- il y a 8 heures
Cemil Şanlı (@CemilSanli) est journaliste indépendant. Pour sa chronique dans l'émission "ça ira !", on lui demande souvent de se rendre aux conférences de presse de l'Elysée pour poser les questions qui fâchent. Comment construit-il ses questions et relances ? Comment se passent ces conférences organisées par le pouvoir ? Il répond à vos questions et à celle de Pierre-Antoine Valade.
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NewsTranscription
00:00Jemil, c'est aussi le journaliste qui fait trembler les conférences de presse et qui pose des questions que beaucoup
00:04n'osent pas poser.
00:05Il y a un aspect de ton travail qui nous intéresse beaucoup ici à l'UMA et notamment pour ce
00:09live,
00:09c'est que tu vas très souvent te confronter au pouvoir, notamment lors de la traditionnelle conférence de presse après
00:14le Conseil des ministres.
00:15Tes interventions, elles ont été très largement relayées et tu as souvent subi une sorte de forme de blocage, voire
00:21même de censure.
00:23Ton cas illustre un phénomène beaucoup plus large, ce qu'on peut décrire comme étant du journalisme de court.
00:28C'était la conclusion de l'enquête d'arrêt sur image.
00:32Ce que je voudrais qu'on démarre par cette intervention-là.
00:40Ouais, ouais, ouais.
00:41Euh, non, attends.
00:42Celle-ci ?
00:44Par...
00:45Déjà, quel porte-parole ? Parce qu'il y en a eu plusieurs.
00:46Priska.
00:48Ah oui, là, c'est vrai.
00:49Il y a du son sur ces passages-là, si tu veux.
00:51Sur ça, on va avoir...
00:58Là, tu cliques au milieu.
01:01Si les annonces que vous avez rappelées de M. Attal étaient à la hauteur et concrètes, selon vous ?
01:06Merci pour cette question, parce que je pense qu'effectivement, il y a des tracteurs qui sont présents en Ile
01:12-de-France.
01:13Merci.
01:15Rebonsoir.
01:16Rebonsoir.
01:16Je me permets de revenir pour vous entendre de nouveau sur la question...
01:19Là, vous prononcez le terme de colère saine.
01:22Que répondez-vous aux Français qui sont pour le moins interloqués, si ce n'est surpris,
01:26suite au propos du ministre de l'Intérieur sur TF1 il y a quelques jours,
01:29de justement, de cette colère saine qu'on comprend, on laisse faire les agriculteurs,
01:33là où d'autres, les professeurs, les gens contre la femme des retraites,
01:36les jeunes, les autres mouvements sociaux ont été pour le moins réprimés.
01:40Mais est-ce que le gouvernement a changé de fils d'épaule ?
01:43Et finalement, les prochains mouvements sociaux seront aussi vus de manière plus clémente.
01:50Ah, elle a bugué.
01:51Elle a bugué.
01:52Mais en fait, tu poses des questions...
01:54La porte-parole qui a une petite...
01:56Les autres n'en posent pas ou ne les posent pas, ces questions-là, qui sont toutes légitimes.
02:01Et ce qui s'est passé, c'est que c'est tellement rare que Prisca soit questionnée à l'issue
02:07d'un conseil des ministres
02:08que ces vidéos, elles ont fait le buzz directement au lendemain,
02:11notamment dans la chronique de Bertrand Chamorro.
02:12On regarde ça tout de suite et après, on discute...
02:14On a repéré, c'est tenter de gagner du temps quand la question ne lui plaît pas.
02:18Je vois, effectivement, je pense qu'à un moment, il faut juste qu'on se dise les choses, bien évidemment.
02:23Ça tombe bien, c'est ce que les journalistes attendent.
02:26Bien évidemment, l'enjeu, c'est pas de bloquer des...
02:32Allez, je vous laisse compléter la fin de la phrase, j'ai pas que ça à faire.
02:35Alors j'ai regardé la première partie de l'émission et...
02:38Et donc ?
02:39J'étais surpris, agréablement surpris, puisque Prisca Thévenot était tout de même beaucoup plus mousse
02:43que lors du compte-rendu du conseil des ministres.
02:45La question, c'est pas ça, excusez-moi, permettez-moi.
02:47Mais le deux poids de mesure de quoi ?
02:49Non, le reste, je me permets de vous répondre.
02:51Le terme colère saine ne vous convient pas.
02:53Je n'ai pas dit ça.
02:54Non mais...
02:56Je crois l'entonement.
02:57Pas du tout, je finis.
02:58Vous avez remarqué que j'ai pas fini l'intonation de ma voix,
03:00mais je vais laisser croire que j'allais pas finir ma phrase.
03:02Un peu de mépris au passage.
03:05Moi, ce qui m'intéresse, c'est quand t'arrivais la première fois,
03:08est-ce que t'avais conscience que ces questions-là,
03:10elles allaient faire grincer les dents ?
03:11Pas du tout.
03:12Alors pas du tout.
03:14Déjà, dans ton introduction, tu parles de censure et quoi d'autre, tu dis ?
03:19Je sais plus.
03:21Je parle de censure et de...
03:24Une forme de blocage.
03:25Ah voilà.
03:26Censure, c'est peut-être un peu trop fort.
03:28Même, il y a plutôt une volonté d'invisibilisation et de contrôle.
03:33Puisqu'on peut toujours aller chercher la réponse.
03:36On peut toujours y aller.
03:37Tant que j'ai ma carte de presse, je peux y aller.
03:40Ils peuvent trouver des solutions.
03:42Ils ont cherché à plusieurs reprises.
03:44Je le dis parce qu'on me l'a dit, parce que je le sais, de source sûre.
03:48On parle avec les gens.
03:49Il y a du off avant et après.
03:51On discute.
03:51Ce sont des êtres humains comme tout le monde.
03:53On discute pendant que les caméras sont éteintes.
03:55Et on sait comment les choses se déroulent.
03:58Et donc, censure, c'est un peu trop fort parce qu'on peut toujours y aller.
04:02Mais non, je ne pensais pas.
04:03Parce que moi, je pensais qu'on était libre de faire notre métier de manière choisie.
04:09C'est-à-dire que si je veux dire relancer parce que la réponse qu'elle me donne ne me
04:13satisfait pas.
04:14Parce que non pas que moi, je ne l'apprécie pas, sa réponse.
04:16C'est parce que ce n'est pas la réponse à ma question.
04:17Parce qu'il y a la langue de bois.
04:18Parce qu'il y a un mensonge que je souhaite débunker à ce moment-là.
04:21Elle me donne un chiffre qui est faux.
04:22Elle dit le contraire de la semaine dernière.
04:24Voilà.
04:25Il y a cette volonté de chercher la vérité.
04:28Du moins, d'aller mettre la lumière sur quelque chose qu'on veut comprendre.
04:31Donc, c'est le lieu.
04:32Et pourquoi j'insiste là-dessus, dans ce lieu-là, qui, pour d'autres de mes confrères et consoeurs, n
04:40'est pas le lieu pour le faire, selon eux.
04:43Mais moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
04:44C'est parce que nous, Média dit indépendant, Média dit alternatif, Média dit pas pignon sur rue, Média dit pas
04:50TF1 et Bouygues, tous les autres.
04:52On n'a pas le loisir d'appeler « Bonjour, monsieur le ministre. On a rendez-vous. Venez sur notre
04:57plateau. »
04:57Non.
04:57C'est un des rares lieux, si ce n'est le seul, où le gugus que je suis, journaliste péquno
05:02des Vosges, qui a...
05:04Tu vois, vraiment, sans vouloir dévaloriser le profil qui peut être le nôtre, mais c'est le seul lieu où
05:09on peut demander à la porte-parole du gouvernement, qui est ministre elle-même aussi, une question.
05:16Demander à rendre des comptes, parce qu'on en a le droit, en fait, en vérité.
05:19Et ça, c'était quelque chose de... Et c'est toujours quelque chose de pas apprécié du tout.
05:23Alors, là, ces extraits que tu as montrés, là, ça date du tout début, donc fin 2023.
05:28Mais ça s'est vite vérolé, finalement.
05:30Dès le lendemain. Dès la fois d'après.
05:33Vraiment, la première fois où tu arrives, déjà, t'es assez impressionné, parce que c'est l'Élysée.
05:39C'est vraiment la citadelle assiégée, quoi.
05:43Déjà, tu peux même pas marcher devant dans la rue.
05:45La rue est bouchée par des policiers, etc.
05:47Il y a des pylônes en métal.
05:49Tu dois montrer ta carte de presse pour passer un premier sas, puis un second, puis un troisième.
05:52C'est vraiment très, très...
05:54Depuis Macron, avant, on pouvait passer en voiture devant.
05:56Maintenant, on ne peut plus.
05:58Et donc, tu arrives là.
06:00Le perron de l'Élysée, qu'on a tous vu à la télévision.
06:03Les graviers blancs, des personnes extrêmement bien habillées.
06:07Je ne sais pas.
06:07Il y a ce truc, les dorures de la République, le côté très...
06:10D'ailleurs, pas très républicain, plus royal qu'autre chose, quoi.
06:14À ce moment-là, tu es le vilain petit canard.
06:16Tu ne te sens pas forcément vilain petit canard.
06:19Une fois que j'ai posé mes questions, oui.
06:21Mais sur le moment, c'est plutôt du...
06:23Parce que tu arrives là, et dans la salle de presse,
06:25avant que ce truc qu'on vient de voir, à peu près là, ait lieu,
06:28il y a toute une procédure qui dure deux heures avant.
06:32On arrive à 10h du matin.
06:33Le live, c'est midi.
06:34Des fois, c'est même plus tard.
06:35Il y a ce qu'on appelle le off.
06:36Donc, dans le off, on est là, entre nous.
06:38Et quand je dis entre nous, ça a du sens.
06:41On pourrait même dire l'entre-soi.
06:42Entre nous, c'est entre les autres journalistes.
06:44C'est ça ?
06:44Les journalistes, l'entourage de la ministre, l'entourage présidentiel.
06:48M. Macron a plusieurs conseillers médias,
06:51je crois qu'ils sont toujours trois, qui viennent nous voir.
06:54Il y a du tutoiement.
06:56J'arrive dans un groupe de gens que je ne connais pas,
06:59des journalistes qui sont souvent attitrés à cette tâche-là.
07:02Des journalistes de l'AFP, de Reuters, de BFM, de CNews.
07:06De TF1, qui sont toujours les mêmes.
07:08Des RFI, etc.
07:09De RTL9, machin.
07:10Qui viennent là pour suivre l'actualité élyséenne.
07:14Qui se font partie.
07:15Il y a même une association des journalistes de l'Elysée,
07:18de la presse présidentielle, etc.
07:19Il y a quelque chose de très installé,
07:21de très dans son jus, si tu veux.
07:24Et quand j'y arrive, et ça, c'est un peu ce que Meryem Laribi,
07:29qui est une amie, que j'ai rencontrée dans ce cadre-là,
07:31qui est une amie aujourd'hui, raconte aussi.
07:33Elle est journaliste indépendante médias.
07:35Elle est journaliste indépendante, oui.
07:38À ressentir aussi, on en a parlé plus tard, ensemble.
07:42Ce côté du « oulala, c'est pas chez moi ».
07:45On n'est pas complètement à l'aise.
07:47Moi, je suis plutôt à l'aise, en l'idée, en général.
07:49J'arrive à me faire un petit peu de trucs,
07:51mais tu sens, et on te fait vite sentir,
07:53que ce n'est pas ton milieu.
07:57On cherche aussi à te draguer.
07:58La première fois que je suis arrivé,
08:00on te fait des petits trucs, je ne sais pas,
08:01on ne connaît pas, donc tu as l'entourage, etc.
08:03Ils essayent, quand je dis de te draguer,
08:05c'est dans tous les sens du terme.
08:06C'est-à-dire de t'amadouer,
08:09pour que, sans doute, une fois amadoué,
08:13tu es forcément moins mordant, tu es moins dangereux.
08:15Le journaliste, il est dangereux pour le pouvoir politique.
08:18C'est évident, on parle souvent de quatrième pouvoir,
08:20contre-pouvoir, de contre-pouvoir.
08:22Et c'est vrai, quand on fait notre métier correctement,
08:25normalement, on n'est pas censé chercher la merde
08:28ou toujours remuer le truc.
08:32Mais de fait, notre travail vient mettre la lumière,
08:34normalement, sur des conflits d'intérêts,
08:36des non-dits, des mensonges, etc.
08:38Même si nous-mêmes, nous ne sommes pas exclus
08:40de ce genre de problème.
08:41Il peut y avoir des enquêtes faites sur nous-mêmes.
08:43Et donc là, tu sens bien que tu n'es pas dans ton truc.
08:46Et ça crache.
08:48On a pu chercher à me draguer une fois
08:49que j'ai posé mes questions.
08:51Et là, ça crache complètement.
08:53Est-ce que tu t'attendais, après avoir posé les questions,
08:55est-ce qu'il y a un tel engouement derrière ?
08:57Avec la reprise par Chamorro, etc. ?
09:00Ou pas du tout ?
09:00Mais pas du tout, Pierre.
09:02Pas du tout.
09:03Vraiment pas du tout.
09:03Moi, j'y suis allé vraiment la première fois.
09:05Là, je vais pour le média
09:08pour poser des questions autour du...
09:10Comment on appelle ça ?
09:11C'était la grève des agriculteurs.
09:13Des agriculteurs, où ils n'étaient pas traités de la même...
09:14Exactement.
09:15Mais allez voir, c'est hyper intéressant.
09:16Parce que tu viens confronter...
09:18C'est le même travail que je fais pour vous aujourd'hui.
09:20Oui, oui.
09:20C'est la même chose tout le temps.
09:21Oui, oui.
09:22Finalement, ce que tu fais aujourd'hui,
09:23c'est la continuité de...
09:24Oui, c'est mettre les responsables
09:27ou mon interlocuteur,
09:29là, c'est un responsable politique,
09:30face à des contradictions.
09:31À leurs contradictions.
09:33Elles viennent me dire...
09:34Elles me disent quelque chose
09:35qui est factuellement injuste, faux, erroné.
09:38Et j'ai des éléments
09:40que je peux apporter au micro dans une question
09:43ou dans une remarque pour relancer la personne
09:44qui vient contredire ça.
09:46Eh bien, c'est ce que je fais.
09:48Sauf que dans l'exercice du compte-rendu
09:52du Conseil des ministres,
09:53qui est présenté comme un truc démocratique,
09:55où les journalistes peuvent poser des questions
09:56librement comme bien,
09:56c'est pas ça, en vrai.
09:58C'est pour ça que tout à l'heure, je disais
09:59que le fait que ce soit piloté par le pouvoir,
10:02sur le terrain du pouvoir,
10:04à l'Élysée, d'exécutifs,
10:06avec les moyens mécaniques
10:07et humains du pouvoir,
10:09c'est filmé par...
10:10On est interdit de venir avec notre micro,
10:11notre caméra.
10:12C'est vraiment contrôlé par le pouvoir.
10:14Donc, il y a une volonté de communication,
10:17pas d'information immense
10:18quand ils disent que nous répondons avec plaisir,
10:20bien sûr.
10:20Et c'est pas vrai.
10:21Il y a une...
10:21C'est un exercice de communication.
10:22Alors, quand nous venons faire du journalisme,
10:26eh bien, ça fait cracher la machine.
10:28Alors qu'il y a des journalistes dans la salle.
10:31C'est ça qui est...
10:31Mais du coup, c'est quoi l'intérêt
10:34de ces conférences de presse ?
10:35C'est juste pour répéter la com du...
10:36Cet intérêt, il est là.
10:38Si tu veux, c'est un organe de propagande
10:41du pouvoir exécutif,
10:44tout bien mis en place, etc.,
10:45qui se donne les allures de...
10:48Comme on le peut voir aux États-Unis, par exemple,
10:50qui n'est pourtant pas la meilleure des démocraties désormais,
10:52mais qui, pour le coup, eux, le font,
10:53cet exercice-là,
10:54et puis dans d'autres pays,
10:56qui se donnent, du coup, les allures de...
10:59On répond aux questions sur langue de bois.
11:00Et c'est faux.
11:01Il suffit de voir clairement,
11:03même quand je ne suis pas là,
11:04ou même quand il n'y a pas Myriam,
11:05là, à l'écran, on voit
11:07Célia Mébrokine qui était, franchement,
11:08une personne qui est juste à la gauche, là.
11:09Tu reviens en arrière,
11:10qui est juste en bas, là.
11:11C'est une personne qui m'a vachement inspirée,
11:12qui était chez Mediapart,
11:14qui a posé une question sur Ariane Lavrieux,
11:16à l'époque, où il n'y a pas de vidéo,
11:18malheureusement, c'est une image.
11:19Mais cette question avait fait grand bruit,
11:21à cette époque-là,
11:22parce qu'elle était venue faire du journalisme,
11:24là où, manifestement,
11:25ça n'a pas lieu d'être.
11:27Et moi, il y a un truc qui m'interroge,
11:30c'est que...
11:31Bon, tu vas revenir plusieurs fois
11:32pour poser les questions.
11:33Ben, plein de fois.
11:34Après, tu vas te faire un petit accident
11:36et te casser la cheville.
11:38Et quand tu reviens,
11:40c'est plus filmé.
11:43Exactement.
11:44Du coup, ça pose aussi la question...
11:46Les journalistes ne sont plus filmés.
11:48Oui, effectivement.
11:49Parce que, comme vous l'avez vu,
11:49à la séquence qu'on vous a montrée,
11:52Jemil était filmé quand il posait la question
11:54et ensuite Priska était filmée
11:55quand elle répondait, etc.
11:57C'est historiquement comme ça
11:58que ça se passe.
11:59Et là, il décide.
12:01Et donc, du coup,
12:01il y a un changement de dispositif.
12:05Comment toi, tu le perçois ?
12:06Est-ce que tu le perçois directement
12:08pour toi et contre toi ?
12:12Alors, ce n'est pas que contre moi.
12:15Il y a quelque chose
12:16qui se passe avant cela.
12:17C'est-à-dire que dès la seconde
12:20ou la troisième fois que je viens,
12:21il y a un crash.
12:22Tout d'ailleurs, j'ai prononcé ce mot-là.
12:23Crash.
12:24Il y a un vrai crash.
12:25Une fois les caméras coupées,
12:26il y a une journaliste.
12:28Ce n'est pas le pouvoir politique
12:30qui est intéressant.
12:30Une journaliste d'un grand média français,
12:33de référence,
12:34qui vient me voir
12:35et qui vient me voir.
12:37Pas voir d'autres personnes.
12:39Mais Rem est là aussi, derrière moi.
12:40Elle ne va pas voir mieux.
12:41Elle vient me voir.
12:43Elle me demande
12:43« Pour qui tu bosses déjà ? »
12:45C'est bizarre.
12:46Elle me fait des reproches sur mon travail.
12:48Ce n'est pas normal.
12:49Tes questions, tes relances, machin.
12:51Pas argumenté.
12:52Non, vraiment.
12:52Vraiment très hostile.
12:53Dans la critique pure.
12:54Tout à fait.
12:56Et moi, je suis un peu estomaqué.
12:58Et je suis là,
12:58mais je bosse pour le média.
13:00Je ne suis pas la seule à poser des questions.
13:03Je serais, soi-disant,
13:04un peu trop long,
13:05un peu machin, un peu truc.
13:06Ce n'est pas tout à fait
13:06ce qu'on me reproche, en fait.
13:07Et cette personne,
13:09il faut savoir qu'après,
13:10je ne sais pas si il faut que je te raconte ça,
13:12mais je pense que c'est important
13:12de savoir comment ça marche.
13:13Le raconte-moi.
13:15Après, ce qu'on appelle du off,
13:17comme avant,
13:18mais là, c'est après.
13:18Après le compte-rendu,
13:21la séance faussement journalistique,
13:23il y a la ministre
13:25qui vient faire du off avec nous.
13:27Et la ministre vient avec son entourage.
13:28C'est censé être
13:31comme dans du...
13:32C'est du off.
13:33Vous êtes combien ?
13:33Une dizaine ?
13:34On est une dizaine.
13:35Une quinzaine.
13:35On est vraiment...
13:36C'est un petit noyau.
13:37C'est un petit monde.
13:38Et donc,
13:38il y a même des petits fours,
13:40tu vois,
13:41des trucs vachement bien.
13:42Petite table blanche,
13:44de l'eau.
13:44Soir et cocktail ?
13:45Pas mal.
13:45À chaque mercredi,
13:46c'est comme ça.
13:47Ils savent bien nous recevoir.
13:48Pour moi,
13:49c'est une forme aussi de...
13:50Au saumon ?
13:51Il n'y a pas de saumon.
13:53Je crois qu'il y en a eu une fois,
13:53peut-être.
13:54Mais c'est...
13:55En tout cas,
13:55des petits légumes bien coupés,
13:56c'est vraiment digne
13:57d'un truc de mariage,
13:58tu vois.
13:58Mais pas non plus énorme,
13:59mais on n'est que 15.
14:01Et l'ambiance,
14:02elle est informelle.
14:03C'est l'objectif du off.
14:05C'est de...
14:05C'est pour pouvoir
14:06aller chercher,
14:08normalement,
14:08des trucs en plus
14:09pour que...
14:10Surtout pour les journalistes de papier,
14:12pour pouvoir faire un commentaire.
14:13Et ce commentaire
14:14que tu vas pouvoir entendre,
14:16c'est dans l'entourage
14:18du président,
14:19on a dit que...
14:20Et en fait,
14:20c'est la ministre
14:21qui parle à ce moment-là.
14:22Mais on ne peut pas dire.
14:23C'est du off.
14:24Donc on dit,
14:25on fait sortir des fois les trucs,
14:26mais c'est de l'ordre du...
14:27On a entendu dans les couloirs.
14:28Alors qu'en vrai,
14:29on a discuté ensemble.
14:30Et là,
14:30la personne qui m'interpelle
14:32de manière plutôt hostile
14:34m'affiche devant la ministre.
14:37Elle va chercher l'appui
14:38de la ministre
14:40pour m'attaquer devant
14:41les autres journalistes.
14:43Et c'est vraiment...
14:44Je l'explique dans une vidéo
14:45à l'Humanité,
14:47aux médias à ce moment-là,
14:48et sur ma chaîne YouTube ensuite,
14:49parce que je voulais donner
14:50tous les détails,
14:51vraiment inscrire ça
14:53dans le gravé dans la roche
14:54pour pouvoir avoir...
14:56Voilà,
14:57le truc inscrit
14:58parce que ça ne va pas
14:58s'arrêter là.
14:59Ça a été recherche
15:00d'intimidation.
15:01Il y a eu la première chronique
15:03que j'ai faite chez vous
15:03en novembre
15:05de l'année dernière.
15:07C'était sous Barnier
15:08à ce moment-là.
15:10Tu as le gars aussi
15:11qui était conseiller
15:12de Maud Bréjon,
15:14qui était donc porte-parole
15:14du gouvernement,
15:15qui m'a affiché
15:16devant aussi tous les autres.
15:18Il s'est assuré.
15:20Il a demandé
15:20si la régie était bien coupée
15:21par trois fois.
15:23La caméra s'est coupée.
15:24Et la régie,
15:25les caméras s'est coupées.
15:25Et il recommence
15:26pour attirer l'attention
15:27de tout le monde.
15:28Je me suis dit
15:28mais qu'est-ce qui va se passer ?
15:29Et il me saute
15:30à la gorge.
15:30Il s'est avancé ou quoi ?
15:31Il me dit,
15:32mais c'est hallucinant.
15:33Et là, il y a des témoins.
15:34Tout le monde est là.
15:34Et il y a Simon Le Baron
15:35de France Inter
15:36qui m'a permis...
15:38C'est un des rares
15:38qui m'a permis
15:40de le citer
15:41comme témoin
15:42parce qu'il a vraiment
15:43été témoin
15:43d'une recherche d'humiliation
15:45parce que j'insistais
15:46au micro.
15:47Mais vraiment,
15:47quand j'ai insisté,
15:48c'est genre je relance une fois.
15:49C'est mon travail,
15:50en vérité.
15:51Sur une question...
15:52Et tu n'es pas dans l'invective.
15:53C'est de la même chose
15:54qu'avec les personnes du RN,
15:55etc.
15:56Exactement.
15:56C'est une simple question.
15:57Alors que tu peux voir
15:58que presque à témoins les autres,
15:59eux,
16:00sont dans le mépris,
16:01etc.
16:01Et il y a vraiment
16:01ce truc-là.
16:02Donc là,
16:03ce qui se joue
16:05à ce moment-là
16:05la première fois
16:06à l'Elysée,
16:07c'est cette recherche
16:09de...
16:11Je ne sais pas...
16:12En tout cas,
16:13je l'ai vécu comme ça.
16:13J'étais au centre d'une arène
16:14et je me faisais attaquer
16:15de partout
16:15sans savoir quoi.
16:16On ne me disait pas clairement
16:17voilà,
16:18c'est ça qu'on te reproche,
16:18machin.
16:19Donc il y avait vraiment
16:19de la part de journalistes
16:21et pas du pouvoir.
16:22Après,
16:22c'était le pouvoir.
16:24Et ensuite,
16:26une recherche
16:26d'appui
16:28de la part de la ministre
16:29qui a été très gênée
16:30et qui s'est éclipsée
16:31au niveau du buffet
16:32en disant
16:32c'est pas mauvaise à faire,
16:33machin,
16:33mais avec un petit rictus,
16:35j'aurais été plutôt contente
16:36de la situation,
16:36tu vois.
16:37Et donc,
16:37pour boucler la boucle
16:38et venir aux caméras
16:39qui coupent,
16:40c'est qu'on nous dit,
16:42parce qu'après,
16:42il y a Myriam
16:43qui a été aussi épinglée
16:45dans la suite des événements,
16:47notamment en mars.
16:48Tous ces éléments-là,
16:49je ne peux pas vous raconter
16:51en chronologie.
16:51Vous êtes les deux seuls
16:53dans ce cas-là ?
16:54Non, il y en a d'autres.
16:55Il y a Fabien Rives
16:55qui vient aussi poser des questions.
16:57Mais si tu veux,
16:57peut-être,
16:58qu'est-ce qui fait
16:59que sur moi,
16:59ça a craché ?
17:00C'est sans doute
17:01le fait que je ne lâche pas
17:05et que je ne...
17:08Il n'y a pas d'émotion,
17:09tu vois.
17:09Je ne suis pas là.
17:11Je reste...
17:12Oui, ça ne te touche pas.
17:13Intérieurement, si.
17:14Oui, mais tu en as de marre.
17:15Voilà, exactement.
17:16Tu dois rester poker face,
17:18machin,
17:18et puis, au contraire,
17:19tu dois rester maître
17:19de ton moment,
17:21comme peut-être
17:21la séquence
17:22avec le selfie
17:26qu'elle a fait
17:26avec le gars
17:28de l'armée israélienne.
17:29On peut le regarder,
17:30celui-là.
17:31C'est celui-ci ?
17:32Oui.
17:32Et là, pour le coup,
17:33c'est marrant
17:33parce que dans le montage
17:34pour le Média,
17:35à ce moment-là,
17:36on me met en photo
17:37parce qu'à ce moment-là,
17:38il n'y a déjà plus...
17:39Un mot, peut-être,
17:39pour peut-être comprendre
17:40ou pas comprendre
17:41l'émoi que des personnes
17:43peuvent avoir
17:43en vous voyant,
17:44vous,
17:44à côté d'une personne pareille.
17:46Je vous ai répondu.
17:48Pas de mots,
17:49pas de commentaires.
17:51Bonjour,
17:51Jamie Sennely du Média.
17:52Une question autre,
17:54j'aimerais avoir
17:55votre réaction personnelle
17:56et peut-être aussi
17:57celle de la porte-parole
17:57du gouvernement
17:58sur une photo
17:59tweetée le 6 mai dernier
18:01sur Twitter
18:02depuis le dîner du CRIF
18:03par Julien Balloul.
18:05Julien Balloul,
18:06ancien journaliste
18:07de la très problématique
18:07chaîne Ivan 4 News,
18:08mais aussi,
18:09peut-être surtout,
18:10ancien porte-parole de Tzal,
18:11l'armée israélienne.
18:12Julien Balloul
18:13qui n'hésite pas
18:13à glorifier l'action
18:14militaire d'Israël.
18:15Aujourd'hui,
18:15qu'elle ait fait
18:15de plus en plus
18:16d'actions génocidaires
18:18à Gaza.
18:19Le 6 mai est aussi
18:20le jour où
18:21Rafa subissait
18:21ses premières attaques.
18:23Et d'ailleurs,
18:24je rappelle aussi
18:24les propos du président
18:25avant de vous poser
18:26ma question,
18:27où il disait,
18:28le président Macron,
18:29que l'envahissement
18:30de Rafa serait
18:31une ligne rouge
18:31que la France
18:32ne pourrait pas accepter.
18:34Et donc,
18:34on vous voit sur cette photo,
18:35tout contre Julien Balloul,
18:36tout sourire avec lui.
18:37Ma question est donc
18:38toute simple.
18:39Quel était le message
18:40de cette photo ?
18:41Et est-ce une position
18:42personnelle
18:43ou celle
18:43de la porte-parole
18:44du gouvernement ?
18:45Est-ce que j'étais présente
18:46au dîner du CRIF ?
18:47Ce n'est pas ma question.
18:48Moi, je vous la...
18:50Ce n'est pas votre question,
18:51mais permettez-moi
18:52d'avoir ma réponse.
18:52Si vous me le permettez.
18:55Merci.
18:55Est-ce que j'étais présente
18:56au dîner du CRIF
18:57lors de laquelle
18:57cette photo a été prise ?
19:01Ensuite, est-ce que je suis présente
19:02devant vous
19:02en tant que porte-parole
19:03du gouvernement
19:04dans la salle du Conseil du Conseil ?
19:06Mais la relance est intéressante.
19:07Tu peux avancer un peu.
19:08Elle déroule, elle déroule,
19:09elle déroule, elle parle.
19:10C'est très intéressant.
19:11Alors, du coup,
19:12là, je...
19:13Face à cela,
19:14je suis un terroriste
19:15commis par le Hamas.
19:16C'est aussi...
19:18C'est un moment...
19:20Pour comprendre
19:20la stratégie
19:22de l'exercice,
19:23c'est-à-dire que
19:24pour ne pas répondre
19:24à ma question
19:25qui est pourtant claire,
19:25tu l'as dit.
19:27Les questions,
19:28je les écris.
19:28Oui, ben oui.
19:30T'écris tes relances aussi ?
19:31Non.
19:32Il n'y a que la question.
19:32Le reste, c'est des...
19:34Ça vient.
19:35Trop malin.
19:36Non, mais c'est...
19:36Il est trop malin.
19:38C'est juste, voilà,
19:39que ça...
19:40Tu connais ton sujet.
19:41Oui, oui, oui.
19:42Donc...
19:42Oui, oui, oui.
19:43Tu ne peux pas écrire une relance
19:44puisque tu ne sais pas
19:45ce qu'elle va donner.
19:45Même si...
19:46Même si tu pourrais.
19:47Tu peux quand même
19:47prévoir le coup.
19:48Il y a des informations
19:49que je prévois de dire
19:50que j'ai une liste
19:51dans ma tête.
19:52Sauf que,
19:53selon ce qu'elle me donne,
19:54je vais pouvoir piocher
19:54dans ses relances potentielles.
19:56Donc, là, par exemple,
19:57ici, clairement,
19:59la relance là où elle dit...
20:01Je ne réponds pas à ma question.
20:02Elle déroule sur la position française
20:05sur le sujet à ce moment-là.
20:07Qu'il faut libérer les otages,
20:08etc.
20:08Que tout a commencé
20:097 octobre.
20:10Là, tu vois,
20:10je fais ma première relance.
20:11Mais ça a commencé en 48.
20:12C'est factuel.
20:13Ce n'est pas militant.
20:14C'est dire les choses
20:15que les ennuis
20:16ont commencé en 1848
20:18et pas le 7 octobre 2022-23.
20:20Ce n'est pas du tout ça, en fait.
20:21Donc, c'est ce genre de choses
20:22qui arrivent à ce moment-là.
20:24Mais donc, là,
20:25tu peux revenir à cette débatte.
20:28Avant, c'est parce que
20:28ce n'est pas trop intéressant.
20:29Je change.
20:30C'est une réponse.
20:32Et donc,
20:33et donc,
20:33et donc,
20:34depuis le 7 octobre,
20:35et oui,
20:36une attaque terroriste.
20:36Par rapport à cela,
20:37la position de la France,
20:38j'ai pu le répéter
20:39à de nombreuses reprises
20:40devant vous,
20:40et devant vos contraires,
20:41je le répète aussi aujourd'hui
20:42parce que c'est important de le faire,
20:44elle est très claire
20:45et très limpide.
20:46C'est la libération immédiate
20:48des otages.
20:49Nous avons encore 3 compatriotes français
20:51repris en otage.
20:52C'est également un cessez-le-feu durable
20:55avec aussi une possibilité
20:57de continuer à venir livrer
21:00de l'aide humanitaire.
21:01Rappelons que la France
21:02a livré de l'aide humanitaire
21:03et souhaite continuer
21:04à aider les civils
21:07qui en ont besoin.
21:08Et puis, enfin,
21:09politiquement,
21:10c'est une solution à deux États.
21:11Ça, on a pu...
21:12Elle part sur votre champ.
21:13C'est pas la question.
21:14Et je tiens à le rappeler aujourd'hui.
21:15Voilà.
21:16Et donc,
21:16pas de réponse à cette question ?
21:17Je vous ai répondu.
21:18Je vous la reformule.
21:19Je vous ai répondu.
21:19La photo a beaucoup fait parler.
21:21Il y a eu beaucoup de personnes
21:22qui ont été...
21:24Parce qu'à un moment
21:25qu'il faut dissocier la femme...
21:26Je n'ai posté aucune photo.
21:28Alors, la photo est quand même...
21:29Et je vous ai répondu.
21:30C'est quand même vous qui posez
21:30à côté d'une personne
21:31qui est hautement problématique
21:32pour beaucoup de personnes.
21:33Qu'est-ce que vous répondez
21:34dans ce cas aux autres personnes,
21:35aux milliers de personnes
21:36sur Twitter
21:37qui ont été touchées
21:38par de voir une ministre
21:41poser à côté d'une personne
21:42qui glorifie ?
21:43Je finis.
21:43Il y a deux semaines,
21:45cette personne,
21:45sur BFM,
21:46face à un député...
21:47Je te déteste.
21:50Là, c'est viscéral.
21:51Ça se voit.
21:53Et est-ce que du coup...
21:54Est-ce que du coup...
21:55Bon, là, il y a eu Priska Thévenot.
21:56Il y a eu...
21:58Maud Bréjon.
21:58Maud Bréjon.
22:00Maintenant, comment on s'appelle ?
22:00Sophie Prima.
22:01Sophie Prima.
22:02Est-ce qu'il y a une différence
22:04de méthode
22:05entre les trois ou quatre
22:08avec qui tu as conversé ?
22:12Les gens, les personnes
22:13sont différentes.
22:15Les profils sont différents.
22:16Et les méthodes sont les mêmes ?
22:18Mais...
22:19Ce n'est pas que les méthodes
22:20sont les mêmes,
22:20c'est que l'objectif est le même.
22:22L'objectif, c'est de la commune.
22:24L'objectif, c'est la langue de bois.
22:26L'objectif, c'est...
22:29Et c'est normal.
22:30C'est pour ça,
22:32quand je parle d'empathie
22:32un peu plus tôt,
22:33que j'ai toujours,
22:35elle est ministre d'un gouvernement
22:37dont elle est la porte-parole.
22:39Elle n'est pas là
22:41pour dire des choses
22:43qui pourraient mettre dans l'embarras
22:44le dit gouvernement
22:45en disant,
22:46mais à coup de passe,
22:47c'est vrai, là, on a dit
22:49qu'on a fait une erreur,
22:50ce qui serait génial
22:51pour la démocratie.
22:52On pourrait s'élever
22:53un peu tous ensemble,
22:54mais son objectif,
22:55c'est de communiquer.
22:57Mon objectif à moi,
22:58ce n'est pas ça.
22:59Mon objectif,
23:00c'est d'aller déceler
23:01les contre-vérités,
23:03les erreurs,
23:03les fautes,
23:04la langue de bois,
23:05etc.
23:05Et c'est là
23:06que ça vient trancher
23:07avec le reste
23:09des journalistes
23:10que je respecte
23:11dans leur travail
23:11à ce moment-là,
23:12qui, eux,
23:12ne sont pas là pour ça.
23:16L'enquête d'arrêt sur image
23:17parle de journalisme
23:18et de cours.
23:19C'est le terme
23:19que j'utilise.
23:20Tu trouves que toi,
23:21le terme,
23:22c'est le plus juste
23:22pour définir
23:24cette caste-là ?
23:26Je ne sais pas
23:27si on peut parler
23:27de caste,
23:28mais tout du moins,
23:28c'est l'expression
23:29que j'ai sortie
23:31au moment
23:32de cette enquête
23:33d'arrêt sur image
23:34parce que c'est le truc
23:35qui est le plus évident
23:36de cours.
23:38Mais ce n'est pas...
23:38Il ne faut pas dire...
23:40Comment être juste
23:41à ce niveau-là ?
23:43Il n'y a pas de question
23:44du « il y a des gentils
23:45journalistes
23:45et des méchants journalistes ».
23:46Il n'y a pas de question
23:47« il y a les bons
23:47et il y a les mauvais ».
23:48Non, non, non.
23:49Il n'est pas question de ça.
23:50Non, il n'y a pas
23:51de polarisation
23:52qu'il faut avoir.
23:53On en sort tous perdants
23:54quand il y a une polarisation
23:55de cet ordre-là.
23:56C'est-à-dire qu'il y a
23:56des objectifs différents.
23:58Le gouvernement,
23:58je viens de vous le dire
23:59à l'instant,
23:59a un objectif.
24:00Moi, j'en ai un.
24:02Les journalistes
24:02qui sont là
24:03la plupart du temps,
24:03comme les journalistes
24:06de l'AFP
24:06ou de Reuters,
24:07ils ne sont pas là
24:08pour aller chercher.
24:09Moi, je trouve ça dommage.
24:10Mais ils sont là
24:11pour relayer
24:13la parole du gouvernement.
24:14Comme un niquant.
24:15Du coup,
24:15c'est la question
24:16qu'on peut se poser.
24:17Et c'est comme ça
24:17qu'avec un peu de sarcasme,
24:21j'ai eu des discussions
24:21en off
24:22avec certains confrères
24:23et consœurs.
24:24Et du coup,
24:24c'est quoi le ressenti ?
24:26Genre, ils se remettent
24:27en question ?
24:27Est-ce que c'est toi
24:28le relou ?
24:29Au début, je suis le relou.
24:31Le relou qu'ils attaquent,
24:32vraiment.
24:33Aujourd'hui,
24:34j'ai fait plus ou moins
24:34à ma place,
24:35on ne me fait plus trop chier.
24:36Mais au début,
24:38c'était vraiment très violent.
24:39Même encore là,
24:40à Matignon,
24:40parce que quand les équipes changent,
24:43là, maintenant,
24:43c'est toujours les mêmes.
24:46Il n'y a pas d'animosité personnelle.
24:50Je ne pense pas.
24:53Mais l'objectif est différent.
24:56Ils ont des trucs.
24:57Je ne sais pas,
24:57moi, le gars de France Inter,
24:58il doit faire son truc
24:59à 13h,
24:59il doit rendre une information.
25:01Et du coup,
25:01de fait,
25:02je me souviens très bien
25:02d'une discussion.
25:03Myriam,
25:03l'arrivée était là
25:04à ce moment-là.
25:04Nous avions eu avec quelqu'un
25:05d'une radio française,
25:07une radio nationale.
25:07Et je l'ai fait douter
25:09dans mon rapport
25:10avec lui à ce moment-là.
25:10Je lui dis
25:11sur cette question-là.
25:12Du coup,
25:13ton métier,
25:14là,
25:14il se résume
25:15à être communiquant,
25:15en vérité.
25:16Et il admet un petit peu
25:18une fée.
25:18Oui,
25:19c'est vrai que ça pose
25:19des questions avant
25:20de se ressaisir
25:21et de me reprendre
25:22encore comme un casse-couille.
25:23Et du coup,
25:24il y a une question
25:24qui se pose,
25:25c'est comment on fait
25:25pour que le journalisme politique
25:26en France ne soit pas juste
25:28un service après-vente
25:29du pouvoir ?
25:31Est-ce qu'on fait comme toi ?
25:34Est-ce qu'on boycotte même ?
25:37Non,
25:37jamais boycotter.
25:38Moi,
25:38je ne suis pas la team boycotter.
25:40Finalement,
25:41il faut y aller.
25:42Au contraire,
25:42c'est très difficile.
25:43Ce n'est pas du tout
25:44le bon lieu,
25:45soi-disant.
25:45Mais il faut être clair
25:47sur ce qu'on y fait.
25:48Encore une fois,
25:48c'est une question d'objectif.
25:49Je comprends.
25:50Maintenant,
25:50il y a une cohabitation.
25:52Si tu veux poser ta question,
25:54te contenter d'un élément de langage
25:55qui ne répond pas à ta question
25:57que ta rédaction t'envoie.
25:58C'est le même.
25:58C'est encore différent.
25:59Quelqu'un d'une grosse chaîne
26:00de télévision,
26:01il ne vient pas tout seul.
26:02Il a sans doute des gens
26:03derrière lui
26:04qui lui écris ses sujets.
26:04Et il n'a pas besoin
26:05d'attendre la porte-parole
26:07du gouvernement
26:07pour poser une question.
26:09Déjà,
26:09il y a ça.
26:10Mais quand il y vient,
26:10ils y viennent,
26:11les gens en TF1 par exemple
26:12ou d'autres BFM,
26:13ils viennent.
26:14Mais souvent,
26:14ils posent la question,
26:15ils se rassoient,
26:16ils envoient déjà des textos
26:17à la rédaction.
26:17Ils n'ont pas le même objectif
26:18que moi ou que nous.
26:20Donc,
26:20il suffit juste...
26:21C'est pour ça que je dis
26:21qu'il n'y a pas de bon
26:22ou de nouveau journalisme,
26:23même si...
26:23Le même effectif
26:24et la même réflexion.
26:25On bosse.
26:26Là, quelqu'un qui a dit...
26:27Je lis peu les messages, pardon.
26:28En fait,
26:28vous vous étonnez
26:29que les journées
26:29ne soient pas politisées.
26:31C'est aussi ça.
26:32Je n'ai pas compris.
26:34Mais nous,
26:35la manière dont tu traites
26:36les informations,
26:37c'est du journalisme,
26:38mais tu politises l'information.
26:40Mais non,
26:41mais attends,
26:41nous sommes à l'Élysée.
26:42Bah oui.
26:43Alors,
26:43nous sommes dans le cœur
26:44du pouvoir politique.
26:45Si tu écoutes
26:45et t'absorbes la parole
26:48de Priscate Avenue
26:49comme si c'était
26:49une parole divine,
26:51la politique
26:51n'est plus journaliste.
26:52C'est effectivement ça.
26:54Alors,
26:54à la différence,
26:55pour défendre mes confrères
26:56qui m'ont pourtant attaqué
26:57en nombre là-bas,
26:58eux,
26:59ils ont d'autres espaces
27:00pour pouvoir normalement
27:01les confronter,
27:02ces gens-là.
27:02Ils ont des plateaux,
27:03ils les invitent.
27:04Et donc,
27:04à cet événement-là précis,
27:06ils ne sont pas là
27:07pour les confronter
27:08là où moi je le fais
27:08parce que je n'ai pas
27:09d'autre endroit.
27:09C'est ça qu'il faut,
27:10je pense,
27:10mettre au cœur
27:11pour apaiser les tensions
27:12et ne pas générer
27:15de tensions
27:15qu'il y a eu
27:16et qu'il y a encore.
27:17Quand j'y vais,
27:18je sens par les regards,
27:19par les gens
27:20qui ne disent pas bonjour
27:21à certains,
27:22etc.,
27:22qu'il y en a certains
27:23qui me détestent.
27:24Même,
27:25comment dire,
27:26là tu disais à l'instant,
27:26Priscane,
27:27tu te détestes éventuellement.
27:28Oui,
27:32c'est moi toujours journaliste
27:33mais cette fois c'est à l'UMA.
27:35C'est une séquence très drôle.
27:37C'est la première fois
27:37que je vais pour l'UMA.
27:38c'est celle que tu as diffusée.
27:39Elle est sur mon Instagram
27:40et du coup,
27:41c'est très drôle
27:41parce qu'elle répond à LCI
27:45ou je ne sais pas trop qu'elle.
27:45Dans une interview,
27:46moi j'attends mon tour à côté
27:47parce que je ne suis plus
27:48dans le hard news
27:48mais dans le close
27:49dans un temps long.
27:50J'attends pour un autre angle.
27:51Je ne vais pas chez mes confrères
27:52qui sont sur le moment.
27:53Ils sont à l'assemblée
27:54donc un truc qui se passe
27:55dans l'hémicycle.
27:56J'attends mon tour.
27:57Elle me voit.
27:58Elle me dit
27:58« Bonjour, comment ça va ? »
28:01Ça ne nous manque pas un peu
28:02les conseils des ministres.
28:03Elle me dit ça.
28:04Elle me dit
28:04« Comment vous allez ? »
28:05J'ai vu que vous êtes allumés
28:06maintenant.
28:06Vous voyez,
28:06je vous suis.
28:07C'est marrant quand même.
28:09Ça, c'est filmé.
28:09C'est marrant.
28:10C'est une séquence drôle.
28:11Du coup,
28:11je suis un peu surpris.
28:13Oui, berlué.
28:14Je dis
28:14« Disons que c'est marrant.
28:16Vous avez du temps
28:17pour suivre un journaliste
28:19de ce qu'il fait de sa vie. »
28:21Et même au moment
28:22de mon accident de la route,
28:24j'avais fait un tweet
28:25parce que je n'étais plus
28:25à l'antenne du Média.
28:27Ah oui !
28:27Et elle me fait une remarque.
28:29Et d'ailleurs,
28:30c'est marrant ça
28:30parce qu'elle,
28:31de manière drôle,
28:32je reviens avec ma botte.
28:33J'ai une botte.
28:33Je me suis pété le pied
28:34donc j'ai une botte
28:35avec des cannes là.
28:36Et je reviens
28:36poser mes questions
28:37parce qu'à un moment donné
28:37il faut que j'aille bosser.
28:38Et elle me dit
28:39« Je vois votre botte,
28:43bon rétablissement. »
28:44Tu vois,
28:44tu n'es pas censé.
28:45Pourquoi tu fais ça ?
28:46Si c'est la preuve
28:48qu'elle ne me déteste pas.
28:49La preuve qu'elle ne déteste pas
28:51l'exercice.
28:51Au contraire,
28:52elle prenait, je pense,
28:52du plaisir à...
28:54Sinon, c'est redondant.
28:55Tu vois,
28:55elle aimait le débat.
28:56Même si elle a beaucoup
28:57de mauvais espoir.
28:58Même si elle aime gagner le débat.
29:00Oui,
29:00et par des choses
29:00pas forcément très claires.
29:03Et ça permet aussi
29:05à ces gens-là d'exister.
29:06Parce que tu m'esquises,
29:07Prisca Telno.
29:08Oui,
29:09et d'ailleurs,
29:10pour boucler la boucle
29:10avec ta question sur les caméras,
29:13en coupant les caméras
29:14sur nous,
29:16et c'est elle qui le décide,
29:18elle le dit que non,
29:19mais c'est elle qui le décide.
29:20T'as peut-être vu la séquence
29:21à la fin de carrière.
29:22Ouais, ouais, c'est les gens.
29:22On va pas vous montrer
29:23parce que Raph m'a demandé
29:25de couper là,
29:26mais...
29:26Ah, il y a quoi ?
29:27Raph m'a demandé
29:28de couper d'ici.
29:29Ah, mais on parle beaucoup trop.
29:31Et du coup...
29:31C'est super intéressant.
29:32Bah voilà.
29:32Bon, bref,
29:33ils ont cherché,
29:35c'est ce qu'on m'a dit,
29:37et c'est ce qui est donc factuel,
29:41à éviter ce que eux cherchent
29:43manifestement,
29:43ce que tu te souviens à l'instant.
29:44Ils ne veulent pas créer
29:46de contre-pouvoir.
29:47Ils ont cherché,
29:48en coupant la caméra
29:50sur les journalistes,
29:51ce qui dérange,
29:51parce que je ne suis pas le seul,
29:52là-bas, il y en a plusieurs.
29:55Ils veulent éviter, justement,
29:57parce que ça fonctionne.
29:58Que t'incarne une sorte de...
29:59Tout à fait.
30:00De contre-pouvoir, en fait,
30:01en vérité.
30:02Parce que c'est ça que nous sommes.
30:02Nous sommes un contre-pouvoir
30:04par notre travail
30:05correct et des bienfaits.
30:06Et donc, c'est ce qu'on me dit,
30:07il y a deux semaines,
30:08à peine, là,
30:09à l'Elysée,
30:10un conseiller qui me dit,
30:11à qui je demande,
30:13tu sais pourquoi, là,
30:14vous voulez caméras ?
30:14C'est Sophie Prima, maintenant,
30:15il y a 6 minutes plus de ce qui était.
30:16Non, pourquoi vous ne les réallumez pas,
30:17les caméras ?
30:17Mais, ah, parce qu'on ne veut pas
30:18que tu crées tes capsules.
30:20Vous entendez, les amis ?
30:21On ne veut pas que tu incarnes.
30:24Non, pas incarnes, il a dit.
30:25C'est délirant.
30:26On ne veut pas que tu...
30:27On ne veut pas...
30:29Pas le mot incarné,
30:30mais quelque chose de cet ordre-là.
30:34Personnifié.
30:34Voilà.
30:35Le mot utilisé.
30:35On ne veut pas personnifier.
30:36C'est quoi,
30:37tes prochains ennemis de Macron
30:39pour la présidence ?
30:41C'est ça, leur crainte ?
30:43Mais, bah, non,
30:44mais j'ai l'impression que...
30:47Enfin, ce n'est pas une impression.
30:47Ils ont conscience, c'est leur métier.
30:49C'est des communicants,
30:50ils savent comment on fait
30:52telle ou telle montée ou pas montée,
30:54éteindre des incendies médiatiques, etc.
30:57Et mettre en avant une mérème laribie
30:59qui ne lâche pas le morceau
31:00sur l'affaire de Gaza,
31:01sans arrêt, ou moi,
31:02ou d'autres personnes.
31:03Eh bien, ce n'est pas bon du tout pour eux.
31:04Ce n'est pas bon pour eux.
31:06Ils ont envie de maîtriser.
31:08C'est leur boulot.
31:09Maîtriser la communication
31:10tout en donnant l'impression
31:11qu'il y a du journalisme libre.
31:13Tout comme au niveau...
31:14On finira là-dessus.
31:15Peut-être, ça, c'est mon avis.
31:16Tout comme au niveau politique,
31:18en France,
31:19il y a une volonté de maîtrise,
31:22le 49-3,
31:23plein de choses de ce type-là,
31:24tout en faisant...
31:27en prenant une posture de démocratie.
31:30Et qui dit démocratie,
31:31dit liberté,
31:32les gens votent les lois,
31:33nous décidons réellement
31:34de la direction de notre pays,
31:35nous avons choisi Emmanuel Macron,
31:37nous avons choisi...
31:38Tout nous choisissons tout.
31:39Non, ce n'est pas vrai,
31:40nous le savons.
31:40Mais pourtant,
31:43il y a une volonté
31:44de paraître démocrate
31:45et pro-liberté de la presse,
31:48tout en réalité,
31:50voulant,
31:51en jouant sur une ligne de crête,
31:52pour contrôler réellement
31:53l'information, etc.
31:55Je vous rappelle,
31:56je ne sais pas si je te la rappelle
31:57ou si je te l'informe,
31:57mais pendant le Covid,
31:59le gouvernement avait créé
32:00une plateforme
32:01pour dire ça,
32:02c'est une bonne information,
32:02ça, c'est une mauvaise information.
32:03Tu te souviens ?
32:03Oui, je m'en suis.
32:05Vous voyez,
32:06il y a des petits moments
32:06qui nous rappellent que
32:07la volonté en coulisses,
32:10comme tout gouvernement,
32:11en vérité,
32:11il n'y a pas un qui rattrape l'autre.
32:12Le politique cherche
32:13à contrôler un pays
32:15et sa population.
32:15Oui, contrôler
32:16et contrôler l'information.
32:17Voilà.
32:18Ok, c'est un très joli mot de fin.
32:21Les amis,
32:22merci à tous
32:22de nous avoir suivis.
32:23Merci.