00:00 On va essayer de faire 200 000 repas en France, gratuit par jour.
00:03 200 000 repas par jour ?
00:05 Oui, on va essayer.
00:06 Pour ceux qui sont les nouveaux pauvres, en gros, qui n'ont plus de quoi manger ?
00:09 Oui, ou les anciens.
00:10 Ou les anciens.
00:11 Moi je file un rencard à ceux qui n'ont plus rien.
00:14 Sans idéologie, discours ou baratin.
00:18 Moi je file un rencard à ceux qui n'ont plus rien.
00:21 Sans idéologie, discours ou baratin.
00:25 Bonjour et bienvenue dans Envie d'agir,
00:27 où je suis ravie de rejoindre cette institution au grand cœur, fondée par Coluche.
00:33 Et tu appelles ça les restaurants du cœur ?
00:35 Oui, on a cherché un nom, on a trouvé ça.
00:38 On s'en fout un petit peu, il faut qu'on reconnaisse le titre.
00:42 C'est des restaurants gratuits quoi, en fait, voilà.
00:45 Ah Coluche !
00:47 C'est énorme, c'est énorme.
00:49 C'est beau ce qu'elle a créé.
00:50 L'empathie.
00:51 La solidarité.
00:52 Aider, partager.
00:54 Pour moi ça résume vraiment l'esprit des restos et l'esprit de Coluche.
00:58 Bonjour, bonjour.
01:01 Tu peux participer ?
01:02 Ah bah volontiers.
01:02 Ah bah génial.
01:03 Volontiers.
01:04 Alors, il y a un petit poids.
01:05 Ok.
01:05 Petit poids, mais on lui donne deux du coup.
01:07 Ah j'ai compris, ça y est j'ai tout compris.
01:10 Donc Francine.
01:11 Oui.
01:11 Jean-Louis.
01:12 Enchantée.
01:13 Donc vous êtes bénévole aux restos du cœur ici.
01:16 Depuis combien de temps ?
01:17 Un peu plus d'un an.
01:18 Et vous ?
01:19 Et moi, 4-5 ans je pense.
01:21 Et pourquoi avoir choisi les restos du cœur et pas une autre association ?
01:25 Parce que j'aime bien avoir des gens en face de moi.
01:30 Pouvoir échanger quelques mots avec madame.
01:32 Et en même temps être utile en servant des légumes.
01:35 Et vous alors Jean-Louis ?
01:36 Un peu la même chose.
01:37 Parce que j'aime bien participer, me rendre utile, tout ce qui est collectif.
01:43 Vous êtes tous les deux au premier plan effectivement pour être en face des personnes
01:46 qui sont peut-être de plus en plus dans la nécessité on a l'impression.
01:50 Oui, il y a un nombre croissant de demandeurs.
01:53 Est-ce que du coup, il y a des profils de personnes qui viennent ici ?
01:56 Il y a des retraités, il y a des jeunes femmes.
01:59 Et est-ce qu'il y a des conditions pour pouvoir bénéficier des restos du cœur ?
02:03 Alors il y a des conditions effectivement de revenus.
02:07 Tout simplement parce que nous ne pouvons pas accueillir tout le monde malheureusement.
02:11 Donc c'est lié aussi à la constitution des familles.
02:13 Il y a l'importance selon que c'est des familles de 2, 3, 4, 5 personnes.
02:16 Par exemple, Madame c'est 4 personnes.
02:21 Donc on va lui proposer un paquet de pâtes ou de riz au choix.
02:26 Qu'est-ce que vous préférez, pâtes ou riz ?
02:28 Des pâtes comme ça.
02:30 Comme ils sont plus petits, on vous en donne deux.
02:32 Ah voilà.
02:34 À la fin de la journée, comment vous vous sentez-vous quand vous avez travaillé toute la journée ?
02:39 Un petit peu fatigué parce que debout toute la journée, ça compte.
02:42 Mais on est content d'avoir participé à quelque chose.
02:45 On est prêts à revenir la semaine suivante.
02:48 En tout cas, il y en a un pour qui c'était une vocation.
02:51 Coluche.
02:52 Il a d'ailleurs créé ce gala des enfoirés que tout le monde connaît depuis 1989.
02:58 Regardons ça.
02:59 C'est plutôt une bande de copains qui préparera une soirée.
03:02 Ça fait un peu ça.
03:04 Ce qui serait bien, c'est qu'on se dispose tout autour, tu sais, en face des gens.
03:11 Tu vois, la scène est comme ça, qu'on se mette comme ça.
03:13 On commence à chanter là et après on se dispose comme ça.
03:16 On se dispose les uns contre les autres.
03:18 Au-delà des chansons, des duos aussi qui sont toujours originaux,
03:28 il y a un truc entre nous qui fait un truc de fou, qui va aller jusqu'aux gens.
03:34 Si je crois que c'est un truc de fou, qu'est-ce que c'est ?
03:36 La micro, voilà.
03:37 Je te suivrai, je te suivrai, ou tu iras gérer, fidèle comme une amouraise.
03:46 Les gens viennent faire cette émission avec tout leur cœur et ça se sent.
04:00 Tout le monde est content de se rassembler, même si on ne vient pas du même monde musical.
04:04 On est heureux d'être là et on est heureux de participer et de faire quelque chose pour elles.
04:08 Reste au-dessus, je te demanderai toujours.
04:13 Et si je te pose des questions, dis-leur, tu l'iras.
04:16 Et si je te réponds, dis-leur, tu l'iras.
04:18 Yves, alors vous, vous êtes bénévole, porte-parole des Restos du Cœur.
04:23 Est-ce que la culture, ça a toujours représenté aussi quelque chose pour les Restos du Cœur,
04:28 juste après les besoins primaires comme l'alimentaire ?
04:31 Depuis le début, les Restos du Cœur se sont attachés à ne pas faire que de la distribution alimentaire.
04:35 Dans les statuts, il est dit que nous travaillons pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes que nous accueillons.
04:42 L'objectif, c'est qu'il n'y ait plus besoin de nous.
04:44 Pour qu'il n'y ait plus besoin de nous, il faut les aider dans l'accompagnement, dans les démarches administratives,
04:50 dans le soutien à la recherche d'emplois, mais aussi, et c'est très important, je pense, pour l'estime de soi,
04:55 dans la culture, dans le départ en vacances.
04:57 Les activités culturelles, ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on n'a pas le droit d'aller au cinéma,
05:01 qu'on n'a pas le droit d'aller au théâtre, et ça donne une joie de vivre aux personnes qui en bénéficient.
05:06 Ça permet aux enfants, quand ils vont à l'école le lendemain, de dire "j'ai vu tel film", comme les autres,
05:12 comme si les parents pouvaient le financer.
05:14 Donc pour nous, c'est un élément fondamental.
05:16 Et je vous assure que cette joie de vivre des enfants et des familles,
05:19 qui quelquefois, j'ai vu une famille qui allait pour la première fois au cinéma de sa vie,
05:24 c'est quelque chose qui est un retour pour les bénévoles qui est fantastique.
05:27 Comme une façon de pouvoir rêver aussi à autre chose ?
05:30 Bien sûr, parce que s'ils sont chez nous, c'est qu'ils ont des vies de galère,
05:34 c'est qu'ils ont eu des accidents de la vie extrêmement difficiles.
05:37 Vous savez, 38% des gens que nous accueillons n'ont plus un euro d'avance,
05:41 une fois payé le loyer et les charges.
05:43 Donc l'accès à la culture, c'est inenvisageable, si nous on ne peut pas les aider à y accéder.
05:49 Donc oui, c'est fondamental.
05:51 Et du coup pour vous, si vous pouviez donner trois valeurs des Restos du Coeur
05:56 avec un si joli nom, ce serait quoi ?
05:58 C'est l'accueil inconditionnel.
06:00 Quelle que soit la situation administrative des gens,
06:03 quelle que soit la nationalité, quelle que soit la couleur de la peau, la religion,
06:06 on accueille tous ceux qui en ont besoin, avec empathie, avec bienveillance,
06:10 pour essayer de leur redonner un peu de courage et un peu d'estime de soi,
06:14 parce qu'il y en a qui sont très découragés, qui ont honte de venir chez nous.
06:18 Donc tous les bénévoles sont formés pour qu'ils accueillent les gens
06:22 et qu'ils leur donnent envie de repartir avec la pêche.
06:25 Et je vous le dis, la plus belle satisfaction pour nous, c'est qu'il n'ait plus besoin de nous
06:28 et qu'un jour ils nous disent "au revoir, j'ai trouvé un travail, j'ai trouvé un logement, etc."
06:33 Empathie, bienveillance, accueil, mais aussi solidarité, fraternité, générosité,
06:40 ce sont bien les valeurs que portait Coluche dès le début, il y a près de 40 ans maintenant.
06:46 - Les restaurants du cœur, c'est parti. - Oui, oui, oui.
06:48 Ça a bien marché déjà.
06:50 On veut simplement nous redistribuer de la nourriture qui existe, qui est en surplus.
06:55 Alors le pari, c'était des millions de repas distribués.
06:58 Mais il en faut 18 millions pour l'hiver, et donc l'hiver commence dans un mois tout juste.
07:02 - Et tout le monde peut venir ? - Tout le monde peut venir, oui, c'est ça.
07:05 - Il n'y a aucun contrôle ? - Ah non, non.
07:07 - Je suis allé ce matin. - Même les riches ?
07:09 Oui, mais alors pour les riches, évidemment, c'est pas le même menu, il y a caviar, tu vois.
07:14 Alors, un coup de bras sur les pompes.
07:17 Bonjour, bonjour.
07:26 Comme vous l'aurez compris, on est dans la partie dédiée aux enfants.
07:35 Et je suis avec Dominique, Martine et Séverine.
07:39 C'est quoi les besoins principaux ?
07:41 Alors, on a besoin principalement de l'hygiène, mais toilettes et tout ça pour les enfants.
07:46 On manque énormément d'hygiène pour les enfants.
07:49 Je ne parle pas des couches, hygiène le corps.
07:52 Et aussi les biberons.
07:54 Et est-ce que quand les mamans viennent, surtout des mamans, ou il y a aussi des papas ?
07:58 - Quelques papas. - Quelques papas ?
08:00 Est-ce que vous avez le temps d'échanger aussi ?
08:02 Si les mamans ont des problèmes, des questions à poser, elles en parlent aux bénévoles.
08:07 Il y a une ancienne sage-femme, il y a des bénévoles vraiment confirmés.
08:11 On est un peu là pour ça.
08:13 Donc il y a des sortes de mamans de substitution aussi ?
08:15 De substitution, voilà.
08:17 En plus des produits que vous leur posez.
08:19 On est grand-mère de beaucoup d'enfants en fait.
08:21 Et donc depuis les 10 ou 11 ans, vous êtes là, est-ce que vous avez vu des enfants grandir ?
08:24 Bien sûr, oui, oui. J'ai des enfants qui m'appellent mémé.
08:27 Et puis on les voit encore.
08:30 Et comment vous vous sentez l'une et l'autre à la fin d'une journée comme ça ?
08:34 Alors, on est fatigué.
08:36 Oui, ça je crois que c'est tout le monde qui l'a dit.
08:38 Une belle fatigue, parce qu'on a quand même rencontré des belles personnes.
08:41 Elles nous remercient énormément par leur sourire.
08:44 Voilà, exactement.
08:46 Elles nous prennent par le bras, Martine, Dominique.
08:48 Là, on a été fermé deux semaines, elles nous ont dit "mais vous nous avez trop manqué".
08:53 Et pour vous alors Martine, Dominique, Coluche il représente quoi ?
08:58 Coluche c'est la personne qui en 1985 a eu une idée de génie de lancer un appel aux radios.
09:04 Et donc, ils disaient que c'était pour un instant, pour un moment.
09:08 Et on est toujours là quelques années plus tard.
09:12 Bonjour Coluche.
09:13 Amis enfoirés, bonjour.
09:15 Je suis le plus grossier de tous, c'est vrai.
09:17 Mais c'est les autres qui ont qu'à faire des progrès.
09:20 Je ne suis pas celui qui montre aux gens comment ils doivent parler.
09:25 Je suis celui qui parle comme les gens.
09:27 C'est fatiguant, non, Michel ?
09:29 Par rapport à ce que c'est sympathique, moi je ne trouve pas, non.
09:32 C'est assez exceptionnel d'avoir pensé, chapeau quand même, à donner à manger à ceux qu'on côtoie.
09:39 Je ne savais rien. Je ne savais pas, on espérait.
09:42 On savait qu'il y avait 5 à 600 000 personnes à nourrir.
09:45 On espérait faire 200 000, 300 000, tu vois.
09:49 Nous si on s'y met tous ensemble, on va arriver à quelque chose.
09:52 Merci et bravo.
09:53 Salut à vous.
09:54 Coluche pensait que ça durerait une année.
09:57 Mais ce qu'il n'avait pas vu c'est que ça durerait aussi longtemps.
10:00 Donc continuez à donner.
10:02 Il y a des équipes formidables qui sont là pour aider.
10:04 Et il y en a plusieurs comme ça, il y en a plein partout en France.
10:07 Du coup, à l'une et à l'autre, c'est quoi votre envie d'agir dans les 5 prochaines années ?
10:12 D'aider au mieux, les accompagner au mieux.
10:15 Enfin, aider ces personnes à s'en sortir et ne plus venir au resto du cœur.
10:20 Ça c'est votre plus grande satisfaction.
10:21 Ah oui, c'est ça.
10:22 Voilà, exactement.
10:23 Merci beaucoup Martine, Dominique, Séverine.
10:25 Merci pour cet accueil.
10:26 Voilà, c'est la fin de notre journée.
10:28 Et je vous dis à très vite sur C8 pour plus d'envie d'agir.
10:31 Et n'oubliez pas, aujourd'hui, on n'a pas le droit ni d'avoir faim, ni d'avoir froid.
10:39 Mais juste à manger, à boire.
10:42 Un peu de couleur et de chaleur dans les restos, les restos du cœur.
10:49 Aujourd'hui, on n'a plus le droit d'avoir faim, ni d'avoir froid.
10:56 On ne peut pas faire autre chose.
10:58 Merci.
10:59 Merci.
11:00 Merci.
11:01 Merci.
11:02 ♪ On est pas deux en soi ♪
11:05 ♪ Et justement j'ai des... ♪
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