- il y a 1 jour
Le triple assassinat de militantes kurdes à Paris est le meurtre de Fidan Doğan, Sakine Cansız et Leyla Söylemez, membres du Parti des travailleurs du Kurdistan dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013 dans le 10e arrondissement de Paris. Un triple meurtre politique qui a profondément marqué la diaspora kurde et soulevé de lourdes interrogations sur les responsabilités, les zones d’ombre de l’enquête et les silences de l’État français, plus de dix ans après les faits. On en parle avec Sylvie Jean, co-fondatrice de l'association France Kurdistan et Sarah Marcha, membre du Centre de Jineolojî de Bruxelles et Nupelda, une militante féministe kurde, en duplex depuis le Rojava. Un entretien réalisé par Rosa Moussaoui, rédactrice en chef de l'Humanité.
00:00 - Rappel des faits : Un crime politique en plein Paris
00:59 - Archives de ces assassinats politique
04:34 - Duplex avec une militante Kurde
07:38 - Qu’est-ce qui empêche la levée de ce secret défense ?
18:48 - Pourquoi les kurdes sont pris pour cible en France ?
23:15 - Duplex : quel a été l’écho de ces assassinats pour les Kurdes ?
27:02 - Duplex : Révolution des femmes
34:18 - Duplex : nettoyages ethniques
37:37 - Négociations entre les kurdes et le pouvoir de Damas
39:38 - Une situation nouvelle en Syrie après les évènements d’Alep ?
50:05 - L’avenir au Rojava du processus de paix auquel appel Abdullah Öcalan ?
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NewsTranscription
00:00On souhaitait revenir aujourd'hui sur un événement un peu effacé des radars médiatiques et politiques.
00:05Il s'agit d'un crime politique, un crime d'État, perpétré en plein Paris le 9 janvier 2013.
00:11Ce soir-là, dans les locaux du centre d'information du Kurdistan, au 147 rue Lafayette à Paris, dans le
00:1810e arrondissement,
00:19trois militantes kurdes ont été froidement assassinées.
00:23Sakine Jansiz, 54 ans, elle était cofondatrice du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan.
00:28Elle était réfugiée politique en France.
00:31Fidan Dogan, 28 ans, surtout appelée Rojbin, représentante du Congrès national du Kurdistan à Paris.
00:37Et Leïla Seul-Lemez, 24 ans, militante du mouvement de la jeunesse kurde.
00:42Le mode opératoire, ces femmes ont été exécutées par balles de plusieurs tirs dans la tête,
00:49ce qui accrédite la thèse d'une exécution ciblée.
00:52Mais je vous propose peut-être de revenir en archive sur ce triple assassinat politique.
01:00Les trois femmes ont été exécutées d'une balle dans la tête.
01:04Elles avaient toutes été militantes au PKK, une organisation indépendantiste armée.
01:09Cet assassinat a provoqué une vague de colère dans la communauté kurde de France.
01:13Et certains dénoncent un crime politique au moment où le processus de paix est relancé avec la Turquie.
01:20Nathalie Pérez, Yvon Baudin.
01:23Les corps sont évacués sous les cris et les sifflets de la communauté kurde,
01:28venus rendre hommage aux trois femmes tuées d'une balle dans la tête,
01:31hier après-midi dans cet immeuble, en plein cœur de Paris.
01:36Les trois activistes kurdes travaillaient ici au bureau d'information du Kurdistan.
01:40Parmi elles, Sakine Kanziz, l'une des fondatrices du PKK, mouvement indépendantiste armé,
01:47considérée par la Turquie comme un groupe terroriste.
01:50Mais pour les Kurdes, cette femme était l'un des symboles de la résistance.
01:55C'est une dame qui a fait plusieurs années de prison après 11 ou 12 ans.
02:00Et ça fait une vingtaine d'années qu'elle est réfugiée en France.
02:03C'est une activiste kurde depuis sa jeunesse.
02:08C'est injuste de tuer des femmes.
02:10Et j'ignore qui c'est qui l'a fait, mais sincèrement, j'espère qu'elle payera pour ce qu
02:15'elle a fait.
02:16Le ministre de l'Intérieur venu sur place a annoncé l'ouverture d'une enquête
02:20menée conjointement par la brigade criminelle et la division antiterroriste.
02:25« Trois femmes ont été abattues, tuées, sans doute exécutées.
02:32C'est un fait grave, d'où ma présence.
02:36C'est un fait tout à fait inacceptable. »
02:41Erdogan, assassin.
02:42C'est le premier ministre turc que les manifestants désignent.
02:46L'État turc est selon eux l'instigateur de ces crimes.
02:49Des manifestations spontanées ont été organisées à Paris et dans différentes grandes villes de France
02:55pour demander vengeance, au moment même où le leader du PKK
02:59vient tout juste d'entamer un processus de paix avec le gouvernement turc.
03:07Alors, comme évoqué dans cette archive, une enquête, une instruction judiciaire a été ouverte.
03:14L'enquête a permis d'identifier un suspect, Omer Gunaï, un ressortissant turc.
03:21Il a été rapidement identifié puisqu'il apparaissait sur des images de vidéosurveillance.
03:25Des traces de poudre ont été retrouvées sur ses effets personnels.
03:29Il a été mis en examen pour assassiner un relation avec une entreprise terroriste.
03:33Il est mort en décembre 2016 en détention, quelques semaines seulement avant l'ouverture du procès.
03:40Et ça, ça a évidemment entraîné l'extinction de l'action publication d'encontre.
03:46Mais le dossier n'est pas refermé puisqu'en 2019, à la suite de nouvelles demandes des familles et de
03:52leurs avocats,
03:53une nouvelle information judiciaire a été ouverte pour complicité d'assassinés avec une entreprise terroriste
03:58et association de malfaiteurs terroristes criminels.
04:03L'enquête, elle vise désormais des commanditaires, des complices potentiellement à l'étranger.
04:09Donc pour évoquer cette affaire sur laquelle plane encore l'ombre du secret des Français de la raison d'État,
04:15nous accueillons Sarah Marchat du Centre de Gynéologie de Bruxelles.
04:20Bonjour Sarah.
04:21Sylvie Jean, cofondatrice de l'association de solidarité France Kurdistan,
04:26qui a été créée en réaction à cet assassinat politique.
04:30Et nous sommes aussi en duplex avec le Rojava, le Kurdistan de Syrie,
04:37où nous allons retrouver Noupelda, une militante du Congrat Star, le mouvement féministe kurde,
04:43qui évoquera l'écho là-bas de ce crime toujours impuni,
04:47mais aussi la situation sur place où, vous le savez, la ville d'Alep a été ces derniers jours
04:52le théâtre d'une violente confrontation entre les hommes du nouveau régime d'Ahmad Al-Shara et les forces kurdes.
04:59Le théâtre aussi d'atrocité, avec ce qui s'apparente à une opération de nettoyage ethnique.
05:04Et on va revenir avec toi sur ces événements.
05:08Noupelda, bonjour. On est ravis de t'accueillir à distance.
05:12Tu nous entends ?
05:12Bonjour. Je suis contente d'être avec vous.
05:15Merci Noupelda.
05:19Sylvie, je me tourne d'abord vers toi.
05:21Où en est aujourd'hui cette affaire sur le plan judiciaire ?
05:24Qu'est-ce qui empêche la manifestation de la vérité, en particulier sur les commanditaires de ce truc assassinat politique
05:30?
05:31Alors, on en est à un point bloqué.
05:35L'affaire est bloquée.
05:36D'ailleurs, il faut lier les deux au plan judiciaire et politique, comme tu l'as introduit tout à l
05:44'heure.
05:47En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que le parquet de Paris, le parquet antiterroriste de Paris,
05:56dans son réquisitoire définitif, a nommé explicitement, je cite,
06:06« probablement l'intervention de services étrangers, de services de renseignements étrangers pour assassinats politiques sur le territoire national ».
06:20Donc ça, c'était très important que les choses soient nommées ainsi.
06:23Si c'est la première fois dans ce cas-là qu'on nomme le service étranger, on parle des services
06:30secrets turcs.
06:35Maintenant, l'affaire est bloquée au plan judiciaire parce que l'étape qui pourrait la faire progresser, c'est la
06:44levée du secret défense.
06:46Alors, il y a des preuves qui ont été apportées, de nombreuses preuves qui ont été apportées.
06:52Certaines ont été considérées non utilisables par la justice.
07:00Et pour avancer, donc je disais, il nous faut la levée du secret défense, ce que nous n'arrivons pas
07:07à obtenir,
07:07et ce qui a amené les avocats à évoquer une justice non achevée.
07:14Alors justement, les juges antiterroristes, dans cette instruction, ils ont demandé à plusieurs reprises la déclassification de documents de la
07:22DGSI,
07:23de la DGSE, même du renseignement militaire.
07:25Tu viens de le dire, les gouvernements successifs ont refusé,
07:29ce qui limite l'accès de la justice aux informations et ce qui empêche d'explorer pleinement la piste étatique,
07:36celle des services secrétures.
07:38Qu'est-ce qui empêche aujourd'hui la levée de ce secret défense ?
07:42Est-ce que c'est des considérations politiques, diplomatiques ?
07:46Les deux.
07:47En fait, les avocats des familles ont mené vraiment un travail très soutenu toutes ces années,
07:55très courageux et avaient obtenu un premier rapport.
08:00Il leur avait été rendu un rapport sur ces trois assassinats,
08:05mais le scandale de l'affaire est que ce rapport avait été complètement caviardé,
08:11c'est-à-dire pire que dans les mauvais films,
08:13c'est-à-dire qu'ils se sont retrouvés avec des pages complètes blanchies,
08:19des paragraphes entiers derrière le nom de Rochebin blanchies
08:24et donc finalement, ce rapport était absolument inutilisable.
08:29Donc, pour avoir maintenant la question politique,
08:34prend une place entière dans l'évolution de ce dossier
08:38et pour avoir la levée du secret défense,
08:41il faut une décision du gouvernement français.
08:46Il a été redemandé au mois d'avril 2025
08:50par un certain nombre de députés de gauche
08:55que ce secret défense soit levé.
09:00Et ça bloque.
09:01Ça bloque parce qu'effectivement, il y a des freins politiques
09:06qui tiennent entre la Turquie et la France.
09:10La France aime être l'ami de la Turquie.
09:15Et il y a des enjeux économiques, il y a des enjeux politiques,
09:19il y a des enjeux diplomatiques.
09:22Et quand même, depuis 13 ans,
09:23le gouvernement français n'a pas bougé.
09:26Je suis en colère quand je vois Valls,
09:29qui est venu le premier jour en disant
09:31« On fera la justice ».
09:32Ils n'ont même pas reçu les familles.
09:35Donc depuis le début, il y a une volonté
09:38de faire taire cette affaire.
09:44Mais je dis « pour le moment ».
09:45Alors peut-être qu'on reviendra sur cette notion
09:47de « pourquoi pour le moment ».
09:48Alors « pourquoi pour le moment ? »
09:50Allons-y tout de suite.
09:51Qu'est-ce qui ferait que ce verrou du secret défense
09:54pourrait être levé ?
09:56Déjà, on peut apprécier que de façon,
10:01je crois, assez exceptionnelle.
10:05Depuis 13 ans, cette exigence de vérité et de justice
10:10mobilise des milliers de personnes.
10:12Alors il y a le mouvement des femmes kurdes,
10:16les Kurdes de France qui, par tous les temps,
10:19qui pleuvent, qui neigent, qui grêlent,
10:22vous donnent rendez-vous au pied de l'immeuble
10:25rue Lafayette où il a été commis.
10:27C'était encore le cas cette année avec la commémoration
10:29et une mobilisation très importante à Paris.
10:32Absolument.
10:34Donc ça, c'est quand même une particularité
10:36auquel rassemblement se joint régulièrement maintenant
10:40des politiques de gauche,
10:44des responsables d'associations, etc.
10:47Donc ça, c'est quand même particulier.
10:53Et je sais que les femmes kurdes en particulier
10:58ne sont pas décidées à lâcher l'affaire.
11:00De ce point de vue, je me dirais qu'on peut être inspiré
11:02du travail de très longue haleine
11:07que mène Jacqueline de Reims
11:09pour obtenir la vérité pour Dulcy Septembre.
11:12Ça va faire 30 ans.
11:13Bon, on espère gagner avant.
11:15Mais donc voilà.
11:17Alors moi, je crois que le gouvernement turc,
11:24les services secrets turcs, Erdogan,
11:28n'ont absolument pas atteint leur objectif.
11:32Ils l'ont atteint, bien sûr, parce qu'ils ont assassiné.
11:35Notamment une première dirigeante du PKK
11:38qui reste adorée des femmes kurdes et du peuple kurde
11:42et de Rochbine,
11:44qui jouait un rôle essentiel
11:46dans les relations diplomatiques
11:49avec les associations
11:50pour faire connaître le peuple kurde.
11:54Et nous-mêmes, comme tu le disais,
11:59nous avons en riposte créé France Kurdistan
12:02pour travailler à la connaissance de ce peuple.
12:05parce qu'en fait, ce crime a été commis
12:09à un moment, c'était évoqué dans la présentation,
12:12à un moment où les négociations reprenaient
12:16entre les Kurdes et les Turcs.
12:18Et donc, tout ça a continué.
12:24Donc moi, je pense que ce dossier n'est pas refermé
12:31et pas du tout refermé.
12:33On peut imaginer, pourquoi pas,
12:36on peut s'autoriser à penser
12:40que la France, un jour,
12:42peut s'accorder à un gouvernement
12:44de forces progressistes de gauche
12:47qui convienne de réouvrir le dossier
12:51et de prendre les dispositions.
12:53Je crois qu'il ne faut pas s'interdire.
12:55Et voilà où on en est.
12:56On n'en est pas interdit de penser
13:01que chaque année, on va avoir plus de monde
13:03dans nos rendez-vous.
13:06Et vous savez, à chaque fois, on vérifie ça.
13:11On présente au grand public une exposition
13:14qui s'appelle « Femmes Kurdes Libertés »
13:16qui donne à voir la diversité des engagements
13:19des femmes kurdes.
13:20Quand on évoque Rochebine ou Satiné,
13:24toujours, toujours, toujours, le public
13:28qui est au rendez-vous, un public d'étudiants
13:32dans les médiathèques, dans les quartiers, etc.,
13:36découvre.
13:37Donc on a un grand travail d'information
13:40à poursuivre.
13:42Et on est là, France Kurdistan,
13:43justement, pour permettre cette connaissance.
13:46Merci beaucoup, Sylvie.
13:48Sarah, je me tourne vers toi.
13:49Sylvie vient de le dire à sa façon.
13:51La mémoire de ces femmes, elle reste vive.
13:54Elle est cultivée par d'autres femmes,
13:56par des organisations, des cercles militants.
14:00Est-ce que tu parlerais,
14:02dans le cas de Sakine, Rochebine et de Leïla,
14:04d'un féminicide politique ?
14:06Elles ont été prises pour cible, évidemment,
14:08pour leurs engagements.
14:09Est-ce qu'elles ont été prises aussi pour cible
14:11parce qu'elles étaient femmes ?
14:14Oui, et c'est très important
14:16de parler de féminicide politique aujourd'hui,
14:18notamment en France,
14:19parce que c'est un sujet qui est très peu abordé
14:22ou lorsqu'il est abordé,
14:23il est plutôt abordé pour des territoires
14:25comme, par exemple, l'Amérique latine
14:26ou peut-être aussi l'Afghanistan ou l'Iran.
14:31Mais là, c'est bien sur le territoire français
14:35que ces crimes ont eu lieu.
14:37Quand on parle de féminicide,
14:39c'est vrai qu'il y a toujours cet amalgame,
14:41la différence entre un féminicide
14:42ou un féminicide politique,
14:43c'est important de dire que toute forme
14:45d'assassinat envers les femmes,
14:46parce qu'elles sont femmes
14:47et parce qu'elles n'acceptent pas
14:50les règles ou les codes
14:52qu'ont imposé par un système patriarcal
14:55ou peu importe quel système,
14:57on va dire, dominant,
14:59c'est déjà en soi aussi une question politique.
15:01C'est absolument pas un fait divers
15:03ou une question privée.
15:04Donc ça, c'est important de le dire.
15:05Mais pourquoi est-ce qu'on parle de féminicide politique ?
15:08C'est parce que ce sont des femmes
15:09qui, en fait, jouaient un rôle de pionnières
15:13pour défendre une cause.
15:14Alors la cause de sa kiné,
15:15Leïla et Fidan,
15:16c'était de défendre un système plurinational,
15:20c'est-à-dire avec vraiment le peuple kurde
15:23qui pourrait avoir ses droits,
15:24mais aussi avec les autres peuples de la région
15:26de pouvoir vivre ensemble.
15:27un programme politique
15:30qui met les femmes au centre
15:32et la question de la libération des femmes,
15:34la question des droits des femmes au centre,
15:36bien entendu en commençant par les femmes kurdes
15:38qui vivent une double, on va dire, oppression
15:41de par les États-nations
15:43qui nient l'existence des Kurdes,
15:45mais aussi au sein de la société
15:48avec encore des traditions
15:51parfois féodales
15:52ou un système de toute façon sexiste
15:54qui existe, qui est universel, malheureusement,
15:56et dont il faut se battre.
15:58Mais dans le cas de sa kiné, Leïla et Fidan,
16:02c'est un féminicide politique
16:05parce qu'elles font,
16:05elles représentaient le mouvement des femmes,
16:08le mouvement des femmes kurdes,
16:09mais aussi de ce projet qu'elles avaient
16:11et que la communauté kurde
16:14continue de défendre aujourd'hui
16:16d'un Moyen-Orient démocratique.
16:19Ça, c'est très important,
16:21mais je pense aussi que dans le cas de ces femmes,
16:23il faudrait peut-être même peut-être
16:24amener une autre dimension
16:25qui est le féminicide idéologique,
16:28c'est-à-dire qu'on voit aujourd'hui,
16:31c'est très clair aujourd'hui,
16:33au Moyen-Orient, mais dans le monde,
16:35avec un système capitaliste
16:38qui essaye à tout prix de s'imposer
16:40dans toutes les régions.
16:44Et ces femmes, en fait,
16:45elles proposaient une autre manière
16:47de voir la vie,
16:47une autre manière de voir les femmes,
16:49une autre manière de voir la liberté
16:52qui puisse en fait être une réelle alternative
16:55à cette crise du 21e siècle
16:58que l'on traverse.
17:00Et leur proposition, c'était
17:02la révolution des femmes,
17:04la révolution des peuples,
17:05qui n'est pas une révolution avec,
17:07on va dire, des soulèvements
17:08qui font tomber un régime
17:09pour en mettre un autre à la place
17:11qui peut être pire.
17:12Et c'est ce qu'on est en train de voir
17:12aujourd'hui en Syrie.
17:14C'est un peu les interrogations
17:15qu'on a en Iran aussi,
17:17mais au contraire de dire
17:19il ne faut pas changer un pouvoir
17:21pour un autre,
17:21mais en fait faire que ce soit
17:22les peuples avec les femmes au centre
17:25qui puissent prendre
17:26leurs propres décisions,
17:27pouvoir se défendre,
17:28pouvoir développer leur système
17:30d'éducation,
17:31leur système de santé,
17:33de pouvoir avoir un système de justice
17:34qui soit réellement juste.
17:36Et leur combat est plus que jamais
17:39d'actualité.
17:40Et comme l'a dit Sylvie,
17:42on n'oublie pas,
17:43mais aussi on soutient
17:45celles comme Nopelda
17:48et toutes les femmes
17:49qui sont au Kurdistan
17:50ou dans le monde
17:51et qui cherchent à informer
17:54et à organiser les femmes
17:56autour de ce projet.
17:58On va revenir sur cette dimension
17:59du féminicide politique,
18:01de l'assassinat politique genré,
18:03mais il y a quand même un événement
18:05que je souhaitais évoquer.
18:07Le 23 décembre 2022,
18:09la communauté kurde
18:10était de nouveau la cible
18:12d'une attaque meurtrière
18:13au centre culturel kurde
18:15de la rue d'Anguin à Paris,
18:16tout près du lieu
18:17de ce triple féminicide,
18:20tout près aussi du lieu
18:21où un autre féminicide politique
18:23a été commis en 88,
18:24c'est l'assassinat
18:25d'Ulcie September,
18:26la représentante de l'ANC
18:28à Paris,
18:29un crime qui reste toujours
18:31lui aussi irrésolu.
18:33Mais cet attentat de 2022
18:35contre les Kurdes,
18:37ce nouvel attentat,
18:39dont le parquet antiterroriste
18:40ne s'est pas saisi,
18:41d'ailleurs a fait trois morts,
18:42dont une responsable
18:43du mouvement des femmes kurdes,
18:45Émile Nekhara,
18:46qui avait combattu Daesh
18:47les armes à la main.
18:48Pourquoi est-ce que les Kurdes
18:49sont pris pour cible
18:50sur le sol français ?
18:52Ça, c'est une très bonne question
18:54et on peut vraiment
18:55interroger
18:58la position
19:01des gouvernements français
19:02qui se succèdent,
19:03mais on peut dire
19:04de l'État français
19:05dans sa relation
19:06par rapport
19:07au peuple kurde
19:09et à la lutte
19:09du peuple démocratique kurde.
19:11Vous avez d'un côté
19:15des femmes
19:15qui ont lutté
19:16les armes à la main,
19:18mais pas qu'eux aussi,
19:19puisqu'elles ont construit
19:20leur système d'administration
19:21autonome
19:22dans le nord et l'est
19:23de la Syrie.
19:24Elles ont lutté
19:25contre l'État islamique,
19:26mais en même temps,
19:27elles ont aussi créé
19:28le monde de demain,
19:29c'est-à-dire le monde
19:30dans lequel elles souhaitaient vivre
19:32avec d'autres femmes,
19:33avec les femmes arabes,
19:34avec les femmes arméniennes
19:36et autres qui sont
19:37sur le territoire
19:38et avec les peuples
19:38du territoire.
19:41Mais d'un autre côté,
19:42on voit que non seulement
19:44l'affaire de 2013
19:45n'a pas été résolue,
19:50il n'y a pas eu de volonté
19:52du gouvernement français
19:53jusque-là
19:53ou des gouvernements
19:54qui se sont succédés
19:55pour pouvoir faire la lumière
19:56sur cette affaire,
19:57mais non seulement
19:58dix ans plus tard,
19:59au moment où
20:02la communauté kurde
20:03et leurs amis préparaient
20:05le dixième anniversaire
20:06de ce triple assassinat,
20:08de ce triple féminicide,
20:10eh bien, encore une fois,
20:13le centre culturel kurde
20:15et la représentante
20:16du mouvement
20:17des femmes kurdes
20:17a été pris
20:18pour cible.
20:20Donc, ça interroge
20:21avec, d'un côté,
20:22on glorifie
20:23cette lutte des femmes
20:24contre l'État islamique,
20:26mais d'un autre côté,
20:27sur le sol français,
20:30eh bien,
20:30ces crimes restent impunis,
20:32puisque le parquet antiterroriste
20:33n'a pas été saisi
20:34dans la deuxième affaire,
20:35dans l'affaire de 2022,
20:37alors que c'est très clairement
20:38un acte qui visait,
20:40encore une fois,
20:41le mouvement des femmes kurdes
20:42et la population.
20:44Donc, là,
20:44on voit qu'il y a
20:45vraiment des intérêts,
20:46en fait,
20:47des intérêts diplomatiques,
20:48des intérêts militaires,
20:50des intérêts politiques
20:51et des intérêts économiques.
20:53Ça, c'est très important.
20:54L'histoire de la France
20:55avec le Kurdistan,
20:56c'est pas quelque chose
20:57de nouveau.
20:58Saix-Picot
20:59et le traité de Lausanne.
21:01La France était
21:03l'un des pays,
21:04les acteurs
21:04aux côtés
21:05de l'Angleterre
21:07qui a pris la décision
21:08de créer
21:09les États-nations
21:09Peut-être qu'on explique
21:10de quoi il s'agit.
21:11Saix-Picot
21:12et le traité de Lausanne,
21:13ce sont des accords
21:14qui dépeçaient,
21:15en fait,
21:16l'Empire ottoman
21:17et qui attribuaient
21:18des parties
21:19de cet Empire ottoman
21:21aux puissances occidentales.
21:22Voilà, exactement.
21:24Et donc,
21:24avec des frontières
21:26qui se sont créées
21:27sans prendre en compte
21:28la réalité du terrain,
21:30sans même
21:32prendre le point de vue
21:33de toute façon
21:34des populations.
21:35Et sans prendre en compte
21:36la réalité du peuple kurde
21:37qui est éclatée
21:38entre quatre États
21:40au Moyen-Orient,
21:41la Turquie,
21:42la Syrie,
21:43l'Irak
21:43et l'Iran.
21:44Exactement.
21:45Et donc,
21:46on voit que c'est une politique.
21:48Les gouvernements
21:49se sont succédés,
21:50mais en fait,
21:50la politique
21:50et l'influence
21:52française,
21:52notamment en Syrie,
21:54mais aussi les liens
21:55qu'il peut y avoir
21:56avec la République de Turquie
21:58ou en général
22:00au Moyen-Orient,
22:01ces guerres d'influence
22:02qui ont lieu,
22:04le peuple kurde
22:05et les femmes kurdes,
22:07en l'occurrence,
22:08qui portent l'espoir
22:10d'une unité
22:12sur le territoire,
22:14sont bien entendu
22:16toujours sacrifiées
22:17pour des intérêts,
22:18pour les intérêts
22:20des autres,
22:21les intérêts
22:22des puissants.
22:22Et bien entendu,
22:23en tant que citoyenne
22:25française aussi,
22:26c'est important
22:26pour nous de dire
22:27que tout ça,
22:29ça se fait.
22:30Ce sont des décisions
22:31qui sont prises
22:31au sein des hautes
22:32instances d'État
22:33et que bien entendu,
22:35le peuple français
22:36en général
22:37et surtout les femmes
22:38françaises
22:38s'opposent
22:40et dénoncent
22:40en fait
22:41ces politiques.
22:42et le 10 janvier,
22:45on était encore
22:46dans la rue,
22:46il y avait une grande
22:47présence de la jeunesse
22:48française,
22:49des mouvements féministes,
22:51de toutes les amies
22:52aussi du peuple kurde
22:54et du mouvement
22:55des femmes kurdes
22:55pour dire que nous,
22:57on n'accepte pas ça
22:58et on demande
22:59à l'État français
23:01de déclasser
23:02tous ces dossiers
23:03pour 2013,
23:05pour l'affaire de 2013
23:06et de pouvoir
23:07faire une vraie enquête
23:08en saisissant
23:10le parquet
23:11antiterroriste
23:12pour l'affaire
23:12de 2022.
23:13Merci Sarah.
23:15On est,
23:16je le disais
23:17au début de l'émission,
23:18en direct
23:20avec le Rojava.
23:22Noupelda,
23:23bonjour,
23:23merci encore
23:24d'être avec nous.
23:26Donc le Rojava,
23:27c'est le Kurdistan
23:28de Syrie.
23:29J'ai pu moi-même
23:31le constater sur place
23:32au cours de mes reportages,
23:33la mémoire
23:34de Sakine,
23:35Rojbin et Leïd,
23:36et là,
23:36elle est vive aussi
23:37au Kurdistan,
23:38au Rojava,
23:39leurs portraits
23:40sont peints sur les murs.
23:42Que représentaient
23:43pour vous
23:44ces femmes
23:45et quel a été
23:46l'écho
23:47là-bas,
23:48chez vous,
23:48de leur assassinat ?
23:51Oui,
23:52bonjour,
23:53tout début,
23:54et puis je remercie
23:55à les amis,
23:56les autres amis
23:56qui ont parlé
23:57de la situation
23:58et ce assassin,
24:00quel est leur rôle
24:02aujourd'hui
24:03et ce jour-là
24:04avant
24:06et aujourd'hui,
24:07quel est leur rôle
24:08par rapport à ça
24:09et en plus,
24:10quand vous êtes venus ici,
24:11vous avez vu,
24:11partout,
24:12il y avait les photos
24:13de Sakine,
24:14Rojbin et Leïd,
24:16Pourquoi ?
24:17parce que c'est vrai
24:18que si on regarde
24:20l'histoire
24:20des peuples kurdes,
24:22surtout 75-60 ans,
24:24sans arrêt,
24:25il y a des assassines,
24:26il y a des massacres
24:26et puis,
24:27mais pendant 50 ans,
24:29dernières années,
24:31caractéristiques
24:32des femmes
24:33comme Sakine Janssès,
24:35elles ont laissé
24:35écologisation
24:37des peuples kurdes
24:38et c'est pour ça
24:43que quand vous avez
24:44venu ici,
24:45vous avez vu
24:46plein de photos
24:47de Sakine Janssès,
24:48Rojbin et Leïla,
24:50pourquoi ?
24:52Comme les femmes
24:53qui vivent au Rojava,
24:55nous savons
24:56qu'elles nous ont donné
24:57notre humanité,
24:58surtout Sakine Janssès,
25:00elle a fait beaucoup
25:00de travail aussi
25:01pendant des années
25:02qu'elle était
25:03des années 82-83
25:06quand elles étaient
25:07ici à Rojava,
25:09elle a fait beaucoup
25:10de travail aussi
25:11avec les peuples
25:12kurdes de Rojava
25:13et elle nous a donné
25:16notre humanité
25:17et la conscience
25:17de le pouvoir
25:19de savoir
25:20comment vivre
25:22en tant que femmes
25:23parce que
25:24pour les femmes kurdes
25:25aussi pour les femmes
25:27du monde entier,
25:29nous sommes aussi
25:30obligés d'enverser,
25:32de porter le drapeau
25:35de cette marche honoreuse
25:37qu'ils nous ont donnée.
25:38C'est parce qu'il y a
25:40une révolution ici,
25:4114 ans à Rojava
25:43et ce révolution,
25:44le nom,
25:45la révolution de femme
25:49qui a reçu
25:52l'administration autonome
25:53est-ouest de Syrie
25:55et c'est pour ça
25:57et c'est pour ça
25:57qu'il faut savoir
25:58pourquoi
25:58et par rapport
26:00à quoi
26:00c'est important
26:01de savoir
26:02cet assassin,
26:03ils ne sont toujours
26:04pas été punis
26:05parce qu'on le connaît
26:06bien
26:07qui les a assassinés.
26:09Surtout
26:09l'État turc,
26:10pourquoi
26:11ils l'ont fait
26:12obliger
26:12l'État-France
26:13qu'elles devront
26:16être assassinées
26:17parce que c'est
26:17une peur
26:18pour l'État,
26:20pour l'idéologie
26:21de l'État
26:22parce qu'elles
26:23supportaient
26:24l'idéologie
26:24de généalogie
26:27et pour l'égalité
26:29entre hommes et femmes
26:30et pour construire
26:32un peuple
26:32avec l'éthique
26:35d'égalité.
26:37Et c'est pour ça
26:38que pour nous
26:39aujourd'hui
26:39comme les femmes
26:40qui sont dans
26:42cette révolution
26:43et qui luttent
26:44pour ça
26:44c'est important
26:46de suivre
26:48Sakine,
26:49Leïla et Rojbin
26:50et c'est important
26:51de toujours
26:53poser la question
26:54et faire la guerre
26:55de dire
26:56il faut
26:57avoir la justice
26:59pour leurs
27:00assassins.
27:02Noupelda,
27:03tu qualifiais
27:04la révolution
27:04du Rojava
27:05de révolution
27:07des femmes
27:07les femmes
27:08ont pris
27:09une part
27:10décisive
27:10dans les combats
27:12qui ont fini
27:12par défaire
27:13Daesh
27:14défaire
27:15l'État islamique
27:16et cette révolution
27:16elle s'est aussi
27:17incarnée
27:18dans des figures
27:18féminines
27:19qui elles-mêmes
27:21ont été la cible
27:22d'assassinats
27:23je pense en particulier
27:25à Éverine Khalaf
27:26qui était
27:27une élu kurde
27:29qui a été assassinée
27:31par des djihadistes
27:32est-ce que tu peux
27:33nous dire quelques mots
27:34de qui était Éverine
27:36et pourquoi
27:36elle a été prise
27:37pour cible
27:39Éverine Khalaf
27:40elle était une des
27:41responsables
27:42de partir
27:42en avant
27:43qui a été construite
27:44à Rojava
27:45qu'elle était
27:46une porte-parole
27:48de cette partie
27:50et puis
27:51comme
27:52les djihadistes
27:54n'acceptent
27:54toujours pas
27:55que les femmes
27:55elles sont existantes
27:56sur le territoire
27:58même sur le territoire
28:00parce que
28:00le nom de femme
28:01pour eux
28:01c'est qu'obéir
28:04à l'homme
28:04et l'idée
28:05de patriarcal
28:06et Éverine
28:08c'était une femme
28:09qui n'acceptait
28:10toujours pas
28:11d'être sous
28:13la contrôle
28:13de l'homme
28:14et non plus
28:15son peuple
28:15ne devrait pas
28:16être sous la contrôle
28:17de l'idée
28:17patriarcale
28:18et c'est à cause
28:19de ça
28:19qu'ils ont attaqué
28:21Éverine
28:21parce qu'ils le savent
28:22qu'Éverine
28:23elle était
28:23une des combattants
28:25et une des militants
28:26d'idées
28:29généalogie
28:30d'une des combattants
28:31de l'idée
28:31de liberté
28:32de femme
28:32et c'est à cause
28:33de ça
28:34et en plus
28:35au Rojava
28:35elle était acceptable
28:37et puis
28:37toutes les femmes
28:38le suivent
28:39parce que
28:39c'est comme une responsable
28:41qui les ont élues
28:42et puis
28:43c'est à cause de ça
28:44qu'elle était
28:46attaquée
28:46à cause
28:48comment on dit
28:48elle était attaquée
28:49parce que
28:50elle est
28:50c'était le visage
28:52de femme
28:52la révolution
28:53et la femme
28:54de Rojava
28:57Noupelda
28:57ces derniers jours
28:58en Syrie
28:59la situation
29:00s'est sérieusement dégradée
29:01avec l'attaque
29:02par les hommes
29:03du régime
29:04d'Ahmad Al-Shara
29:05des quartiers kurdes
29:06d'Alep
29:07notamment
29:07Cheikh Maksoud
29:08tu me parlais
29:10récemment
29:10au téléphone
29:11d'un afflux
29:12de réfugiés
29:13qui arrivent
29:14d'Alep
29:15vers les zones
29:15contrôlées
29:16par l'administration
29:17autonome kurde
29:18et par les forces
29:20démocratiques syriennes
29:21est-ce que tu peux
29:21nous dire
29:22quelques mots
29:23de la situation
29:24sur place
29:24à ce stade
29:27c'est vrai que c'est
29:28important d'aujourd'hui
29:29parler de ça
29:30pourquoi
29:31c'est parce que
29:32les gens là-bas
29:33c'était que
29:34deux quartiers
29:35quoi
29:35c'était même pas
29:36du tout
29:37Halep
29:37ville
29:38c'était deux quartiers
29:39qui étaient
29:39est-ce que
29:39est-ce que
29:40les gens là-bas
29:40et puis pendant huit ans
29:42sans arrêt
29:43désolé
29:44pendant huit jours
29:45sans arrêt
29:47ils ont
29:49ils ont pas laissé
29:51de rentrer
29:52cette armée
29:53djihadiste
29:54c'était les hommes
29:55de
29:55les hommes de
29:56Chara
29:56c'est pourquoi
29:57aujourd'hui on parle de ça
29:59ces quartiers étaient assiégés
30:01deux quartiers
30:02c'était pas
30:02d'étuvilles
30:03non non mais
30:04ces quartiers étaient
30:05assiégés
30:06ils étaient
30:06complètement fermés
30:08quoi
30:08et entourés par
30:09les combattants
30:11de l'armée
30:13d'Al-Chara
30:14et pendant des années
30:15c'est pas qu'aujourd'hui
30:16au moins ça
30:17ça fait cinq ans
30:18que
30:18cette quartier
30:19ces deux quartiers
30:22qui étaient
30:24bloqués
30:24qui étaient
30:26fermés
30:26avec
30:27comme tu dis
30:27avec les armées
30:28de
30:28de Jolani
30:30et des
30:31des
30:31des
30:32directs
30:33du direct
30:33on peut dire ça
30:34et ce qui est important
30:36de connaître
30:37de là-bas
30:38c'est quoi
30:38l'idée
30:40pourquoi
30:40pendant huit jours
30:42tu peux
30:44tu peux
30:44comment dire
30:45tu peux combattre
30:46c'est parce que
30:47la peuple
30:48de
30:48Echréfi
30:49et Echirmarsut
30:50aussi était avec
30:51le
30:52le police
30:53qui était
30:54qui était en train
30:55de combattre
30:56contre eux
30:56et la peuple
30:57de Echréfi
30:58et Echirmarsut
30:59aussi était avec eux
31:00ce qui est important
31:01je veux vous dire
31:03les gens qui sont
31:03sortis de là-bas
31:04on les a dit
31:05comment ça se fait
31:06et puis comment
31:07vous avez pu
31:08laisser huit jours
31:09là-bas
31:09elles nous ont dit
31:10quoi
31:10elles nous ont dit
31:11c'est vrai que nos
31:12polices
31:12elles ont été
31:13ils ou elles ont été
31:14en train de combattre
31:16contre
31:17les armées
31:18jolanniques
31:19et nous
31:20ils nous ont caché
31:21tout le temps
31:21de disons
31:21qu'il faut que nous
31:22on vous protège
31:23et puis
31:24à la fin
31:25on ne pourrait plus
31:26parce qu'on le savait
31:27qu'ils ont
31:28ils ont été tués
31:29tous
31:29c'est à cause de ça
31:30qu'on est sortis dehors
31:31et qu'on a dit
31:32qu'ici on mord
31:32on va mourir ensemble
31:34parce que nous
31:34on ne peut pas accepter
31:35que vous nous cachiez
31:37et puis qu'on
31:39est en train
31:39de nous protéger
31:40et puis vous
31:40vous êtes en train
31:41de mourir
31:41ça c'est une idée
31:43à laquelle
31:43que la peuple
31:44et l'armée
31:45l'armée comme police
31:46quand elles sont ensemble
31:48peuvent faire quelque chose
31:49d'autrement
31:50c'est vrai que
31:52la
31:53comment on dit
31:54d'autrement
31:55tu ne peux pas
31:55te dire
31:56qu'on peut vivre
31:58la liberté
31:58et en plus
32:00des gens
32:00qui sont sortis
32:00de là-bas
32:01c'est à cause
32:02de parce que
32:03les
32:05les militants
32:06de
32:06Assaïch
32:07les militants
32:08de police
32:08d'Ala Peshir Marsoud
32:10et l'administration autonante
32:12pour bien comprendre
32:13Noupelda
32:14pardon
32:14pour bien comprendre
32:15en fait
32:16les forces
32:17qui étaient déployées
32:17à Alep
32:18dans ces quartiers
32:19kurdes
32:19ce n'étaient pas
32:20des militaires
32:22des forces démocratiques
32:23syriennes
32:23c'était
32:23des Assaïch
32:24c'était la police
32:26kurde
32:26de l'administration
32:29autonome
32:29exactement
32:31et hier
32:32Jolani
32:33il est sorti
32:34il dit non
32:34c'est des militants
32:35de CDF
32:36et c'est des militants
32:37de KCD
32:38il est en train
32:39de dire tout ça
32:40mais c'était
32:41les enfants
32:41de Alep
32:42c'était les enfants
32:43d'Eshlefi
32:44ou Shirmasoud
32:45qui ont défendu
32:46leur quartier
32:47contre les armées
32:50Jolani
32:51quoi
32:51et ce qui est
32:52comment ils ont pu
32:53sortir de là-bas
32:54c'est parce que
32:55les polices
32:57de l'Assaïch
32:58d'Eshlefi
33:00Shirmasoud
33:00ils ont dit
33:01nous sommes d'accord
33:02que vous
33:03vous faire sortir
33:04vous sortez
33:05les enfants
33:06et les femmes
33:06et les vieux
33:07et les vieilles
33:08et puis comme ça
33:09nous on peut
33:10combattre contre vous
33:11on continue
33:12mais il faut faire sortir
33:13les peuples
33:15il faut faire sortir
33:16des cibles
33:16c'est à cause de ça
33:17qu'ils ont laissé
33:18que les peuples
33:18sortent
33:19ils sont venus
33:21vers nous
33:22dans le quartier
33:23dans l'endroit
33:24à laquelle
33:24l'administration autonome
33:26et puis
33:27ce qui encore
33:29pourquoi je parle
33:30de tout ça
33:30je vais venir
33:31c'est parce que
33:32quand ils sortent
33:33de cet endroit
33:34l'armée
33:38djihadiste
33:39qui leur disait
33:39allez allez
33:40allez à cet endroit
33:41on va venir vous voir
33:42là-bas aussi
33:43et puis ils les insultaient
33:45et puis ils faisaient tout
33:46et puis surtout
33:47les femmes aujourd'hui
33:48qui sont restées dedans
33:49on ne sait pas
33:52combien de femmes
33:53et l'hommes
33:54et le peuple
33:55de Makhsoud
33:57et les chefs
33:57qui sont restés là-bas
33:59la première chose
34:00c'est ça
34:00et la deuxième chose
34:01ce qui est important
34:03qu'on le voit
34:04ils sont en train
34:06de violer
34:07ils sont en train
34:08de
34:10comment on dit
34:10d'attaquer les femmes
34:12avec
34:13la façon
34:14à laquelle
34:15comme humain
34:17tu ne peux pas
34:17le supporter
34:19juste pour
34:20revenir un petit peu
34:21en arrière
34:21Nopelda
34:22il faut rappeler
34:23que les territoires
34:24qui sont à l'ouest
34:26de l'Euphrate
34:27avaient déjà fait
34:29l'objet
34:29d'opérations
34:30de nettoyage ethnique
34:32avec
34:33des Kurdes
34:35qui ont dû fuir
34:35les zones
34:36qui ont été occupées
34:37par la Turquie
34:38par les supplétifs
34:39islamistes
34:40de la Turquie
34:41et beaucoup de ces gens
34:42par exemple
34:43des réfugiés d'Afrine
34:44étaient allés vers Alep
34:46et sont aujourd'hui
34:47obligés à nouveau
34:48de se déplacer
34:51ailleurs
34:52est-ce qu'il y a
34:53une volonté
34:53en fait
34:54de vider
34:55tous ces territoires
34:57de leur population
34:58kurde
35:01justement
35:02ce qu'ils veulent faire
35:03c'est ça
35:03c'est changer
35:04de démographie
35:05de Alep
35:06Cheikh Marsoud
35:07Eshrefier
35:08Afrin
35:12le quartier
35:13à laquelle
35:13tu as dit
35:14l'Est
35:14de l'Ouest
35:15Sud
35:16de Frat
35:18quoi
35:18et ce qui est
35:21malheureux pour eux
35:22c'est la troisième fois
35:23qu'ils sont en train
35:24de réfugiés
35:25à leur place
35:26et c'est vrai
35:27que c'est pas
35:28facile du tout
35:30c'est de changer
35:32le quartier
35:33c'est de changer
35:34le territoire
35:35c'est de changer
35:36avec la psychologie
35:38de guerre
35:39c'est pas si facile
35:40pour eux
35:41de faire ça
35:41mais ce qui est important
35:43ce qui est
35:44il faut tirer
35:46l'attention dessus
35:47et dire
35:47on va revenir
35:48on va retourner
35:49on a la croyance
35:52à nos assaiches
35:53et nos polices
35:54qu'avec eux
35:56pas que
35:57seulement avec l'assaiches
35:58mais aussi
35:59qu'ils soutiennent
36:01qu'ils ont
36:02toujours
36:03n'acceptons pas
36:05ce changement
36:07démographique
36:07elles disont
36:08toujours
36:09qu'elles vont
36:09repartir
36:10elles vont repartir
36:11à Eshlefi
36:12et Sheikmarslout
36:13aussi
36:14à Flin
36:15et c'est vrai
36:16que c'est pas
36:16si facile
36:17non plus ici
36:18au mandat
36:19à laquelle
36:20quand on dit
36:20Jizile
36:21il y a autant
36:22de gens
36:23qui venent ici
36:24leur accueillir
36:26il y a tout
36:27tous les peuples
36:27qui sont ici
36:28à Rojava
36:30descendus
36:30elles sont sur la place
36:31d'aider
36:32comment il faut
36:33s'aider
36:33parce que
36:34nous on a bien appris
36:35comme les peuples
36:36kurdes
36:36nos blessés
36:37c'est nous
36:38on peut le faire bien
36:40parce qu'on voit
36:41la voix
36:42on n'entend pas
36:43la voix
36:44les peuples
36:45qui sont dehors
36:46qui devront
36:47faire le soutien
36:49mais aujourd'hui
36:49on n'entend pas
36:50beaucoup
36:50il y a
36:51que
36:52les peuples
36:53catalans
36:54qui sont sortis dehors
36:56qui étaient avec nous
36:57pour faire entendre
36:58leur voix
36:59et aussi
36:59on attend
37:00la France
37:01parce que
37:01les peuples
37:01France
37:02elles sont connues
37:03contre
37:03l'idée
37:05de l'état
37:07patriarcal
37:08on connaît
37:09la peuple
37:10France
37:10qui n'acceptons
37:11toujours pas
37:11qui n'ont jamais
37:12accepté
37:12et c'est à cause
37:13de ça
37:13il y a beaucoup
37:14de révolutions
37:15là-bas
37:15et encore
37:16aujourd'hui
37:16qui n'acceptons
37:17pas l'état
37:18l'idée
37:19patriarcale
37:20et l'état
37:20qui est
37:21l'idée
37:21capitaliste
37:22et
37:23on devrait
37:24être la voix
37:25ensemble
37:25parce que
37:26Daesh
37:28et Jolani
37:29ce n'est pas
37:30un problème
37:32que pour nous
37:33c'est un gros
37:34problème
37:34pour tous
37:35les peuples
37:35de monde
37:36Justement
37:37Noupelda
37:37tous ces événements
37:39ils interviennent
37:39dans un contexte
37:40où il y avait eu
37:41des négociations
37:43engagées
37:44entre
37:44l'administration
37:46autonome
37:47les forces
37:48démocratiques
37:49syriennes
37:50le mouvement
37:51kurde
37:51et
37:52le pouvoir
37:53de
37:54Damas
37:55le pouvoir
37:56d'Ahmed Al-Shara
37:56d'Al-Jolani
37:58ces négociations
38:00elles avaient
38:00abouti
38:01à des formes
38:02d'accords
38:03de principes
38:04par exemple
38:04sur l'intégration
38:05des forces
38:05démocratiques
38:06syriennes
38:06dans l'armée
38:07syrienne
38:08sur le transfert
38:10par exemple
38:10du pétrole
38:12qui se trouve
38:13au Rojava
38:14sur toute une série
38:15de points
38:15est-ce que
38:16la confiance
38:17elle est aujourd'hui
38:18rompue
38:18entre les kurdes
38:19et le pouvoir
38:20de Damas
38:24on peut dire
38:25qu'on peut
38:26c'était au 10 mars
38:28qu'on a signé
38:30il y avait
38:30huit règles
38:31à laquelle
38:32comme tu as
38:33tu as dit
38:34faire les intégrations
38:36de
38:37KCD
38:38avec l'armée
38:39de
38:39Damas
38:40et le pétrole
38:43comment on peut
38:47travailler
38:47dessus
38:48ensemble
38:48et tout
38:49et aujourd'hui
38:50cette confiance
38:50est bien cassée
38:51parce qu'il est en train
38:53d'attaquer
38:54et puis
38:54il est en train
38:56d'attaquer
38:56encore aujourd'hui
38:57l'endroit
38:58à laquelle
38:59qui est près
39:00de
39:00Tapka
39:01il est en train
39:02d'attaquer
39:03encore aujourd'hui
39:04Tapka c'est un lieu
39:05où il se trouve
39:06pardon
39:06Nouvelle-Dane
39:07Der Hafer
39:08les paysans
39:09de Der Hafer
39:10sans arrêt
39:10il est en train
39:11d'attaquer
39:11avec les avions
39:12avec les pistoles
39:15d'écran
39:17Tapka
39:17c'est un barrage
39:20stratégique
39:21sur le frat
39:21il y avait eu
39:24un accord
39:25sur la gestion
39:26commune
39:26les barrages
39:27sur le frat
39:28sont évidemment
39:28très stratégiques
39:30puisqu'ils permettent
39:31à la fois
39:32l'approvisionnement
39:33en eau
39:34mais aussi
39:34en électricité
39:36Sarah
39:37est-ce que tu
39:37tu veux dire
39:39quelques mots
39:39de cette situation
39:41est-ce qu'il y a
39:41une situation
39:42nouvelle
39:42qui est créée
39:43en Syrie
39:43par les récents
39:45événements
39:45d'Alep
39:46oui
39:46moi je pense
39:47qu'après
39:48la résistance
39:50de Kobané
39:51on est rentré
39:52au Kurdistan
39:53en général
39:54et dans
39:54la manière
39:55dont le Kurdistan
39:56a rayonné
39:57et a éclairé
39:58le monde
39:58dans une
40:00phase
40:01où
40:02l'administration
40:03autonome
40:04a pu
40:05d'une certaine
40:06façon
40:06se faire connaître
40:08pas reconnaître
40:09officiellement
40:09mais connaître
40:10et on a bien vu
40:11que le projet
40:12qui était mené
40:13par le mouvement
40:14de libération
40:14du Kurdistan
40:15était un projet
40:16qui n'était pas
40:18nationaliste
40:19ou qui ne prônait pas
40:20la libération
40:21d'un peuple
40:22au détriment des autres
40:23mais vraiment
40:24qui embrassait
40:25tous les peuples
40:25de la région
40:26qui cherchaient une solution
40:26à cette crise
40:27au Moyen-Orient
40:29et en Syrie
40:30aujourd'hui
40:31avec cette attaque
40:32contre Alep
40:33on voit que
40:33c'est la fin
40:34de cette phase
40:34c'est la fin
40:36de cette phase
40:37et dans un contexte
40:38très très tendu
40:40vous avez donc
40:41d'un côté
40:42les pourparlers
40:42de paix
40:43en Turquie
40:45avec l'appel
40:46d'Abdoulao Jalan
40:48et la dissolution
40:50du parti des travailleurs
40:51du Kurdistan
40:52et tout un processus
40:53donc là
40:53on ne sait pas trop
40:54vers où ça va aller
40:55avec ce qui se passe
40:56dans les autres partis
40:57du Kurdistan
40:57mais en tout cas
40:58avec un espoir
40:58de démocratisation
41:00de la Turquie
41:00parce que le but
41:01c'est ça
41:03en 2013
41:05quand Leila
41:06Sakine
41:07et Fidan
41:08ont été assassinés
41:09il y avait aussi
41:10cet espoir
41:11de pourparler
41:11mais on voit bien
41:13qu'il y a
41:14des forces
41:15au sein
41:16des états
41:17qui ne veulent pas
41:19qu'il y ait
41:22des accords
41:22entre les Kurdes
41:24et les différents
41:25gouvernements
41:25des pays
41:27dans lesquels
41:27ils vivent
41:28des états
41:28dans lesquels
41:29ils vivent
41:29on voit
41:30que
41:31quelques jours
41:33avant cette attaque
41:34à Alep
41:34il y a eu
41:35des réunions
41:36à Paris
41:37notamment
41:38avec les représentants
41:39des affaires étrangères
41:40de Syrie
41:41d'Israël
41:42et ici
41:43du gouvernement
41:43français
41:45qu'est-ce qui a été
41:46discuté
41:46on ne le sait pas
41:47et je pense
41:48qu'on peut demander
41:48de la transparence
41:49de la part
41:51du gouvernement
41:52français
41:52ce qu'on sait
41:53c'est que
41:54quelques jours plus tard
41:55alors que normalement
41:56il devait y avoir
41:57des accords
41:57avec les forces
41:58démocratiques syriennes
41:59alors que
42:00visiblement
42:02ouvertement
42:03au niveau international
42:03on parle d'une Syrie
42:04dans laquelle
42:05tous les peuples
42:06pourraient avoir
42:06leur place
42:07dans le processus
42:08de transition
42:09dans la réalité
42:11on attaque
42:12Alep
42:12dans le silence
42:14total
42:14donc ça aussi
42:16c'est un changement
42:17vraiment de politique
42:18envers
42:19pas seulement
42:19le peuple kurde
42:20mais en fait
42:20envers
42:21quel projet
42:22on veut en Syrie
42:22quel type
42:23de modèle
42:24auparavant
42:24les attaques
42:25sur la côte
42:27les attaques
42:28contre les druzes
42:29des attaques
42:31un peu
42:32ciblées
42:33et récurrentes
42:34contre les minorités
42:35les alaouites
42:36les druzes
42:37etc
42:37donc on voit en fait
42:39quelqu'un comme
42:40Al-Shara
42:41qui était
42:41on le sait
42:42qui était
42:43une personnalité
42:46importante
42:46de l'état islamique
42:47puis qui a changé
42:48en fait
42:49de vêtements
42:50on va dire un peu
42:51et qui se retrouve
42:52aujourd'hui
42:52en fait
42:53reçu
42:53dans toutes les grandes
42:54instances internationales
42:56ou à l'Elysée
42:57ou il va être
42:58dans quelques jours
42:59en Allemagne
43:00voilà
43:01on normalise
43:02quelque chose
43:03qui il y a quelques années
43:04était impensable
43:06d'un autre côté
43:07on sacrifie
43:07encore une fois
43:08pour des intérêts
43:09pas simplement
43:10le peuple kurde
43:11bien sûr
43:11le peuple kurde
43:12mais il n'y a pas
43:12que les kurdes
43:13il faut bien le dire
43:13c'est tous les peuples
43:14de la région
43:15qui proposent
43:16un autre modèle
43:17qui s'appelle
43:18le confédéralisme
43:19démocratique
43:19et quand on voit
43:21la crise aussi
43:22en ce moment
43:22en Iran
43:23et ce régime iranien
43:25qui s'entête
43:27avec sa politique
43:28tyrannique
43:29envers toute forme
43:30d'opposition
43:31une alternative
43:32des alternatives
43:33qui sont proposées
43:34il y en a une
43:35et c'est le confédéralisme
43:36démocratique
43:37comme on a vu en Syrie
43:38et ça peut fonctionner
43:39la question c'est
43:40de savoir
43:41qui derrière
43:43empêche
43:43que ces projets
43:45puissent fleurir
43:46et vraiment
43:47je pense que
43:48c'est important
43:49aujourd'hui
43:49dans l'air
43:51dans laquelle
43:51on se trouve
43:52dans un changement
43:53on va dire
43:56de système
43:57on le voit
43:58partout dans le monde
43:59pas que au Moyen-Orient
44:00mais c'est très palpable
44:01au Moyen-Orient
44:02que en fait
44:03cette proposition
44:04de confédéralisme
44:05démocratique
44:06ce projet
44:07des femmes kurdes
44:08ce projet
44:08des peuples
44:09de la région
44:10c'est vraiment
44:10quelque chose
44:11qu'il faut faire connaître
44:12c'est quelque chose
44:12qu'il faut défendre
44:14et
44:16desquelles
44:17on peut s'inspirer
44:18aussi dans nos localités
44:19aujourd'hui
44:19par exemple
44:20si on voit
44:21notre situation
44:21aussi
44:22en France
44:23la montée du fascisme
44:25d'un côté
44:25l'incertitude
44:27de l'avenir
44:28et voilà
44:29des forces politiques
44:30qui ont du mal
44:31peut-être
44:32justement à trouver
44:33des alternatives
44:33on peut s'inspirer
44:34de ces projets-là
44:35pour pouvoir essayer
44:36de vivre ensemble
44:38et d'empêcher
44:38les guerres
44:39et c'est ce que
44:39les Kurdes
44:40et les femmes kurdes
44:41essayent de faire
44:42et je pense que
44:43porter leur voix
44:43aujourd'hui
44:44c'est vraiment
44:45très important
44:46porter leur projet
44:48Sylvie
44:49Sarah vient de l'évoquer
44:51un peu
44:51mais est-ce que
44:52les événements
44:53en cours
44:54en Syrie
44:56et ces attaques
44:58contre les Kurdes
44:59dans lesquelles
45:00est aussi impliquée
45:01la Turquie
45:02qui est un des premiers
45:02alliés du pouvoir
45:03actuel de Damas
45:04est-ce que ces événements
45:06ils peuvent
45:06mettre en cause
45:08le processus
45:09qui a été
45:10engagé
45:11avec
45:11la dissolution
45:13du PKK
45:14et la décision
45:15de déposer
45:16les armes
45:16est-ce que
45:17ça ferme la porte
45:18au processus
45:19de paix
45:20que tout le monde
45:21espère
45:21dans la région
45:22je pense pas
45:24qu'on puisse
45:24faire une réponse
45:25définitive
45:27parce que
45:28c'est sûr
45:29que ça le menace
45:31ça le menace
45:33parce que
45:34pardon
45:37ça affaiblit
45:39on est dans ce monde
45:41d'interaction
45:42très très forte
45:43donc
45:44quand
45:45dans un endroit
45:47les forces progressistes
45:49sont atteintes
45:50ça fait reculer
45:51tout le monde
45:52ça fragilise
45:52tout le monde
45:53et c'est pourquoi
45:54il faut renforcer
45:55la démarche
45:56de solidarité
45:57pour permettre
45:59aux expériences
46:00démocratiques
46:01nouvelles
46:01de gagner
46:04est-ce
46:04alors
46:06je pense
46:06sur le fond
46:07je ne pense pas
46:09ce qui est possible
46:10c'est qu'il peut y avoir
46:11des fragilités
46:13il peut y avoir
46:14des doutes
46:15et il y en a
46:16chez nos amis
46:18de l'UDEM
46:19par exemple
46:19qui est le parti
46:22progressiste
46:22de Turquie
46:23et qui mène
46:24les négociations
46:26il peut y avoir
46:27des doutes
46:28il peut y avoir
46:29des impatiences
46:31il peut y avoir
46:32des peurs
46:32que tout recommence
46:34comme avant
46:35et d'ailleurs
46:36c'est
46:36c'est exprimé
46:39mais
46:39il faut aussi
46:40prendre en compte
46:41une donnée
46:43assez essentielle
46:44chez les kurdes
46:45c'est
46:46leur culture
46:47et leur culture
46:48de résistance
46:51et
46:51je crois
46:53qu'en Turquie
46:54comme au Rojava
46:55on voit la résistance
46:56de nos amis
46:58en Turquie
46:59nos amis
47:00ne lâcheront pas
47:01comme ça
47:02cette idée
47:03de
47:04de démocratie
47:05et de paix
47:06le PKK
47:06s'y est complètement engagé
47:08pour avoir déposé
47:09les armes
47:09il faut
47:09mesurer
47:11l'acte
47:11absolument historique
47:12que ça représente
47:13et les répercussions
47:15et eux-mêmes
47:16les premiers dirigeants
47:17du PKK
47:18ont dit
47:18on dépose
47:19les armes
47:20c'est pas pour
47:20les reprendre
47:21comme ça
47:22au détour
47:23d'un mécontentement
47:24donc
47:26ils se sont
47:26complètement engagés
47:28tous
47:29dans une démarche
47:31de construction
47:32démocratique
47:35dans une volonté
47:37de paix
47:39et malgré
47:40les difficultés
47:41ça prendra
47:42probablement
47:42plus de temps
47:43qu'on ne pouvait
47:43le souhaiter
47:44je pense que ça
47:45peut déboucher
47:46parce que
47:48en Turquie
47:50Turc
47:50et Kurdes
47:52et toutes
47:52les populations
47:53de Turquie
47:54en ont marre
47:56de la guerre
47:58en ont marre
47:59de la guerre
47:59d'abord parce qu'ils
48:00perdent beaucoup
48:01des leurs
48:01parce que
48:03ça coûte une fortune
48:04donc ça crée
48:05énormément de pauvreté
48:07énormément de précarité
48:08on en parle moins
48:10mais de ce point de vue
48:10la Turquie va très mal
48:12beaucoup d'isolement
48:13et donc
48:15il y a vraiment
48:16un ras-le-bol
48:16dans le pays
48:17il y a un ras-le-bol
48:18du pays
48:18c'est aussi pourquoi
48:19ici et là
48:20il y a des convergences
48:21qui peuvent se créer
48:22au sein des forces
48:24de gauche
48:25donc
48:26moi je garde espoir
48:28c'est sûr
48:29qu'il y a une condition
48:30pour ça
48:33qui est je dirais
48:34à l'ordre du jour
48:35de tous les peuples
48:35du monde
48:36et d'une autre
48:37comme
48:39les peuples de Turquie
48:41et du Moyen-Orient
48:42en général
48:42et du monde
48:44c'est que
48:46on a
48:47il faut absolument
48:50qu'on trouve
48:51on ait l'intelligence
48:53les mots
48:54les volontés
48:56la confiance
48:57pour mettre ce monde
48:59sur les rails
49:00de la paix
49:01et de la justice
49:02ça c'est vraiment
49:03une question
49:04à l'ordre du jour
49:05et effectivement
49:06Nupelda
49:06quand elle appelle
49:07à la solidarité
49:09il faut le prendre au sérieux
49:11parce que
49:12selon ce qui va se passer
49:13maintenant en Syrie
49:14et au Rojava
49:16ça aura des répercussions
49:18directes
49:19pas seulement
49:19chez les Kurdes
49:20comme vient de le dire
49:22Sarah
49:23mais sur le tout
49:24le Moyen-Orient
49:25et il y a
49:26des gros enjeux
49:27au Moyen-Orient
49:27il y aura des répercussions
49:28sur l'Iran
49:30donc
49:33je crois
49:34qu'on a
49:39on peut être
49:39en situation
49:40de réflexion
49:42mais
49:43on doit garder
49:44le chemin
49:45de la volonté politique
49:47pour que
49:48la démocratie
49:49et la paix
49:50gagnent
49:51je crois que c'est
49:52notre responsabilité
49:53à chacun
49:53merci Sylvie
49:55avant de redonner
49:56la parole à Nupelda
49:57je voudrais juste
49:58faire un petit salut
49:59aux gens qui nous suivent
50:00en direct
50:00et qui nous disent
50:01bonjour sur le chat
50:05Nupelda
50:05je te pose un peu
50:06le même type
50:08de question
50:08comment est-ce que
50:10vous là-bas
50:11au Rojava
50:12et dans la situation
50:13qui est la vôtre
50:15à ce stade
50:16comment vous voyez
50:17l'avenir
50:18du processus
50:19de paix
50:19auquel appelle
50:20Abdoula Oujalan
50:22avec
50:23la décision
50:25de dissoudre
50:26le PKK
50:27et d'abandonner
50:28la lutte armée
50:29est-ce que
50:30ce processus
50:32de paix
50:33il existe
50:35encore
50:35des possibilités
50:36de l'ouvrir
50:37aujourd'hui
50:40je crois
50:41qu'elle ne nous entend
50:42plus
50:43on a un problème
50:44de liaison
50:47avec le
50:48avec le Rojava
50:49tant pis
50:52du coup
50:52je me tourne
50:53vers toi
50:53Sarah
50:55comment tu vois
50:56les choses
50:56sur la suite
50:58du processus
50:59engagé en Turquie
51:02c'est un processus
51:04qui est fondamental
51:05comme l'a dit aussi
51:06Sylvie
51:07aujourd'hui
51:07en fait
51:08tout est lié
51:09on va dire
51:11pour les quatre parties
51:12du Kurdistan
51:13mais aussi
51:13pour les peuples
51:14de Turquie
51:15pour les peuples
51:15d'Iran
51:16les peuples
51:16d'Irak
51:17et les peuples
51:17de Syrie
51:18si c'est pour parler
51:20en Turquie
51:21aboutirait
51:22à une nouvelle constitution
51:24qui reconnaisse
51:25la plurinationalité
51:28ou en tout cas
51:28l'ensemble
51:29la diversité
51:30des peuples
51:31qui vivent
51:31sur le territoire
51:32et donner des droits
51:33fondamentaux
51:34culturels
51:35et le droit
51:35surtout
51:38aux personnalités
51:40du mouvement
51:41de libération
51:41du Kurdistan
51:42de pouvoir
51:43mener
51:44une politique
51:45démocratique
51:46de manière libre
51:47sans avoir
51:49à faire face
51:50à la répression
51:51ça pourrait
51:52bien entendu
51:53apaiser
51:54les conflits
51:55dans la région
51:56ça pourrait être
51:57un modèle
51:58aussi
51:58qui pourrait
52:00inspirer
52:01les autres
52:02les autres
52:03états
52:03autour de la Turquie
52:05et empêcher
52:06surtout
52:07de nouvelles
52:08interventions
52:08hégémoniques
52:09des puissances
52:10hégémoniques
52:10et ça c'est très important
52:11c'est à dire
52:12que ce soit
52:12les peuples
52:13de la région
52:13qui prennent
52:14leurs propres
52:15décisions
52:15et le peuple
52:17kurde
52:18a des propositions
52:22très claires
52:23et la dernière chose
52:24qui est très importante
52:25aussi
52:25c'est que
52:26la personne
52:28la personnalité
52:28la plus importante
52:29qui justement
52:30pousse
52:31à la fin
52:33des conflits
52:34et à cette
52:35union démocratique
52:37c'est Abdullah Ocalan
52:38qui est encore
52:39emprisonné
52:40qui est encore
52:40d'une certaine façon
52:42dans une situation
52:43d'isolement
52:45mais qui appelle
52:45vraiment
52:47à trouver
52:48des accords
52:49à long terme
52:51pour pouvoir
52:52trouver une issue
52:54positive
52:55à cette guerre
52:57au Moyen-Orient
52:58alors on a retrouvé
53:00on a retrouvé
53:02on a retrouvé
53:02Nupelda
53:02qui s'est
53:04reconnecté
53:05voilà
53:05on t'entendait plus
53:06on te voyait
53:07mais on ne t'entendait plus
53:09Nupelda
53:10la question
53:10que je te posais
53:11c'est
53:13au regard
53:14de la situation
53:17extrêmement dégradée
53:18tendue
53:19qui est la vôtre
53:20au Rojava
53:21aujourd'hui
53:22comment est-ce que
53:23vous voyez
53:24l'avenir
53:25du processus
53:26de paix
53:27auquel
53:27appelle
53:28Abdullah Ocalan
53:29après la dissolution
53:32du PKK
53:33et après la décision
53:35d'abandonner
53:36la lutte armée
53:36est-ce que
53:37de votre point de vue
53:39là-bas
53:39ce processus
53:40de paix
53:41auquel
53:41les Kurdes
53:42aspirent
53:42est-ce qu'il peut
53:43s'ouvrir
53:43dans les circonstances
53:45d'aujourd'hui
53:47Justement
53:48je voulais parler
53:49de ça
53:49que
53:50si
53:51les Turcs
53:52continuent
53:53à nous voir
53:54comme un terroriste
53:55les Kurdes
53:56de Rojava
53:56ils ne peuvent pas
53:58avoir la paix
54:00et la liberté
54:01de solution
54:02des Kurdes
54:03nord
54:04des Kurdes
54:05de Turquie
54:06ça c'est clair
54:07et aussi
54:08cher
54:09Abdullah Ocalan
54:10aussi
54:10qui dit ça
54:11si
54:12vous attaquez
54:13les peuples
54:14Kurdes
54:15de Rojava
54:15ça veut dire
54:17vous n'acceptez pas
54:18avoir la solution
54:19avec les Kurdes
54:20du nord
54:20ça c'est la réalité
54:22et en plus
54:23dans leur chaîne
54:24leurs ministres
54:25de différents
54:27partis
54:28de
54:29parlement
54:30de Turquie
54:31qui parlent
54:31et qui n'acceptent pas
54:33cette attaque
54:34par rapport à Alep
54:35et par rapport à Rojava
54:36parce qu'ils savent
54:37que cette attaque
54:38ça veut dire
54:39que c'est à la fin
54:39de Turquie
54:41comme l'état turc
54:42et ceux qui vont
54:43leur sauver
54:44qui peuvent leur sauver
54:45aussi c'est
54:46l'idée
54:48qu'a proposée
54:49cher Abdel Jalan
54:50et aussi
54:51l'idée
54:52qu'avec tous les Kurdes
54:54à les quatre côtés
54:57tu les prends
54:58ensemble
54:59parce qu'ici
55:00il y a
55:00l'Iran
55:01il y a la guerre
55:02et en plus
55:03à Rojava
55:04il y a la guerre
55:04tu ne peux pas dire
55:05qu'avec les Kurdes
55:06de Turquie
55:07tu vas avoir la paix
55:08ça
55:09ça va être
55:10drôle
55:10et personne
55:11va l'accepter
55:12tu veux dire
55:12que les événements
55:14en cours
55:14en Iran
55:15en Syrie
55:16elles ont forcément
55:17des répercussions
55:17régionales
55:18et des répercussions
55:19sur la Turquie
55:20et sur ce qui se passe
55:21en interne
55:21en Turquie
55:23justement
55:24parce qu'ils devront
55:25accepter
55:25s'ils acceptent
55:27la paix
55:28comme l'idée
55:29d'Abdoulou Jalan
55:30ils devraient être
55:31d'accord
55:31avec les Kurdes
55:32de Rojava
55:33et les Kurdes
55:33d'Iran
55:34et Irakoua
55:37avec la même idée
55:38avec la proposition
55:39qu'il a faite
55:40Abdoulou Jalan
55:42une proposition
55:43qui évidemment
55:45ne se limitait pas
55:46aux frontières
55:47de la Turquie
55:48mais
55:50porte aussi
55:51un projet
55:52régional
55:53un projet
55:53démocratique
55:54un projet
55:55de paix
55:57notre conversation
55:59touche à sa fin
56:01merci à toutes les trois
56:02d'avoir répondu
56:03à notre invitation
56:04désolé Faza
56:05oui
56:05tu veux ajouter
56:06quelque chose
56:07je veux juste dire
56:08quelque chose
56:09à la fin
56:09parce que
56:10comme
56:10les armées
56:13de Daesh
56:14et des djihadistes
56:17de Alep
56:18ils font
56:18très attention
56:19je veux tirer
56:21l'attention
56:22que tout le monde
56:22le sache
56:23ils font très attention
56:24à ce qui s'est passé
56:26ne soit pas
56:28reflété
56:29dans la presse
56:30c'est une branche
56:32et ils ont appris
56:33de leur propagande
56:35contre les Aleviques
56:36et les Diorziques
56:39n'ont certainement pas permis
56:41qu'une image
56:42apparaissant
56:43dans ces massacres
56:45et ils essayant
56:50de leur tuer
56:51en silence
56:52surtout à Alep
56:53ils essayant
56:54de tuer
56:55en silence
56:55et de se montrer
56:57comme un homme
56:58bon
56:58et une autre chose
57:00est-il
57:00qu'ils ignoront
57:03leur guerre
57:04étranger
57:05parce que dans
57:06leur guerrier
57:07il y a beaucoup
57:07d'étrangers
57:09qui sont en train
57:10de combattre
57:11pour l'idée
57:11djihadiste
57:12mais ils sont
57:13en train
57:14de dire toujours
57:14qu'à Alep
57:16et puis à nord-est
57:17de Syrie
57:18il y a des étrangers
57:19comme des Kurdes
57:20du nord
57:21des Kurdes
57:21du ouest
57:22et puis
57:22il y a des étrangers
57:24qui ne nous acceptent pas
57:26et c'est à cause
57:27de ça
57:27qu'ils disent
57:27qu'ils nous attaquent
57:28et en plus
57:29dans leur armée
57:30il y a beaucoup
57:30de guerriers
57:33qui sont des autres pays
57:34On a bien entendu
57:35le message
57:38Noupelda
57:38et tu fais bien
57:39d'attirer l'attention
57:40là-dessus
57:41et justement
57:41ça me fait une bonne transition
57:42pour en savoir plus
57:43à la fois
57:44sur cette affaire
57:46qui n'a toujours pas été
57:49pour laquelle
57:49la justice
57:50n'est pas allée au bout
57:51donc le triple assassinat
57:53de Sakine
57:54Rojbin
57:55et Leila
57:56pour en savoir plus
57:57sur cette affaire
57:57et pour en savoir plus
57:58sur la question kurde
58:00n'hésitez pas
58:01à consulter
58:01notre site
58:02humanité.fr
58:03vous pourrez y retrouver
58:04des reportages
58:05des décryptages
58:06des interviews
58:07n'hésitez pas
58:08à vous abonner
58:09à soutenir l'humanité
58:10merci à toutes et tous
58:12merci à ceux
58:12qui nous ont suivis