- il y a 3 heures
Ils sont souvent âgés et en situation déjà précaire... Après la liquidation de l’entreprise Milee, 10 000 salariés se retrouvent sur le carreau dans l’attente de leurs salaires et soldes de tout compte non versés depuis des mois. Un rassemblement s’est tenu devant le ministère des Finances. Notre journaliste vidéo Franck y était, il revient sur les témoignages qu'il a recueilli, au micro de PA.
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NewsTranscription
00:00Franck s'est rendu mardi devant le ministère de l'économie où des centaines, des milliers, comment on va dire
00:08?
00:09On va dire à peu près 150 à 200 personnes.
00:11150 à 200 personnes, parce qu'il faut savoir qu'il y a pas mal de gens qui ne pouvaient
00:14pas se rendre par manque de moyens, etc.
00:17Bref, il y avait 150 personnes devant le ministère de l'économie pour essayer de sensibiliser,
00:23ou en tout cas de visibiliser cette lutte, 10 000 personnes sur le carreau à travers toute la France.
00:30On ne parle pas d'une entreprise en particulier qui se traîne à Tourcoing ou je ne sais pas quoi.
00:34C'est vraiment 10 000 employés partout en France qui se retrouvent sur le carreau, les employés de Méli, anciennement
00:40Adrexo.
00:41Est-ce que tu peux nous présenter un petit peu cette entreprise-là ?
00:45Alors, Méli, Méli, c'est une entreprise spécialisée, c'est le leader de la discipline.
00:53La distribution de prospectus publicitaire, d'imprimés publicitaires, vous savez, tous ces imprimés qu'on reçoit ou qu'on recevait
01:02dans nos boîtes aux lettres.
01:03Vous savez tout ce que c'est, c'est les trucs qu'on reçoit dans nos boîtes aux lettres, ça
01:05peut être des professions de foi pour les municipales, etc.
01:09Ça peut aussi être toutes sortes de prospectus, de mairies, de communautés, de communes, etc.
01:14Et c'était le numéro 1 des sociétés privées qui a été liquidées le 9 septembre dernier.
01:20Ok. Et depuis, ces gens-là, ils luttent ?
01:23Alors, depuis, ils luttent, 10 100 salariés exactement.
01:28Attends, je t'arrête deux petites secondes.
01:29Oui.
01:30On a Louise BHN qui nous aide.
01:33Merci beaucoup à toi et pour tes 60 viewers.
01:35Bienvenue ici.
01:37On va parler d'Émilie, les amis.
01:3910 000 employés sur le carreau, 10 000 employés à travers toute la France.
01:42Franck a fait un reportage vidéo dessus.
01:45On a consacré la une de hier, mercredi 9 octobre, sur cette lutte.
01:50Et on est là aussi pour montrer un petit peu ce qui se passe et ce qu'il en retourne.
01:54Franck, désolé de t'avoir coupé.
01:56Non.
01:56Alors, oui.
01:57Alors, ces salariés, 10 100 salariés, aujourd'hui, 9 900 ont été licenciés,
02:03suite à la liquidation judiciaire qui a eu lieu le 9 septembre dernier.
02:07Et il reste à peu près 200 salariés, ce sont tous des élus du personnel qui vont
02:11être liquidés dans une deuxième étape, puisque tu dois le savoir, les élus du personnel
02:17en général, avant leur licenciement, il faut qu'ils passent par la case inspection
02:20du travail.
02:21OK.
02:21Donc, ils seront licenciés sûrement dans les semaines, voire les mois qui viennent.
02:24OK.
02:24Mais aujourd'hui, 9 900 salariés ont été licenciés brutalement le 9 septembre.
02:30C'est le plus gros plan social depuis 40 ans en France.
02:34Oui, parce que j'ai essayé de me rencarder un petit peu sur les plans sociaux.
02:37Oui.
02:38Plans sociaux en France.
02:39J'ai vu qu'il y avait Air France, Airbus en 2020, ils ont séparé de 5 000 salariés.
02:47Enfin, en tout cas, ils les ont licenciés.
02:48J'ai vu Renault à Boulogne-Biancourt.
02:50Bon, là, ça date un peu.
02:51C'est dans les années 1990, 1993.
02:55Là, il y avait énormément 4 000 personnes qui se retrouvaient sur le carreau.
02:58Et encore avant, il y avait Péchiné.
03:00Aussi, dans les années 90, il y avait 5 000 personnes qui se retrouvaient sur le carreau.
03:04Mais 10 000 personnes, c'est du jamais vu.
03:07Jamais vu.
03:08Ça faisait plusieurs décennies qu'il n'y avait pas eu un plan social d'une telle envergure en France.
03:14Et ce qui était extrêmement surprenant, c'est qu'il y avait très, très peu de médias.
03:19Mercredi matin, devant le ministère, devant le rassemblement qu'ils ont organisé, devant le ministère de l'Économie et des
03:26Finances, on était très, très peu de médias.
03:27On aurait pu s'attendre à une médiatisation comme peut l'être chaque...
03:33Mais c'est vrai qu'en ce moment, les luttes sociales sont assez invisibilisées.
03:38Et ce n'est pas très étonnant de ne pas avoir beaucoup de médias là-dessus.
03:41Pour se rendre compte du traitement médiatique des Mili...
03:46Mili ? Mili ? Je ne sais pas.
03:47On va dire Mili.
03:48On va regarder un petit Google actualité sur les différents articles qui ont été créés ou en tout cas publiés
03:58depuis quelques temps, en tout cas depuis le 9 septembre, date de la liquidation judiciaire de l'entreprise.
04:05On a un peu de RTL aujourd'hui.
04:07On a Luma, qu'on a consacré à un énorme dossier.
04:09Je vous invite à le lire avec un papier reportage, un éditorial de Stéphane Sauc, pas piqué des hannetons et
04:16une très bonne éditoriale avec des informations Stéphane Sauc.
04:20Si tu nous écoutes, excellent journaliste, excellent éditorialiste et un entretien excellent avec Sophie Binet qui conclut extrêmement bien cette
04:30situation ou en tout cas qui porte un regard critique bienvenu.
04:35On a du Libé il y a trois semaines, on a du France Bleu, du Figaro il y a un
04:39mois.
04:40Vous voyez, c'est des informations qui...
04:41Il y a très très peu de...
04:43Les médias ont très très peu traité le sujet, ce qui est hallucinant.
04:48C'est très étonnant, c'est très étonnant les amis.
04:50Parce que c'est un...
04:52Ça touche énormément de gens, parce que là on compte 10 000 personnes, mais il y a des familles.
04:5710 000 personnes, c'est peut-être 40 000 personnes finalement, c'est énorme.
04:59Oui, il y a toutes les familles derrière, surtout qu'il y avait, comme tu peux l'imaginer, il y
05:03a des couples
05:03qui travaillaient dans cette entreprise.
05:06Il faut savoir que cette entreprise, c'est à peu près, pour te donner un petit peu, la moyenne d
05:11'âge est entre 45 et 55 ans.
05:14Donc c'est quand même relativement âgé.
05:17Et surtout, elle est composée de 30%.
05:22Alors c'est des emplois qui sont assez précaires, puisque c'est des gens qui gagnent à peu près entre...
05:26On va le voir après ça.
05:27On va le voir après ça.
05:29Il y a des gens qui nous posent un petit peu des questions, qui nous disent, c'est quoi les
05:32prochaines dates de mobilisation ?
05:34Alors pour l'instant, j'en ai pas.
05:37Aujourd'hui, je suis en contact avec le délégué syndical CGT de la FILPAC,
05:44qui me tiendra au courant des prochaines mobilisations à venir.
05:48Il y en aura certainement, c'est sûr.
05:50Les amis Liz et Luma et Franck vous informeront des prochaines mobilisations.
05:53C'est vrai que c'est important de se rendre aussi et de faire écho à tout ça.
05:57Merci Louise à m'en reparler d'ailleurs hier.
05:59C'est très cool.
06:00Merci beaucoup.
06:01Donc, on va rentrer dans le vif du sujet et on va regarder ta petite vidéo que tu as fait.
06:10On va regarder un début.
06:11Les amis, je vous invite à aller la regarder chez vous après ce live en détente.
06:17Parce que là, on va pas arrêter de la couper pour essayer de démêler un petit peu tout ce qui
06:21est assez un peu.
06:22La vidéo, c'est notre fil rouge.
06:24Je vous inviterai ensuite à aller la regarder de votre côté.
06:27C'est vraiment important.
06:28C'est le plus grand plan social depuis 40 ans, avec plus de 10 000 salariés licenciés.
06:33C'est du jamais vu chez nous en France depuis plus de 40 ans.
06:36Eh bien, le carmonde, il existe près de chez nous, il existe ici.
06:39Déjà, qu'est-ce que tu peux me dire sur le représentant syndical qu'on a vu juste avant ?
06:43C'est le délégué central CGT de la FIPAC, CGT, donc une des confédérations du syndicat, qui mène la bataille.
06:55Lui-même, ils ont été reçus.
06:57Il y a une délégation suite à cette mobilisation, à ce rassemblement.
07:00On a tendance à dire que les rassemblements, ça ne sert pas à grand-chose.
07:03Mais non, pas du tout, puisqu'ils ont été reçus quand même par un directeur de cabinet du nouveau ministre
07:09de l'économie et des finances.
07:10Ah, parce que ce n'était pas prévu. Ils se sont pointés devant et ensuite ils ont été...
07:13Ils ont demandé, j'imagine, en amont à être reçus.
07:15Mais je pense que le fait qu'il y ait une mobilisation a été quand même un plus pour être
07:20accueilli, comme ils le souhaitaient.
07:23Et ils ont reçu, donc ils ont été beaucoup écoutés, comme tu peux l'imaginer.
07:27Et ils ont obtenu le fait que le ministère contacte les liquidateurs judiciaires en charge, et ça on va en
07:36parler après,
07:37en charge des dossiers des 9 900 licenciements pour faire accélérer les procédures.
07:43Puisqu'aujourd'hui, il faut savoir que certains salariés, à peu près aux alentours de 3 000, n'ont plus
07:49eu de paye depuis le mois de juillet dernier.
07:52C'est lunaire.
07:52Donc, en plus d'être licenciés, ils ne sont plus payés depuis plusieurs mois.
07:57Et tu sais combien de temps a duré cette réunion avec le ministère de l'État ?
08:00Non, non, je n'ai pas eu de détails.
08:02Bon, ils ont été écoutés.
08:03Ce qu'ils m'ont confirmé, c'est que le lendemain, ils avaient un CSE avec les liquidateurs judiciaires
08:07qui leur ont confirmé avoir reçu un coup de téléphone du ministère.
08:12Ok, donc ça a été fait.
08:13Ça a été fait, afin de s'assurer, et voir avec eux, comment il pouvait y avoir des moyens supplémentaires
08:19mis, déposés, enfin déployés sur le cabinet de liquidateurs judiciaires,
08:24afin de pouvoir avancer les dossiers, oui.
08:26Ok, on va ramasser un petit peu dans la vidéo, les amis.
08:29France depuis plus de 40 ans.
08:31Eh bien, le carmonde, il existe près de chez nous, il existe ici.
08:33Et ça fait drôle, parce que là, évidemment, on a du mal à mobiliser,
08:36parce que nous sommes répartis sur toute la France.
08:39Et sur le territoire national, les gens qui n'ont plus le moyen de bouffer
08:42ne peuvent pas venir aujourd'hui défendre et s'exprimer devant cette assemblée.
08:47Ça termine salement.
08:48C'est-à-dire, on laisse les gens ne plus toucher d'argent, ne plus rien percevoir.
08:52Et ce sont des gens qui sont à la limite d'être expulsés, de craquer.
08:57Voilà, c'est ça qui me fait mal.
08:58Je suis retraité, j'ai 70 ans, et j'étais à plein temps chez Mili.
09:02On sait qu'on a des gens qui ne peuvent plus payer de loyer,
09:04qui sont à la limite de l'expulsion, qui sont interdits bancaires,
09:07qui ne peuvent plus bouffer.
09:08Et ça, c'est grave.
09:09C'est là où on se rend compte qu'on a laissé ces gens mourir.
09:15C'est vraiment fort comme témoignage.
09:18Oui, alors lui, son témoignage était très, très fort.
09:22Il a pris la parole, d'ailleurs, devant tous les gens qui s'étaient réunis au ministère.
09:26Et j'ai trouvé son témoignage tellement fort que j'ai voulu aller le voir.
09:29Et qui m'a adressé ses mots.
09:33Glyn Evans, ça fait 8-10 ans qu'il travaille pour eux.
09:37Il a 70 ans, imagine.
09:40Il est à la retraite, il est retraité.
09:43Il est retraité et il a une très faible pension,
09:47ce qui touche à peu près à 800 euros, il m'a dit.
09:49Et donc, il travaille chez Mili pour se faire un complément de revenu,
09:54ce qui touche à peu près 300-400 euros en plus.
09:57Donc, ça lui permet d'avoir une...
09:58Ça lui permet d'avoir...
10:00À 70 ans, t'imagines dans quelle société on vit.
10:03À 70 ans, besoin d'aller travailler.
10:05C'est un travail harassant, faire de la distribution de prospectus.
10:08À temps plein.
10:09Non, il travaille à peu près entre 10 et 20 heures par semaine.
10:14Voilà, c'est des travails précaires.
10:15On fait un peu d'heures très mal payées pour survivre.
10:19Tout simplement, il m'expliquait.
10:20Pour survivre, pas pour partir au restaurant ou aller en vacances.
10:24C'est pour boucler les fins de mois, payer son loyer, payer son logement.
10:29C'est rien de plus.
10:30Voilà, 70 ans, voilà où on en est.
10:32Et il m'expliquait que certains avaient entre 70 et 80 ans.
10:37C'est-à-dire qu'on se retrouve un peu...
10:38Là, j'étais le grand-parent.
10:40À l'américaine, c'est-à-dire jusqu'au bout, jusqu'à la mort, au boulot.
10:44Voilà, alors ça, ça représente à peu près 30% d'effectifs.
10:48Du coup, c'est quoi le profil type des salariés de 1000 ?
10:52Alors, le profil type des salariés de 1000, c'est 30% de retraités, à peu près,
10:57qui touchent tous aux alentours de 600, 700, 800 euros.
11:0430% de salariés qui n'ont pas beaucoup de qualifications et dont c'est le seul métier.
11:12Et 30% de salariés dont c'est le deuxième job.
11:17Voilà, chez 1000, c'est un job d'appoint pour leur permettre de...
11:20Donc, la plupart du temps, les gens qui travaillent à 1000 sont des gens qui ont...
11:24Soit sont en période où ils sont en retraite et du coup, ils ont besoin de compléments.
11:29Enfin, c'est surtout un travail de compléments, si j'ai bien compris.
11:30Voilà, c'est surtout un travail de compléments pour 60-70% des personnels.
11:34Est-ce que tu penses que parce que c'est un travail de compléments,
11:37il est invisibilisé, cette lutte est invisibilisée ?
11:39Tu penses que c'est un lien ?
11:40Oui, forcément, c'est des gens qui sont complètement...
11:45Je sais même...
11:46Toi, tu connais un peu le profil de ces salariés avant que...
11:51Pas du tout, voilà.
11:51Parce que moi, je vois ma grand-mère.
11:54Elle a sa retraite, elle a les sous de mon grand-père parce qu'il est décédé.
12:00Elle a cette chance-là de ne pas aller travailler.
12:03Et je ne l'imagine même pas sur une chaîne de production
12:06en train de prendre des prospectus, les mettre dans un carton.
12:09Oui, c'est-à-dire des dizaines de kilomètres tous les jours avec leurs voitures personnelles.
12:14Oui, sortir de la voiture.
12:15Oui, tirer des chariots relativement lourds, etc.
12:20Ce sont des conditions de travail qui sont extrêmement difficiles.
12:23Et voilà, aujourd'hui, ils sont...
12:25Voilà, tous ces 10 000 licenciements.
12:27On ne sait pas ce que vont devenir ces gens.
12:30Ils n'ont plus de salaire pour beaucoup d'entre eux depuis plusieurs mois.
12:34C'est un drame qui est en train de se dérouler.
12:36C'est un drame humain.
12:37Et que fait le gouvernement ?
12:39Il n'y a pas grand-chose pour l'instant.
12:40Des réunions.
12:41Ils appellent.
12:42Pas grand-chose.
12:43C'est un petit appel.
12:44Bon, les amis, on va enchaîner avec la vidéo.
12:46Je vous ai dit, c'est le fil rouge.
12:48On va couper.
12:49On ne va pas arrêter de couper.
12:50On va laisser parler Franck après.
12:51Franck a les infos.
12:52Il a fait des petites feuilles.
12:53Il est bien.
12:55Les amis, on enchaîne.
12:56Le vieil travailleur en France est un mouvement qui...
13:0030% de retraités qui venaient parce qu'ils n'avaient que 500 ou 600 euros par mois
13:03ou 900 euros par mois, ça ne suffit pas pour vivre, même 1000 euros.
13:07Donc, ils étaient obligés de compléter leur retraite et venir, même s'ils étaient usés
13:09ou fatigués, ils étaient obligés de faire ce travail qui est pourtant dur et harassant
13:12pour pouvoir combler leur fin de mois et pouvoir payer leur facture.
13:15Et pouvoir même manger pour certains.
13:17Donc, c'est lamentable qu'au 21e siècle, on voit encore ça en France.
13:20C'est une catastrophe jamais vue depuis plus de 40 ans.
13:24parce qu'il faudra avoir autant de salariés licenciés.
13:26Il faut remonter fin des années 70, début des années 80.
13:29C'est une casse sociale du jamais vu.
13:31Et personne ne s'en inquiète.
13:32Les médias nationaux n'en parlent pas un mot.
13:35C'est ce qu'on disait.
13:36C'est ce qu'on disait.
13:37C'est ce qu'on disait.
13:38Les médias n'en disent pas un mot et c'est une casse sociale comme on n'a jamais connu
13:42depuis 40 ans.
13:45Et pourtant, le truc qui est étonnant, c'est que vu que c'est dans toute la France,
13:49on pourrait croire que la PQR va s'emparer du sujet, va commencer à faire du sujet.
13:53Parce que manquer la presse nation et tout, très parisiano-centré, reste sur ces trucs.
13:59Pourquoi pas ?
14:00Oui.
14:00Barnier, pourquoi pas ?
14:01Mais là, les petites PQR, les Républicains, le Dauphiné, l'idée,
14:06le Midi Livre, tous ces journaux-là, ils pourraient s'emparer du sujet.
14:09Ça n'a pas été traité.
14:10C'est ça qui est dommage aussi.
14:12Parce que j'imagine qu'avec un traitement de l'information,
14:14ou en tout cas, quand on donne de la voix ou de la visibilité à une lutte,
14:18elle permet d'avancer et pourquoi pas arriver à des compromis
14:21qui seraient un peu plus justes pour le travailleur et pour le salarié.
14:25Après, la difficulté qu'ils ont, eux aussi, c'est que comme c'est une entreprise
14:29qui est structurée sur toute la France, sur tout le territoire,
14:34avec des salariés qui ont des très faibles revenus,
14:38pour organiser une mobilisation, un rassemblement à Paris,
14:41je te laisse imaginer la difficulté.
14:43C'est pour ça qu'ils n'étaient pas très, très nombreux.
14:45Ils étaient entre 100 et 200, ce qui est déjà pas mal.
14:47Mais ce n'était pas ce qu'on aurait pu imaginer.
14:49Parce que c'est impossible pour ces salariés de venir,
14:53de se déplacer, de prendre un billet de train pour aller à Paris.
14:57Là, le retraité qu'on a eu tout à l'heure, la Glyn Evans,
15:00il venait de New York, il s'est levé à 4h du matin.
15:02Ils sont venus à 6 ou 7 en voiture pour se mobiliser.
15:09Et lui, il me disait, c'est pour les autres que je fais ça.
15:11Parce qu'il me dit, moi j'ai 70 ans,
15:13c'est sûr que ça va être encore plus compliqué pour moi
15:15de finir les fins de mois, mais c'est pour les plus jeunes.
15:18Et il me disait, il me confiait,
15:20voilà, il y a des gens, ils ont très peu de qualifications,
15:23ça va être extrêmement compliqué.
15:25Et ils craignent des drames.
15:27Des drames, on peut penser à des suicides.
15:29Beaucoup de gens pleuraient lors du rassemblement sous le ministère.
15:33C'était assez terrible, assez dur à voir.
15:37Je vous invite à aller lire le reportage de Marie Toulgouat.
15:43Marie Toulgouat, le reportage dans le Canardière,
15:47qui est sur le site, vous tapez Milly et vous allez sans doute le trouver.
15:51Elle nous décrit des gens qui sont vraiment dans une peine incommensurable.
15:56Il y a des gens qui commencent à aller faire leurs courses au Resto du Coeur.
16:00Il y a des gens qui ont pris dans leurs économies,
16:03qui devaient partir déménager dans le sud de la France
16:06et qui finalement ne peuvent plus.
16:07Parce que l'argent qui devait servir à financer ce déménagement
16:11a été utilisé pour acheter des pâtes, du lait, des steaks,
16:17pour nourrir les gamins, pour payer peut-être une licence de foot.
16:20On ne se rend pas compte, mais là, il faut vraiment se rendre compte
16:24que là, il y a 10 000 personnes et des familles
16:25qui sont dans une situation extrêmement critique.
16:30Il faut vraiment le souligner.
16:33Là, on se retrouve dans des...
16:34Ça va prendre des proportions lunaires.
16:39Repassons sur la vidéo.
16:44Il y avait aussi cette féminine.
16:45Le scandale social, c'est 10 000 salariés de Milly
16:48laissés depuis plus de trois mois sans rien.
16:51Mais quand on dit sans rien, c'est vraiment sans rien.
16:54Pas de salaire parce que les AGS n'ont pas assez de personnel
16:58et ont besoin de trois, quatre...
17:00Déjà, est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est AGS ?
17:02Alors, l'AGS, c'est dans le cadre d'une liquidation judiciaire.
17:07À partir du moment où l'entreprise n'a plus la trésorerie,
17:12n'a plus les fonds nécessaires pour payer les salaires,
17:16pour payer les soldes de tout compte,
17:18pour payer les indemnités de licenciement,
17:21elle fait appel à ce qu'on appelle l'AGS,
17:23qui est une assurance, un régime de garantie des salaires.
17:27Tous les salariés peuvent en bénéficier,
17:31quel que soit leur contrat.
17:32Voilà, l'AGS, c'est une assurance
17:36qui supplée l'entreprise
17:38lorsque celle-ci n'a plus de fonds,
17:40n'a plus du tout de trésorerie.
17:41J'imagine que l'AGS, ça fonctionne,
17:44parce que quand, imaginons, il y a un licenciement de 100 personnes,
17:47mais quand il y en a 10 000...
17:48Alors, normalement, l'AGS mandate via le tribunal de commerce,
17:54ils mandatent des cabinets de liquidateurs judiciaires.
17:57C'est eux qui doivent organiser, justement, les paiements...
18:04L'envoi des soldes de tout compte.
18:05L'envoi des documents pour France Travail.
18:07Voilà, il y a aussi tous les documents administratifs à faire
18:10pour que ces personnes puissent s'inscrire à France Travail,
18:14ex-Pôle emploi.
18:15Tout ça, c'est des documents importants.
18:17Et aujourd'hui, certains salariés n'ont rien depuis le mois de juillet.
18:22Donc, ils sont dans une situation où ils ont été licenciés,
18:26mais ils n'ont plus de salaire, ils n'ont plus rien.
18:28Parce que ce qui est important de se rendre compte,
18:30c'est qu'il y a le licenciement,
18:33mais après le licenciement, il y a toute une procédure.
18:36Il y a l'argent, comment on le récupère ?
18:39Moi, dans mon cas, j'imaginais que si je me fais virer,
18:42par exemple, de l'UMA, je récupère un chèque et je rentre chez moi.
18:44Mais il y a tout ce truc de...
18:46On ne sait pas quand est-ce que ça va arriver,
18:47on ne sait pas combien on va prendre.
18:49Il y a toutes ces questions-là.
18:50Et là, le fait que ce soit une liquidation,
18:53ça retarde encore plus le processus.
18:55Il y a 10 000 personnes, ça fait énormément de personnes à se gérer pour l'AGS.
18:58Les AGS.
19:00Et donc, c'est extrêmement compliqué pour eux de financer ça.
19:03Et c'est pour ça qu'ils ont passé le petit coup de fil
19:05pour que ça accélère un peu le processus.
19:07Voilà, c'est ça.
19:07Alors, il faut quand même savoir que...
19:09Voilà, ils le savaient le jour où il y a eu cette liquidation.
19:12Normalement, tu l'anticipes.
19:13Ces choses-là, le ministère aurait dû le surveiller,
19:16aurait dû l'anticiper.
19:17L'avocate qui était l'avocate des salariés,
19:19à l'avocate de la CGT, Alexandra Dupuis,
19:22qui était sur place,
19:24me racontait que les deux cabinets de liquidateurs judiciaires
19:28en charge, justement, de régler tout ce qui est...
19:31tout l'administratif via les AGS, etc.,
19:36ils n'étaient pas du tout dimensionnés
19:38pour gérer le cas de 10 000 salariés licenciés.
19:42En général, ces deux cabinets,
19:44elles me disaient, ça correspond pour une entreprise
19:47de la taille de 1 000 à 1 500 personnes.
19:49Aujourd'hui, ils sont 10 000.
19:50T'imagines un petit peu, 10 000 personnes,
19:52deux cabinets de liquidateurs judiciaires ?
19:54Plus les autres dossiers qu'ils ont à gérer à côté,
19:56parce que là, on parle de 10 000 personnes,
19:57mais ce n'est pas le seul plan licenciement
19:59qu'il y a en France aujourd'hui.
20:00Donc, c'est des cabinets qui sont complètement...
20:02Voilà, ils sont sous l'eau.
20:04Ils sont sous l'eau.
20:05C'est pour ça que les salariés,
20:06certains craignent de ne rien toucher
20:07avant décembre, janvier.
20:09Je t'imagine un petit peu les drapeaux.
20:10Six mois sans rien, avec des loyers à manger,
20:13des trucs.
20:13Avec des enfants à nourrir, etc.
20:15Je n'en ai pas.
20:17Heureusement que je n'en ai pas.
20:19Cinq, six mois pour pouvoir garantir
20:22le maintien des salaires comme ça doit être fait.
20:25Pas d'allocation chômage,
20:26puisque vous n'êtes pas encore au chômage.
20:29Pas de RSA.
20:29C'est ce qu'on disait, pas d'allocation chômage,
20:31parce qu'il n'y a pas les documents.
20:32Voilà, ils ne peuvent pas s'inscrire à France Travail.
20:34C'est vraiment leur vie en stand-by.
20:36Ils n'ont rien.
20:37Pas de salaire, rien en pause.
20:38Voilà.
20:41Parce qu'on n'y est pas, donc sans rien du tout.
20:46En fait, c'est un peu la double peine, j'ai l'impression.
20:48Ils sont en train de se battre pour être licenciés correctement.
20:51On en est là aujourd'hui ?
20:52On en est là.
20:53C'est-à-dire que non seulement on a été licenciés
20:55dans des conditions qui posent grandes questions,
20:57à mon sens de manière abusive,
20:59mais en plus, on en est juste à demander le minimum.
21:01C'est-à-dire d'être payés,
21:04d'être respectés simplement dans sa dignité,
21:06d'avoir la rémunération du travail qui a été fait.
21:10Et pas dans 4 mois, pas dans 6 mois maintenant.
21:12Quand on parle de licencier de manière un peu abusive,
21:15on peut aussi parler du salaire,
21:18en tout cas des dividendes que s'est retiré l'année dernière le patron.
21:2573 millions d'euros de dividendes en 2023.
21:2873 millions d'euros de dividendes.
21:29On s'interroge aussi sur la stratégie de l'entreprise
21:32et pourquoi ils en sont arrivés là.
21:34Ils ont vendu aussi,
21:35parce que Méli, anciennement Adrexo,
21:38avait colis privés.
21:40Et colis privés, ça rapportait en gros 700 millions de recettes par an.
21:44Et ils l'ont vendu...
21:44C'était très rentable.
21:46Très rentable.
21:46Ils l'ont vendu 600 et quelques...
21:50On a du mal à comprendre où passe l'argent,
21:52qui s'en est mis dans les poches
21:54et pourquoi ces gens-là se retrouvent aujourd'hui dans cette situation.
21:57Le matériel, il faut des gens pour pouvoir accélérer le mouvement
22:00et pouvoir accélérer le paiement
22:02et la mise à disposition des documents France Travail,
22:04notamment pour que ces gens puissent s'inscrire au chômage,
22:06pour qu'ils soient pris en charge dans le cadre des licenciements économiques.
22:08Vous avez des suivis, des réinsertions, des formations.
22:12Tout ça, aujourd'hui, ils n'y ont pas droit.
22:13Et on leur dit qu'il faut attendre.
22:14On leur dit qu'il faut attendre 3, 4 mois, 6 mois.
22:16Ils n'ont pas ce qu'on l'attend.
22:18Quand on parle de réinsertion,
22:19bon, on va montrer la suite, etc.
22:22Mais...
22:22Parce que la plupart du temps, quand tu te fais licencier,
22:24il y a aussi cette possibilité,
22:26quand c'est dans des entreprises,
22:27de partir faire autre chose.
22:29Par exemple, là, je pense à Mediapost.
22:33Mediapost, qui était une filiale de la Poste,
22:34qui s'occupait également des prospectus.
22:36Ces gens-là ont été transférés après vers la maison mère.
22:40Et on va écouter la proposition de Desfontaines, mais...
22:44On est en train de mettre 10 000 personnes
22:47en situation d'extrême pauvreté
22:49et les pouvoirs publics ne réagissent pas,
22:51le pouvoir médiatique ne réagit pas.
22:52Eh bien, nous, ce qu'on propose,
22:53c'est que notamment, parmi les salariés
22:55qui aujourd'hui se retrouvent sur le carreau,
22:57eh bien, qu'il y ait une possibilité
22:58de pouvoir les inclure dans les services publics postaux.
23:02Avant d'enchaîner, il y a quelqu'un qui nous demande
23:05« ça devrait faire la une de tous les journaux ».
23:06C'est vrai, c'est quand le dernier plan social
23:09a 10 000 licenciés, les mineurs dans les années 80 ?
23:12Oui, c'est sûrement ça.
23:12C'est sûrement ça, parce qu'en vrai, moi, j'ai cherché,
23:14j'ai même demandé à le chat de GPT
23:16s'il avait des réponses qu'il n'avait pas,
23:18mais j'ai eu du mal à retrouver quelque chose de...
23:20Oui, c'est sûrement ça.
23:21Un plan social d'une telle ampleur,
23:23je pense que c'est ce qui était annoncé par la CGT,
23:25ça fait 40 ans qu'il n'y en a pas eu.
23:27Il y a quelqu'un qui nous dit « bonjour,
23:28quand je vois qu'en étant 30 salariés dans la boîte à couler,
23:34pas à 10 000 », c'est vrai, le temps que ça prend.
23:38Et donc, du coup, Desfontaines,
23:40tête de liste des communistes aux élections européennes,
23:46a proposé de replacer ces gens-là à la poste.
23:52Est-ce que c'est une solution ?
23:54Ça pourrait être une solution,
23:55notamment, je pense, pour les personnes
23:58qui sont les plus en difficulté,
24:00ça pourrait être une solution, effectivement,
24:02dans le service public postal.
24:05Pourquoi pas ?
24:06Effectivement, c'est des tâches qui sont vraiment similaires
24:09et le gouvernement devrait justement proposer des postes
24:13et voir dans quel cadre des personnes
24:16pourraient être réintégrées dans les services postaux.
24:19C'est la proposition des communistes
24:21qui était là au rassemblement,
24:24puisque Fabien Roussel et Léon Defontaine étaient présents,
24:27ainsi que Thomas Porte et Aurélie Trouvé
24:30de la France Insoumise,
24:31qui sont venus apporter leur soutien au salarié.
24:33Il y avait d'autres politiques ?
24:35Non, non.
24:36Il y avait la France...
24:36Enfin, ceux que j'ai...
24:38Oui, oui.
24:38Il y avait la France Insoumise
24:39et les deux représentants du PCF.
24:42OK.
24:43Et syndicalement, il y avait la CGT
24:45et Sud Solidaire.
24:47Solidaires.
24:48Ils étaient nombreux, le Sud Solidaire, aussi ?
24:50Moins nombreux que la CGT,
24:51mais voilà, ils sont...
24:52Ils sont t'inombs.
24:53T'inombs, ouais.
24:56De quoi répondre à l'ensemble des besoins
24:58qui sont croissants,
24:59notamment en termes de livraison
25:01de matériel électoral, on l'a vu...
25:03Oui, parce que matériel électoraux,
25:05faisons le parallèle.
25:07En 2020, ouverture...
25:09On va passer en plein écran.
25:132021, ouverture à la concurrence
25:14pour le déploie...
25:16Enfin, en tout cas, la livraison
25:17des matériels électoraux.
25:20Je pense aux documents
25:22en profession de foi, etc.
25:23C'est Adrexo qui gagne
25:26la paire à la concurrence.
25:27Ex 1000.
25:28Ex 1000.
25:29Adrexo, Ex 1000.
25:30Et donc, du coup, qui gère
25:31toute cette distribution
25:34et cette diffusion
25:35de profession de foi.
25:37Manque de peau,
25:38il y a un dysfonctionnement majeur,
25:40chaos dans la logistique.
25:43Il y a beaucoup de documents
25:44qui sont perdus, pas livrés.
25:47On parle même de crise...
25:50Enfin, d'atteinte à la démocratie.
25:52Ça a provoqué un scandale politique.
25:53Il y a des critiques
25:54qui sont venues de gauche, de droite.
25:56Et le gouvernement a même dû s'excuser.
25:59Darmanin s'est excusé à cause de ça.
26:01C'est quand même dingue.
26:02Et l'entreprise Adrexo
26:03a été condamnée à 2,3 millions d'euros
26:06de pénalités
26:07parce qu'elle n'avait pas respecté son contrat.
26:09Et c'est l'Aposte
26:09qui a récupéré ensuite
26:10le deuxième tour
26:12des régionales
26:14et des départementales
26:14et qui a dû gérer
26:17tout ça.
26:18Donc, Adrexo,
26:19à ce moment-là,
26:19n'était pas forcément formé
26:23aux professions de foi,
26:24à la distribution,
26:25à la diffusion.
26:26L'Aposte l'était.
26:27C'est l'Aposte
26:28qui a récupéré le gâteau après.
26:29Et je pense que
26:30ces gens-là sont
26:32en tout cas formés
26:33un temps soit peu
26:33sur ce domaine-là.
26:35Et c'est aussi
26:36une porte ouverte
26:37pour eux à l'Aposte
26:37qui pourra aussi gérer ça.
26:39Je pense à l'année prochaine.
26:40On n'y est pas,
26:41mais normalement,
26:41on va aussi avoir
26:42des élections législatives
26:44anticipées encore
26:45avec une nouvelle dissolution.
26:47Je ne mets pas
26:48ma main à couper,
26:49mais au moins
26:50le petit doigt.
26:51Et donc,
26:52ces gens-là
26:52auront fondamentalement
26:54du travail.
26:54Donc, je pense que
26:55c'est aussi
26:56le moment
26:56de leur offrir
26:57une place à l'Aposte
26:58pour,
26:58bon, je ne suis pas
26:59ministre de l'économie,
27:00mais de replacer
27:01des gens
27:01qui méritent
27:02d'avoir
27:03de l'argent
27:04pour vivre dignement.
27:06Enchaînons.
27:06Dignement,
27:07je ne sais pas,
27:07mais pour survivre au moins.
27:08Pour survivre,
27:08c'est vrai.
27:09Excuse-moi.
27:11La besoin,
27:11il est nécessaire,
27:12démocratique en la matière,
27:13mais aussi de livraison
27:14de colis,
27:15de médicaments,
27:16etc.
27:16Les services postaux
27:17sont indispensables
27:18aujourd'hui
27:18pour répondre
27:19à notre société.
27:20Malheureusement,
27:20on manque d'agents.
27:21Eh bien,
27:22on a aujourd'hui
27:22des salariés
27:23qui sont sur le carreau,
27:23qui savent ce que c'est
27:24que la livraison
27:24et qui pourraient répondre
27:25en partie à ses besoins.
27:27Ils font partie
27:27de ces gens invisibles.
27:29C'est ça,
27:29parce que là,
27:30on parle d'élitement
27:31des services publics,
27:32etc.
27:33La Poste,
27:33elle en fait évidemment partie.
27:34Ça pourrait aussi
27:35éviter de combattre
27:37aussi ce PO-là.
27:38Tout à fait.
27:39Et je pense qu'il pourrait
27:40y avoir des transferts
27:41de personnel,
27:42surtout ce qui est proposé
27:44par la CGT,
27:44c'est que ce ne soit pas
27:45quelque chose d'automatique,
27:46mais que sur les cas
27:47les plus difficiles
27:49et les situations
27:50les plus complexes,
27:51on puisse examiner
27:53le transfert
27:55de ces personnels
27:56sur la Poste.
27:58C'est des choses
27:58qui pourraient au moins
27:59s'étudier.
28:01Il y a quelqu'un qui nous dit
28:01« La France est ruinée,
28:03les entreprises partent
28:04à tour de bras,
28:04la situation est très grave ».
28:06Après, là,
28:06sur ce principe-là,
28:07l'entreprise,
28:07elle ne part pas.
28:08Non,
28:09elle ne parle pas,
28:11elle ferme.
28:11Et puis,
28:12il faut aussi
28:15prendre du recul
28:17par rapport au fait
28:17que c'est une entreprise
28:19qui est aussi percutée
28:20de plein fouet,
28:21selon moi,
28:22par le développement
28:23du numérique.
28:23Ça, c'est clair.
28:26Aujourd'hui,
28:27les imprimés publicitaires
28:29dans les boîtes aux lettres,
28:30il y en a de moins en moins.
28:31C'est de plus en plus compliqué.
28:34Donc, ça,
28:35c'est quelque chose
28:36qui a dénoncé aussi
28:36la CGT sur place
28:37sur le fait
28:38qu'avec le dispositif
28:40OuiPub
28:41qui a été mis en place
28:44en 2021-2022,
28:46où par défaut,
28:47il ne devait pas y avoir
28:48de distribution
28:49de prospectus
28:50dans les boîtes aux lettres,
28:50mais seulement
28:51en ayant collé
28:52un autocollant
28:52OuiPub
28:53qui acceptait.
28:54Voilà,
28:55sauf que c'est une mesure,
28:56c'est un dispositif
28:57qui a été mis en place,
28:58je crois,
28:58sur une dizaine
29:01de territoires
29:02en France.
29:04Et ça n'a jamais été
29:06accompagné
29:07par les gouvernements.
29:07Ça a été décidé comme ça.
29:08Mais il y a plein d'entreprises
29:10où ils se sont retrouvés
29:11dans une situation
29:12en très grande difficulté.
29:15Ça touche aussi,
29:16évidemment,
29:17tout le secteur
29:18de l'impression,
29:19tout le secteur
29:19de la distribution,
29:20ça a des répercussions
29:21complètement dingues.
29:22Parce que le prix du papier
29:23augmente.
29:24Je pense aussi
29:24à la loi,
29:25j'ai noté,
29:27la loi climat
29:28et résilience
29:30qui vise à réduire
29:31le gazpillage
29:32induit
29:32par les prospectus.
29:34Voilà,
29:34c'est ça,
29:34c'est dans le cadre de...
29:35Donc,
29:35la CGT ne s'oppose pas
29:37forcément
29:38à ce dispositif.
29:41Ce qu'il y a des noms,
29:42c'est que rien
29:42n'a été fait
29:43pour accompagner les salariés.
29:45La manière,
29:46la méthode,
29:47rien n'a été fait.
29:48D'ailleurs,
29:49lors de ce rassemblement,
29:50Sophie Binet
29:51a dénoncé,
29:52a revendiqué,
29:55a demandé fortement
29:56qu'un moratoire
29:58soit fait en France
29:59sur tous les 180
30:01licenciements actuels
30:03qui ont lieu,
30:04les 180 plans de licenciements
30:05sur tout le territoire.
30:06C'est comment ça fait
30:07en termes de...
30:08Alors,
30:08je ne sais pas en termes
30:09de salariés licenciés
30:11ce que ça fait,
30:11mais ce que la CGT propose,
30:13c'est d'arrêter
30:16maintenant
30:17toutes ces procédures
30:18de licenciements
30:19et de mettre
30:20tous les acteurs
30:20autour de la table
30:21pour discuter
30:22d'alternatives.
30:24Alors,
30:24ça ne veut pas dire
30:24qu'on trouvera
30:25des alternatives possibles
30:26dans tous les cas,
30:26mais au moins
30:27d'en discuter,
30:29dialoguer
30:29et essayer de trouver
30:30des solutions
30:30pour tous ces emplois
30:32qui vont être
30:35dispersés,
30:36qui vont être
30:36complètement sacrifiés.
30:38Des gens qui se retrouvent
30:39complètement à la rue,
30:40finalement.
30:41Sans rien.
30:42Sans rien.
30:42Des familles brisées.
30:43La pub dans la boîte aux lettres
30:45sans faire Bac plus 5
30:46en économie,
30:46c'était évident
30:47que ça allait disparaître
30:47et aucune solution
30:48pensée en amont
30:49pour les salariés.
30:50C'est exactement
30:51ce qu'on vient de dire.
30:52Rien n'a été
30:55organisé en amont
30:56par l'État,
30:57par le gouvernement.
30:58Mais ça,
30:58c'est le propre
30:58de la gouvernance de Macron.
31:00Rien n'est pensé
31:02pour...
31:02Rien n'est pensé.
31:03Il n'y a aucun dialogue social.
31:05Ça s'est vu
31:06pendant les retraites.
31:07Tout le monde était contre.
31:08Il n'a pas voulu
31:09recevoir l'intersyndical.
31:11Voilà.
31:12Il n'y a pas
31:12de dialogue possible
31:13donc finalement,
31:13on se retrouve dans
31:14des situations
31:14où on va droit dans le mur
31:15et les entreprises
31:16elles en profitent.
31:18Je pense à tous
31:18les salariés de mili
31:19et j'ai mal de voir
31:20rien dans les médias.
31:22Médias,
31:22entre guillemets.
31:23Je pense qu'on ne compte pas
31:24dans les médias
31:24où on est dans autre chose.
31:26Honte à ceux qui dirigent
31:27l'État français actuellement
31:28ne sont pas à la hauteur
31:28du peuple des travailleurs
31:29et du peuple en général.
31:31Ouais.
31:32Et du coup,
31:35Sophie Binet,
31:36je pense que c'est
31:36une bonne manière
31:37de conclure tout ça.
31:40Un moratoire
31:40sur tous les licenciements.
31:42Tout le plan de licenciements.
31:42C'est ce que vous pouvez
31:43découvrir sur le site
31:44de l'humanité.fr d'ailleurs.
31:46Ouais.
31:47Il y a une interview
31:49de Sophie Binet
31:50que vous retrouverez
31:52très facilement
31:53dans la rubrique
31:54économie sociale
31:55ou capital travail plutôt.
31:57Toujours réalisé
31:58par Marie Toulgoua
31:59et qui réclame
32:01un arrêt des plans
32:02de suppression d'emplois
32:03qui est fondamental
32:04pour avancer
32:05dans le bon sens
32:06et en tout cas
32:08réindustrialiser
32:09ou en tout cas
32:09refaire fonctionner
32:10le pays
32:10de manière cohérente.
32:13Les amis,
32:14ce fut un plaisir
32:15d'échanger avec vous
32:17autour de ce sujet-là.
32:1835 minutes,
32:19je pense que c'est très bien.
32:20On a vu la vidéo.
32:22On va laisser la place
32:23à Violaine.
32:24Alors moi,
32:25j'avais une petite question
32:25à te poser avant,
32:27PA.
32:28Alors,
32:28ce que vous a pas dit PA,
32:29c'est qu'ensemble,
32:30on a fait la manifestation
32:32du 1er octobre.
32:34C'était justement
32:35dans le cadre
32:37d'un plateau Twitch.
32:38On a fait un petit live
32:40avec caméra
32:41directement au duplex
32:42depuis la manifestation
32:43du 1er octobre.
32:44Je vous rappelle
32:45qu'il était à l'initiative
32:46de l'intersyndicale
32:47CGT,
32:49Solidaire,
32:49FSU.
32:50Oui.
32:51Et justement,
32:52toi,
32:52je ne sais pas
32:52si tu avais déjà réalisé
32:54des reportages
32:54dans des manifestations.
32:56Comment tu l'avais vécu
32:56cette expérience ?
32:57Qu'est-ce que tu en avais retiré ?
32:59J'avais déjà réalisé
33:00des reportages,
33:01mais pas avant la manif.
33:04Et là,
33:04ce que j'ai découvert
33:04et en live.
33:05En live,
33:06j'avais fait que la fête
33:07de l'Huma finalement.
33:08Mais là,
33:08le truc qui était intéressant,
33:09c'était d'avoir
33:11l'avant manif,
33:13c'est-à-dire de discuter
33:14avec des gens
33:15qui ne sont pas forcément
33:16encore installés.
33:16Il n'y avait pas encore
33:17les cordons,
33:18les cordons de sécurité
33:19qui étaient bien installés.
33:21Il y a eu des gens
33:21qui faisaient cuire
33:22des saucisses,
33:22qui discutaient ensemble.
33:24Beaucoup de syndicalistes,
33:25il n'y avait pas encore
33:26toute la...
33:27Beaucoup de la fonction publique.
33:28Beaucoup de la fonction publique,
33:29il n'y avait pas encore
33:29les personnes
33:31qui n'étaient pas
33:32encartées,
33:33qui étaient présentes.
33:34Donc,
33:34c'était extrêmement politique.
33:36Ça ressemblait beaucoup
33:37à une fête de l'Huma,
33:38si je peux me permettre.
33:40Non,
33:40je trouve ça dingue.
33:41Et même le moment d'échange
33:42avec les représentants syndicaux.
33:45Tu as rencontré
33:46un cheminot de souvenirs,
33:48une personne
33:49du secteur hospitalier.
33:51Oui,
33:51on avait rencontré...
33:52Avant,
33:53on avait parlé
33:54avec le représentant
33:55de FSU,
33:56il me semble.
33:57Oui,
33:57Benoît Test.
33:58Benoît Test.
33:59Je n'avais pas le nom,
33:59c'est pour ça que je n'ai pas dit.
34:01On avait parlé aussi
34:02avec Sophie Binet un petit peu,
34:03on lui a tendu le micro.
34:04C'est difficile
34:05de se faire une place,
34:06les amis en manif.
34:07Dans le carré de tête,
34:07c'est compliqué.
34:09Et les M.A. France !
34:10Les M.A. France,
34:11tu avais trouvé le lendemain.
34:12aussi.
34:13Alors les M.A. France,
34:14je peux vous l'annoncer
34:15tout de suite,
34:17ils préparent une action syndicale
34:19la semaine prochaine
34:20dans le cadre du salon
34:22du Mondial de l'Automobile.
34:24OK.
34:25T'as le jour,
34:26t'as l'heure qu'on y aille ?
34:28C'est secret ?
34:29Non,
34:30c'est pas secret.
34:31Ça devrait se faire
34:33le jeudi 17 octobre
34:36vers 11h,
34:3711h30 devant le Mondial.
34:39Je pense qu'il va y avoir
34:39une action
34:40qui restera symbolique
34:42mais qui sera d'ampleur
34:44et qui peut être intéressante
34:46à vivre.
34:47Il sera ?
34:48On y sera,
34:48l'humanité y sera,
34:49je pense que la rédaction y sera,
34:51le service éco,
34:52c'est sûr,
34:52la vidéo,
34:52il y a de grandes chances aussi.
34:54Donc ça,
34:54c'est un rendez-vous
34:55qu'on peut vous annoncer
34:57dès maintenant
34:57pour la semaine prochaine.
34:59Je journaliste,
35:00je veux bien l'info de l'action,
35:01moyen de répéter la date
35:02et le lieu,
35:03s'il vous plaît.
35:03Alors,
35:04l'action des M.A. France
35:05aura lieu le jeudi 17 octobre
35:08à 11h,
35:1011h,
35:1011h30
35:12à proximité
35:13de l'entrée
35:13du mondial
35:14de l'automobile.
35:15Il est où ?
35:15Port de Versailles ?
35:16Port de Versailles, oui.
35:18Il y a des expositions,
35:18tout ça ?
35:19Voilà,
35:19donc je pense que ça va se faire
35:21avec la Fédération de la Métallurgie,
35:23voilà,
35:24et je pense qu'il y aura
35:24beaucoup,
35:25beaucoup de monde
35:25pour cette action
35:26puisque les M.A. France,
35:27au passage,
35:28c'est quand même
35:28280 familles aussi
35:31licenciées
35:32depuis le 16 avril dernier.
35:34Ça faisait 168 jours
35:36la semaine dernière.
35:37Voilà,
35:37donc là,
35:37on est à 16,
35:40177.
35:42Vous imaginez
35:43la moitié d'une année
35:44sans salaire,
35:44on est un peu sur
35:45la même problématique là.
35:47Sauf que le pire là-dedans,
35:49c'est que ces gens-là
35:49ont été licenciés,
35:50juste ils n'ont pas reçu
35:51leur seul tout compte,
35:52etc.
35:53Donc imagine pour les M.A. France
35:54qui vont ensuite
35:55se faire licencier,
35:56ils vont encore attendre
35:57pour recevoir leur...
35:59Alors eux,
35:59ils sont dans une autre logique,
36:02dans une autre bataille,
36:03c'est qu'ils attaquent,
36:04ils sont en train d'attaquer,
36:05de faire une procédure
36:06en justice
36:07contre le plan social
36:08qui les a touchés.
36:09Donc c'est encore
36:10une autre dynamique,
36:11mais effectivement,
36:12ils sont dans une situation
36:14voilà,
36:15170 jours
36:15qu'ils occupent l'entreprise,
36:17jour et nuit,
36:18et le donneur d'ordre,
36:20Prestalys,
36:21puisqu'il travaille
36:21à 90% pour Prestalys,
36:23qui a décidé
36:24de délocaliser
36:25toute la production,
36:26parce que M.A. France
36:27est un équipementier automobile
36:29qui travaille à 90%
36:30pour PSA,
36:33pour Stellantis,
36:36a décidé de délocaliser
36:37toute sa production
36:38en Turquie.
36:39Ça me fait beaucoup penser,
36:40moi je viens de Vesoul,
36:41en Haute-Saône,
36:42et il y a une entreprise,
36:43PSA,
36:44la plus grosse entreprise
36:45d'Europe de pièces détachées,
36:46on s'occupe de ça,
36:47moi j'ai travaillé
36:47qu'à traiter Durand,
36:48à emballer des pare-brises,
36:50des pare-chocs,
36:51etc.
36:51Et c'est vrai que
36:52je vois cette entreprise
36:53qui fait vivre Vesoul
36:54depuis 20 ans,
36:57en délitement complet
36:58des postes
36:59qui sont supprimés,
37:00pas remplacés,
37:01et c'est un peu
37:03la même problématique,
37:04c'est qu'aujourd'hui,
37:04tous les emplois industriels,
37:05on assiste
37:06à un déclin terrible,
37:09nombre de plans sociaux,
37:12de licenciements,
37:13c'est qu'il s'agit.
37:14Et le secteur de l'automobile,
37:15ça va être très compliqué
37:17avec le passage à l'électrique.
37:18Oui,
37:20j'ai lu un très bon article,
37:22je vous invite à lire
37:23le Mac d'aujourd'hui,
37:24les amis,
37:24le Mac d'aujourd'hui
37:25traite,
37:26le Mac qui est sorti
37:27aujourd'hui en cas
37:27de l'humanité,
37:28traite de la voiture électrique,
37:31et le titre c'est
37:32la voiture électrique,
37:33le coût de la panne.
37:35Pas mal,
37:36c'est pas mal,
37:36je vous invite à lire,
37:37il y a un énorme,
37:38il y a une énorme enquête dessus,
37:40on parle de la concurrence chinoise
37:45qui arrive,
37:45qui va compliquer extrêmement
37:46les débats,
37:47on parle du lithium,
37:49lithium,
37:49il y en a en France,
37:51ça existe,
37:52on peut aller chercher,
37:53mais c'est extrêmement compliqué
37:54au niveau des normes
37:54environnementales,
37:55etc.
37:56Donc voilà,
37:56je vous invite à découvrir le Mac,
37:58je vous invite à vous abonner
37:58au site aussi,
38:00je vous invite à lire
38:02les articles sur Millie,
38:04je vous invite à regarder
38:05la vidéo de Franck,
38:07qui se trouve ici,
38:09les amis,
38:10vous avez juste à taper,
38:13vous avez juste à taper
38:14Millie,
38:15l'humanité,
38:15et vous tombez sur cette vidéo,
38:17donner des vues et de la force,
38:18les amis,
38:18c'est extrêmement important.
38:19Et sur l'article de Marie Toulgouat
38:21aussi dans l'humanité.fr.
38:23Oui,
38:23l'article de Marie Toulgouat.