00:00 Moi ce que je rêve tout simplement, ce que je souhaite, c'est d'avoir un toit, d'être un petit peu chez moi
00:06 et puis pouvoir vivre...
00:08 calmement.
00:11 [Musique]
00:31 Bonjour, en raison d'un grand nombre d'appels, vous suivez...
00:35 [Musique]
00:43 Quand j'ai la ligne, on me dit qu'il n'y a pas assez d'agents.
00:46 Donc je dois recommencer à zéro.
00:49 On sent bien que la tendance va en augmentant.
00:52 Ce qui nous inquiète, nous, on voit qu'on a de plus en plus de diverses typologies de publics
00:57 qui fréquentent notre boutique.
01:00 Ça va de la personne qui est à la rue, à la personne qui est hébergée chez des tiers ou en structure,
01:06 à la personne qui est logée mais isolée dans son logement et qui n'arrive plus à joindre les deux bouts.
01:13 Il y a nécessité à ce que les pouvoirs publics puissent prendre la mesure de l'urgence de ces personnes
01:20 qui sont en grande errance et en grande difficulté, que ce soit psychologique qu'économique.
01:27 On sent bien que depuis plus d'un an, les solutions d'hébergement d'urgence ont du mal à être pourvues.
01:33 [Musique]
01:41 Le fait d'appeler le 115 tous les jours, mettons-nous à leur place.
01:44 Appelons le 115 tous les jours, dans cette même boutique, dans cet état de tension,
01:49 pour ne serait-ce avoir cet espoir d'avoir cette place que pour la nuit et demain c'est recommencé.
01:55 On est dans le doute, on ne sait pas si on va avoir la possibilité d'avoir une chambre.
02:00 Les demandes au niveau du 115 sont nombreuses.
02:04 Ça nous fait du stress, ça nous fait des tracas.
02:07 D'ailleurs, ça se remarque, par exemple quand il y a la visite du docteur,
02:12 lorsque je suis dans le doute, on attend toujours, et bien la tension monte beaucoup.
02:16 [Musique]
02:33 Nous avons pris le relais des travailleurs sociaux de l'hôpital
02:37 pour que monsieur puisse recouvrir ses droits à la retraite,
02:40 pour qu'il puisse aussi également avoir des droits à la sécurité sociale, des droits santé.
02:46 La grande difficulté pour ce monsieur, c'est que sans ressources,
02:49 il ne peut prétendre à pouvoir obtenir un logement de manière durable.
02:54 Il fréquente la boutique de manière quotidienne, appelle le 115 de manière quotidienne.
03:00 [Musique]
03:08 Voilà.
03:10 OK. Je vous remercie madame. Merci. Au revoir.
03:15 Donc ce soir, je dois chopper.
03:19 Moi, personnellement, mon temps, je passe surtout à la boutique de Solidarité,
03:23 parce que je sais que je pourrais avoir de l'aide pour pouvoir faire ce que je dois faire.
03:29 La boutique Solidarité de la Fondation Ambépierre est devenue un peu une famille pour moi.
03:34 Donc on vient le matin, on prend notre petit-déjeuner.
03:37 Ensuite, si on a la lessive à faire, on peut le faire.
03:41 Il y a deux styles de journée.
03:43 Il y a les styles de journée de la semaine, du lundi au vendredi,
03:46 parce que nous avons la boutique Solidarité qui est ouverte.
03:49 Et il y a les styles de journée du week-end, samedi-dimanche,
03:53 où là vraiment c'est très très dur.
03:55 On est obligé de tout chercher.
03:58 Le petit-déjeuner, le déjeuner, le dîner le soir.
04:02 Le buffet et l'armoire, c'est le même.
04:05 Dans le buffet, nous avons du gâteau, de l'eau, un petit peu de jus,
04:12 puis il y a les médicaments.
04:14 Et dans l'armoire, il y a mes vêtements et les papiers.
04:19 On n'a pas de moyens.
04:21 On est obligé d'aller demander un peu pour pouvoir manger convenablement.
04:28 On rencontre d'autres personnes qui sont également dans la même situation que nous.
04:34 Avec ça, on converse, on essaie de voir l'un et de l'autre.
04:40 Ça aussi c'est très important, parce que lorsqu'on est seul,
04:43 il y a beaucoup de choses, beaucoup d'idées qui passent à la tête,
04:47 des bonnes comme des mauvaises.
04:56 Ça peut arriver du jour au lendemain, je dirais.
04:59 Parce que moi-même, je ne m'attendais pas, de par ma profession,
05:04 qu'aujourd'hui je serais dans cette situation-là.
05:07 Moi, ce que je conseille aux gens, au public, c'est de répondre,
05:12 de tenir la conversation, le dialogue avec quelqu'un qui est dans la rue,
05:17 un centre de sile fixe, c'est très important pour la personne.
05:21 Les associations, elles avancent, mais elles n'ont pas les moyens qu'elles ont besoin.
05:27 Ce sont les moyens financiers pour pouvoir améliorer la situation,
05:32 pour pouvoir aider ces gens-là à trouver un logement, à meubler leur logement.
05:37 Moi, ce qui me motive aujourd'hui, c'est déjà d'être toujours vivant,
05:44 de continuer, et peut-être lorsque j'aurai eu ma retraite,
05:50 je pourrai peut-être aussi m'inclure dans des associations pour aider ceux qui sont en difficulté.
05:56 [Musique]
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