Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Pendant la guerre en Syrie, les Kurdes se sont battus contre les djihadistes de l’Etat Islamique. Mais la Turquie, voisine, considère les combattants Kurdes comme des terroristes. Avec l’opération militaire “source de paix” lancée le 9 octobre, elle les a forcés à fuir les secteurs frontaliers. Plusieurs Français avaient rejoint les Kurdes, dans leur région, le Rojava. Code source vous propose aujourd’hui le témoignage de l’un d’entre eux. Il se fait appeler André Hébert, il a 28 ans. Il s’est battu avec les Kurdes en 2015 et en 2017. Il raconte son histoire au micro de Clawdia Prolongeau. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Garnier-Amouroux et Stéphane Geneste - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian - Archives: BFM TV, Europe 1, France 2, France 3

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Pendant la guerre en Syrie, les Kurdes se sont battus contre les djihadistes de l'État islamique.
00:16Mais la Turquie voisine considère les combattants kurdes comme des terroristes.
00:20Avec l'opération militaire Source de Paix lancée le 9 octobre, elle les a forcés à fuir les secteurs frontaliers.
00:26Plusieurs Français avaient rejoint les Kurdes dans leur région, le Rojava.
00:30Et CodeSource vous propose aujourd'hui le témoignage de l'un d'entre eux.
00:34Il se fait appeler André Hébert, il a 28 ans, il s'est battu avec les Kurdes en 2015 et
00:40en 2017.
00:41Il raconte son histoire à Claudia Prolongeau.
00:47Je suis tombée sur lui par hasard.
00:49Le 11 octobre, deux jours après l'offensive turque contre les Kurdes de Syrie,
00:53une tribune dans Libération signée d'un collectif a attiré mon attention.
00:57Elle appelait à ne pas abandonner cette population.
01:00Sur Facebook, j'ai contacté ce collectif et quelques heures plus tard,
01:05André Hébert m'a appelé et m'a proposé qu'on se rencontre.
01:08Je m'appelle André Hébert, j'ai 28 ans, je suis militant communiste depuis l'âge de 14 ans.
01:13J'ai grandi à Paris dans un milieu bourgeois, catholique.
01:18J'ai été intéressé à la politique à mon adolescence.
01:21Quand j'étais étudiant, on avait un journal avec un camarade.
01:25Donc c'était plus des initiatives individuelles ou en petits groupes qu'autre chose.
01:33Est-ce que vous vous souvenez du moment où vous avez eu une prise de conscience sur la situation des
01:39Kurdes ?
01:40Oui, c'était fin 2014 au moment de la bataille de Kobané.
01:43Depuis la frontière turque, le panorama sur le district syrien de Kobané.
01:51L'aviation de la coalition y a mené ces dernières heures plusieurs raids
01:55contre les éléments armés de l'organisation État islamique qui assiège la troisième ville kurde de Syrie.
02:02Le 13 septembre 2014, les forces djihadistes de l'État islamique lancent une offensive contre la ville de Kobané, au
02:08nord de la Syrie.
02:09Elle est alors défendue par les troupes kurdes, membres du YPG, c'est-à-dire de la branche armée du
02:14Parti démocratique syrien,
02:16qui s'oppose depuis le début de la guerre civile en 2011 à Bachar el-Assad.
02:20J'étais d'abord impressionné par le courage des défenseurs de Kobané
02:27et ça m'a amené à m'intéresser de plus près à qui étaient ces Kurdes qui combattaient l'État
02:32islamique
02:33et je me suis rendu compte que ce n'était pas simplement un combat contre l'État islamique ou pour
02:38leur terre.
02:38Il y avait aussi un véritable projet révolutionnaire derrière
02:41et que ce projet correspondait dans ses grandes lignes à la façon dont je voulais voir la société changer en
02:47tant que militant communiste.
02:48À partir de là, j'ai immédiatement compris qu'il fallait que je participe à ce qui était en train
02:54d'être construit là-bas
02:56et rapidement j'ai aussi compris que si je voulais être cohérent avec cette démarche et l'amener jusqu'au
03:00bout,
03:01ça impliquait un engagement armé vu le contexte sur place.
03:05Il m'a fallu quelques mois après cette prise de conscience pour m'organiser et contacter les gens là-bas
03:12et finalement pour pouvoir m'y rendre pour la première fois l'été 2015.
03:17André prend contact via un groupe Facebook, les Lyons du Rojava, du nom d'une région autonome dans le nord
03:23-est de la Syrie.
03:24Des membres du YPG lui répondent.
03:26Ensuite un entretien très rapide, on appelle Visio et puis ensuite, une fois qu'on avait réservé le billet d
03:34'avion,
03:35on leur envoyait la copie du billet d'avion de notre passeport et ils venaient nous chercher à l'aéroport.
03:38Et donc à l'âge de 24 ans, je suis allé au Kurdistan syrien pour rejoindre les rangs du YPG,
03:47les unités de protection du peuple qui sont les forces armées des Kurdes de Syrie.
03:52Jusqu'à l'été suivant, en même temps qu'il termine ses études d'histoire, André Hébert prépare son départ.
03:57Il n'en parle ni à sa famille ni à ses amis et prétexte un poste à l'étranger qui
04:01le contraint à quitter la France pour plusieurs mois.
04:03J'ai simplement pris des vêtements, des choses comme ça, puisque je ne voulais pas éveiller les soupçons si jamais
04:09mon sac était fouillé.
04:11Et finalement, ma valise s'est perdue en route et en fait je suis arrivé là-bas sans rien, mais
04:17j'ai eu besoin de rien puisqu'on m'a tout fourni sur place.
04:20J'étais enthousiaste d'aller là-bas, d'enfin participer à une révolution, c'est ce sentiment-là qui dominait.
04:27J'avais peur aussi, évidemment. J'avais aussi ressenté une sorte de malaise au fait d'avoir menti à tout
04:32le monde sur les raisons de mon départ.
04:34Il y avait vraiment beaucoup de sensations mêlées, mais j'avais enfin une occasion de participer à quelque chose de
04:42réel,
04:42quelque chose qui restait dans l'histoire et qu'il fallait que je saisisse cette opportunité.
04:46André Hébert atterrit à Souleymanie, un village du Kurdistan irakien, où des membres du YPG basés dans la région viennent
04:52le chercher.
04:53Immédiatement, il monte dans une voiture pour un trajet de 11 heures qui l'emmène de l'autre côté de
04:57la frontière, dans la région autonome du Rojava.
05:00Il y avait d'autres volontaires étrangers, il y avait un britannique et deux américains avec moi dans la voiture.
05:06Le voyage s'est passé sans encombre ou presque.
05:09Quand on est arrivé dans un camp de la guérilla dans les montagnes en Irak, le camp était en train
05:15d'être bombardé,
05:16donc on a dû partir plus vite que prévu, mais à part ça, il n'y a pas eu de
05:19difficulté.
05:20On a eu un entraînement de trois semaines environ, où il y avait une partie d'entraînement militaire,
05:29mais aussi il fallait qu'on apprenne les bases de la langue kurde avec laquelle on allait communiquer.
05:36Et il y avait aussi des exercices, un peu de sport.
05:41On nous apprenait également à faire une sorte d'hommage militaire au cas où un de nos camarades tomberait au
05:52combat,
05:53qu'on soit prêt pour ce genre de cérémonie.
05:55C'était un entraînement qui était assez minimaliste, mais qui s'est avéré suffisant.
06:02On était tous un peu surpris par le peu d'entraînement au tir.
06:06On n'a tiré que très peu de balles avant de rejoindre le front.
06:11Mais le premier front qu'on a rejoint finalement était assez calme,
06:16donc on a pu continuer à apprendre ensuite aux contacts de camarades plus expérimentés.
06:21Ça ne s'est pas avéré être un problème par la suite,
06:24mais sur le moment on était un peu surpris par ce manque de pratique.
06:27C'était quel type d'armes que vous aviez ?
06:30C'était des kalachnikovs, on a aussi appris à utiliser une mitrailleuse.
06:36On a simplement fait du tir avec ces deux armes-là.
06:42Sur les murs du centre d'entraînement, des portraits de combattants tués lors d'offensives sont accrochés,
06:46pour leur rendre hommage.
06:48Avant de partir au combat elles-mêmes, les nouvelles recrues doivent écrire leur testament
06:51et enregistrer une vidéo d'adieu à leurs proches au cas où les choses tourneraient mal.
06:55André Hébert se prête à l'exercice, puis il est envoyé sur sa première mission.
06:59On nous a demandé quel type d'unité on souhaitait rejoindre,
07:03si certains d'entre nous souhaitaient aussi être volontaires dans le civil.
07:08Et après avoir pris nos voeux en considération,
07:12ils nous ont tous envoyés dans la même unité sur le front de l'Euphrate,
07:18en face de la ville de Jarabulus qui était occupée par l'État islamique.
07:23Tout le groupe d'étrangers qu'on était pendant l'entraînement,
07:26on a tous été envoyés sur les rives de l'Euphrate à cet endroit.
07:30Là, sur ce front-là, il était quand même relativement calme.
07:33Il y avait le combattant de l'État islamique qui était sur la rive d'en face.
07:37Notre principale mission, c'était de nous mettre le plus près possible
07:40et de surveiller l'autre côté du fleuve avec des appareils de vision nocturne.
07:49Et quand on repérait des véhicules, on leur tirait dessus.
07:53Mais globalement, c'était assez calme, assez monotone.
08:00Il y avait parfois quelques bombardements, très peu.
08:02Mais à part ça, rien de spécial à signaler.
08:05Au bout d'une dizaine de jours, André demande à rejoindre une autre unité,
08:09celle du bataillon international de libération,
08:12organisé par des groupes communistes turcs qui combattaient dans l'Eurojava.
08:15Vous étiez où le 13 novembre 2015 ?
08:18J'étais en opération.
08:20Je participais à ma première offensive contre l'État islamique
08:23dans les environs de la ville d'Al-Hol.
08:26Et j'ai appris les attentats avec un petit décalage.
08:29juste à la fin de cette offensive,
08:31quand j'ai pu utiliser mon téléphone et parler à ma famille.
08:35Et même en étant sur place avec tout ce que ça implique,
08:38évidemment, d'apprendre qu'il y avait des attentats là-bas,
08:42dans ma ville d'origine, dans des quartiers que je connais très bien.
08:45C'est sûr que ça a été un choc.
08:47Mais ça m'a conforté dans l'idée que j'étais au bon endroit
08:51et que ce que j'étais en train de faire, c'est bien.
08:53Et ça m'a donné encore plus de motivation pour combattre les djihadistes sur place.
08:58J'ai participé à deux offensives contre l'État islamique.
09:02Et ensuite, je suis rentré en France après neuf mois sur place.
09:10Quand je suis rentré, ça s'est plutôt bien passé.
09:13Il y a eu une convocation au siège de la DGS6 qui était prévisible.
09:18L'entretien s'était plutôt bien passé à ce moment-là.
09:21Et c'est en fait plusieurs mois après que je me suis rendu compte
09:24qu'ils gardaient quand même un oeil sur moi et sur certains autres volontaires
09:28puisque j'avais prévu de repartir sur place en décembre 2016.
09:32Et deux jours avant que je prenne l'avion,
09:34il y a des policiers qui sont venus chez moi pour me prendre mon passeport,
09:37ma carte d'identité,
09:40et m'accuser d'avoir des liens avec l'émanation d'un groupe terroriste
09:45ou de vouloir utiliser mon expérience militaire
09:49pour mener des attaques contre les intérêts français.
09:51Son passeport confisqué, André ne peut plus repartir comme il le souhaitait.
09:55Il laisse filer le temps, commence à écrire son livre
09:57et contacte un avocat pour régler la situation.
10:00Cinq mois plus tard, le tribunal administratif de Paris lui restitue son passeport
10:03confirmant que l'YPG n'est pas un groupe terroriste.
10:07A l'été 2017, André reprend donc l'avion, direction la Syrie.
10:10Cette fois, tout son entourage est au courant.
10:12Je pense qu'ils avaient compris que j'étais déterminé
10:15et que je ne changerais pas d'avis.
10:17Pendant la période où j'étais en France,
10:19il y a un certain nombre de mes camarades
10:21qui sont morts au combat contre les Thaïsémiques.
10:24Et dès ce moment-là,
10:27j'aurais dit que j'allais repartir pour venger mes camarades
10:30et pour suivre ce pour quoi ils avaient combattu.
10:33Donc ça n'a pas été une surprise pour mes proches que j'y retourne cette fois-ci.
10:37Ensuite, comme c'était la deuxième fois que je venais,
10:41que j'avais déjà une expérience militaire,
10:43ils m'ont envoyé directement au front, à Raqqa,
10:47dans une unité pour participer à la libération de cette ville de Raqqa
10:51qui était la capitale syrienne de l'État islamique.
10:54Présentée par Daesh comme sa ville modèle,
10:57Raqqa voit converger vers elle 30 000 combattants kurdes.
11:00L'offensive a été lancée samedi soir.
11:02La dernière semaine, il y a eu un cessez-le-feu
11:05pour faire évacuer les civils que l'État islamique utilisait comme bouclier humain.
11:11Donc on était censé participer à l'assaut final,
11:15notamment contre le stade de Raqqa qui avait été transformé en place forte.
11:19Nous, on était juste en face.
11:22Et je me souviens que certains d'entre eux ont commencé à se rendre
11:26en se faisant passer pour des civils.
11:28On était dans les rues avec un mégaphone
11:31et mes camarades les appelaient à se rendre en arabe et en kurde
11:36et moi je traduisais en français et en anglais.
11:39Et on déambulait dans ces rues en plein jour
11:43alors que si on avait fait ça encore quelques jours avant,
11:46on se serait fait tuer immédiatement.
11:47Et c'était une atmosphère assez étrange.
11:50On nous disait qu'on allait mener un assaut final
11:52mais plus les jours passaient, plus ça paraissait improbable.
11:58On a du mal à parler de la libération de Raqqa,
12:00la libération comme une renaissance
12:01parce que la ville est un amas de ruines,
12:04le siège a duré longtemps
12:05et puis la bataille finale menée par les miliciens kurdes et arabes
12:08épaulée par des forces spéciales a eu un dénouement obscur.
12:11Je me souviens qu'un matin on nous a dit
12:13bon on y va, on va prendre le stade
12:15et deux heures après, on nous a fait monter dans des véhicules civils
12:20et tout le monde est reparti à l'arrière
12:23et quand j'ai demandé qui allait nous remplacer sur le front,
12:26mon commandant m'a dit
12:27personne, la bataille est finie.
12:29Et je me souviens qu'on entendait encore des coups de feu autour
12:33et puis quelques bombardements
12:35mais officiellement c'était terminé.
12:37On a appris assez rapidement
12:39qu'en fait il y avait eu des négociations
12:42et que les forces démocratiques syriennes
12:45avaient décidé de laisser partir
12:47les derniers combattants de Daesh qui étaient là
12:49pour protéger la vie des civils
12:51qu'ils utilisaient comme bouclier humain.
12:53Donc cette décision était la bonne
12:55et on l'a compris assez rapidement.
13:01Après ça, on est arrivé à l'arrière
13:04et il y avait une horde de journalistes qui étaient là
13:06et certains de nos camarades ont fait une danse de victoire
13:10qu'ils font souvent là-bas.
13:12Et voilà, c'était terminé.
13:14J'ai vu à la télévision kurde
13:16ensuite avec des camarades
13:17qu'il y avait des célébrations un peu partout
13:20dans le Kurdistan syrien
13:21pour cette fin de la bataille de Raqqa.
13:25Partout dans la ville,
13:26ce sont les mêmes scènes de Liès.
13:31À la fin de la libération de Raqqa,
13:33le jour où ça a été officiel,
13:35je me souviens que j'ai eu un sentiment
13:38d'accomplissement que je n'avais pas eu encore là-bas
13:42et ça, c'était aussi un très bon souvenir.
13:44Vous avez tué des combattants ennemis ?
13:46Je n'ai jamais eu la confirmation absolue
13:49et définitive que j'avais personnellement tué un ennemi.
13:52Ensuite, il y a des situations
13:54dans lesquelles c'était plus ou moins probable
13:57mais dans tous les cas,
13:58ça n'a jamais été important pour moi.
14:00Ce qui était important pour moi,
14:01c'était de tenir mon rôle
14:04et de faire ce qu'on attendait de moi
14:06du mieux possible
14:07avec le plus de compétences
14:09et le plus de sérieux.
14:10Et si ça passait par tuer l'ennemi,
14:12c'est le but de la guerre.
14:13C'est d'infliger une défaite à l'ennemi
14:16en le mettant hors de combat,
14:17quels que soient les moyens.
14:18J'ai eu beaucoup de chance, c'est certain,
14:20d'en être revenu vivant.
14:22Et il y a encore une fois
14:23beaucoup de mes camarades
14:24qui n'ont pas eu cette chance.
14:31Après la libération de Raqqa,
14:32André participe à une autre opération,
14:34plus au sud.
14:35Il reste une semaine
14:36dans cette nouvelle unité
14:37où peu de choses se passent.
14:38Il se sent usé,
14:39s'ennuie
14:40et décide finalement
14:41de rentrer en France
14:42pour ne pas devenir
14:43un fardeau pour les autres.
14:45Depuis,
14:47j'ai repris le cours
14:48de ma vie en France.
14:51Voilà,
14:51le travail,
14:52routine, quoi.
14:54Ça ne vous paraît pas
14:55un peu dérisoire,
14:55cette vie-là,
14:56par rapport à tout ce que vous avez vécu ?
14:58Ce n'est pas tant le détail
14:59de cette vie quotidienne
15:00qui est bien plus confortable
15:02que là-bas,
15:03mais ce qui manque,
15:03c'est surtout le sens.
15:05C'est quand on est là-bas,
15:07on participe à un collectif
15:09qui a un but commun,
15:10qui a un sens.
15:12Même dans les journées
15:13les plus difficiles
15:13ou les moins intéressantes,
15:15quand on est là-bas,
15:15quand on se réveille,
15:16on sait pourquoi on est là.
15:18Quand on est en France,
15:20là, on retombe
15:21dans cet individualisme ambiant,
15:24dans cette absence
15:25de but collectif,
15:27cette absence de sens.
15:29Donc oui,
15:29évidemment,
15:30c'est ça qui manque surtout.
15:31Ça a été les 15 mois
15:33les plus intenses
15:35et les plus enrichissants
15:37de ma vie.
15:39J'ai appris beaucoup de choses
15:40sur le plan politique,
15:42sur le rapport aussi aux autres,
15:44comment,
15:45malgré la barrière de la langue,
15:47des cultures,
15:47on peut être tous réunis
15:49par un même idéal
15:49et tous contribuer
15:50à la même chose.
15:51J'ai appris aussi sur moi,
15:53sur ce que j'étais capable
15:54de faire ou pas,
15:55sur comment on peut
15:56repousser ses limites
15:57si on en a la volonté.
15:59Non, c'est sûr
16:00que ça a été
16:01la chose la plus importante
16:02et la plus intéressante
16:03que j'ai fait de ma vie,
16:05c'est certain.
16:05Je me souviens
16:06qu'en partant,
16:07le responsable kurde
16:09du coup
16:09des volontaires internationaux
16:10nous disait
16:11la même chose à chacun.
16:12Il nous disait
16:13quand tu rentres chez toi,
16:15il faut que tu témoignes
16:16de ce que tu as fait,
16:17de ce que tu as vu,
16:18de ce que tu as appris ici.
16:19Et je me souviens
16:20qu'il m'avait dit
16:21la vérité suffit.
16:23Je me souviens
16:23de cette phrase.
16:24C'est pour ça
16:25que, pour honorer
16:26cette promesse,
16:28j'ai écrit le livre
16:30jusqu'à Raqqa
16:31pour continuer
16:32à défendre cette cause
16:34mais par des moyens différents.
16:39Claudia,
16:40le fait qu'il ait été
16:41se battre en Syrie,
16:42est-ce qu'il en parle
16:42autour de lui ?
16:43Alors non,
16:43il n'en parle pas du tout,
16:45éventuellement un tout petit peu
16:46à ses proches,
16:47mais c'est quelque chose
16:47qui est assez difficile
16:48à assumer
16:49et notamment dans son travail,
16:51il pense que ça serait
16:52vraiment problématique
16:53donc pour lui,
16:53le mieux c'est de jamais en parler.
16:55Et tu l'as dit
16:56dans ton reportage,
16:57la justice française
16:58a reconnu qu'André Hébert
16:59avait le droit
17:00d'aller se battre en Syrie.
17:01Oui, puisque la justice française
17:02lui a rendu son passeport,
17:03on le disait dans le reportage.
17:05Par ailleurs,
17:06l'État a été condamné
17:07le mois dernier
17:08à lui verser de l'argent
17:09justement parce qu'il lui avait
17:10confisqué son passeport.
17:12C'est au titre
17:12du préjudice matériel et moral
17:14et le tribunal administratif
17:16de Paris
17:16a aussi condamné l'État
17:17à lui rembourser
17:19les frais de justice
17:19qu'il avait engagés.
17:20Merci Claudia Prolongeau.
17:25Code Source
17:26et le podcast
17:27d'Actualité du Parisien,
17:28production Clara Garnier-Amouroux
17:30et Stéphane Jeuneste,
17:32réalisation Benoît Gillon.
17:33Si vous aimez Code Source,
17:34n'oubliez pas de vous abonner
17:35sur votre application
17:36de podcast préférée.
17:37Nous sommes aussi disponibles
17:39sur Deezer et Spotify.
17:41Vous pouvez dialoguer
17:42avec nous par Twitter
17:43ou à l'adresse
17:44codesource.fr
17:46et cetera.
Commentaires

Recommandations