00:00Pour ma part, j'ai trois enfants, avec trois enfants, avec 1800 euros brut, avec un loyer de 1000 euros.
00:06Dites-moi comment on fait.
00:07On lâche rien ! On lâche rien ! On lâche rien ! On lâche rien !
00:14En fait, on est tous dégoûtés. Tous dégoûtés.
00:18Il y a eu 30 démissions à l'espace de deux ans et demi.
00:22Et ça continue. Ça va encore continuer, je ne serai juste après les vacances.
00:27On trouve ça vraiment lamentable et que personne ne se rend compte pourquoi il y a autant de démissions.
00:33Personne ne se pose cette question réelle.
00:36On est en souffrance au sein de l'établissement. Les résidents sont en souffrance.
00:40Les résidents, il y en a qui pleurent. Ils pleurent parce qu'ils ne peuvent pas sortir, il n'y
00:45a pas assez d'activité.
00:48Comment on peut faire pour faire avancer les choses ?
00:59C'est la seule carotte qui nous donnait encore de venir travailler, cette prime, avec notre salaire qu'on a
01:06tous les mois.
01:08Je parle pour ma part, au bout de 13 ans d'ancienneté, avec 1800 euros brut, vous imaginez comment on
01:14peut vivre à l'heure d'aujourd'hui,
01:17avec la hausse du carburant, le pouvoir d'achat, la totalité de ce qui se passe.
01:30C'est le démarrage. Je pense qu'à Orpéa, elles n'étaient pas si entendues que ça.
01:36Aujourd'hui, je vous dis, c'est la goutte qui fait déborder le vase.
01:39Et on se rend compte qu'il y a beaucoup d'établissements qui prennent conscience des choses et qui se
01:43rendent compte qu'ils ne sont pas tout seuls.
01:44Un mouvement national fait en sorte que chacune se dit qu'elle n'est pas toute seule dans son établissement.
01:50Parce que c'est ça, en fait. Elles sont isolées. Elles ont l'impression que ce qui se passe chez
01:53elles, elles sont toutes seules.
01:55Ce n'est pas le cas. Ce qui se passe chez elles, ça se passe dans d'autres maisons de
01:57retraite du groupe.
01:58Et c'est bien qu'aujourd'hui, elles puissent s'exprimer ensemble.
02:01Et la prime, elle est acquis !
02:05Je vais parler de mon étage. On est quatre soignants pour 32 chambres.
02:11Actuellement, il y a 28 résidents qui occupent des chambres.
02:15Sur quatre, souvent, il va manquer une personne.
02:18Donc c'est à nous, les trois autres, de faire le travail de la personne manquante.
02:22Et bien sûr, on fait du mieux qu'on peut.
02:24Donc du coup, il y a des fois, le travail, il est un peu bâclé, malheureusement.
02:28On aimerait faire mieux mais on n'a pas le temps.
02:30On ne peut pas discuter avec eux. On ne peut pas prendre le temps de discuter avec eux.
02:33On est obligé de couper court les soins parce qu'il faut s'occuper des autres qui sont en train
02:35de sonner.
02:36C'est une honte de payer 4 482 euros tous les six mois, vu les repas qui nous sont servis.
02:45Les sorties sont restreintes et donc on est quasiment cantonnés au foyer de vie.
02:54Et bon, il y a des activités au foyer de vie.
02:56Et sans ça, autrement, les résidents voudraient bien sortir à l'extérieur.
03:04On travaille en 12 heures. C'est des journées continues où on est avec les résidents du matin au soir.
03:10Nos résidents, ils mangent rationné. On le dit bien, c'est du rationnage.
03:16Ils ont un petit morceau de pain, ne serait-ce pour le petit déjeuner.
03:19Ils sont conscients que ce n'est pas de notre faute. Ils nous le disent.
03:21On sait que ce n'est pas vous. Mais ils subissent et c'est dur.
03:27Mais même eux ne sont pas entendus par la direction.
03:29Mais en attendant, la faute vient de qui ?
03:33De la direction, parce que tout le monde est au courant qu'il y a des problèmes.
03:36Et il n'y a personne qui se bouge, en fait.
03:38Et on est vraiment traités comme des moins que rien.
03:41On n'en peut plus. On n'en peut plus.
03:43Et on est au bout du bout, là.
03:46Ça a été la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
03:48C'est pour la rue, ça se passe !
03:51Pas de pognon pour les actionnaires !
03:54Le fric pour l'emploi et les salaires !
03:58Pas de pognon pour les actionnaires !
04:02Bien !
04:02On est à récindicée !
04:02Pas de pognon pour les actionnaires !