00:00Je suis à l'hôtel des villes, je suis au dehors avec ma femme et mon enfance depuis trois mois.
00:04On est au dehors, on est sans abri.
00:06On vient ici chaque soir à 18h pour venir s'inscrire.
00:09S'il y a une place, ils nous trouvent une place vraiment pour aller dormir.
00:12S'il n'y a pas moyen ici, c'est au dehors.
00:23Là pour vous dire, l'autre soir, c'est 200 personnes qui se sont présentées à notre permanence
00:28pour seulement un peu plus de 130 places.
00:30Nous, on est arrivé au stade où les enfants de plus de 6 ans, on ne peut plus leur proposer
00:32de solution d'hébergement d'urgence.
00:34Les femmes seules non plus.
00:35Donc maintenant, ça fait quelques jours qu'on ne peut quasiment plus rien faire
00:37parce qu'on a 90 enfants maintenant avec une trentaine de bébés de moins de 3 ans.
00:42On est devant une réalité où on n'arrive plus à pallier
00:45et donc on va être obligé potentiellement d'arrêter, de fermer
00:48puisqu'on n'a plus de force vive, plus de force humaine.
00:52Oui, vous êtes à Bagnolet, vous avez une place, vous pouvez y aller.
00:55Si j'attends qu'il y ait abatté ces gars, ça veut dire que c'est bon.
00:58Je ne suis pas allé dormir à Bagnolet.
01:00Contrairement, si je n'ai pas entendu, ça veut dire que c'est débrouillé autrement.
01:03Ça veut dire quoi se débrouiller autrement ces gars ?
01:05Ça veut dire que peut-être qu'ils vont proposer des couvertures.
01:10Je crois que la politique est un peu contre nous.
01:13Ça devient de plus en plus dur avec l'immigration.
01:17Tout ce qui demande pour obtenir un papier, tout est compliqué de plus en plus.
01:21Moi, je m'inquiète beaucoup pour l'avenir de mon fils, de ma femme.
01:25Je me demande ce que j'essaierai, ce que je vais devenir.
01:28Ma vie sert à quoi ? Je vais apporter quoi ?
01:30Je vais dire quoi à mon fils dans les jours à venir ?
01:33En ce moment, on n'a plus de place et on fait ce qu'on peut.
01:36Mais comme je disais aussi à madame, on a une échelle de vulnérabilité.
01:39Ce qui fait que c'est d'abord les familles avec enfants,
01:40peut-être qu'on vous l'avait déjà dit, un mec qui passait avant,
01:43après les fans seuls s'il y a encore de la place et après les couples.
01:46Ici, j'ai l'impression qu'il y a une machine, une machine de vous dénuder de votre humanité.
01:53En fait, au fur et à mesure, votre fierté humaine, c'est frites.
01:59Vous voyez, c'est frites.
02:01Parce que des fois, avant, vous avez honte, par exemple, de vous tenir quelque part,
02:05qu'on vous donne un truc gratuit à manger,
02:07et puis qu'on vous donne, que vous vous trouvez, par exemple, à dormir dehors,
02:11vous commencez à trouver ça normal.
02:12La fierté disparaît, vous perdez votre identité, et ça, c'est pas normal.
02:16C'est vous ?
02:17Oui, donc, vous avez une classe.
02:19Il n'y a pas d'Uthiopien, on dort dehors.
02:21Comme avant hier, ils n'ont pas rappelé parce qu'ils ont beaucoup de place, 120 personnes.
02:26J'ai dormi à l'hôpital Pontoise avant hier.
02:28Et même mon fils, il a de la fièvre et tout ça, parce qu'ils ont plein de gens,
02:31il y a plein d'enfants.
02:33Moi, j'ai un seul.
02:34Ils prennent des enfants, des bébés, quatre enfants.
02:38Hier, quand ils m'ont vu, je suis malade, mon fils est malade,
02:41ils viennent d'entrer.
02:42S'il n'y a pas d'Uthiopien, on dort dehors.
02:44Alors, on a ça, on a les hôtels, ou alors on a chez les familles à Paris.
02:51C'est tout bon ?
02:52Ok.
02:53Alors, on a fait ça, c'est l'équipe, et qu'on a plein de solutions.