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  • il y a 18 heures
Après la séquence très commentée des fausses informations relayées par la journaliste Alix Bouilhaguet sur France Info, on peut se demander pourquoi tant de gens en France en veulent à Zohran Mamdani, qui n’est que le maire de New York. À partir de l’exemple de New York, Climarx explique une notion souvent mal comprise de Gramsci, celle de bataille culturelle.

0:00 Introduction
2:11 Mamdani : une leçon de bataille culturelle ?
4:01 C'est quoi la bataille culturelle ?
6:25 Le contexte de New York
10:49 Faire la bataille culturelle
13:01 Conclusion

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Transcription
00:00Le 9 novembre 2025, à Paris, Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise,
00:03était l'invité de l'émission du service public Question Politique.
00:07Et on sent que ça a bossé dur chez France Info,
00:09puisque au bout de quelques minutes, la journaliste Alix Bouillaguet pose une question très incisive,
00:13question qu'elle avait préparée.
00:15Attention, regardez, elle lit ses petites fiches.
00:17On entend que vous vous célébriez Zoran Mamdani.
00:21Il est ouvertement polystinien et il a repris en son temps un slogan.
00:26Le slogan mondialisait l'intifada, en clair, faire la guerre aux juifs partout dans le monde.
00:31Et quand on lui demande de condamner le 7 octobre,
00:33eh bien souvent il botte en touche, il lui répète que le problème, c'est l'occupation d'Israël.
00:37Est-ce que ça, ça ne vous choque pas ?
00:38Il y a trois fausses d'informations dans ce que vous venez de dire.
00:40Il n'a pas utilisé ce slogan, il a évidemment condamné le 7 octobre.
00:44L'UNRWA, vous parlez d'une agence de l'ONU.
00:46Il y a eu une enquête qui a été faite sur ce sujet, sur cette soi-disant collusion avec le
00:49Hamas.
00:50Quelles ont été les conclusions de cette enquête, madame ?
00:51C'est qu'il n'y avait aucune collusion avec le Hamas.
00:54Aïe !
00:55Vous pouvez lire le détail de cette erreur sur le site d'Arrêt sur image,
00:58qui revient dans un long article sur le fleurilège de fulgurances du même genre,
01:01faite par des gens qui en ont gros contre le nouveau maire socialiste de New York, Zoran Mamdani.
01:06Depuis, France Inter et France Info ont publié un communiqué très discret pour dire que,
01:11ok, j'avoue, c'est pas vrai, j'avoue, c'est tatillon quand même.
01:15Mais alors on peut se demander pourquoi tant de gens s'acharnent sur Mamdani ?
01:18Parce qu'on est habitué aux accusations d'antisémitisme pour décrédibiliser la lutte pour la Palestine
01:23et à l'instrumentalisation de la Palestine pour décrédibiliser la gauche.
01:26Mais bon, New York, c'est loin quand même.
01:28C'est la plus grande ville des Etats-Unis, certes, mais ça reste une élection locale.
01:33Le maire, il n'a aucun pouvoir sur la politique étrangère
01:35et sa campagne ne portait pas sur la Palestine, mais sur le coût de la vie.
01:39Alors, c'est quoi son problème à Alex Bouillaguet et aux autres ?
01:44Pourquoi ils en veulent à Zoran Mamdani ?
01:47Est-ce que ce serait pas parce que l'enjeu de son élection va bien au-delà de New York
01:51?
01:51Au-delà même des Etats-Unis ?
01:53Dans cet épisode, on va essayer de comprendre ce qui s'est joué dans cette élection.
01:57Et ça, grâce à Antonio Gramsci.
02:00Et vous allez voir, l'histoire de New York, c'est aussi un peu la nôtre.
02:11Forcément, en France, à quelques mois, des municipales,
02:13alors que l'extrême droite ne cesse de gagner du terrain,
02:16cet exploit intéresse beaucoup de politiques à gauche.
02:18Alors, quelle leçon en tirer ?
02:20C'est qui, le Mamdani français ?
02:22C'est vrai que c'est impressionnant, il a imposé une rupture au sein de son propre parti,
02:26il a gagné contre le perdant de la primaire qui s'est quand même présenté
02:30parce qu'il était soutenu par tous les milieux d'affaires et les potes de Trump.
02:33Et vu que tout le monde donne son avis sur Mamdani, je vais vous donner le mien.
02:36Enfin, la victoire de Mamdani, c'est une leçon de bataille culturelle.
02:42Mais attention, pas parce qu'il fait des millions de vues sur TikTok,
02:45même si c'est vrai qu'il fait des bons TikTok, il est fort le con.
02:49Mais au sens de Gramsci.
02:51Et je ne dis pas ça parce que c'est très important de bien comprendre Gramsci,
02:55mais parce que quand on parle de bataille culturelle,
02:58c'est souvent pour parler de la manière dont l'extrême droite l'utilise.
03:01Et ça, on le doit à Alain de Benoît, qui a l'air d'être un petit vieux sympa,
03:05mais qui est en fait un petit vieux pas du tout sympa.
03:07Et il est père de l'écofascisme, du gramschisme de droite.
03:10Et par ailleurs, d'après sa page Wikipédia, il est membre d'une société à QI élevée.
03:16C'est hilarant, non ?
03:17Juste comme ça, si quelqu'un veut faire ma page Wikipédia,
03:20merci d'indiquer que je suis membre d'une société de meufs ultra bonnes.
03:25Ce gramschisme de droite a été repris par des gens tout aussi peu sympas,
03:29comme Jean-Marie Le Pen.
03:30C'est l'écrivain communiste italien Gramsci qui a écrit
03:33« Les victoires idéologiques précèdent les victoires électorales ».
03:36Oui, bon, il n'a pas fait trop d'efforts non plus.
03:39Mais comme vous savez, c'est comme ça qu'on reconnaît les communistes.
03:41Ils ont tous un nom qui finit par « ski ».
03:44Trotsky, Gramsci, Mamdansky ou Nicolas Sarkosky,
03:48tiens donc, qui en 2007 disait
03:49« Je n'aime pas une bataille politique, mais une bataille idéologique.
03:52Au fond, j'ai fait mienne l'analyse de Gramsci.
03:55Le pouvoir se gagne par les idées. »
03:58Les idées, oui, bien sûr.
04:01Mais avant d'être un élément de langage pour tout ce petit monde,
04:04la bataille culturelle, c'était un concept bien de gauche,
04:07bien plus intéressant que ça et très important.
04:09Notamment parce qu'elle permet de répondre à la question à 1000 euros.
04:13Mais pourquoi les gens, ils ne sont pas de gauche
04:15alors que c'est en leur intérêt, les cons ?
04:20Ok, petit point théorique.
04:22Antonio Gramsci, c'est un penseur marxiste italien du début du XXe siècle,
04:26un des fondateurs du parti communiste italien.
04:28Pour lui, ce qu'on appelle aujourd'hui la bataille culturelle,
04:31c'est vraiment le cœur de la lutte politique,
04:33la bataille pour l'hégémonie.
04:35L'hégémonie, chez Gramsci, c'est la manière dont un groupe dirige la société
04:39en obtenant le consentement des autres groupes.
04:42Ce consentement, ce n'est pas seulement le fait de croire à une idéologie.
04:46C'est plus profond, c'est tout un ensemble d'habitudes, de pratiques, de valeurs,
04:50de manières de voir le monde qui finissent par sembler normales, évidentes, naturelles
04:54et qui font tenir une société.
04:57Dans nos sociétés capitalistes, la bourgeoisie fabrique et entretient ce consentement
05:01à travers l'État et les institutions, l'administration, l'école, les médias, l'église, tout ça.
05:06Mais pour que ça fonctionne, elle doit faire des compromis,
05:09par exemple avec des politiques sociales, pour que les gens continuent à accepter l'ordre existant.
05:14L'État, pour Gramsci, c'est l'hégémonie cuirassée de coercition.
05:17C'est une très jolie manière de dire que lorsque des gens commencent à prendre le mot
05:21« démocratie » un petit peu trop au pied de la lettre,
05:24l'État leur envoie la police sur la tronche.
05:26Une GENL dans les couilles, ça fait dégager du monde !
05:28Le problème, c'est que si l'État mise trop sur la force et plus assez sur le consentement,
05:33ça finit par craquer.
05:34C'est ce que Gramsci appelle une crise organique.
05:37Les gens n'y croient plus, l'ancien ordre ne tient plus
05:39et il n'y a pas encore de projet alternatif clair.
05:42Et dans ces moments-là, le risque, c'est la montée du fascisme
05:45qui vient combler le vide quand la gauche n'a pas réussi à imposer sa propre vision du monde.
05:52Autant dire qu'aujourd'hui, on est en plein dedans,
05:54en France, aux États-Unis et dans plein d'autres pays.
05:56C'est pour ça que la victoire de Mamdani, elle est si importante.
05:59C'est qu'à son échelle, il a réussi à imposer un projet alternatif,
06:03ce que le Parti démocrate échoue à faire depuis...
06:09Ça tombe bien, parce que New York, c'est un super exemple pour voir concrètement
06:13comment les classes dominantes arrivent à faire accepter des politiques
06:16qui leur profitent surtout à elles, au détriment des autres.
06:19Bref, un bon cas pratique pour comprendre comment ça marche,
06:21la bataille culturelle de ce bon vieux Gramsci.
06:27Pour comprendre, il faut revenir un peu en arrière.
06:29Dans les années 70 à New York, c'est la crise.
06:32C'est la crise économique, le contexte social est explosif,
06:35la criminalité augmente.
06:36Et à l'époque, l'idée partagée par la plupart des gens,
06:38c'est qu'une crise comme ça, ça se règle avec plus de dépenses publiques
06:41pour développer des services publics, par exemple.
06:43Oui, je sais, ça a bien changé.
06:44Sauf que le président républicain de l'époque, Richard Nixon,
06:47les services publics, c'était pas trop son truc.
06:49Donc il a juste dit qu'il n'y avait pas de crise.
06:52Euh, une crise.
06:54C'est-à-dire ?
06:56Il n'y a pas de crise ici ? Non, non.
06:58Ici, il y a...
07:01Et là, en 1975, alors que la ville était au bord de la faillite,
07:05les banques d'affaires vont tout simplement refuser de couvrir la dette de la ville
07:09pour imposer leur gestion financière.
07:11Sans aucun appui démocratique, bien sûr.
07:13Ils ont imposé d'utiliser l'argent public,
07:15non pas pour faire fonctionner la ville,
07:17mais pour enrichir leurs actionnaires.
07:20Ah, c'était la crise pour tout le monde,
07:21mais pour eux, c'était le coup de poker.
07:23C'est ce que le géographe David Harvey,
07:25toujours un petit vieux, mais cette fois très sympa,
07:28appelle un « putsch » des institutions financières.
07:30Et ça a extrêmement bien marché.
07:32Alors pas pour tout le monde, certes.
07:34Pas pour les nazes comme vous.
07:35Mais ça a marché pour un brillant jeune homme d'affaires,
07:38ambitieux, qui a su saisir cette opportunité
07:41pour lancer sa merveilleuse carrière.
07:52Donc bravo d'avoir sauvé la ville et le pays et le monde.
07:57Ce putsch financier à New York,
07:59ça a été un modèle pour l'instauration du système néolibéral
08:02à partir des années 80, aux Etats-Unis,
08:04mais aussi partout dans le monde.
08:05C'est en partie à cause de cette histoire
08:07qu'aujourd'hui, en France,
08:08on donne 211 milliards d'argent public
08:10aux entreprises sans contrepartie
08:12pour qu'elles filent à leurs actionnaires
08:13qui payent deux fois moins d'impôts que vous et moi,
08:15et que toute la classe politique nous dit sans sourciller
08:17que de leur faire payer leurs impôts,
08:19ce serait antidémocratique
08:20et qu'on va précipiter la France dans l'abîme
08:21parce qu'ils ne vont pas gagner 250 milliards,
08:23mais 220 milliards l'année prochaine.
08:26Pardon, je...
08:27je m'emporte.
08:28Parce que ce hold-up de la finance à New York,
08:31ok, ça a marché,
08:32mais pour imposer ce modèle partout ailleurs,
08:35ça ne pouvait pas reposer sur des putschs partout et permanents,
08:37il fallait le consentement de la population.
08:40Gramsci, l'hégémonie, tout ça.
08:43Alors les milieux d'affaires ont dépensé beaucoup d'argent
08:45pour diffuser leurs idées par le biais de think tanks
08:47qui ont été créés pour instiller les thèses néolibérales partout,
08:50dans les facultés d'économie,
08:51dans les business schools qu'ils finançaient,
08:53dans la presse, dans les institutions internationales
08:55comme le FMI.
08:56Les idées, elles ont infusé dans tout le monde social,
08:58dans la vie quotidienne, à la télé,
09:00dans les fonctionnements des services publics,
09:01dans les valeurs et dans les lieux communs.
09:03Il faut rembourser la dette,
09:04les progrès techniques vont résoudre tous nos problèmes.
09:07Likez, partagez cette vidéo et abonnez-vous à l'humanité.
09:11Le parti républicain est devenu une machine au service des milieux d'affaires
09:14et Ronald Reagan a été élu en 1980
09:16en défendant leurs intérêts financiers
09:18et en dynamitant tous les conquistos sociaux.
09:21Le socialisme s'est dépassé,
09:22le communisme c'est les méchants,
09:24vive l'entreprise !
09:25Pendant ce temps, le parti démocrate,
09:26qui a toujours été à peu près aussi anticapitaliste
09:28qu'une bouteille de Pepsi,
09:30ne pouvait pas se permettre de se mettre à dos
09:32les entreprises capitalistes qui les finançaient,
09:34eux aussi.
09:34Et ils n'ont pas tardé à défendre ce nouveau modèle dominant,
09:37en essayant juste d'avoir l'air
09:38un peu plus cool.
09:47Et pendant un moment, ça a vraiment fonctionné,
09:49les gens y croyaient,
09:50beaucoup ont adhéré à cette nouvelle gauche,
09:52les milieux d'affaires avaient imposé leur hégémonie.
09:55Sauf que, sur la longueur,
09:57ça tourne mal.
09:58La présidence de Joe Biden,
09:59la défaite de Kamala Harris
10:00et le succès de figures présentées comme anti-establishment,
10:04qu'elles le soient ou non,
10:05montrent bien que cette hégémonie est entrée dans une crise organique,
10:08en défendant toujours les mêmes intérêts,
10:10en négligeant les attentes de sa base électorale historique
10:13et en étouffant l'apparition de la moindre alternative,
10:16le Parti démocrate ne pouvait que paver la voie à l'extrême droite.
10:19Et on pourrait évidemment dire quelque chose de très similaire pour la France.
10:22Alors, à New York,
10:23là où Donald Trump a profité du putsch des institutions financières
10:26pour s'enrichir grâce à l'immobilier,
10:28là où la spéculation immobilière a fait monter les prix
10:30d'un 14 mètres carrés en colloque plus haut que l'Empire State Building,
10:33c'est pas très étonnant que Zoran Mamdani ait choisi le coût de la vie
10:36comme cheval de bataille.
10:52Mais alors, comment il a fait pour imposer ce thème
10:55et le faire exister comme une alternative possible ?
10:57Oui, parce que bon, on n'a pas les milliards des banquiers d'affaires,
11:00il n'y a pas de milliardaire de gauche,
11:01et pour de bonnes raisons.
11:02Si un jour, vous rencontrez un milliardaire de gauche,
11:04méfiez-vous, c'est probablement 3 milliardaires de droite
11:07les uns sur les autres dans un imperméable.
11:10Donc déjà, il n'a pas fait financer sa campagne par des milliardaires,
11:12mais par des gens normaux.
11:14Mais ça ne suffit pas.
11:14La bataille culturelle, c'est dans la vie quotidienne que ça se joue,
11:17au travail, chez le coiffeur, au bar, etc.
11:20Zoran Mamdani, il a mobilisé 90 000 bénévoles
11:23pour aller faire du porte-à-porte,
11:25tracter, aller rencontrer les gens qui, pour beaucoup,
11:27étaient très éloignés de la politique.
11:29Parfois, ils ne savaient même pas qu'il y avait une élection.
11:30Ces bénévoles, ils ressemblaient aux gens à qui ils allaient parler.
11:33Ils habitaient dans les mêmes quartiers,
11:35parlaient les mêmes langues,
11:36travaillaient dans les mêmes secteurs, etc.
11:38Et ça, c'est important,
11:39parce que Zoran, il fait des bons TikTok,
11:41mais personne vote après avoir vu un bon TikTok.
11:44Sinon, les gens voteraient pour moi.
11:46Abonnez-vous.
11:48Les gens, ils votent quand le projet politique,
11:50il existe à la boulangerie,
11:51en attendant le métro, dans la famille, au travail.
11:54Bien sûr, là, on parle d'une campagne électorale.
11:56Ce n'est pas du tout ça dont parlait Gramsci.
11:58Tout l'enjeu, c'est de convertir cette mobilisation
12:00en une organisation solide et pérenne,
12:03qui existe au-delà de la campagne.
12:05Bon, pour Gramsci, c'était évidemment le Parti communiste.
12:08Mais nous, on ne va pas refaire tout pareil,
12:10parce qu'il y avait quand même pas mal de critiques à faire.
12:12Mais je ne vais pas les faire,
12:13parce que sinon, je vais me faire virer.
12:15Non, mais plus sérieusement,
12:16ça, c'est vraiment un point très important
12:18de la pensée de Gramsci.
12:20La bataille culturelle,
12:21ça doit s'appuyer sur une organisation politique puissante,
12:25capable de former et d'être transformée
12:27par les gens qui la constituent.
12:30Ça veut dire qu'elle doit constamment s'adapter
12:31aux aspirations des gens,
12:33notamment en s'appuyant sur les mouvements sociaux.
12:34Et ça aussi, Mme Danil a fait,
12:36par exemple avec le mouvement pro-palestinien,
12:38sans qu'il ait eu besoin d'en faire un thème de campagne,
12:40parce que lui-même est militant depuis des années.
12:42Ne pas bégayer quand on parle de dénoncer un génocide,
12:45c'est genre le minimum du minimum
12:47si tu veux faire adhérer à ton projet des gens de gauche.
12:50Celles et ceux qui attaquent là-dessus,
12:52sur les plateaux télé un peu partout,
12:53c'est juste les dernières personnes
12:54à se ranger du côté du projet hégémonique de la bourgeoisie,
12:57qui, de toute évidence,
12:58ne sait plus vraiment comment se justifier.
13:01Bon, Gramsci, c'est un peu compliqué,
13:02mais si vous devez retenir qu'un seul truc,
13:04c'est que la bataille culturelle,
13:06ça se mène au quotidien,
13:07chez les gens, face to face,
13:09et ça peut aboutir que
13:10si ça s'appuie sur une organisation politique solide,
13:13capable de créer des alliances entre les groupes sociaux
13:16et de s'adapter constamment
13:18aux aspirations de celles et ceux qui la constituent.
13:21Alors oui, Zoran Mamdani a été élu à New York
13:23et il n'aurait peut-être pu l'être nulle part ailleurs,
13:26mais c'est normal,
13:27il a su mobiliser massivement
13:28parce que son projet politique parlait aux gens,
13:30il répondait à leurs attentes,
13:31il a fait une campagne
13:32avec leur manière de parler,
13:34en cohérence avec leurs pratiques culturelles.
13:36Pas en allant se battre sur le terrain de l'extrême droite,
13:37mais en partant de ce que voulait sa base électorale,
13:40sans accuser un groupe ou un autre
13:42de ne pas avoir bien compris comment on fait la gauche.
13:45Est-ce que vous pensez que Mamdani,
13:47il aurait mobilisé aussi massivement
13:49s'il avait dénoncé les dérives du wokisme,
13:51s'il avait passé son temps à rappeler
13:53le droit d'Israël à se défendre
13:55ou vilipender le communautarisme religieux ?
13:59Et si finalement l'enjeu,
14:00ce n'était pas tant de trouver le Mamdani français,
14:03mais une manière d'exister dans la vie des gens,
14:06autrement qu'à la télé en période électorale,
14:08faire exister la gauche là où elle n'existe pas,
14:10au travers d'une organisation
14:12dans laquelle les mouvements féministes,
14:13écologistes, antiracistes
14:15pourraient se retrouver sans être utilisés
14:17comme caution politique.
14:18Une organisation capable de nouer des liens
14:20avec les syndicats de lutte.
14:22Alors oui, c'est pas facile,
14:23mais ce ne sera pas possible autrement.
14:25Plutôt que de se débattre avec le vieux monde qui meurt,
14:28est-ce qu'il ne serait pas temps
14:29d'en proposer un nouveau ?
14:30Sous-titrage Société Radio-Canada
14:32Sous-titrage Société Radio-Canada

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