00:00On n'est pas rentré dans une bataille, on est rentré dans une guerre
00:02face à un financier qui a un bulldozer, monsieur Mittal.
00:13C'est important qu'on vienne aujourd'hui pour essayer de faire comprendre en haut
00:17aux politiques, aux gens, que si jamais ArcelorMittal, que ça soit sur tous les sites,
00:21c'est parce qu'on a un gros site sur le nord entre Dunkerque et Mardic,
00:24que si ça ferme, on va ressembler aux Douaisy, aux Valenciennois,
00:28il y a une quinzaine d'années, ça va être une zone sinistrée.
00:32Toutes les grosses entreprises du Dunkerque, elles sont chez nous,
00:35donc il n'y a pas que ArcelorMittal, il y a Aluminium Dunkerque, Versalys,
00:39on est tous concernés par la décarbonation, s'il n'y a rien qui se fait avant 2030,
00:44les sites sont fermés.
00:45On va dire en Europe, tu vas gagner, on va dire, 50 balles la tonne en bénef,
00:50tout payé, tu te produis en Inde, tu peux multiplier par 10 ou par 15.
00:55Après, ça reste ça, Mittal c'est un financier.
00:58Moi, ça fait 30 ans que je suis là-bas, et il a déjà fait ça il y a 30
01:01ans.
01:02J'en ai connu ça avec Florent, ça fait 30 ans qu'il fait la même.
01:07On veut de l'acier vert, on sait faire de l'acier,
01:10et si Mittal, ils ne vont pas nous, qui dégage ?
01:12Nous, on a notre savoir-faire, on sait faire, voilà, tout simplement.
01:17Nous, on sait faire de l'acier.
01:18On a les compétences, on a le savoir-faire.
01:22Trois quarts des travailleurs qui sont chez nous, ils ont été formés sur le site.
01:25Si demain, on commence à l'acier des 600 employés, on va perdre notre savoir-faire.
01:30Et ce n'est pas dans six mois qu'il faudra que Macron se réveille pour dire,
01:32on va peut-être nationaliser, mais si on a pu le savoir-faire, on ne saura plus faire.
01:36Donc maintenant, Macron, ce n'est pas compliqué.
01:38C'est soit qu'il prend ses responsabilités, qu'il se met autour d'une table,
01:40soit qu'il dit à Mittal, tu fais tes projets, ou tu dégages, tout simplement.
01:46Cette lutte, c'est une histoire un peu de poète, c'est David contre Goliath.
01:50C'est-à-dire qu'eux sont vraiment très, très gros, ils sont plus gros que nous.
01:53Ils sont même, quand on voit Bolloré, quand on voit M. Mittal,
01:57ils sont au-dessus même des pouvoirs politiques, ils sont au-dessus des lois.
02:01L'ouvrier, c'est celui qui fabrique.
02:03Et donc, on a beau être actionnaire, sans personne qui fabrique,
02:06il n'y a pas possibilité de vendre quoi que ce soit.
02:09Donc au lieu de rester dans mon stress, c'est justement nous rejoindre,
02:12des humains ensemble qui voulons justement reprendre le pouvoir.
02:18Je rappelle que c'est une entreprise qui, chaque année,
02:21comme la Commission sur l'utilisation des aides publiques au Sénat l'a révélé,
02:25touche 295 millions d'euros d'argent public chaque année.
02:29Elle a un projet de décarbonation à hauteur de 2 milliards d'euros,
02:34dont 850 millions donnés par l'État à travers l'ADEME.
02:38Donc il faut demander à Mittal maintenant.
02:40Est-ce que oui ou non, vous allez investir ?
02:42Parce qu'il y a 12 ans, lorsqu'ils ont fait l'European sur Arcelor,
02:45il y avait 22 hauts fourneaux en Europe.
02:48Aujourd'hui, il n'y en a plus que 11.
02:50Donc, soit ils font le projet de décarbonation,
02:53soit ils n'investissent pas.
02:54Et alors, l'État doit prendre sa responsabilité et nationaliser,
02:58comme les Anglais l'ont fait.
02:59Et ça tape le bruit là !
03:02Ce qu'il faut comprendre avec Arcelor Mittal,
03:04c'est que la famille Mittal, par exemple,
03:06c'est 6 milliards d'euros de bénéfices en 3 ans.
03:09Et pendant ce temps, c'est 636 postes qui sont supprimés.
03:13Et ce n'est que le début, parce que là, on parle de Dunkerque,
03:15mais on sait que moi, je vis à côté de Foss.
03:17On sait que potentiellement, il peut être menacé aussi.
03:19Donc, il faut absolument reprendre en main cette industrie stratégique.
03:22On l'a fait dans l'histoire.
03:23Dans les années 80, on avait nationalisé Arcelor.
03:26Eh bien, on peut le faire à nouveau.
03:27C'est une question de survie de toute notre industrie et d'intérêt général.