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  • il y a 1 semaine
Le journal de référence états-unien, propriété de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon et soutien de Donald Trump, veut imposer un récit journalistique à la botte du pouvoir. La direction du Washington Post a annoncé la suppression de 300 postes de journalistes sur 800. Ce dimanche a été annoncé le départ du directeur du titre, Will Lewis. Décryptage avec Christophe Deroubaix.

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Transcription
00:00Comment Jeff Bezos est en train de détruire le Washington Post ?
00:04L'information est tombée mercredi 4 février.
00:07300 journalistes sont licenciés, dont des correspondants en zone de conflit,
00:11comme Liddy Johnson, on voit son tweet s'afficher,
00:15qui vient d'apprendre qu'elle a été licenciée par le Washington Post
00:20au milieu d'une zone de guerre.
00:22Elle dit qu'elle n'a pas de mots et qu'elle est dévastée.
00:26Ce journal appartient à Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon et soutien de Donald Trump.
00:32Pour en parler avec nous, nous sommes avec Christophe Deroubet.
00:36Bonjour Christophe.
00:37Bonjour.
00:38Tu es journaliste au service Monde de l'Humanité et spécialiste des États-Unis.
00:42Est-ce que tu peux nous raconter l'annonce de ce licenciement ?
00:47On sentait venir les annonces depuis quelques jours, quelques semaines,
00:52puisque la direction du journal autour de Jeff Bezos avait fait un peu monter la sauce,
00:56si je puis dire, en parlant des pertes de lecteurs, d'abonnements
01:01et des pertes financières que subissait le Washington Post.
01:05Et donc tout est arrivé brutalement.
01:06On va revenir sur la nature après, sûrement des pertes d'abonnés et financières.
01:11Et donc le mercredi 4 février, c'est la journée noire où la direction du Washington Post
01:20annonçait la suppression de 300 postes de journalistes sur 800.
01:24C'est absolument énorme.
01:25C'est une saignée unique dans l'histoire du Washington Post et certainement de la presse étatsunienne.
01:30Tout au moins, sans remonter à la crise de 1929.
01:33Donc 300 sur 800, les pages sport sont supprimées, les pages livres sont supprimées,
01:39le bureau au Moyen-Orient est supprimé.
01:42Lizzie Johnson, qui était le reporter sur place en Ukraine,
01:47a s'est dû annoncer par mail son licenciement.
01:50Ce qui veut dire que le Washington Post n'a plus aucun journaliste
01:53dans les deux principales zones de conflit actuellement dans le monde.
01:57Le journaliste qui couvrait Amazon a lui aussi été licencié.
02:03Donc ça tombe bien.
02:04Et le journaliste qui s'occupait des questions raciales au Washington Post a aussi été licencié.
02:10Donc ce sont des licenciements qui ont été extrêmement ciblés, évidemment,
02:15et qui ne doivent rien au hasard.
02:17Et quel impact ça pourrait avoir, ces licenciements, sur la qualité du contenu du journal ?
02:23L'impact sera évidemment terrible.
02:27Quand vous êtes un journal de référence, le Washington Post est un journal de référence.
02:30Le Washington Post, au départ, c'est un journal local.
02:33Il n'y a pas de journaux nationaux aux États-Unis, sauf USA Today.
02:36Historiquement, ce sont des journaux qui ont un ancrage local.
02:38Le New York Times, Washington Post, Los Angeles Times, Chicago Tribune.
02:43Mais il y a quelques titres qui ont un rayonnement international.
02:46Le New York Times, évidemment, on le sait, et Washington Post aussi,
02:49notamment depuis l'enquête de deux de leurs journalistes
02:53qui a révélé le scandale du Watergate dans les années 70.
02:56C'est devenu un journal national et même global.
02:59Donc, quand vous êtes un journal global et que vous n'avez plus de journalistes sur place,
03:04ni en Ukraine, ni à Jérusalem, ni pour traiter les questions sociales,
03:09en gros, l'orientation éditoriale est resserrée autour des questions,
03:17notamment de sécurité nationale.
03:19Donc, il y a plein de papiers qui ne seront plus dans le Washington Post,
03:23plein d'années qui ne seront plus couverts,
03:24plein de sujets, de thèmes qui ne seront plus couverts du tout par le Washington Post.
03:28Pourquoi le Washington Post licencie ?
03:31Alors, l'argument de Jeff Bezos, c'est de dire que le Washington Post
03:35perd des abonnés et de l'argent, ce qui est vrai.
03:39Parce que d'ailleurs, on ne l'a pas précisé,
03:41mais Jeff Bezos est propriétaire du Washington Post, c'est ça ?
03:44Depuis 2013. Jeff Bezos a racheté le Washington Post en 2013.
03:52Et depuis une année, à peu près, en gros, une année,
03:58depuis l'élection présidentielle de 2024,
04:01il exerce un contrôle éditorial direct.
04:04Ça s'est passé en plusieurs étapes.
04:05La première étape, c'est traditionnellement aux États-Unis,
04:07les grands journaux font une déclaration de soutien à l'un des candidats.
04:14Très souvent, c'est pour le candidat démocrate, et donc ça, c'est la tradition.
04:19Pour la première fois dans l'histoire du Washington Post,
04:21Jeff Bezos a décidé que le journal ne ferait plus de soutien officiel.
04:26Et donc a annulé, au dernier moment, une déclaration du comité éditorial du journal,
04:32qui est un peu indépendant de la direction et de la rédaction des journalistes,
04:36qui avait mis au point une déclaration pour soutenir Kamala Harris.
04:40Jeff Bezos a dit qu'on mettait fin à cette tradition.
04:43Ça, c'est la première étape.
04:45Quelques mois après, donc après l'élection de Donald Trump,
04:48on rappelle que lors de la cérémonie d'investiture,
04:50Jeff Bezos figurait au premier rang des invités,
04:54à côté d'autres milliardaires et oligarques,
04:57comme Elon Musk ou Sergey Brin de Google.
05:03Deuxième temps, donc, la réorientation des pages éditoriales
05:08autour de deux sujets, les libertés individuelles et le libre marché.
05:13C'est-à-dire, là, c'est aussi très orienté, évidemment.
05:16Et entre ces deux moments, l'Universitaire s'a perdu,
05:19suite à la fin de la tradition de l'appel à voter pour un ou une candidate,
05:25en l'occurrence, Washington Post a perdu 250 000 abonnés.
05:29C'est-à-dire qu'il a perdu 10 % de ses abonnés en quelques semaines
05:33de par cette décision.
05:35Et donc, évidemment, après, on crée,
05:38sur une base d'un journal qui n'a pas pris le virage numérique,
05:42contrairement au New York Times qui l'a pris,
05:44Washington Post ne l'a pas pris,
05:45et Washington Post ne l'a pas pris sous la direction de Jeff Bezos depuis 2013.
05:50Donc, en fait, c'est la fable du chien auquel on inocule la rage,
05:56et on dit qu'après, il faut le tuer puisqu'il a la rage.
05:59Et donc, ma lecture, mon interprétation,
06:01c'est que c'est une décision qui est politique,
06:03parce que certes, le Washington Post perd de l'argent,
06:05mais en gros, le déficit de Washington Post,
06:08si on compare à l'argent que Jeff Bezos,
06:10à la fortune de Jeff Bezos,
06:13ce qui est de 250 milliards de dollars,
06:16les pertes sont estimées à 100 millions de dollars par an.
06:20Donc, ça peut être très vite épongé.
06:22Quand on rachète un journal aux États-Unis ou partout,
06:25ailleurs, on sait qu'on ne va pas faire de profit avec...
06:27On sait très simplement qu'il y aura des pertes.
06:29Donc, il aurait pu aussi réinvestir dans une sorte de relance du journal
06:32plutôt que de couper totalement,
06:35d'effectuer cette saignée dans le journal et dans la rédaction.
06:40Et moi, mon interprétation est que c'est une décision qui est politique.
06:44C'est une mise au pas d'un journal qui est réfractaire.
06:47C'est un journal qui fait son boulot,
06:48Washington Post, globalement,
06:50qui met la plume dans la plaie,
06:56qui traite de sujets qui ne plaisent pas à Donald Trump,
06:59qui ne s'en cachent pas.
07:01Et donc, c'est une mise au pas de la rédaction du Washington Post,
07:07une mise au service du Washington Post,
07:09de fait, au service du trumpisme et de Donald Trump.
07:13Pourquoi ?
07:14Pourquoi plaire à Donald Trump ?
07:16Pourquoi se mettre à son service ?
07:18Parce que c'est le côté du manche.
07:21Ça penche du côté du manche.
07:22Donc, Jeff Bezos fait partie de ces milliardaires de la tech
07:28qui ont effectué un virage vers le parti républicain
07:31lors de l'élection présidentielle 2024.
07:35Disons qu'entre 2016 et 2024,
07:38je parle en termes de cycle présidentiel,
07:40on estimait que la Silicon Valley penchait plutôt du côté des démocrates.
07:46Et puis, tous, le premier à faire effectuer ce ralliement,
07:49ça a été Elon Musk.
07:50D'autres étaient déjà très ancrés côté parti républicain,
07:53notamment Peter Thiel, le fondateur de PayPal
07:57et le parrain politique du vice-président américain,
08:01et donc il y a eu un ralliement d'abord d'Elon Musk,
08:05puis de Mark Zuckerberg,
08:06j'avais oublié Mark Zuckerberg qui était au premier rang de l'inauguration
08:09aussi de la sérémonie d'investiture de Donald Trump,
08:12puis Jeff Bezos parce qu'ils ont estimé que les conditions
08:17du maintien de leur pouvoir d'oligarque dans la société états-unienne
08:23où les inégalités explosent,
08:26où les grandes fortunes augmentent de manière presque irrationnelle
08:29et qui étaient fortement critiquées,
08:31le maintien de ce...
08:32Ce n'est pas tant le maintien de leur argent,
08:35il n'y a pas de différence pour eux,
08:36pour eux, entre 250 milliards et 248 milliards,
08:39mais perdre 2 milliards, c'est perdre une partie de pouvoir
08:41et laisser croire ou laisser penser à la population
08:45que du pouvoir peut être regagné sur les oligarques.
08:52Et donc ils ont tous rallié Donald Trump
08:53parce que Donald Trump leur a promis simplement
08:55qu'il maintiendrait ce pouvoir,
08:56qu'il ne ferait rien pour...
08:58Non seulement il va les aider à avoir un peu plus d'argent
09:02puisque l'une des premières dispositions de la grande loi votée
09:05par Donald Trump, ça a été des réductions d'impôts
09:07pour les plus riches,
09:08des milliers de dollars sur une décennie.
09:12Et surtout, il y a une sorte de pacte, en fait.
09:15Je ne ferai rien qui puisse toucher à vos privilèges d'oligarque
09:19dans la société états-unienne,
09:20alors que la contestation monte, et monte très très fort.
09:22Et elle monte notamment du côté de l'électorat démocrate.
09:26Et donc les oligarques ont senti le vent tourner,
09:29ont senti du côté des démocrates,
09:30les candidats étaient moins ouverts à leurs arguments
09:33puisqu'il y avait aussi un électorat qui poussait pour plus de taxation.
09:37Et donc ce tout sera lié vers Donald Trump.
09:39Et donc il y a ce pacte contre Donald Trump
09:40qui dit que les oligarques disent
09:42« Je mettrai de toute façon tous les leviers dont je dispose. »
09:51Et donc le levier pour Jeff Bezos et le Washington Post.
09:54Pour Mark Zuckerberg, par exemple,
09:55c'est la fin de la modération sur les propos dits de haine
10:00sur Facebook et les plateformes.
10:03Et de l'autre côté, Donald Trump qui dit
10:04« Je vous protégerai, je ne ferai rien qui puisse altérer
10:06votre pouvoir dans la société. »
10:09Et d'ailleurs, on a aussi vu qu'Amazon
10:12a financé un documentaire sur Mélanie Trump
10:15à 40 millions de dollars.
10:18Ça dit quoi de la stratégie de Trump aussi ?
10:21De se réapproprier des médias et de communiquer avec ça ?
10:26Alors 40 milliards de dollars pour le financement du documentaire ?
10:3140 millions ?
10:3240 millions, j'ai dit 40 milliards.
10:33Non, je suis parti sur des milliards,
10:34je suis dans l'exponentiel aussi.
10:3640 millions, pardon.
10:3840 millions de dollars, plus 35 millions de dollars
10:42de communication autour du documentaire.
10:44Ce sont des sommes qui ne sont jamais vues.
10:46Donc, je ne sais pas si ça dit quelque chose de Donald Trump.
10:49Ça dit quelque chose du pacte qui est scellé entre Donald Trump
10:53et Jeff Bezos, mais avec Jeff Bezos, d'autres oligarques.
10:57C'est-à-dire que tout le monde sait très bien qu'un documentaire sur Mélania Trump,
11:02ça ne vaut pas 40 millions de dollars,
11:04mais c'est simplement une sorte de geste que fait Jeff Bezos pour Donald Trump,
11:12qui est content de ça.
11:13On appelle ça un ex-voto, on apporte un ex-voto au pied de la divinité.
11:17C'est une sorte de rançon, comme on veut.
11:20Enfin bref.
11:21Et donc, 75 millions de dollars, au total,
11:24c'est neuf mois de déficit du Washington Post.
11:28Je ne parle même pas du yacht de Jeff Bezos qui coûte 500 millions,
11:32ou de son mariage qui a coûté 30 millions,
11:34et la seule bague offerte a coûté 10 millions de dollars.
11:37Donc on va dire que ce n'est pas une question d'argent,
11:39c'est une question de pouvoir, fondamentalement politique,
11:44et de pacte, encore une fois, scellé entre Donald Trump et les oligarques.
11:51Et cette vague de licenciements,
11:54elle intervient quelques jours après la déclassification
11:58de documents des Epstein Files.
12:01Est-ce qu'il y a un lien aussi entre le licenciement des journalistes de la rédaction
12:06et cette nouvelle déclassification ?
12:09Je n'établirai pas forcément de lien entre les deux,
12:13même si la coïncidence peut être troublante.
12:16Mais à partir du moment où je n'ai pas d'éléments particuliers
12:19pour étayer cette coïncidence,
12:20je considère qu'elle relève toujours de l'incoïncidence
12:24et non pas de la chose mise, orchestrée de façon réfléchie et pensée.
12:30Et qu'en est-il des autres médias aux États-Unis ?
12:34Enfin, plutôt des autres journaux ?
12:35Comment se portent le New York Times
12:38et les autres médias d'investigation
12:40et des médias de référence des États-Unis ?
12:44Alors, quand on parle de médias aux États-Unis,
12:47il faut différencier plusieurs catégories.
12:48Là, on va parler de la presse écrite.
12:50La presse écrite subit une crise majeure aux États-Unis,
12:54quasiment une crise existentielle,
12:56pas seulement aux États-Unis,
12:58mais un peu partout, mais particulièrement aux États-Unis.
13:01Donc, ça tombe de journaux fermés.
13:03D'abord, les premiers qui ont fermé sont les journaux dans les zones rurales.
13:08Donc, des dizaines de titres ont fermé dans les zones rurales
13:10qui n'ont plus accès à des journaux papiers,
13:15même sur le web.
13:18Et désormais, ça touche les agglomérations.
13:20Récemment, le Pittsburgh Gazette,
13:22qui est un titre historique en Pennsylvanie,
13:24a fermé.
13:25À Atlanta, l'Atlanta Constitution Journal,
13:27qui est aussi un titre historique,
13:29a annoncé qu'il mettait fin à son édition imprimée,
13:33pour n'être plus que sur le web.
13:36Les publicités refluent.
13:39On voit bien la crise que traversent les journaux partout,
13:42avec la montée en puissance du numérique.
13:44Le New York Times ne s'en sort pas trop mal.
13:46Il a pris un virage numérique assez tôt,
13:50qui fonctionne.
13:52Donc, il n'est pas tout à fait à l'équilibre.
13:54Aucun titre n'est vraiment à l'équilibre.
13:57Mais eux, ils ont des actionnaires qui rendent foulou un peu.
14:01Globalement, il y a quand même une altération
14:03de la capacité des journaux à faire leur boulot.
14:08Et puis, depuis quelques années,
14:09il y a une tentative d'un certain nombre,
14:14dont Jeff Bezos, mais pas uniquement.
14:15On l'a vu aussi au Los Angeles Times,
14:17le propriétaire qui a tenté à plusieurs reprises
14:23d'avoir une influence sur le contenu méditorial
14:27du titre et de la production de la rédaction.
14:31Il y a aussi une tentative de ce nombre d'oligarques,
14:33des puissances, de l'argent,
14:35d'influer sur le contenu.
14:37Ça, je le prends à la fois comme une tentative
14:40qui est dangereuse pour la démocratie,
14:42comme dit le sous-titre de la baseline
14:45du Washington Post,
14:47c'est la démocratie meurt dans l'obscurité
14:49ou la pénombre.
14:51Et ce à quoi Bernie Sanders,
14:53qui avait été l'un des seuls à alerter dès 2013,
14:56après le rachat de Jeff Bezos,
14:58a dit la démocratie meurt dans l'oligarchie.
15:01Et donc, c'est à la fois une entreprise
15:02qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie états-unienne,
15:04et puis je vois aussi le signe d'une sorte de fébrilité
15:07des élites et des super-riches,
15:09face encore une fois à une montée continue et puissante
15:14du sentiment d'injustice que constitue l'accumulation
15:17de ces super-fortunes,
15:21enfin la fortune de ceux dont on parle,
15:23est passée en 20 ans de 20 milliards à 250 milliards.
15:29C'est totalement, c'est presque obscène.
15:32Et la victoire, de toute façon,
15:33de Zoran Mamdani à New York,
15:36le temple supposé du capitalisme,
15:38la ville de Wall Street,
15:39qu'un candidat soit élu sur une plateforme politique
15:42où il demande plus forte taxation,
15:44je pense que les super-riches ou les oligarches,
15:47je préfère dire oligarches,
15:48ça a plus de sens que super-riches,
15:50ont compris aussi qu'il se passait quelque chose
15:52dans la société américaine
15:52et qu'il fallait un peu cadenasser,
15:54d'où leur tentative d'emprise croissante
15:56sur quelques grands titres.
15:58Merci beaucoup Christophe.
16:00Merci, à bientôt.
16:02À bientôt.
16:02Si le sujet vous a plu,
16:04vous pouvez retrouver nos productions
16:05sur notre site internet.

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