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  • il y a 1 jour
C’est ce que demande l’association Utopia56 qui vient en aide aux personnes vulnérables et qui exige l'application de la loi de Réquisition alors que des milliers de personnes sans-abri vivent une situation dramatique. On en parle avec Charlotte Kwantes, coordinatrice nationale de l'association Utopia56 et Franck Cartelet, journaliste de l'Humanité.

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Transcription
00:00Alors que la France grelotte, faut-il réquisitionner les logements vides pour les sans-abris ?
00:05C'est ce que demande l'association Utopia 56 qui vient en aide aux personnes vulnérables
00:09et qui exige l'application de la loi de réquisition alors que des milliers de personnes sans-abri
00:14vivent une situation dramatique.
00:16Nous sommes avec Charlotte Quantes, coordinatrice nationale de l'association Utopia 56.
00:21Bonjour.
00:22Alors Charlotte, est-ce que vous pouvez nous dresser une photographie de la situation,
00:28peut-être sur le plan national et ensuite sur Paris et la région Île-de-France,
00:31sur ce que vivent justement les personnes sans-abri ?
00:34Oui, alors je peux commencer avec quelques chiffres.
00:36Déjà sur le plan national, on compte 350 000 personnes sans domicile.
00:43Et à Paris, on en compte entre 3 500 et 4 000 personnes.
00:48Ce qui est beaucoup, c'est un chiffre qui est à Paris qui est assez récurrent,
00:53c'est-à-dire que chaque année, la ville de Paris organise la Nuit de la solidarité,
00:57par exemple, qui est une opération un peu de recensement des personnes sans-abri.
01:01Qui a lieu le 11 janvier prochain.
01:02Voilà.
01:03Et tous les ans maintenant, depuis 4 ans, je dirais, à vérifier,
01:09c'est hormis pendant la période du Covid,
01:11on a relevé des nombres semblables en fait à chaque fois,
01:14donc aux alentours de 3 500 personnes, 4 000 personnes.
01:18Voilà.
01:19Donc c'est un chiffre qui est assez connu et qui est même,
01:22encore une fois, qui se répète.
01:24Donc qui pourrait être le démarrage de politique publique
01:29pour résoudre cette question.
01:31Et pourtant, on ne voit rien.
01:33Et on voit des opérations de communication
01:35telles que le comptage de l'avenir de la solidarité qui se répètent
01:38et pas vraiment de réponse en fait.
01:41Alors qu'à nouveau, on ne parle pas de fluctuation énorme
01:45et donc de besoin et une photographie de la situation
01:49qu'on ne pourrait pas connaître.
01:50Elle est connue, elle est sûre depuis longtemps maintenant.
01:53Et voilà.
01:53Et rien n'est fait.
01:55Et comment a évolué ce chiffre en 10 ans ?
01:58Alors le chiffre des 350 000 personnes sans domicile en France,
02:03il a doublé en 10 ans.
02:05Ça, c'est les chiffres de la Fondation pour le logement des défavorisés
02:08qui, chaque année aussi, dresse un rapport de la situation
02:10du mal logement, du sans-abrisme
02:12et des personnes sans domicile de manière générale.
02:15Donc ça comprend évidemment les gens qui sont mal logés,
02:19les personnes qui sont uniquement hébergées par le 115
02:21ou les personnes qui sont sans-abri.
02:23Et c'est une situation qui s'aggrave
02:26et qui n'a jamais été aussi grave.
02:28D'ailleurs, cette année, en 2025,
02:31avec un taux de pauvreté aussi qui augmente,
02:34qui concerne beaucoup plus de personnes qui ont encore 30 ans.
02:39Voilà.
02:39Donc la situation, la question du sans-abrisme,
02:43dans tous les cas, ce n'est pas une question
02:45qui doit nous être lointaine.
02:48Elle est vraiment quotidienne.
02:49Elle est répandue.
02:50La question de la pauvreté, c'est une question qui est répandue,
02:54qui nous touche de plus ou moins proches
02:56ou de plus ou moins loin.
02:59Voilà.
03:00Et malgré les alertes des associations,
03:01des fondations, des ONG,
03:04il y a quand même...
03:05Alors même qu'il y a des outils qui existent,
03:07qui sont à la disposition de l'État,
03:10alors même aussi que l'argent qu'il faudrait
03:12pour créer des dispositifs,
03:14pour améliorer les dispositifs,
03:16alors que cet argent-là existe,
03:17on voit bien qu'il y a une absence d'action,
03:21une inaction.
03:22Et donc...
03:22Et une absence de volonté politique.
03:27pour résoudre cette question-là, quoi.
03:30Alors, avec d'autres associations,
03:31comme le DAL notamment,
03:33vous exigez l'application de la loi de réquisition.
03:36Est-ce qu'on peut revenir dessus
03:38et nous expliquer quel est le principe de cette loi ?
03:40Oui.
03:41C'est une loi qui a été, du coup,
03:44édictée en 45, après la guerre,
03:46en 46 peut-être,
03:47après la guerre, donc,
03:50qui prévoyait, du coup,
03:51la possibilité pour l'État de réquisitionner
03:53les logements vides,
03:54voilà, la réquisition,
03:55c'est quelque chose qui peut être actionné
03:57pour beaucoup de choses,
03:59et donc, notamment, pour le logement,
04:01pour venir en aide aux familles
04:02qui avaient perdu leur logement
04:04suite à la guerre,
04:06aux destructions liées à la guerre.
04:08Voilà, donc, c'est une loi
04:11qui prévoit, évidemment,
04:13la réquisition pour la mise à l'abri
04:15de manière urgente
04:16des personnes sans-abri,
04:19et qui prévoit aussi
04:20l'indemnisation des propriétaires.
04:22Souvent, on a beaucoup de gens
04:23qui sautent un peu au plafond
04:25quand on parle de réquisition
04:26de logements vides,
04:28que ça pourrait venir,
04:29que ça vient nuire et attaquer,
04:30et d'ailleurs, nier le droit de propriété.
04:33Il n'en est rien, là.
04:35C'est une loi qui a été pensée
04:36par le législateur,
04:38qui a été...
04:40Appliquée.
04:42Appliquée, notamment par Jacques Chirac,
04:45qui n'était pas quelqu'un d'extrême-gauche,
04:48et pourtant, qui a quand même
04:50appliqué des outils
04:51qu'il avait à sa disposition
04:52pour l'âge, je crois qu'à l'époque,
04:55c'était en 95,
04:56et ça a permis de mettre à l'abri
04:58plus d'un millier de personnes
05:00qui étaient sans-abri,
05:01dont des enfants.
05:03Et cette dernière application-là,
05:05parce que depuis 95,
05:07depuis que Jacques Chirac l'avait appliquée,
05:09on ne l'a jamais revue
05:11être mise à l'œuvre, cette loi.
05:13Et ça vient quand même
05:15d'une indignation
05:16qui est toujours aussi actuelle
05:18qu'à l'époque,
05:19qui était de voir le nombre
05:20de personnes sans domicile,
05:22sans-abri,
05:22le nombre d'enfants sans-abri,
05:24et le nombre de logements
05:26vides, vacants.
05:27Donc voilà, c'est un sujet actuel,
05:29ce déséquilibre
05:31qui est hallucinant,
05:33de voir combien de logements
05:35de millions de mètres carrés
05:36il y a de vacants en France,
05:38en Ile-de-France.
05:40Combien de personnes
05:41il y a à la rue
05:42qui n'ont plus les moyens
05:44de payer leur loyer,
05:45qui se font expulser,
05:46qui n'ont pas de place au 115.
05:48Et on passe notre temps
05:50à faire toujours d'année en année
05:51le même constat.
05:55Et on dirait qu'on a un peu
05:57la tête dans le sable
05:58à ne pas vouloir voir les solutions,
06:00alors que les solutions sont là.
06:01Et en effet, la loi de réquisition
06:03est une solution.
06:04Elle ne va pas résoudre à elle seule
06:05la question du sans-abriisme,
06:07la question de la pauvreté
06:08qui conduit à éventuellement
06:09des pertes de logement
06:11ou de l'incapacité
06:12de se loger.
06:13Ça ne va pas tout résoudre,
06:14mais c'est...
06:15Ça peut au moins régler l'urgence.
06:16Ça règle l'urgence, en fait.
06:17Et nous, c'est ce qu'on demande,
06:19c'est de venir régler l'urgence.
06:22Et je trouve que je suis hallucinée
06:24de devoir faire le tour
06:27des plateaux, des médias,
06:28parce que là, ces derniers jours,
06:29avec le froid,
06:29on est beaucoup sollicitées,
06:30on est beaucoup d'associations
06:31à être sollicitées.
06:32Et on vient vraiment demander
06:36un tel minimum.
06:37Enfin, si la revendication
06:39est tellement faible,
06:41tellement basse,
06:41on ne demande pas grand-chose.
06:43On demande vraiment
06:44à ce que juste tout le monde
06:45soit logé, soit à l'abri.
06:47Et il faut...
06:48Souvent des mineurs.
06:48Des enfants.
06:49Il faut beaucoup justifier
06:51de pourquoi est-ce que
06:52ces personnes sont légitimes
06:54à exiger un hébergement,
06:57un logement.
06:58Pourquoi est-ce qu'on demande
06:59l'application d'une loi
07:00qui pourtant existe ?
07:02Et le débat devient
07:04complètement lunaire,
07:05alors qu'à nouveau,
07:05tout ce qu'on dit,
07:06c'est...
07:07En fait, c'est inacceptable
07:08de voir des gens,
07:10de savoir qu'il y a des gens
07:11qui sont sans logement
07:12en été, en hiver,
07:13peu importe, tout le temps.
07:14et que la pauvreté
07:17et l'éventuelle perte
07:18d'un logement
07:18ou l'incapacité de se loger
07:19ou la difficulté de se loger,
07:21je suis désolée,
07:21mais je pense que ça nous concerne
07:23tous, ça nous touche tous.
07:25C'est quelque chose
07:26qui est très...
07:28Enfin voilà,
07:28c'est un sujet du quotidien
07:30et c'est une menace
07:31qui peut éventuellement planer
07:33sur la tête
07:34de beaucoup d'entre nous.
07:36Donc, c'est pas quelque chose
07:37qui n'arrive qu'aux autres.
07:39La pauvreté
07:40et les accidents de la vie...
07:43Un divorce,
07:44une perte de travail,
07:45ça peut arriver très, très vite.
07:47Et en fait,
07:48sans un sursaut
07:50un peu collectif
07:52et puis aussi
07:54arrêter de devoir,
07:55de demander encore une fois
07:55aux gens de se justifier
07:56de pourquoi est-ce qu'ils devraient
07:58avoir accès à des choses
07:59qui sont si basiques
08:00comme un logement.
08:02Mais on en est là
08:03aujourd'hui
08:05où en fait,
08:06on vient donner
08:09un peu des miettes
08:11suite à la pression
08:12qui est mise
08:12par les acteurs associatifs
08:14sur les réseaux sociaux
08:15en faisant des manifestations
08:17en étant éventuellement
08:19comme là aujourd'hui
08:20dans les médias.
08:21Suite à cette pression-là,
08:23il y a les déclenchements
08:24de plans grand froid
08:25qui sont...
08:26c'est même plus palier à l'urgence,
08:28c'est l'urgence de l'urgence,
08:30c'est-à-dire qu'on a des préfets
08:31qui, de manière parfaitement discrétionnaire,
08:35attendent le maximum
08:36pour décréter
08:37si un ressenti moins 5 degrés,
08:39c'est plus froid
08:40qu'une température à moins 3.
08:43Et si oui ou non,
08:44on va ouvrir,
08:45déclencher un plan grand froid.
08:47On va en entendre parler
08:48sur tous les plateaux
08:50et les réseaux sociaux,
08:51des grands gestes
08:53des préfectures
08:54qui font ça,
08:55sauf que c'est des dispositifs
08:56qui s'adressent à des gens
08:57qui sont en situation de rue
08:58souvent depuis des mois,
08:59très longtemps,
09:00et dont personne ne s'occupe
09:02hormis...
09:03enfin, en dehors
09:04de ces périodes comme ça
09:05de grand froid.
09:07Ça participe aussi
09:08à la croyance
09:09qui est qu'on meurt plus
09:10à la rue
09:12quand il fait froid
09:12qu'à d'autres moments.
09:14Et donc, ça alimente
09:15un petit peu
09:15cette politique du thermomètre
09:17où, en fait,
09:18les pouvoirs publics
09:18ne réagissent que
09:19quand il fait froid.
09:20Or, on voit,
09:22il y a des associations
09:23qui font un très grand travail
09:25qui dénombre
09:26le nombre de personnes
09:27sans domicile,
09:28sans abri
09:29qui meurent à la rue
09:29et qui constatent
09:31qu'on meurt autant
09:32l'été, le printemps,
09:34l'automne
09:34que l'hiver
09:35de la rue
09:36parce que c'est la rue
09:37qui tue avant tout autre chose.
09:42Et voilà,
09:44c'est...
09:46aller chercher
09:47des miettes
09:48qu'on nous donne
09:50pour ensuite faire
09:51une communication
09:52un petit peu
09:54lisse et propre
09:55en disant
09:56qu'il y a des dispositifs
09:57pour les personnes
09:58sans abri
09:59qui ont été ouverts
09:59l'hiver
10:00et qu'il faudrait
10:01s'en contenter
10:01et trouver ça très bien.
10:03Et voilà,
10:03je pense que ce n'est pas...
10:05c'est parfaitement hypocrite.
10:07Oui, parce que l'État
10:08et la Ville de Paris
10:08annoncent avoir débloqué
10:101200 places supplémentaires
10:11là, tout récemment.
10:13Sauf que j'imagine
10:14que c'est suite
10:15à énormément de fermetures
10:18de centres d'hébergement
10:19d'urgence
10:20et aussi des restrictions
10:22sur l'accès au séjour
10:23et donc c'est un petit peu
10:25un pansement
10:26sur une jambe de bois
10:27d'annoncer 1200 places supplémentaires.
10:31C'est trop peu.
10:32Oui, et puis ce n'est pas
10:33des places pérennes
10:33donc ça n'a rien de stable
10:35ni de continu
10:36ce qui contrevient d'ailleurs
10:38au droit et à la loi
10:39qui prévoit l'accès
10:41à l'hébergement d'urgence.
10:43Donc ça, c'est une première chose.
10:45Effectivement,
10:45c'est un pansement
10:46sur une jambe de bois
10:47qui a été elle-même montée
10:49par ces mêmes pouvoirs publics
10:52et les différents votes
10:56et réécritures budgétaires
10:59sur justement le nombre de places
11:01d'hébergement d'urgence
11:02le nombre de places
11:03dans le dispositif national d'accueil
11:04qui est le dispositif
11:06d'hébergement d'urgence
11:07réservé aux personnes
11:08demandeuses d'asile.
11:10Tout ça, ça a été
11:11des lignes budgétaires
11:12qu'on a vu baisser chaque année
11:14récemment encore
11:15justement sur le dispositif
11:16national d'accueil
11:19il y a eu une perte de place
11:20de plusieurs milliers de places
11:21donc il n'y a pas besoin
11:24d'avoir fait l'ENA
11:25pour savoir que
11:27cette diminution de places
11:28et donc de budget alloué
11:30à l'hébergement d'urgence
11:32à la construction de logements sociaux
11:35au maintien des aides sociales
11:36ça va forcément faire plonger
11:38les gens dans la précarité
11:39ou les maintenir dans une pauvreté gigantesque
11:42et que les besoins seront plus forts
11:45donc après à nouveau dire
11:47regardez on a ouvert un plan grand froid
11:51ou faire un semblant de réveil
11:54un semblant de sursaut
11:55pendant les périodes de grand froid
11:57alors que c'est toute une mécanique
12:00qui s'auto-alimente
12:02et qui brise la vie
12:05de milliers de personnes
12:06c'est vivre dehors
12:09on ne sait plus trop
12:11comment raconter les choses
12:12pour qu'il y ait un peu
12:15d'honnêteté intellectuelle en face
12:17sur les causes structurelles
12:20de ce qui mène les gens
12:21à être maintenus dans la rue
12:24on ne sait plus comment raconter
12:26tellement il faut
12:29encore une fois
12:30on se retrouve dans des positions
12:31où il faut justifier
12:32pourquoi être pauvre
12:34et pourquoi être à la rue
12:35c'est si difficile
12:38voilà
12:38et effectivement
12:44les dispositifs de plan grand froid
12:45sont insuffisants
12:46donc ce qui est réel
12:48c'est que pendant ces périodes
12:50où les dispositifs de plan grand froid
12:51sont ouverts comme à Paris par exemple
12:53évidemment sur nous par exemple
12:54notre permanence de recensement
12:57des familles à la rue
12:58on a constaté une diminution
13:00de personnes qui se présentaient
13:02à notre permanence
13:02donc c'est une bonne chose
13:04sur les quelques jours
13:05pendant lesquels sera ouvert
13:07le plan grand froid
13:08on sait très bien
13:09qu'une fois
13:11les températures qui remonteront
13:12ça ne veut pas dire
13:13qu'on sera au mois de mai
13:14ça voudrait simplement dire
13:15qu'il fera un tout petit peu moins froid
13:18ces mêmes personnes
13:20dont des enfants
13:21seront remises dehors
13:23voilà
13:24et on va continuer à alerter
13:27comme on le fait quotidiennement
13:29mais c'est des dispositifs
13:31qui en plus d'être insuffisants
13:34au moment venu
13:36il faut venir les arracher
13:38c'est vraiment le mot
13:39il n'y en a pas d'autre
13:42et encore une fois
13:43ça ressemble un peu à des miettes
13:44Vous réussissez à arracher des victoires
13:46tout de même ?
13:47On arrive à arracher des victoires
13:48et c'est souvent
13:49quand on voit les chiffres
13:50de la préfecture d'Ile-de-France
13:51notamment
13:52ou de la ville de Paris
13:53qui parlent des places
13:54qu'elles ouvrent
13:55ou des nombres de personnes
13:56accueillies etc
13:57donc c'est réel
13:59c'est juste
13:59c'est-à-dire qu'effectivement
14:00il y a tant de nombre
14:02de personnes accueillies
14:03ce qu'il faut savoir
14:03c'est que quasiment
14:05chaque personne accueillie
14:07l'a été grâce à la pression
14:08mise par une association
14:10soit via des alertes à répétition
14:13soit des actions
14:14de visibilisation
14:14comme Utopia peut en organiser
14:16devant l'hôtel de ville
14:17devant des mairies
14:19d'arrondissement
14:20on a pu le faire encore
14:22dernièrement
14:23vendredi dernier
14:23devant un centre
14:24d'hébergement d'urgence
14:25dont on savait
14:26qu'il avait des places libres
14:27et pourtant
14:29toutes les personnes
14:30qu'on rencontre
14:30quotidiennement
14:31tous les soirs
14:31appellent le 115
14:32n'ont pas de réponse
14:34et donc
14:35ces personnes-là
14:37ces familles-là
14:37se sont mobilisées
14:38toute la journée
14:39du vendredi
14:39devant ce lieu
14:40d'hébergement d'urgence
14:42à la fin
14:43ça a été effectivement
14:4430 personnes
14:44qui ont finalement
14:45été hébergées
14:46par la préfecture
14:47d'Île-de-France
14:47mais en fait
14:48il faut constamment
14:48en arriver là
14:50pour venir
14:51littéralement
14:52arracher
14:53d'un hébergement
14:54c'est
14:55voilà
14:56parce que
14:57c'est vraiment
14:58la démonstration
14:59de
14:59on ne sait plus
15:00comment le dire
15:00que c'est intolérable
15:02inacceptable
15:03que des personnes
15:04aient à vivre
15:05dans la rue
15:07en plus
15:08c'est un sujet
15:09qui est trop peu
15:10abordé
15:11je trouve
15:11par les politiques
15:12trop peu débattu
15:14dans les
15:14voilà
15:15dans les débats
15:16qu'on peut
15:17suivre
15:18et en même temps
15:20c'est une question
15:21essentielle
15:22hier soir
15:24j'ai vu
15:25sur votre compte
15:26X
15:26vous avez
15:27diffusé une vidéo
15:29que je vais
15:31envoyer
15:33voilà
15:38voilà
15:39avec une légende
15:40hier soir
15:41300 mineurs au moins
15:42ont dormi à la rue
15:44faute de solution
15:45avec une température
15:46de moins 6 degrés
15:49voilà
15:49on voit les tentes
15:50hier soir
15:51sous la neige
15:54est-ce que tu peux
15:55nous en parler
15:55Charlotte
15:56où est-ce que c'est
15:57exactement
15:58alors c'est dans
15:59le centre
15:59de Paris
16:01vers le premier
16:02arrondissement
16:03où depuis des mois
16:04en fait
16:05il y a à peu près
16:07300 personnes
16:08qui sont des
16:09mineurs non accompagnés
16:12qui est une
16:13dénomination
16:14un petit peu
16:14froide comme ça
16:15en fait on parle
16:16de personnes mineures
16:17donc qui n'ont même
16:18pas 18 ans
16:19et qui sont contraintes
16:21de vivre dans ces conditions-là
16:22à la rue
16:22parce qu'elles sont
16:23dans une procédure
16:24un peu particulière
16:25qui est
16:27le recours
16:28devant le juge
16:28des enfants
16:29c'est-à-dire
16:29pour faire
16:31reconnaître
16:32leur minorité
16:33qui est un processus
16:34très long
16:34très compliqué
16:35et dans l'attente
16:37l'État n'a pas
16:38obligation
16:39de les loger
16:40parce que
16:41le principe
16:42de présomption
16:44de minorité
16:44il exige
16:46voilà
16:47que effectivement
16:48ces jeunes-là
16:49soient reconnus
16:51présumés mineurs
16:52quoi
16:52puisque c'est ça
16:54qu'ils déclarent
16:54et c'est ce pourquoi
16:56ensuite
16:57ils saisissent
16:58le tribunal
16:59pour faire reconnaître
17:00leur âge
17:01devant le juge
17:01des enfants
17:02et en fait
17:03l'État français
17:04malgré les recommandations
17:05de l'ONU
17:06les condamnations
17:08même de l'ONU
17:10du comité des droits
17:11de l'enfant
17:11et de beaucoup d'autres
17:13institutions
17:13qui s'est exprimée
17:15à ce sujet-là
17:16et qui a émis
17:18des avis
17:19des recommandations
17:20des alertes
17:21à l'encontre
17:22de la France
17:23qui s'acharnait
17:25à ne pas appliquer
17:27la présomption
17:28de minorité
17:28et donc à ne pas
17:29protéger
17:30ces jeunes
17:30pendant tout
17:32le temps
17:32de leur recours
17:33devant le juge
17:33des enfants
17:35et malgré
17:36toutes ces alertes
17:36malgré ces avis
17:38recommandations
17:38sanctions
17:39condamnations
17:40etc.
17:41et puis malgré
17:42des tragédies
17:43aussi qui se passent
17:44évidemment
17:46l'État français
17:47s'obstine
17:48littéralement
17:48à ne pas
17:50s'occuper
17:50de ces jeunes
17:51donc dans
17:52beaucoup de villes
17:52de France
17:53mais c'est
17:54assez impressionnant
17:56à Paris
17:56mais dans
17:56toutes les villes
17:57de France
17:57en fait
17:57on est dans
17:58la même
17:58situation
17:58où les mineurs
18:00non accompagnés
18:01en recours
18:02de minorités
18:03sont à la rue
18:05voilà
18:05ils sont mis
18:06dehors
18:06par le département
18:07à Paris
18:08il y a une particularité
18:09c'est que c'est
18:09la ville de Paris
18:10et le département
18:11qui sont une seule
18:12et même collectivité
18:14donc quand les jeunes
18:15tentent de faire
18:16reconnaître leur âge
18:17c'est auprès
18:17du département
18:18qu'ils doivent le faire
18:19et donc
18:20quand le département
18:21en l'occurrence
18:22la ville de Paris
18:23décide que
18:23tel ou tel jeune
18:24n'est pas mineur
18:25alors c'est la ville
18:26de Paris elle-même
18:27qui remet le mineur
18:29dehors
18:29voilà
18:30donc actuellement
18:31il y a près de 300 jeunes
18:32dans cette situation là
18:33qui sont connus
18:34des associations
18:35nous on va les voir
18:36tous les jours
18:36il y a beaucoup
18:36d'associations
18:37qui sont autour d'eux
18:38là ça fait
18:40je pense plus de 10 jours
18:41que l'épisode de froid
18:42dur
18:43voilà
18:44ça a mis en difficulté
18:46même nous-mêmes
18:47beaucoup d'entre nous
18:48qu'on ait un logement
18:49voilà
18:52il y a des centaines
18:53de personnes
18:53qui vivent dehors
18:54et ces jeunes-là
18:55sont exclus
18:55du plan grand froid
18:56c'est-à-dire que
18:57la préfecture
18:57ne voit pas
18:58ces jeunes
18:59comme étant
18:59enfin
19:00les considère
19:01comme étant
19:02ni majeurs
19:02ni mineurs
19:03du coup
19:03ils sont
19:04en cours d'examen
19:05voilà
19:05donc dans tous
19:06les dispositifs
19:07qui s'est ouvert
19:08dernièrement
19:08du plan grand froid
19:09il n'était pas question
19:10d'accueillir
19:11ces jeunes-là
19:12hier il neige
19:13donc c'est encore
19:14plus choquant
19:15et ça fait déjà
19:17plusieurs jours
19:18que certains
19:19de ces jeunes
19:19nous avouent
19:20nous confient
19:22qu'ils ont
19:23tellement froid
19:25encore une fois
19:26je ne sais pas
19:26comment décrire
19:28la douleur
19:31que c'est quoi
19:32c'est la douleur physique
19:33c'est l'arrêteur du corps
19:35c'est plus vraiment
19:38pouvoir se déplacer
19:39c'est pas réussir à dormir
19:41tellement le froid
19:42et pénible
19:44donc c'est des gens
19:45qui sont encore plus
19:46en souffrance
19:47du fait des conditions
19:48qui sont
19:49dans des états
19:51de fatigue
19:51très avancés
19:52et qui
19:53de ce fait-là
19:54tout ça
19:54ça vient impacter
19:55leur vie
19:55c'est-à-dire que là
19:56hier il y a des jeunes
19:57qui nous ont dit
19:57qu'ils n'avaient plus
19:58la force
20:00d'aller aux distributions
20:01de repas
20:01et c'est pas pour
20:02c'est pas pour en rajouter
20:05en fait
20:05c'est ça la réalité
20:07de gens qui vivent
20:07à la rue
20:08c'est qu'à un moment donné
20:09on choisit soit
20:09de rester là où on est
20:10pour se concentrer
20:11sur
20:13et rester le plus
20:14au chaud possible
20:15et se concentrer sur soi
20:16ou alors déployer
20:18un maximum d'énergie
20:19pour aller choper
20:19un peu de nourriture
20:21et c'est ça
20:22c'est ça tout le temps
20:23en fait
20:24quand on vit à la rue
20:26c'est ça tout le temps
20:27c'est pas juste
20:28c'est tout un quotidien
20:31qui n'est que souffrance
20:35et contrainte
20:36tout le temps
20:39le 25 décembre dernier
20:41Charlotte
20:41avec d'autres associations
20:42bien sûr
20:43avec notamment
20:43sous l'initiative
20:44du DAL
20:45du droit au logement
20:46avec Jean-Baptiste Thérault
20:48vous êtes mobilisé
20:48devant les immeubles vides
20:50du triangle d'or
20:51dans l'huitième arrondissement
20:52afin d'en demander
20:53la réquisition
20:54alors vous êtes associé
20:56à cette
20:57on va voir quelques images
20:58là tout de suite
20:59vous êtes associé
21:00à cette
21:00à cette initiative
21:02c'était le 25 décembre
21:03dernier
21:04là on entend
21:05Jean-Baptiste Thérault
21:07avec les mal logés
21:08les sans logis
21:09et les luttes
21:11leurs luttes
21:11et celles
21:12qui sont souvent animées
21:13par le DAL
21:14mais pas que
21:14on accueille aussi
21:18les camarades
21:19de Utopia
21:2256 là
21:23qui sont venus
21:25apporter leur soutien
21:26on accueille aussi
21:27les représentants
21:28de différents mouvements
21:29de lutte
21:30pour le logement
21:31et qui dénoncent
21:32tous ensemble
21:33nous dénonçons
21:34la non-application
21:36de la loi de réquisition
21:37vous voyez ici
21:39pour ceux qui viennent
21:41pour la première fois
21:43là ici
21:44partout
21:45vous voyez affiché
21:46la foncière
21:48du triangle d'or
21:49c'est vide
21:50à 95%
21:52là aussi
21:53c'est vide
21:54à 95%
21:56vous avez
21:571
21:582
21:583
22:004
22:015
22:016
22:027 immeubles
22:047 immeubles
22:04qui sont
22:05inoccupés
22:06à 95%
22:07ces immeubles
22:09appartiennent donc
22:10à la foncière
22:10du triangle d'or
22:11qu'est-ce que
22:12la foncière
22:13du triangle d'or
22:14c'est une société
22:15qui est basée
22:16dans un paradis fiscal
22:19qui est gérée
22:19par un britannique
22:21et enfin
22:22pas gérée
22:23mais
22:24c'est de la fraude
22:25fiscale
22:26à tous les étages
22:27du blanchiment
22:28etc
22:28on sait pas trop
22:29et donc
22:30toutes ces propriétés
22:33on voit celle-là
22:34mais il y en a d'autres
22:35vous voyez encore
22:36des panneaux là-bas
22:37la foncière
22:38du triangle d'or
22:40il a vendu
22:40pour 1 milliard d'euros
22:41alors vous avez participé
22:43à cette mobilisation
22:44comme le disait
22:45Jean-Baptiste Thérault
22:46le président du DAL
22:48comment ça s'est passé
22:49même si tu n'y étais
22:50peut-être pas toi
22:51personnellement
22:51est-ce que vous avez
22:53obtenu des réponses
22:53de la préfecture
22:54suite à cette mobilisation
22:55est-ce que ça a débouché
22:57sur quelque chose
22:58non ça n'a pas débouché
23:00évidemment sur aucune
23:01réquisition
23:01d'aucun de ces immeubles
23:03dont Jean-Baptiste parle
23:06ça fait partie
23:07des mobilisations
23:10qu'on fait
23:11qui sont
23:12tant
23:12très concrètes
23:13c'est-à-dire que
23:15une demande de réquisition
23:16c'est très concret
23:18faire la démonstration
23:19qu'il y a
23:207 immeubles
23:21je crois qu'il en a compté
23:227
23:22qui sont
23:24complètement vides
23:25voilà
23:26c'est très concret
23:27maintenant ça reste
23:28c'est quelque chose
23:29de symbolique
23:29on est dans les quartiers
23:30les plus
23:31cossus de Paris
23:34voilà
23:35on se retrouve bien
23:39vraiment
23:39dans deux mondes différents
23:41c'est-à-dire que
23:42sans aucun problème
23:43il y a des personnes
23:44très fortunées
23:46qui ont le droit
23:46d'acheter
23:47et d'accumuler
23:48les biens
23:48et de les accumuler
23:50en plus
23:50en les laissant vides
23:52quand
23:54la vraie vie
23:55c'est qu'en fait
23:56il y a des milliers
23:57et des milliers
23:58de personnes
23:58qui n'ont pas
23:59de quoi se loger
24:00et financièrement
24:01c'est une opération
24:03lucrative
24:03que de les laisser vides
24:04alors oui
24:05paraît-il que
24:06c'est plus intéressant
24:07de les garder vides
24:08que de les mettre
24:10sur le marché
24:11du locatif
24:12voilà
24:13donc on est sur
24:14de la spéculation
24:15financière
24:17totale
24:17quoi
24:17mais bon ça
24:18c'est Paris
24:19est très concerné
24:20par ce phénomène-là
24:23comme beaucoup
24:24d'autres villes
24:25en France
24:25à Paris
24:25on a quand même
24:26128 000 logements
24:28vides
24:29et quand on parle
24:30de logements vacants
24:31et je reviens
24:32un peu sur la loi
24:32de réquisition
24:35il y a souvent
24:35des personnes
24:36qui ne sont pas
24:38forcément plus
24:39milliardaires
24:40que ça
24:40et qui sont
24:41propriétaires
24:42et qui s'inquiètent
24:43de voir leur propre
24:44logement
24:45réquisitionné
24:45etc
24:45encore une fois
24:46il ne s'agit pas
24:47de ça
24:47il s'agit quand même
24:47d'un certain nombre
24:49de logements
24:49comme là
24:49qui appartiennent
24:50à une entreprise
24:52à une foncière
24:53il y a eu
24:547 immeubles
24:56c'est des milliers
24:57de mètres carrés
24:57vides
24:58c'est des centaines
24:58de mètres carrés
24:59vides
24:59ne serait-ce que
24:59pour un seul propriétaire
25:01c'est ces situations-là
25:01qui sont inentendables
25:03inacceptables
25:03et qui ne font que
25:08parler
25:09ça parle
25:11pour nous
25:12parce que ça montre
25:13la situation
25:14d'inégalité
25:15d'inéquité
25:15qui est laissée
25:17à l'oeuvre
25:18par l'État
25:19et quand effectivement
25:20on parle peu
25:21de la loi de réquisition
25:22au niveau des décideurs politiques
25:23du législateur
25:24etc
25:25on parle quand même
25:26beaucoup du logement
25:27quand on avait
25:28un ministre du logement
25:30il y a quelques mois
25:31Guillaume Casparian
25:32qui fait quand même
25:35sort une loi
25:36qui est abjecte
25:37qui a remis
25:38des milliers de personnes
25:39à la rue
25:39qui les a expulsées
25:41de leur logement
25:42et c'est une politique
25:44dont lui
25:46ancien membre
25:47du gouvernement
25:49et sa famille politique
25:50se targuent
25:52ils en sont fiers
25:53et quand vous êtes
25:54sur le compte Twitter
25:55et les réseaux sociaux
25:56de cet ancien ministre
25:58ou d'autres décideurs politiques
26:00quand il s'agit
26:00de parler de logement
26:02c'est avec fierté
26:04qu'on vient
26:06expulser
26:06des milliers de personnes
26:08qui étaient
26:08en impayés de loyer
26:12avec cette agitation
26:14du chiffon
26:15que c'est pour la protection
26:17des propriétaires
26:17mais on ne parle jamais
26:18de ce qui a conduit
26:19les gens
26:20à être en situation
26:21d'impayés de loyer
26:22et aux causes
26:23structurelles
26:24de cette pauvreté
26:25quand on voit
26:26qu'en parallèle
26:26on laisse
26:27des multipropriétaires
26:28ou des personnes
26:29très riches
26:30spéculer
26:32massivement
26:33sur l'immobilier
26:35et voilà
26:36donc le logement
26:37est quand même
26:37un sujet
26:38mais qui est pris
26:39vraiment
26:40de la manière
26:41la plus abjecte
26:42et avec
26:43une froideur
26:45qui fait
26:46qui est
26:47qui est atroce
26:48quoi
26:48parce que
26:49encore une fois
26:50quand on voit
26:50des décideurs politiques
26:52se satisfaire
26:53d'avoir remis
26:54des milliers
26:55de personnes
26:55à la rue
26:55je...
26:57voilà
26:57je sais ça
26:58c'est à...
26:59on marche
27:00sur la tête
27:01quoi
27:01le climat politique
27:02est loin d'être
27:05positif
27:05non non
27:05c'est sûr
27:06je pense qu'il y a
27:07une part aussi
27:08et nous c'est ce qu'on voit
27:09en fait
27:10il y a une part
27:12de...
27:13comment dire
27:13des revendications
27:15qu'on a
27:15de...
27:17l'action
27:17de l'association
27:18mais aussi
27:20voilà
27:20des personnes
27:21qu'on soutient
27:22où tout le monde
27:22est conscient
27:23en fait
27:23qu'il ne faut pas
27:23attendre
27:25de l'État
27:26que l'État
27:27ne peut pas tout
27:28et manifestement
27:28qu'il ne veut pas
27:29tout non plus
27:30quoi
27:30donc parce que
27:31le constat
27:31il est
27:32même si les chiffres
27:34bougent
27:35augmentent
27:35mais il est le même
27:36depuis des années
27:36en fait
27:37c'est que
27:38les personnes
27:39pauvres
27:39ou qui deviennent
27:40de plus en plus
27:40pauvres
27:41elles sont vraiment
27:41laissées sur le côté
27:42et qu'il y a
27:44tout ce qu'on voit
27:45c'est que
27:45toutes les mains
27:46qui étaient
27:48toutes les...
27:49tout ce qui était
27:49et tout ce qui ressemblait
27:50de près ou loin
27:51à une main tendue
27:52de la part de l'État
27:53elles sont en train
27:54de se raréfier
27:55quoi
27:55et qu'effectivement
27:57les politiques
28:00néolibérales
28:00qui laissent
28:01comme ça
28:01à tout va
28:02les spéculations
28:03se faire
28:04les personnes
28:05les plus riches
28:06s'enrichir
28:06et les personnes
28:07les plus pauvres
28:08s'appauvrir
28:10et qu'il n'y a pas
28:11de coup d'arrêt
28:12à ces politiques-là
28:13alors
28:14on sait que c'est aussi
28:15la société civile
28:16qui s'organise
28:17et nous c'est ce qu'on voit
28:17depuis plusieurs jours
28:18en fait
28:19là on a des...
28:20les conditions météo
28:22ont beaucoup fait réagir
28:24ça a créé
28:24beaucoup de...
28:25d'émotions
28:26beaucoup d'émotions
28:27c'est vrai
28:27chez les citoyens
28:29citoyennes
28:30et chez les parisiens
28:31et parisiennes
28:32et du coup
28:33on a eu beaucoup
28:34de propositions
28:35d'habitants de Paris
28:37en l'occurrence
28:38de mettre à disposition
28:39leur logement
28:40donc en fait
28:41il y a effectivement
28:42des mécanismes
28:43qui sont
28:45les mécanismes
28:46de l'État
28:47qui devraient
28:48encore une fois
28:49aller vers
28:50les personnes
28:50qui souffrent
28:51et vers les personnes
28:52qui sont laissées sur le côté
28:53pour ne pas les laisser
28:54sur le côté
28:54maintenant quand ici même
28:56l'État est défaillant
28:57alors la société civile
29:00est parfaitement capable
29:01et c'est aussi ça
29:02comme message
29:03qu'on veut montrer
29:05à Utopia 56
29:06c'est que
29:06on n'est pas obligé
29:08on n'a pas que
29:09à attendre de l'État
29:10et c'est aussi de faire
29:12et c'est ce qu'on voit
29:13c'est qu'on a beaucoup
29:14beaucoup
29:14beaucoup
29:14beaucoup de
29:15voilà
29:16de concitoyens
29:17français et françaises
29:17qui sont dans cette même idée
29:19qui veulent faire
29:19et du coup
29:20qui viennent avec nous
29:21sur le terrain
29:22qui ouvrent
29:24les portes
29:25de leur appartement
29:25pour héberger
29:26les gens
29:28et donc voilà
29:29c'est
29:31il y a aussi
29:33ce mouvement-là
29:34et cette réalité-là
29:35et je pense que
29:35c'est pas
29:37c'est pas
29:38comment dire
29:39c'est plutôt souhaitable
29:40de voir des réactions
29:41comme ça
29:41et qu'il en faut plus
29:43qu'il en faut d'autres
29:44et parce qu'à nouveau
29:46on pourra le demander
29:48sur tous les tons
29:49possibles
29:50l'État ne fera pas
29:51plus
29:52tant qu'il n'aura pas
29:52décidé
29:53qu'il veut faire plus
29:55alors concrètement
29:56dernière question
29:57peut-être Charlotte
29:58c'est comment
29:58celles et ceux
29:59qui nous écoutent
30:00et qui
30:01voudraient apporter
30:02de l'aide
30:03qui voudraient
30:04voilà
30:04militer
30:05pourquoi pas
30:05auprès de
30:06Utopia 56
30:07comment est-ce qu'ils peuvent
30:09vous
30:10vous contacter
30:11comment ils peuvent
30:12vous aider
30:13comment ils peuvent
30:13participer
30:15et bien à leur échelle
30:17ils peuvent nous contacter
30:18via nos réseaux sociaux
30:19nos sites internet
30:20effectivement pour nous rejoindre
30:21sur le terrain
30:22pour devenir hébergeur
30:23solidaire
30:23pour laisser son appartement
30:24il y a Utopia 56
30:26mais il y a d'autres associations
30:27qui organisent
30:28l'hébergement
30:29voilà
30:29solidaire
30:30à Paris
30:31comme ailleurs
30:32parce qu'il y a
30:34voilà
30:34plein de besoins
30:35en fait dans plein
30:36de villes différentes
30:37c'est très important
30:38de ne pas l'oublier
30:39et il y a aussi certains
30:44peut-être personnes
30:45qui nous écoutent
30:46qui sont propriétaires
30:48d'espaces vacants
30:49justement
30:49qui sont bien plus grands
30:51que des appartements
30:52et nous on a pu
30:54en bénéficier
30:56de ce genre de rencontres
30:57où on a une personne
30:59propriétaire
31:00d'un lieu
31:01très grand
31:02vide
31:03qui en attendant
31:04d'entamer des travaux
31:06dans ce lieu
31:06et de le revendre
31:08voulait que ce lieu
31:09serve en fait
31:10parce que lui-même
31:11était indigné
31:12de la situation
31:12de savoir
31:13qu'il avait
31:13en sa possession
31:14un espace
31:15immense et vide
31:16et qu'il y avait
31:17des milliers
31:17de personnes dehors
31:18et donc c'est comme ça
31:19que depuis plus d'un an
31:20maintenant
31:20à Bagnolet
31:21on héberge
31:22tous les jours
31:23quotidiennement
31:23chaque soir
31:24chaque nuit
31:26plus de 130 personnes
31:27en famille
31:28donc voilà
31:29tous les soirs
31:31on héberge
31:31des enfants
31:32des parents
31:33qui se font refuser
31:35du 115
31:35donc ça aussi
31:36c'est une initiative
31:38individuelle
31:38qui vient
31:40voilà
31:41qui est
31:41alors que tout le monde
31:42n'a pas
31:44cette possibilité-là
31:44mais si des gens
31:45nous écoutent
31:46et qui ont
31:47dans leur
31:50qui possèdent
31:51justement
31:51ce type de lieu
31:52je pense qu'il ne faut pas
31:53hésiter à passer le pas
31:54à s'adresser aux associations
31:55et même aux collectivités
31:56parce qu'il y a des collectivités
31:57aussi
31:58qui sont
31:59qui ont besoin
32:00en fait
32:00du soutien
32:01aussi
32:01de leurs
32:03des citoyens
32:04des citoyennes
32:05pour aussi parfois
32:05lancer des initiatives
32:06et nous avec Utopia
32:07quand on a ouvert
32:08ce lieu à Bagnolet
32:09c'était un peu
32:10ce qu'on voulait montrer
32:11c'est que
32:11ok vous ne voulez pas faire
32:12les associations
32:13en fait
32:13elles sont capables
32:14de le faire
32:14et ça fonctionne
32:16et c'est comme ça
32:18qu'on arrive aussi
32:23à rendre un petit peu
32:25de dignité
32:27aux gens
32:27qui sont oubliés
32:30oubliés
32:30et laissés
32:30sur le côté
32:31donc voilà
32:32comment on peut
32:33s'engager
32:34alors tu peux nous rappeler
32:36l'hébergeur solidaire
32:37en quoi ça consiste
32:39alors nous on a un réseau
32:40d'hébergement solidaire
32:42c'est à dire que c'est des
32:42parisiens et des parisiennes
32:44qui nous contactent
32:45et qui mettent à disposition
32:47leur logement
32:49donc s'ils ont une chambre
32:50dans leur logement
32:51par exemple
32:51pour héberger
32:53une nuit
32:54une personne
32:56ou une famille
32:56selon les capacités
32:57que les hébergeurs ont
32:58voilà
33:00en l'occurrence
33:00à Paris
33:01nous on propose
33:02ce système là
33:03pour les familles
33:04qui sont à la rue
33:04ou les femmes seules
33:06dans d'autres villes
33:07ou d'autres associations
33:09vont pouvoir demander
33:11vont pouvoir proposer
33:12par exemple
33:12ce dispositif là
33:13pour des personnes
33:14pour des mineurs
33:16non accompagnés
33:16justement
33:18et voilà
33:19donc c'est un dispositif
33:20vraiment
33:20c'est de l'hébergement
33:21solidaire citoyen
33:22d'accord

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