00:00Je comprends qu'on puisse débloquer autant d'argent aux entreprises,
00:04mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on n'a pas pensé,
00:05d'abord plutôt à ceux qui font aujourd'hui les beaux jours de ces grandes entreprises.
00:11Parce que sans eux, sans ces petits gens, ces entreprises ne fonctionneraient pas.
00:15Donc on peut débloquer 300 milliards aux entreprises, c'est peut-être nécessaire,
00:20mais je pense qu'on aurait dû aussi, dès le début, quoi qu'il en coûte comme on dit le
00:23président,
00:25débloquer un maximum d'aide à ces familles-là.
00:42Les familles qui vivent ici, ce sont des familles qui travaillent.
00:46Ce sont des familles, malheureusement, qui ne gagnent pas bien leur vie,
00:50puisqu'ils ne sont pas payés à la hauteur de ce qu'ils devraient être,
00:53avec des gens qui clairement se retrouvent face à une crise sanitaire.
00:56Cette crise sanitaire, elle va toucher tout le monde, mais pas de la même manière.
01:00se rajoute dans ces territoires la crise sociale.
01:04C'est-à-dire tout ce qu'on dénonce depuis ces 30 dernières années,
01:07avec ces inégalités, ces injustices sociales,
01:10qui concernent le logement, qui concernent l'éducation,
01:14qui concernent la culture, la santé, la discrimination, le travail,
01:19aujourd'hui c'est un tsunami parce que ces difficultés apparaissent au grand jour.
01:24Et on est en train de toucher un public qui, malheureusement, d'habitude,
01:27ne vient pas chercher des colis alimentaires.
01:29Mais le fait qu'il y ait eu cette crise sanitaire,
01:32les mettent à venir effectivement faire la queue pour venir récupérer des colis.
01:35Les gens qui sont là, ce ne sont pas des misérables,
01:38ce sont des gens dignes qui se lèvent tous les matins,
01:40qui sont responsables, qui clairement sont fiers de ce qu'ils font.
01:44Donc ça reste, vous savez, les petites caissières,
01:47ça reste les travailleurs qui travaillent dans les hôpitaux, des aides-soignantes,
01:52ça reste les gens qui travaillent dans la sécu,
01:55les gens qui sont shoppers-livreurs, taxis.
02:05Quand j'ai vu autant de monde qu'il vient pour Assez-le-Feu,
02:09j'ai dit c'est obligatoire qu'on vienne donner un coup de main.
02:13C'est pour ça, on doit être solidaires entre nous.
02:17Tout ça a augmenté.
02:19Et personne ne peut aller au magasin.
02:21C'est pour ça.
02:23C'est pour ça qu'on voit autant de gens qui sont là.
02:25Et c'est pour ça qu'on sait faire la vérité.
02:28C'est pour ça qu'on voit aussi des gens qui ont faim.
02:31C'est pour ça aussi.
02:41Toutes ces personnes-là aujourd'hui donnent une leçon, je vais dire, d'humanité,
02:46à venir effectivement mettre la main à la pâte
02:48et venir simplement donner un coup de main à leurs voisins, à leur famille, d'accord ?
02:53Parce qu'on vit avec eux, on partage des moments avec eux.
02:56Et en ce moment, tous ces habitants qui sont là vivent des moments difficiles.
03:00Donc encore une fois, ce n'est pas la misère qui chie, d'accord ?
03:04C'est juste qu'on a une crise qui clairement met à mal des personnes
03:09qui n'ont pas la possibilité de pouvoir joindre les deux bouts.
03:11Notre rôle, avec Assez le Feu, c'est de faire de l'interpellation aussi politique
03:15et puis de l'interpellation citoyenne.
03:18On entend un peu porte-voix des habitants des quartiers populaires.
03:22Et donc du coup, bien évidemment, depuis 2005,
03:24avec tout le travail qu'on a fait autour des cahiers de donéances,
03:26on a dit attention, on tire le signal d'alarme.
03:28Si ces problèmes socio-économiques, si ces problèmes de santé publique,
03:32si ces problèmes d'environnement, d'égalité ne sont pas réglés,
03:37ça va être l'explosion.
03:38Voilà, on y est.
03:39Et à chaque fois, de toute façon, qu'il y a une crise en France,
03:41c'est toujours les premiers qui sont violemment touchés par ces problèmes-là,
03:47c'est avant tout en banlieue et notamment dans des villes comme Lichy-sous-Bois.
03:50Ça fait un moment que je suis bénévole, j'ai 28 ans et ça fait 17 ans.
03:53J'ai commencé très jeune.
03:55Mes parents m'ont inculqué des valeurs telles que le respect, la tolérance, la générosité.
04:00Ce sont des valeurs universelles, de base, propres à l'être humain.
04:06Et ces données, c'est aussi recevoir.
04:08Donc aujourd'hui, je reçois en donnant.
04:09Je me nourris des sourires des autres.
04:11Je me nourris de cette satisfaction.
04:14C'est ce qui me pousse à justement continuer et suivre ce chemin-là.
04:25C'est difficile, on touche très bien, un peu, et on paye beaucoup.
04:31Je paye le loyer entier et tout.
04:36Voilà, c'est pour ça.
04:37Je ne suis pas bonne en santé.
04:40Quand on va chez Leclerc, un kilo de tomate, 6 euros, 7 euros, c'est beaucoup pour nous.
04:49C'est trop.
04:51On est le thermomètre de ce qui peut se passer et on l'a vu suite à la crise des
04:58gilets jaunes.
04:58La souffrance, on l'a connue, on l'a dénoncée.
05:01Et c'est la classe moyenne qui, clairement, aujourd'hui, se retrouve en difficulté.
05:05Nous, on se battait pour avoir des droits et d'autres se battaient pour garder leurs droits.
05:09Mais c'est le même combat.
05:11Donc aujourd'hui, si j'ai un message à passer, c'est les grandes surfaces, les grands distributeurs,
05:17ouvrez vos portes, donnez-nous des denrées.
05:20Nous, on saura quoi en faire.
05:21Et ne vous inquiétez pas, quand tout reprendra la normalité,
05:25toutes ces personnes qui, aujourd'hui, n'ont pas les moyens de venir faire leurs courses,
05:29reviendront vers vous.
05:30Et faites un geste aussi.
05:31C'est quoi ?