,
15:23et notamment à Minneapolis.
15:25Et donc, en gros, ils reprochent à la France et à l'Europe
15:29de ne pas faire comme eux.
15:32Et donc, disons, si vous ne faites pas comme nous,
15:34vous n'êtes plus notre allié, de certaines façons.
15:36En conclusion, qu'est-ce que tu retiens de plus important
15:39dans cette prise de parole de Donald Trump ?
15:42Je pense que ce qu'il faut retenir de la séquence
15:44avec le discours de Donald Trump et l'accord cadre,
15:47et aujourd'hui, on verra,
15:48d'abord, c'est, un, nous sommes rentrés dans une nouvelle phase
15:52des relations internationales, très clairement,
15:55le Premier ministre canadien, Mark Carney, en parlait,
15:59où c'est les États-Unis contre le reste du monde.
16:02Les plus questions d'alliés,
16:04les Européens sont en train de le constater,
16:06à leur dépeint, première chose.
16:08Une volonté très nette de la part des États-Unis.
16:10Deux, il y a quand même des contradictions
16:12dans cette volonté hégémonique et impérialiste des États-Unis.
16:18Donc, Donald Trump a dû renoncer à la force militaire,
16:21il a dû renoncer à la volonté d'annexer totalement le Gorinland,
16:27ça c'est le deuxième point.
16:27Le troisième point, c'est que les États-Unis,
16:30grâce à leur puissance économique et militaire,
16:32avancent malgré tout,
16:34et donc, l'accord cadre proposé par le secrétaire général de l'OTAN
16:39permet aux États-Unis d'atteindre un certain nombre de leurs objectifs.
16:44Et quatrièmement, ça c'est la question qui est encore en suspens,
16:47c'est de savoir comment les Européens vont se positionner par rapport à ça.
16:50Est-ce que les Européens vont continuer à vouloir être les alliés,
16:53malgré tout, alignés sur Donald Trump,
16:57ou est-ce qu'ils vont assumer une indépendance stratégique
17:01et dire ce soir à Bruxelles,
17:04non, vous n'aurez pas accès à la souveraineté d'une partie d'un territoire souverain de l'Europe.

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