- il y a 18 heures
Au moment où la campagne pour les élections européennes entre dans le dur, le député européen Emmanuel Maurel, troisième sur la liste menée par Léon Deffontaines pour le PCF, explique pourquoi les propositions défendues par sa liste se distinguent de toutes les autres offres politiques : relocalisation de la production industrielle, promotion du "Made in France", lutte contre les traités de libre-échange qui ruinent l'agriculture française, défense des services publics, recherche de la paix comme seul objectif pour régler les conflits internationaux.
Autant d'exigences où l'Union européenne a un rôle central à jouer.
Avec Jean-Jacques Régibier, journaliste
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NewsTranscription
00:00Bonjour et bienvenue au Parlement européen de Strasbourg. Bonjour Emmanuel Morel.
00:04Bonjour.
00:05Merci d'être sur le plateau de l'Humanité.
00:08Merci à vous.
00:08Élection européenne, je ne vais pas vous la prendre, c'est parti.
00:11Les listes sont désormais en piste pour la compétition, les mythiques se succèdent, les émissions, les polémiques, les premières polémiques,
00:18les sondages commencent à pleuvoir bien entendu.
00:21Vous, vous connaissez la démocratie européenne.
00:24Ils sont pleins, on peut le dire, quand même en ce moment. Rhythme effréné. Vous êtes Emmanuel Morel, député sortant.
00:31Vous êtes candidat en troisième place sur la liste du rassemblement mené par Léon Le Fontaine pour le PCF.
00:39Vous êtes membre du GRS, fondateur gauche républicaine et socialiste.
00:43D'ailleurs, j'ouvre juste une petite parenthèse pour ceux qui nous suivent.
00:47Léon Le Fontaine va bien être là, mais pas au moment où on enregistre cette émission, c'est-à-dire
00:51le mercredi.
00:53Sinon, il aurait été évidemment sur ce plateau. On espère l'avoir une prochaine fois.
00:56En quelques mots, j'allais dire, Emmanuel Morel, quel est l'esprit qui a prévalu à la constitution de cette
01:04liste ?
01:05Quelle est la philosophie un peu générale ?
01:07D'abord, vous l'avez dit, c'est une liste de rassemblement.
01:10C'est pour ça que j'insiste toujours sur le fait que ce n'est pas une liste que du
01:13Parti communiste.
01:14D'abord, je n'y serais pas. Moi, je ne suis pas communiste, je ne l'ai jamais été.
01:17Mais au contraire, c'est une liste qui a fait l'effort, et ça, on peut le mettre au crédit
01:21de Fabien Roussel et Léon Le Fontaine,
01:23de tendre la main à d'autres formations de gauche qui ne se reconnaissaient pas forcément dans le paysage politique,
01:28mais qui trouvaient que la démarche, notamment celle de Fabien au moment de la présidentielle, était intéressante sur le fond.
01:33Et donc, vous avez… et cette liste…
01:36Fabien Roussel que vous avez soutenue pour la présidentielle.
01:37Que j'ai soutenue à la présidentielle de 2022.
01:40Mais cette liste qui est intéressante, c'est que vous avez des dirigeants communistes,
01:45des élus d'autres formations de gauche, la gauche républicaine et les socialistes que je représente avec d'autres camarades,
01:49mais aussi l'engagement, le mouvement qui est fondé par Arnaud Montebourg, les radicaux de gauche, et bien d'autres.
01:55Et puis le plus important, et je crois que c'est vraiment ça qu'il faut avoir en tête,
01:59c'est la représentation du monde du travail sur la liste.
02:01On dit trop souvent que les ouvriers, les employés restent insuffisamment représentés sur les listes,
02:08et notamment de gauche.
02:10Ça se confirme à chaque élection.
02:11Là, on a fait un pari.
02:12Et ce pari, c'est d'avoir plus d'un tiers de la liste avec des représentants du monde professionnel
02:18et des syndicalistes.
02:19Pour moi, c'est la plus grande fierté.
02:20C'est la raison pour laquelle on va appeler notre liste « Gauche unie pour le monde du travail »,
02:24car vraiment, la vocation de cette liste, c'est de représenter les intérêts du monde du travail,
02:29qui souffre de la politique de Macron en France, mais qui souffre aussi des politiques européennes
02:35menées depuis des décennies, qui ont appauvri considérablement le continent.
02:38Et donc, il y a vraiment une volonté de rassemblement, une volonté de représentation des travailleuses et des travailleurs.
02:44Et puis au-delà, il y a une ligne politique qui est singulière quand même à gauche.
02:49Plus largement dans toutes les listes, mais à gauche en particulier.
02:51Et l'idée vraiment, le fil rouge en quelque sorte de cette campagne, c'est celui de la souveraineté.
02:57On reprend la main, on reprend le contrôle sur un certain nombre de politiques qui nous échappent,
03:02qui nous ont échappé et sur lesquelles on a des choses à dire.
03:05Au niveau européen, c'est particulièrement vrai.
03:07Au moment où la Commission décide, à rebours de toute logique, de revenir à l'austérité budgétaire,
03:13au moment où on a besoin de plus d'argent pour les hôpitaux, plus d'argent pour l'éducation nationale,
03:18plus d'argent pour les services publics, là il y a une contestation forte.
03:21À un moment où on se dit, il faut relocaliser la production, on est trop dépendant du sud-est asiatique,
03:26on est trop dépendant du reste du monde, et bien on a une Commission européenne qui multiplie,
03:30on en a parlé ici, les accords de libre-échange.
03:32Bref, reprendre la main, reprendre le contrôle, c'est le fil rouge de cette campagne.
03:37Et on va essayer de se faire entendre.
03:38C'est compliqué parce qu'il y a plein de listes.
03:40C'est compliqué aussi parce que même si la campagne bat son plein, comme vous le disiez,
03:44l'intérêt des Français est encore limité.
03:46C'est à nous de le réveiller, de le susciter.
03:49Alors, vous avez énuméré en réalité des têtes de chapitres, j'allais dire,
03:55que vous allez développer évidemment au cours de la campagne.
03:59Le Made in France, la relocalisation.
04:01Alors on a l'impression que cette question de la relocalisation de nos industries,
04:06de nos activités, vous avez fait allusion à la Chine il y a quelques secondes,
04:10tout le monde partage ça aujourd'hui.
04:11Moi, j'écoutais ce matin Jordan Bardella, ici, vous l'avez peut-être entendu,
04:16à l'intérieur de l'hémicycle, qui disait, mais voilà, il faut relocaliser.
04:21Tout le monde a envie de relocaliser et tient ce discours.
04:23– Les gens le tiennent.
04:25– Non, mais allez-y.
04:25– J'allais dire, qu'est-ce qui vous distingue et qu'est-ce que vous répondez à ça ?
04:29– Déjà, il y a la cohérence sur le long terme, parce qu'il y a des gens comme Bardella
04:34et d'autres
04:34qui redécouvrent cette question à l'occasion des élections de 2024.
04:39Mais il y a des militants, et j'en fais partie, qui depuis des années, des décennies même,
04:44alertent sur les conséquences dramatiques de la multiplication des traités de libre-échange.
04:49Moi, vous savez, je me souviens, en 2014, quand je suis arrivé au Parlement européen,
04:52il y avait une grande campagne dans la société contre le traité d'accord avec les États-Unis,
04:57qui s'appelait le TAFTA, le TTIP, vous connaissez bien.
05:00Je peux vous dire qu'en Commission Commerce Internationale, la commission que je siège,
05:03on était une poignée, je dis bien une poignée, à s'insurger contre ce traité
05:08et à alerter sur les conséquences de ce type d'accord.
05:10Et là, le Front National n'était pas là.
05:13Mais c'est vrai aussi pour beaucoup de gens à gauche.
05:15– Oui, je suis allé, oui.
05:17– Il y avait une forme de naïveté.
05:19– Par rapport à ces questions.
05:21Aujourd'hui, elles reviennent au centre du sujet.
05:24Mais enfin, il ne faut pas être dupe.
05:26Il y a une inflexion, par exemple, dans le discours de la commission.
05:28Mais il y a loin entre les discours et les actes.
05:31C'est-à-dire que vous avez d'un côté des commissaires qui sont sensibles
05:34à la petite musique sur la relocalisation.
05:35Mais qu'est-ce qu'ils font ? Quelles conclusions ils en tirent ?
05:37C'est précisément de passer encore plus d'accords de libre-échange
05:41avec des pays qui sont très loin.
05:42– On en sort, Kenya, Chili…
05:44– Kenya, Chili, Nouvelle-Zélande, le Canada avant.
05:47– Le Mercosur qui se pointe.
05:49– Le Mercosur qui vient.
05:49– Et alors là, je pense que dans la campagne…
05:51– Mercosur, c'est toute l'Amérique latine.
05:52– Oui.
05:52Alors dans la campagne, il faudra débusquer l'hypocrisie des macronistes.
05:56Parce que vous avez M. Macron et Mme Mayer,
05:59sa représentante dans cette élection, qui dit
06:00« Mais nous, bien sûr, on va s'opposer au Mercosur ».
06:03J'étais en commission à Bruxelles la semaine dernière,
06:05en commission commerce internationale,
06:07et on avait la représentante de la commission qui nous dit
06:08« Bah, non, personne n'a demandé à ce que ça s'arrête,
06:12nous on continue, les négociations battent leur plein. »
06:15Et elle dit, c'est là que c'est vicieux,
06:16« On va attendre les élections, et puis on fera voter le Mercosur après. »
06:20– Justement, moi je pense qu'il faut donner un carton rouge à ce type de pratique
06:26et montrer bien l'hypocrisie générale de ces dirigeants
06:30qui se moquent en réalité de la vie du peuple.
06:32Nous, on est aussi pour porter cette voie, une voie forte,
06:35qui conteste cette logique et qui plaide, vous avez parlé de Made in France,
06:38mais pour une relocalisation massive des activités industrielles et agricoles.
06:43Les deux.
06:45Vous savez que par exemple, en matière agricole, c'est très important de le dire,
06:47la France a totalement les moyens aujourd'hui d'être autosuffisante.
06:51Mais c'est des choix qui n'ont pas été faits.
06:53En matière industrielle, c'est la même chose.
06:55Et quand vous pensez qu'au moment du Covid,
06:58on s'est rendu compte que dans un pays comme la France,
07:01on n'était plus capable de fabriquer du Doliprane,
07:03ou des masques, ou du matériel médical de première nécessité,
07:06je peux vous dire qu'il y a besoin de relocaliser massivement.
07:10– Alors sur les accords internationaux, on a toujours l'habitude de dire
07:13« Ouais, mais vous comprenez les accords internationaux, c'est compliqué,
07:16c'est le commerce, on n'y comprend rien, etc. »
07:18Pas vrai.
07:19Si vous prenez les mobilisations des agriculteurs,
07:22ça a été un thème très très fort, presque le thème le plus fort,
07:27les agriculteurs se disant qu'on les prenait à la gorge avec ces accords-là.
07:31Donc c'est un thème d'actualité.
07:33– Non seulement c'est d'actualité,
07:34mais il y a quand même quelque chose qu'il faut reconnaître,
07:37c'est que l'Union européenne a sacrifié sciemment le monde agricole.
07:42Et ça depuis des années. Pourquoi ?
07:45Parce qu'il considérait que c'était plus intelligent et plus efficace
07:48d'exporter des machines-outils, des voitures, des produits à haute valeur ajoutée,
07:53et puis d'importer le reste.
07:55C'est-à-dire soit les biens manufacturiers élémentaires, depuis la Chine,
07:59soit les produits agricoles, depuis des pays où ils n'utilisent pas les mêmes produits,
08:03ils n'ont pas les mêmes contraintes que nos agriculteurs, et ça coûte moins cher.
08:05C'est sûr que si vous importez de la viande de bœuf depuis une Mercosur,
08:11produit issu de la déforestation, là-bas les salariés agricoles ils sont payés quoi ?
08:15Rien du tout.
08:16C'est cette concurrence déloyale qui a des conséquences désastreuses.
08:20Or moi je pense qu'il ne peut pas y avoir de continent européen digne de ce nom
08:24si on n'a pas une agriculture prospère, une agriculture qui va bien.
08:28Aujourd'hui ce n'est pas le cas,
08:29et la question de la souveraineté alimentaire et de la souveraineté agricole,
08:34ça sera au cœur de notre campagne, parce que franchement on est dans un moment un peu clé, décisif.
08:39Et il ne faut pas se louper.
08:41Et pour ne pas se louper, il faut voter pour les bons représentants au Parlement européen.
08:44Alors là on parle de l'indépendance alimentaire,
08:46on parlait aussi tout à l'heure de l'industrie, de tous les produits manufacturés qui sont fabriqués ailleurs, etc.
08:51On cite la Chine, mais partout maintenant.
08:52Ah oui, il n'y a pas que la Chine bien sûr.
08:54Partout.
08:55Et j'allais dire, est-ce qu'il y a une possibilité entre guillemets européenne
08:59de faire que cette concurrence déloyale qui nous arrive aussi par l'intermédiaire de ces importations,
09:05on puisse y mettre un coup qui fasse que du coup, entre guillemets,
09:08ça ne soit pas plus difficile de produire ici que d'aller produire en Chine pour engranger des bénéfices supplémentaires
09:16?
09:16Quelle est la méthode ? Qu'est-ce que vous préconisez ?
09:19Il y a quelque chose de très simple, vous savez, ce que font tous les autres pays,
09:22enfin les Etats-Unis, le Brésil, la Chine, augmenter les droits de douane.
09:27Ben voilà.
09:27Vous avez la taxe carbone, mais qui est trop faible aujourd'hui,
09:31c'est un compromis qui était quand même assez faible,
09:33où vous pouvez là aussi, par exemple, je ne sais pas, l'acier chinois ou l'acier turc,
09:37manifestement, il fait une concurrence incroyable de demandes déloyables à l'acier européen.
09:41Si on ne veut pas que toutes les aciéris en Europe disparaissent, on augmente les droits de douane.
09:45Ce que font les Indiens, par exemple, vous savez, les Indiens qui sont très protectionnistes,
09:48ils ont à cœur de protéger leur industrie, leur savoir-faire.
09:51On devrait faire pareil.
09:53Ils achètent l'industrie française, en plus, après.
09:56Alors, dans l'acier, c'est en effet le cas, mais pourquoi ?
09:59C'est parce qu'on a des dirigeants qui laissent faire.
10:01Quand vous pensez, il y a les Indiens, on peut prendre l'exemple américain,
10:04quand vous pensez que nous, les Français, on a vendu une partie d'Alstom à General Electric,
10:09les Américains, et qu'on demande aujourd'hui, quelques années après, à EDF, de racheter.
10:13C'est-à-dire qu'en gros, pour les Américains, c'est une super opération.
10:16On leur a vendu pas cher, ils leur vendent très cher.
10:19Pour nous, les Français, c'est deux fois la facture.
10:20C'est ce genre de choses, on marche sur la tête.
10:23J'insiste quand même sur un autre point qu'il ne faudrait pas oublier.
10:26Il y a la concurrence avec le reste du monde, mais il y a la concurrence intra-européenne.
10:30C'est ça.
10:31Ça va nous poser la question.
10:32Et là, il y a une vraie difficulté.
10:33C'est que la compétition, la concurrence, ça fait partie des fondamentaux de l'Union européenne.
10:38Et ça, pour la plupart des groupes de la majorité, c'est-à-dire la droite, les socialistes et les
10:44libéraux,
10:44c'est très difficile d'y toucher.
10:47Même les Verts, d'ailleurs, souvent.
10:48Nous, on s'inscrit totalement en faux contre cette logique.
10:51Et on va mener la bataille contre le délocalisation interne.
10:54Vous avez encore aujourd'hui, alors là, il y a une boîte, c'est Pepito,
10:57qu'on veut délocaliser en République tchèque.
10:59Mais on pourrait prendre Whirlpool, toutes ces usines qui sont parties à l'Est
11:03parce que la main-d'œuvre était beaucoup moins chère.
11:05Ça, c'est pas possible que ça continue comme ça.
11:07Donc, il y a une réflexion profonde et un combat à mener contre les délocalisations,
11:12la concurrence interne.
11:14Et pour ça, il faut quand même des élus qui soient déterminés et volontaires.
11:18La paix, c'est aussi un grand thème de votre campagne naissante.
11:24Ça veut dire quoi, aujourd'hui, la paix ?
11:27D'abord, Petitin, vous êtes un des seuls groupes qui le dit clairement dans son programme.
11:32Ce qu'on veut, c'est la paix.
11:33Tout le monde ne dit pas ça aujourd'hui.
11:34Ben non, loin de là.
11:35Loin de là.
11:36Et qu'est-ce que ça veut dire, concrètement, aujourd'hui, la paix ?
11:39On va passer les situations en vue.
11:42Concernant l'Ukraine, par exemple, tout simplement.
11:45Qu'est-ce que vous préconisez ?
11:46Qu'est-ce qui fait qu'on puisse mettre derrière ce mot de paix,
11:51qui est quelque chose d'universel auquel tout le monde aspire ?
11:54On peut penser des choses concrètes qui aboutiraient à ce qu'effectivement, on y arrive.
11:59Alors d'abord, on n'a pas l'impression que tout le monde y aspire.
12:01Oui, absolument.
12:02Quand on écoute les débats, là.
12:03Absolument.
12:03Parce qu'il y a une sorte de concurrence, de rhétorique ultra-belliciste qui fait froid dans le dos.
12:10C'est-à-dire que tout le monde…
12:10Il comprit ici au Parlement, oui.
12:12Surtout au Parlement.
12:13Tout le monde s'improvise comme un Churchill aux petits pieds.
12:17Mais la réalité de la guerre, ceux qui la subissent, ils savent ce que c'est.
12:21Et je pense que dans cette période très particulière où on redécouvre la guerre,
12:25même si en réalité, elle n'a jamais cessé.
12:26Les continents sont déchirés par la guerre, dévastés par la guerre.
12:30Mais en Europe, c'est vrai que c'est plus nouveau.
12:35Moi, je considère que la paix, en tant que militant politique, la paix, ça reste le souverain bien, le bien
12:40précieux.
12:41Et le rappeler inlassablement, c'est très important dans une campagne politique.
12:45Après, on est face à une situation où on ne doit pas nier la réalité.
12:47La réalité, c'est qu'on a un pays qui est agressé, on a un pays qui est agresseur.
12:51La Russie agresse l'Ukraine et qu'il faut aider l'Ukraine.
12:54Et on le fait.
12:55Parce que ça aussi, ça m'énerve.
12:57J'ai l'impression, il y en a qui disent, mais vous laissez tomber l'Ukraine.
12:59Mais l'Europe, c'est 150 milliards d'aides financières, c'est une aide humanitaire.
13:02C'est une aide militaire de beaucoup d'États membres.
13:06La France, pas suffisamment, mais elle le fait.
13:08Moi, je ne suis pas compte qu'on aide l'Ukraine.
13:09Au contraire, et bien sûr qu'on doit tout faire pour contester cette prétention de la Russie
13:15à vouloir élargir son espace territorial au détriment des peuples qui n'ont rien demandé, qui ne veulent pas ça.
13:20Mais pour autant, ce que je veux dire et ce qu'on dit, c'est qu'on ne doit jamais
13:26abandonner l'objectif de la négociation future.
13:28Et que parler aujourd'hui de paix, ça n'est pas contre-intuitif, ça n'est pas contradictoire avec la
13:35réalité, c'est indiquer un objectif et un chemin.
13:38Parce que moi, ce qui m'affole, c'est les conséquences des discours va-t'en-guerre d'un certain
13:45nombre de dirigeants
13:45qui nous mènent tout droit vers un conflit d'envergure mondiale, ou en tout cas européen.
13:51Quand M. Macron ne s'en demandait rien à personne, au hasard d'une conférence, il nous dit qu'on
13:55est prêts à envoyer des troupes.
13:56Quand M. Attal dit hier à l'Assemblée que ça sera sans limite, je m'excuse, mais là, on est
14:02sur quelque chose qui va bien au-delà de ce qu'on doit faire.
14:06Alors, je rappelle que la France n'est pas belligérante, on n'est pas en guerre contre la Russie.
14:11Et d'ailleurs, moi, je m'insurge contre mes collègues ici qui disent « on mène la guerre, on fait
14:14la guerre ».
14:15Ben non, on ne fait pas la guerre. Bien sûr qu'il faut soutenir l'Ukraine, bien sûr qu'on
14:19aide l'Ukraine, mais on ne fait pas la guerre.
14:21Et la France, singulièrement, qui n'a pas la même histoire que la Pologne, que la Bulgarie ou la Roménie,
14:26parce qu'à la rigueur, ou les pays baltes, eux, je comprends qu'ils aient peur de la Russie.
14:29Ils ont été envahis par la Russie à plusieurs reprises, mais nous, ce n'est pas notre cas.
14:34Et donc, la voie singulière de la France, qui est une voie à la fois de fermeté, mais aussi de
14:39convergence des diplomaties,
14:41elle doit aujourd'hui s'imposer. Or, qu'est-ce qu'on a ? On a des gouvernants qui jouent
14:45avec les mots.
14:46Mais les mots, quand il s'agit de la guerre et de la paix, ça a sans importance.
14:50Donc, la modération, la prudence, la lucidité ne font pas preuve nos dirigeants, je trouve ça très préoccupant.
14:58Donc, il faut, aujourd'hui, des élus qui soient en capacité de porter un message clair et un message lucide.
15:05On a cette situation-là. Il va falloir, effectivement, expliquer comment ce qu'on est en train de dire là,
15:12ce que vous êtes en train de dire là, va pouvoir être partagé, puisque comme vous êtes...
15:16La situation que vous êtes en train de nous décrire, c'est qu'on est loin du compte, là, tout
15:20de suite.
15:21Comment ça va pouvoir être partagé de manière à ce qu'on essaie de jouer un rôle ?
15:26Sachant que l'Europe, on est quand même bien obligé de le reconnaître,
15:32son poids diplomatique, aujourd'hui, dans le monde, n'est quand même pas extraordinaire.
15:36On va parler sans doute aussi de Gaza, maintenant, de ce qui se passe dans les territoires palestiniens.
15:42On a parlé plusieurs fois de cette question-là.
15:45La force diplomatique de l'Europe, aujourd'hui, est extrêmement faible.
15:49Est-ce que c'est le constat que vous faites aussi ?
15:51Alors déjà, l'Europe, en tout cas certains pays d'Europe, ont délégué tout ce qui était politique européenne
15:57de sécurité, de défense et de diplomatie à d'autres, en l'occurrence aux États-Unis d'Amérique.
16:02Bien sûr.
16:02Je veux dire, on a quand même, pour plein de raisons, des raisons historiques, des raisons politiques,
16:08des États membres, aujourd'hui, qui font plus confiance à M. Biden et à l'OTAN
16:13qu'à nos propres capacités à nous.
16:15Et ça, c'est quand même, ça fait partie du débat.
16:17Parce que moi, je considère que l'autonomie stratégique de l'Union européenne,
16:21c'est quelque chose de fondamental.
16:23Mais là aussi, il ne faut pas se payer de mots.
16:24Ça veut dire qu'il faut couper le cordon au médical avec les États-Unis.
16:28Or, ils ne le font pas.
16:29Ensuite, le problème, c'est qu'il faut trouver des messages convergents.
16:32Je reviens sur l'exemple de Macron.
16:34Il parle de l'envoi de troupes.
16:35Le lendemain, même pas le lendemain, le jour même,
16:38tous nos partenaires, Italie, Allemagne, Espagne,
16:41ils disent, mais nous, on ne se sent pas du tout concernés par cette prise,
16:44même la Pologne, par cette prise de parole.
16:46Vous voyez, ça, c'est à force d'avoir une démarche précipitée,
16:51improvisée et va-t'en guerre,
16:52on se retrouve, paradoxalement, en venant de la France,
16:57complètement à côté de ce qu'il faudrait pour une diplomatie qui converge.
17:02Donc voilà, ça, c'est quand même la priorité numéro un.
17:05La deuxième priorité aussi, je reviens sur les mots,
17:07c'est très important.
17:08Moi, je suis, mais je ne supporte plus
17:11toutes ces comparaisons historiques foireuses.
17:14On trouve tout dans l'histoire où il suffit de piocher.
17:16Avec des gens qui n'y connaissent rien.
17:18Parce que comparer, par exemple, Le Pen à Daladier,
17:20ça n'a aucun sens.
17:21Ça n'a aucun sens pour les historiens.
17:21Daladier est un républicain, un homme de gauche.
17:24On trouve tout ce qu'on veut dans l'histoire où il suffit d'aller piocher.
17:26Donc moi, je suis pour qu'on bannisse définitivement
17:28du débat d'aujourd'hui les comparaisons historiques foireuses.
17:31Ça n'est pas Munich et ça n'est pas 1938.
17:36Au 1913, comme j'entends très souvent.
17:38Mais ça, c'est un combat de tous les jours.
17:41Parce qu'on peut dire aussi que chez certains de vos collègues,
17:43notamment des éditorialistes,
17:45il y a des facilités de langage
17:46qui consistent à balancer comme ça des énormités
17:49sans que personne ne les reprenne.
17:50Personne ne valide là.
17:51Aucun historien sérieux ne valide cette démarche.
17:53Non, mais les historiens sont les premiers navrés par le cours
17:57qui est en train de prendre le débat.
17:59Donc ça, c'est très important aussi parce que les Français,
18:01je vois bien, il suffit d'aller dans un déjeuner familial,
18:05ce qu'on fait tous.
18:06Vous avez d'un côté, les gens ne veulent pas la guerre.
18:08Il y a encore moins qu'on envoie des Français en Ukraine.
18:12Et en même temps, ils ont bien compris
18:13qu'il y avait une politique impérialiste de la Russie
18:16et que cette politique, il fallait la condamner et s'y confronter.
18:19Donc on est sur une ligne de crête.
18:21Et nous, on assume cette ligne de crête.
18:22Mais il ne faut surtout pas, au nom d'une rhétorique
18:25et pour des raisons bassement électoralistes,
18:27vous avez bien compris qu'en gros,
18:29tout ce qu'est en train de faire le gouvernement
18:30depuis quelques jours, c'est quoi ?
18:31C'est d'installer un climat d'inquiétude
18:34pour mobiliser un électorat qui est en train de fuir
18:36pour leur dire c'est nous ou le chaos,
18:38c'est nous ou le RN, c'est nous ou Poutine.
18:40Tout ça, ce n'est pas à la hauteur de ce qu'attendent les gens.
18:44Et ça, il faudra, je pense, le dénoncer avec force.
18:46J'ai vu que Mme Maillard,
18:47son premier discours de campagne,
18:50il n'y avait aucune proposition,
18:53c'est incroyable d'ailleurs,
18:55aucune mention de son bilan.
18:56Mais ça, je peux comprendre
18:57parce que le bilan des libéraux ici au Parlement,
18:59ce n'est pas brillant.
18:59Et tout sur cette histoire, c'est nous ou le chaos.
19:02Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu
19:03et les Français vont s'en rendre compte.
19:05On a dit qu'il y a un autre gros thème central
19:07qui ne touche pas directement l'Europe,
19:09mais rappelons quand même que Israël
19:10est un pays associé à l'Union Européenne,
19:13qui concerne effectivement ce qui se passe à l'heure actuelle
19:15en Israël, à Gaza,
19:18dans les territoires occupés de Cisjordanie,
19:20qui inquiète, qui mobilise,
19:23on le voit aussi ici en France,
19:24qui mobilise du monde partout dans le monde,
19:26en Europe, partout en Europe,
19:28en France aussi,
19:30il y a des mobilisations dans ce domaine-là.
19:32C'est-à-dire, encore une fois,
19:33quel rôle, qu'est-ce qu'on peut dire
19:36qui soit acceptable par tout le monde,
19:38en quoi la diplomatie européenne
19:40peut un peu essayer de jouer un rôle quelconque
19:43dans une affaire aussi complexe,
19:46aussi difficile,
19:47qui dure depuis des décennies,
19:49qui dure depuis la création, en réalité,
19:51de départ.
19:53Ils ont depuis 67 au moins.
19:54– C'est ça, voilà.
19:56Ça s'aggrave de pire,
19:58c'est de moins en moins faisable
20:01de sortir de la difficulté, du chaos et de ce cercle.
20:04Comment est-ce qu'on peut faire aujourd'hui
20:06pour essayer,
20:07même ici au Parlement européen,
20:09où on a l'impression que ça a un petit peu bougé tout de même ?
20:11– C'est ce que j'allais vous dire.
20:12Au Parlement, ça bouge quand même.
20:14La dernière session,
20:16on a voté en faveur d'un cessez de feu immédiat
20:19et permanent.
20:21Non, ce n'était pas le cas il y a trois mois.
20:25La condamnation,
20:27la poursuite de la colonisation en Cisjordanie,
20:30aujourd'hui, dans l'hémicycle,
20:31je pense que c'est quasiment majoritaire.
20:32Donc ça bouge un peu.
20:33Le problème, c'est nos moyens de pression sur Israël.
20:36Parce qu'Israël n'écoute même pas les États-Unis,
20:38qui est quand même leur prolieu grand pourvoyeur,
20:41et d'armes, et d'argent,
20:43leur allié historique.
20:44Donc l'Union européenne, c'est compliqué.
20:46Mais moi, je trouve quand même que, progressivement,
20:49on arrive à une position,
20:51qui est une position claire de condamnation absolue
20:54de la riposte israélienne aux attentats du 7 octobre,
20:58qui est une riposte plus que disproportionnée.
21:00Aujourd'hui, on est dans un carnage, un massacre,
21:03avec même, je crois que c'est l'ONU,
21:05qui parle de risque génocidaire.
21:07Donc il faut continuer la mobilisation là-dessus.
21:10Mais il y a un corollaire à ça.
21:12Je voudrais vous alerter là-dessus,
21:13parce que je pense que c'est important dans cette campagne.
21:16Il y a aussi, en Europe, et dans le monde occidental,
21:19une résurgence insupportable de l'antisémitisme.
21:22Et moi, je le condamne, parce que je vois,
21:23y compris ce qui est arrivé hier,
21:26à une dessinatrice de Libé,
21:27qui fait un dessin en soutien aux Palestiniens,
21:29et qui se prend un tombeau d'injures,
21:33vraiment dégueulasses,
21:34de gens qui n'ont pas compris.
21:36Ça, c'est quand même choquant.
21:37Quand on voit que les actes antisémites en France,
21:39c'est plus de 1000%,
21:41il y a la nécessité de dire « halte au feu ».
21:45Ce n'est pas évident,
21:46parce que là aussi,
21:48là aussi, il y a une ligne de crête.
21:51J'en discutais avec Fabien Roussel,
21:52qui revient d'Israël-Palestine.
21:55Nos relais dans le camp de la paix,
21:56ils ne sont pas très nombreux.
21:57Le camp de la paix israélien,
21:59traditionnellement, il y avait quand même
22:00une gauche israélienne forte en faveur de la paix.
22:02Il y a des manifestations, mais enfin…
22:04Alors, voilà, ce que j'allais dire.
22:05Mais c'est vrai que c'est un peu plus ténu.
22:06Mais il y a quand même des grandes manifs
22:08de gens qui veulent virer Netanyahou.
22:11Et d'une certaine façon,
22:11je veux dire, moi, mon espoir,
22:12je le place en eux.
22:14Tous ces jeunes israéliennes et israéliens
22:16qui veulent dégager ce gouvernement
22:18qui est en grande partie responsable de la situation,
22:20y compris de la situation sécuritaire de ce pays.
22:22Parce que M. Netanyahou,
22:23qui était obsédé par la Cisjordanie,
22:25qui prétendait protéger ses concitoyens,
22:28a été incapable de prévoir
22:30ce qui s'est passé le 7 octobre.
22:31Donc il y a une nécessité absolue
22:33de virer Netanyahou.
22:35Et ça clique, vraiment,
22:36avec un gouvernement d'extrémistes insupportables.
22:39Mais je compte sur eux.
22:41Et puis nous, il y a notre rôle de diplomatie.
22:44Il faut le dire un peu plus fort.
22:45Il y aura une résolution encore demain.
22:47On vote beaucoup de résolutions.
22:48Et sur l'Ukraine et sur le Gaza.
22:49On a parfois le sentiment
22:51qu'on n'est pas très efficace.
22:52Mais moi, j'y crois quand même
22:54que cette unanimité qui se construit,
22:59elle contribue à peser nos rapports de force.
23:01– Alors, on a chaluté, comme on dit,
23:05plusieurs sujets importants.
23:06– Chalut, on chalut.
23:07– Non, chalut, on a la bonne maille de filet.
23:11– C'est ça.
23:12– On va pas racler au fond avec des bateaux.
23:13– C'est un sujet, les méga bateaux.
23:16– Avec des bateaux industriels.
23:19J'allais dire, quels sont vos objectifs ?
23:21Alors actuellement, vous dites quoi ?
23:22Vous dites, notre liste,
23:24il faut qu'elle passe la barre à quelle hauteur ?
23:28– Moi, je pense que Léon Desfontaines a dit
23:30que son objectif, c'était qu'on soit
23:31la première liste de gauche.
23:33Moi, je pense qu'il faut surtout arriver
23:35dans cette campagne à marquer notre singularité.
23:39– C'est ça.
23:40– Et cette singularité, elle est évidente pour moi,
23:43peut-être moins évidente pour vous.
23:45Il faut convaincre les électeurs.
23:47C'est ça, le principal problème.
23:49Mais je crois qu'il y a vraiment un enjeu.
23:51C'est-à-dire que tous ces thèmes dont on parle,
23:53la souveraineté industrielle, la souveraineté alimentaire,
23:56la souveraineté numérique, on en a déjà parlé ici,
23:58la souveraineté culturelle, on en a parlé aussi ici.
24:01Ça, c'est des thèmes que je trouve, moi,
24:03relégués au second plan dans la plupart des programmes.
24:05Or, pour moi, c'est essentiel.
24:07Le fait qu'on reprenne la main sur notre destin,
24:09qu'on soit en capacité de peser sur le cours des choses,
24:12c'est absolument essentiel.
24:13Donc, il va falloir se battre.
24:14Et puis surtout, il va falloir installer
24:16dans cette campagne européenne,
24:17au-delà de la scénographie qu'essaye de promouvoir
24:22le président de la République
24:23et son opposant principal, Marine Le Pen,
24:25qu'on parle des questions économiques et sociales.
24:27Parce que vous vous rendez bien compte que...
24:28On a commencé par ça.
24:29Nous, ici, oui.
24:31Mais eux n'y ont pas du tout intérêt.
24:32Parce que sur l'économique et social,
24:35le RN, soit il n'a rien à dire,
24:36soit il vote avec la droite traditionnelle.
24:38Et pour les macronistes, je ne vous en parle même pas.
24:40Ils sont largement responsables
24:41d'un certain nombre de catastrophes
24:44dont héritent aujourd'hui les Européens.
24:45Donc, il faut remettre les questions sociales
24:47et les questions économiques
24:48au cœur du débat européen,
24:49parce que c'est l'essentiel.
24:51Il ne faudra pas se perdre dans des débats accessoires.
24:53Et puis, il y a un autre point, évidemment,
24:55j'allais dire, peut-être l'un des plus fondamentaux
24:58suite à ce que vous venez de dire,
24:59c'est comment convaincre les électeurs
25:00de les voter, tout simplement.
25:02Parce que les faits tels qu'on les voit
25:04depuis maintenant des années,
25:06c'est que précisément,
25:09l'abstention augmente.
25:11Et les élections européennes
25:12ne sont pas traditionnellement des élections
25:14où on se bouscule dans les bureaux de vote.
25:16Oui, alors, comment faire ?
25:17Encore que c'est moins vrai,
25:18parce que vous avez vu que les dernières législatives,
25:20on avait moins voté que pour les Européens.
25:21Oui, c'est vrai.
25:22Ce qui est d'avrant.
25:23Alors, comment faire ?
25:24Parce que c'est bien ça la question.
25:25Tout le monde dit que la clé de la guerre est là, quand même.
25:27Il faut vraiment que...
25:29D'abord, on peut se prononcer aux Européennes
25:31aussi par rapport à la situation nationale.
25:33Si on n'a pas envie de ce duo de marionnettes
25:36entre Le Pen et Macron,
25:38c'est aussi une façon de le dire.
25:39Mais surtout, il faut le rappeler inlassablement,
25:42tout ce qu'on vote ici,
25:43ça a des conséquences dans la vie des gens.
25:44Quand hier, il y a eu le vote sur les méga camions de 60 tonnes
25:48qui vont pouvoir circuler sur nos autoroutes,
25:50ça, c'est des conséquences concrètes pour notre environnement.
25:53Quand on vote aujourd'hui un texte sur l'étiquetage des produits
25:57parce qu'il y a beaucoup de fraudes,
25:59beaucoup de contrefaçons,
26:00ça, c'est une conséquence concrète.
26:02Tout à l'heure, ça va vous paraître accessoire.
26:04On a voté un texte sur les jouets,
26:06les jouets pour les enfants,
26:07les matériaux dans lesquels on fabrique,
26:10le respect de la santé, de la sécurité.
26:12Pour tous les parents de France, c'est important.
26:14Et donc, il y a plein de sujets du quotidien
26:17qui sont évoqués ici
26:19et qui auront une importance centrale dans notre vie.
26:22Donc, je sais bien que le Parlement européen,
26:24ça peut paraître lointain,
26:25ça peut paraître technique,
26:26ça peut paraître parfois opaque.
26:28Mais en réalité, c'est des sujets vitaux
26:30pour la France et les Français
26:31dont on discute dans ce Parlement.
26:33Et moi, je pense, peut-être,
26:35il ne faut pas que j'oublie ça aussi,
26:37parce que moi, je me sens comme le représentant
26:39de la France au Parlement européen.
26:41Et ce qui est très important,
26:43c'est qu'à chaque session,
26:44on se dit, qu'est-ce qui est bon pour mon pays
26:46et singulièrement pour les travailleurs de ce pays
26:48et qu'est-ce qui n'est pas bon.
26:49Ça, c'est un réflexe qu'on a.
26:51On n'est pas nombreux à avoir.
26:52Et j'espère qu'on sera de plus en plus nombreux.
26:53C'est pour ça qu'il faut qu'on envoie
26:54le plus d'élus possibles à Strasbourg
26:56lors du prochain mandat.
26:58Merci, Emmanuel Morel, bonne campagne.
27:00Bonne journée à vous.
27:01Et puis, au revoir, bien sûr.
27:04On continuera, bien sûr, à parler de cette campagne
27:07et puis à parler aussi des résultats.
27:08Vous serez tous là au moment d'en parler.
27:11Au revoir, merci à tous, à bientôt.
27:12Merci.
27:13Merci.
27:13Merci.