00:00Bonjour et bienvenue dans les 4V, Sandrine Rousseau, députée de Paris, réélue dès le premier tour dimanche dernier.
00:07Ça fait presque quatre semaines maintenant que le chef de l'État a annoncé sa dissolution.
00:11Dans quatre jours, dimanche soir, on connaîtra le verdict des urnes.
00:14Je veux savoir ce que vous vous êtes dit en ouvrant l'œil ce matin,
00:16quand vous regardez toute la séquence, tout ce qui se passe, là où on en est aujourd'hui.
00:19Je me dis qu'on est dans un moment compliqué, dans un moment historique
00:23et que là, il va falloir que nous agissions selon des principes tous les jours
00:28et la situation évolue de jour en jour.
00:31Je remercie vraiment tous les désistements qui ont pu avoir lieu
00:34pour faire en sorte qu'il y ait le moins d'élus RN possibles.
00:39Il reste 93, 95, on ne sait pas exactement à quelle unité près,
00:42mais ça veut dire quoi ? Sur les consignes de vote, sur les désistements, le job a été fait ?
00:47Le job a globalement été fait. Après, il y a des candidats qui ont résisté.
00:51Mais voilà, je pense que c'est dans ces moments-là qu'on voit aussi comment se comportent les dirigeants politiques.
00:57Et là, j'ai l'impression quand même qu'on a passé un cap alors qu'on est passé
01:01d'une dissolution qui était quand même un peu dans des circonstances incroyables
01:05et dont moi je pense qu'elle était quand même très légère,
01:09c'était une décision légère, à quelque chose qui quand même commence à atterrir.
01:13C'est quand même curieux qu'elle vous dérange cette dissolution
01:15parce que vous avez passé les deux dernières années, vous et vos alliés politiques,
01:18à poser des motions de censure pour essayer de faire tomber les gouvernements,
01:21que ce soit ceux de Gabriel Attal ou d'Elisabeth Borne,
01:23pour essayer d'obtenir cette dissolution.
01:25Marie, vous dites que ce n'est pas le moment.
01:26Non mais la dissolution a eu lieu le soir même des résultats des européennes
01:30alors que le camp d'Emmanuel Macron était en difficulté et que l'extrême droite était à 40%.
01:36Je pense que ce n'était pas le moment de faire cette dissolution.
01:39On aurait pu la faire après, avant.
01:42Là, c'était se mettre en faiblesse.
01:45Et vraiment, j'ai dit ce que je pensais de cette dissolution.
01:49Je pense qu'Emmanuel Macron a pris une décision bien trop rapide
01:51et selon presque quelque chose de l'ordre de « je n'accepte pas cette défaite ».
01:56Maintenant, il nous faut retrouver une ligne directrice nationale.
02:01« Il doit parler Emmanuel Macron, il ne doit pas rester le silencieux de l'Élysée »
02:04disait Xavier Bertrand hier soir.
02:05Vous êtes d'accord avec ça ou pas ?
02:06Vous avez besoin d'entendre la parole du chef de l'État ?
02:08Je ne sais pas.
02:09Pourquoi ?
02:10Je ne sais pas.
02:11Dans le moment, j'avoue que je trouve qu'il nous a mis dans une telle situation d'instabilité
02:15que je n'ai pas très envie de l'entendre.
02:17Qui va gouverner la France à partir de lundi ?
02:19Eh bien, ça dépendra des résultats de dimanche.
02:21Et là, nous avons trois jours.
02:22Oui, mais c'est ça qui va être important, c'est que nous avons trois jours
02:25pour faire reculer et battre le RN partout où c'est possible.
02:30Et en fait, en fonction des résultats que nous aurons dimanche,
02:33nous verrons qui gouvernera.
02:34Pourquoi nous voulons faire battre le RN ?
02:36Parce que peut-être qu'il faut quand même le rappeler,
02:39c'est que le Rassemblement national a une histoire qui vient de l'extrême droite,
02:45qui est un parti d'extrême droite.
02:47Le Rassemblement national, si vous écoutez les candidats,
02:50dès qu'ils sortent des éléments de langage préparé,
02:52ils n'ont qu'un mot à la bouche, c'est le racisme et la discrimination.
02:55Et en fait, nous ne voulons pas de cette France-là.
02:57Moi, je ne veux pas de cette France-là.
02:59Il y en a de nombreuses à ne pas la vouloir.
03:01Est-ce qu'on n'est pas contribué à notabiliser le RN à l'Assemblée,
03:04où ils étaient toujours très propres sur eux, très corrects,
03:07pendant que vous, vous, entre guillemets, bordélisier,
03:09c'est le terme qu'a employé à de nombreuses reprises la présidente de l'Assemblée,
03:12Yannick Brown-Pivet, présidente sortante, l'hémicycle.
03:17Est-ce que la radicalité n'a pas changé de camp ?
03:19J'ai entendu les critiques sur le bruit que nous faisions à l'Assemblée nationale.
03:24Je rappelle quand même que nous étions face à des mesures
03:27qui changeaient radicalement la vie des Français.
03:30Quand il s'agit par exemple d'étudier la réforme des retraites
03:33et de passer à 64 ans,
03:35combien de personnes aujourd'hui travaillent en ayant extrêmement mal au corps,
03:40en mettant sa santé en danger.
03:43C'était de cela dont il s'agissait.
03:46Mais il y a eu d'autres moments dans l'Assemblée.
03:48Par exemple quand il s'agit de regarder les conditions d'obtention du RSA
03:53et la possibilité de supprimer le RSA pour certaines personnes,
03:57donc de mettre des personnes à zéro euro,
03:59ce qui est contraire à tout ce qui s'est fait depuis la création du RMI
04:03et donc de ce revenu qui est vraiment un revenu minimal pour vivre décemment.
04:07Quand il s'agit de passer certaines personnes à zéro euro,
04:11là il n'y avait pas de cri dans l'Assemblée,
04:13mais par contre il y avait une violence sociale énorme.
04:15La violence n'est pas toujours là où on croit
04:18et ce n'est pas parce que nous élevons la voix contre des mesures
04:21qui nous semblent d'une injustice criante que nous nous bordélisons.
04:25Vous ne regrettez pas le fond, mais vous ne regrettez pas la forme non plus.
04:28J'ai entendu les critiques et je les entendrai sur le prochain mandat.
04:32Ça ne sera pas pareil.
04:34En tous les cas, je n'agirai pas de la même manière.
04:37Mais maintenant, je veux vraiment qu'on entende
04:39que ce qui nous conduit tout droit dans les bras du Rassemblement national
04:42est une politique de violence sociale qu'a conduite Emmanuel Macron.
04:46Raison pour laquelle je pense qu'il nous faut regarder ce deuxième tour
04:49avec beaucoup de prudence.
04:50Deux hypothèses pour le deuxième tour.
04:51Soit une majorité absolue pour le Rassemblement national,
04:53soit une majorité relative avec plusieurs groupes qui devront s'entendre.
04:57Est-ce que vous êtes prête à participer à une majorité plurielle
04:59avec des macronistes, avec des socialistes, avec des républicains étanches au RN ?
05:02Moi, je ne suis pas prête à changer notre programme.
05:06Moi, j'ai été élue avec l'étiquette Nouveau Front populaire
05:10et j'ai été élue par des électeurs et électrices qui m'ont fait cet honneur
05:13pour que je porte leur voix.
05:15Nous avons un programme qui est un programme
05:17qui permet d'agir sur les racines du Rassemblement national,
05:21c'est-à-dire sur le sentiment de relégation,
05:23sur le sentiment d'abandon de la République.
05:26Et c'est la raison pour laquelle nous avons un programme
05:28qui met en avant les services publics et l'investissement dans les services publics.
05:31Mais s'il y a une coalition, il faut que chacun édulcore son programme.
05:34Sinon, l'entente sera impossible.
05:35Eh bien, moi, je ne veux pas trahir les électeurs et les électrices qui…
05:39Vous ne pourriez pas être dans un gouvernement avec Jean-Luc Mélenchon d'un côté,
05:42Gérald Darmanin de l'autre et vous, par exemple ?
05:44Moi, je pense que cela n'a pas de sens.
05:46Je pense que cela n'a pas de sens.
05:47Et moi, je voudrais qu'on le retrouve du sens dans la politique.
05:50Et je voudrais surtout que l'on s'attache à reconstruire
05:54vraiment une cohésion nationale, une cohésion sociale
05:58qui fasse que chaque personne, où qu'elle vive,
06:01quelle que soit sa situation, se sente considérée
06:04dans l'état social dans lequel nous vivons.
06:06Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
06:07Il y a des gens qui doivent faire une heure et demie de route
06:10alors même qu'ils sont en urgence pour trouver un hôpital.
06:13Ce n'est pas normal.
06:14Donc, moi, je voudrais que nous nous attelions à vraiment porter les politiques
06:19qui nous permettront de changer concrètement la vie des gens.
06:22Au risque donc du blocage total lundi prochain ?
06:24Au risque d'avoir des solutions type un gouvernement
06:28qui soit un gouvernement technique pendant un temps donné, etc.
06:31Ça, vous n'en voulez pas ?
06:32Non, mais ça, moi, je veux bien ouvrir la discussion
06:35sur des gouvernements techniques, etc.
06:37Marie-Claude Dandelier, hier soir, à la patronne des Verts,
06:39était un peu plus ouverte que vous là-dessus.
06:40Elle n'exclut pas la possibilité de la majorité plurielle comme la...
06:43Moi, j'ai été élue sur un mandat.
06:45Et je respecterai ce mandat et je respecterai les électeurs et électrices
06:48qui m'ont élue sur ce mandat.
06:49Enfin, le mandat ou rien.
06:50Parce que je crois que le programme que nous défendons
06:54est de nature à vraiment aller chercher
06:56aux sources du problème que nous avons actuellement en France.
06:59Et que dévier et encore aller vers une politique libérale,
07:04une politique qui ne respecte pas
07:07ce que nous avons posé dans le débat politique,
07:09c'est d'une certaine manière trahir la parole des électeurs.
07:12Et moi, je serais vraiment...
07:14Enfin, là, je pense que ce qui se joue dans le vote Errenne,
07:18c'est aussi une défiance vis-à-vis du politique.
07:20Et la gauche a, dans son histoire, trahi les promesses qu'elle avait faites.
07:23Je souhaiterais que nous soyons au rendez-vous cette fois-ci.
07:25– Donc l'Alliance se fera sans vous si elle doit se faire.
07:28Et vous êtes prête à accepter l'immobilisme du pays pendant trois ans ?
07:30Parce qu'un gouvernement d'experts, ça serait ça.
07:31On gère les affaires courantes, mais il n'y a pas de grande réforme.
07:34Il faudra attendre 2027.
07:35– Il y a un an déjà, minimum, avant une prochaine dissolution.
07:40Et on verra si on arrive à tenir dans ce cadre-là.
07:43Mais voilà, moi je vous dis, je crois que nous ferions une erreur
07:50si nous donnions l'impression que le fond n'a pas d'importance
07:54et que seule la forme compte.
07:55– Dernière question, il y a des candidats qui posent question,
07:57du côté de LFI notamment.
07:59Jordan Bardella a tweeté, il y a quelques heures,
08:01le 27 mai, huit membres du groupe d'ultra-gauche La Jeune Garde,
08:04dirigé par Raphaël Arnaud, ont passé à tabac un jeune juif de 15 ans.
08:07Ce candidat, Fichier S, dirigeant d'un groupe uscule antisémite,
08:10ne doit pas entrer à l'Assemblée nationale.
08:12J'appelle au sursaut face au pire.
08:14Est-ce que vous soutenez Raphaël Arnaud, qui est Fichier S
08:17et qui est candidat de la France Insoumise ?
08:19– Je ne suis pas au courant de ça.
08:21– Vous connaissez Raphaël Arnaud ?
08:23– Oui, mais je découvre là, s'il y a eu des violences physiques,
08:27il n'y a pas de débat.
08:29C'est-à-dire que s'il y a des violences physiques,
08:31je les condamne absolument
08:33et cela ne doit pas entrer dans le débat politique.
08:36Maintenant, je voudrais vraiment comprendre ce qui s'est passé
08:38parce que là, permettez quand même,
08:40ils utilisent souvent des arguments, voire des fake news,
08:44donc je voudrais vérifier cette information
08:46avant de pouvoir prendre une position.
08:48– Le profil de Raphaël Arnaud, il vous gêne ou pas ?
08:50– Oui, il y a des militants écolos qui sont Fichiers S aujourd'hui,
08:53alors qu'ils défendent le bien commun qui s'appelle l'eau par exemple,
08:55contre les mégabassines.
08:57Donc je veux dire, l'argument Fichiers S n'est pas suffisant aujourd'hui,
09:01malheureusement, pour savoir si une personne doit pouvoir rentrer
09:05ou pas à l'Assemblée nationale.
09:07– Merci beaucoup à vous et bonne journée Sandrine Rousseau.
09:09Tout à l'heure à 8h15, c'est Éric Ciotti qui sera avec nous, Émilie.
09:12– Tout à fait, merci aussi à Fabrice Peuneau
09:14pour la traduction en langue des signes.
09:16Témémé Matin revient dans un instant, à tout de suite.
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