00:00Guillaume, il va y avoir une grève à la SNCF. Demain, les syndicats protestent contre le démantèlement de la branche de frais de la SNCF.
00:07Est-ce que c'est vraiment la raison pour laquelle ils manifestent ?
00:11Non, c'est un faux prétexte. Alors, pour être pas trop technique, l'activité frais de la SNCF va être scindée en deux entreprises au 1er janvier prochain.
00:19C'était ça où, en fait, la SNCF aurait dû rembourser plus de 5 milliards d'euros de dettes.
00:25Donc c'est la solution, le moindre mal en quelque sorte. Les syndicats le savent très très bien.
00:29En fait, en vraie revendication, ils peuvent pas le dire trop fort parce que ça ne serait pas très populaire, c'est les salaires.
00:34Il se trouve, hasard du calendrier, non, en fait, c'est pas du tout un hasard, qu'il y a aujourd'hui à la SNCF la première réunion consacrée à ce qu'on appelle dans toutes les entreprises,
00:42vous savez, les NAO, négociations annuelles obligatoires.
00:45On a ça chez nous aussi.
00:46On a ça chez nous, on a ça dans toutes les entreprises. Ça veut dire que, concrètement, on va parler argent aujourd'hui à la SNCF.
00:50Apparemment, les syndicats ne sont pas très optimistes sur ce point.
00:53C'est pour ça qu'ils déclenchent la grève, c'est parce qu'ils savent ce que la direction va leur dire.
00:57Elle va leur dire, oui, c'est vrai, on a fait 6 semestres de bénéfices consécutifs à la SNCF, on n'a jamais vu ça.
01:03Oui, mais en contrepartie de ça, vous avez une dette qui est toujours de 24 milliards d'euros.
01:08On a toujours besoin d'investir pour préparer l'avenir, pour acheter du nouveau matériel.
01:13Vous savez qu'on compte beaucoup sur le train pour décarboner les transports et puis on a besoin en permanence de réparer et d'entretenir le réseau.
01:19Vous avez une conjoncture économique qui n'est pas très bonne.
01:22Les Français seront peut-être moins enclins dans les prochains mois à prendre le train, donc il faut faire attention.
01:26Et puis alors surtout, ce sera l'argument massif de la direction, c'est de dire, écoutez, mais comme dans toutes les entreprises là aussi, l'inflation ralentit.
01:33Donc, on ne pourra peut-être pas faire mieux l'année prochaine qu'une hausse de salaire moyenne de 2%.
01:38La direction va rappeler ce chiffre, c'est qu'en moyenne, les salaires ont augmenté de 17% sur les 3 dernières années du côté de la SNCF.
01:46Voilà grosso modo les arguments que la direction va délivrer aux syndicats dans les prochaines années.
01:50Donc, ils risquent d'avoir du mal à la faire céder ?
01:52Ah ben ça, ça dépendra notamment de leur capacité à mobiliser déjà demain et puis à partir du 11 décembre s'ils vont au bout de leur mouvement.
01:58Mais en face, la réalité, c'est que vous avez une SNCF qui est obligée d'avancer vraiment, de rester compétitive,
02:03parce qu'on voit que vous avez une concurrence européenne qui commence doucement à arriver.
02:07Vous voyez les Espagnols de la Renfe, les Italiens de Trenitalia qui commencent à se positionner sur les grandes lignes TGV, Paris-Lyon, Paris-Marseille.
02:16Vous avez d'autres acteurs français comme le train, un petit acteur qui va faire du bord de Nantes, vous voyez, sur des lignes secondaires dans les prochaines années.
02:23Alors, ça ne pèse pas encore trop sur les comptes de la SNCF, mais quand même, ils sont là, ces acteurs, ils s'installent petit à petit, ils commencent à faire baisser les prix.
02:29Donc, vous avez une SNCF qui a besoin d'investir pour rester compétitive ou alors le risque dans les prochaines années de privilégier certaines lignes TGV au détriment d'autres
02:38ou alors de fermer des lignes secondaires entre Paris notamment et des villes moyennes.
02:42C'est un petit peu le risque et c'est pour ça finalement qu'il faut bien investir son argent dans les prochaines années.
Commentaires