00:00Relaxez nos camarades, on n'est pas des voyous !
00:11Ce mercredi 11 janvier, il y a été plusieurs centaines, militants, syndicalistes, représentants politiques ou simples citoyens
00:18à avoir fait le déplacement à Amiens pour aller chercher la relaxe des 8 ex-salariés de Goudière, dont le
00:25jugement était rendu aujourd'hui.
00:27Hélas, sauf pour l'un d'entre eux, de relax il ne fut point question, puisque 7 des 8 accusés
00:32écopent de peine de prison avec sursis allant jusqu'à 12 mois
00:35et une mise à l'épreuve de 5 ans et l'inscription au casier judiciaire.
00:39Un verdict incompréhensible pour leur avocat, qui voit dans cette dissociation des peines une volonté de casser l'indéfectible solidarité
00:47des ex-salariés de l'usine d'Amiens.
00:49On ne sait pas quel est le critère qui a conduit la cour à distinguer entre ceux qui ont été
00:52condamnés pour séquestration et ceux qui ont été relaxés pour séquestration.
00:56Il y a un certain nombre de confirmations des sanctions sur l'effet de violence.
01:01On va regarder ça très minutieusement.
01:05On va décider ensuite, pour ceux qui ont été condamnés, si on va exercer nos voies de recours.
01:10Mais bon, il y a quand même beaucoup de déceptions chez tous les salariés poursuivis.
01:17Ça fait des mois et des mois qu'on clame partout que, si on regarde de près ce qui s
01:23'est passé en janvier 2014,
01:24il n'y a pas un élément matériel permettant de condamner chacun de ces militants syndicaux.
01:30Voilà. Je crois que ceux qui ont lancé cette démarche en criminalisation,
01:35de ceux qui se battent pour sauver leurs emplois,
01:38sont probablement aujourd'hui encore trop contents.
01:44Il y avait une attente. On pensait qu'on allait pouvoir redresser la barre
01:48et faire que justice soit rendue à tous les salariés de Goudieur
01:52et bien au-delà de tous ces salariés qui, partout, dans les usines françaises qui sont menacées de fermeture,
01:58cherchent à empêcher ces catastrophes sociales de se produire
02:01avec les moyens qui sont les leurs, avec l'émotion que ça suscite.
02:04Vous voyez, quand des multinationales sont exonérées d'impôts,
02:10se livrent à des manipulations absolument scandaleuses
02:13pour ne pas payer un centime à l'État
02:17et que ces multinationales sont exonérées,
02:21pas seulement d'ailleurs de leur contribution fiscale,
02:23mais de toute poursuite,
02:24on a un peu du mal à comprendre comment on peut, de l'autre côté,
02:28déinfliger avec tant d'obstination, des sanctions pénales lourdes
02:32à des gens qui n'ont rien fait d'autre que tenter de sauver leur emploi.
02:36J'ai perdu mon boulot, j'ai divorcé,
02:39j'ai eu une période très difficile dans ma vie,
02:41je suis au chômage, je ne suis pas indemnisé.
02:44Financièrement, c'est un peu la galère,
02:45je toucherai les indemnités qu'à partir du mois de février,
02:47j'ai eu six mois sans salaire, c'est très très compliqué quand même
02:49et en plus, une condamnation dessus de la tête,
02:51ça commence à faire beaucoup pour un seul homme.
02:53Au-delà du cas Goudière, c'est le climat de répression anti-syndicale
02:56qui était en cause aujourd'hui à Amiens.
02:58C'est sûr que l'objectif du pouvoir politique
03:01est d'impressionner et de faire peur
03:05et d'essayer aussi d'isoler les militants
03:08de l'ensemble du monde du travail.
03:09Mais je crois que c'est peine perdue.
03:11Il y a un moment donné ou un autre, de toute façon,
03:13le monde du travail va relever la tête,
03:15il va reprendre confiance en lui
03:17et là, il faudra qu'on aille très loin
03:19et il faudra qu'on leur impose des mesures,
03:21que ce soit à nos patrons ou au gouvernement,
03:23des mesures qui soient durables pour protéger nos conditions de vie.
03:27On sait aussi que malheureusement,
03:29des attaques contre des militants,
03:30c'est en train de pleuvoir de partout
03:32et dans tous les domaines.
03:33Il y a les attaques contre les salariés
03:35qui se battent contre une fermeture d'usines.
03:37On a vu en début de semaine
03:38contre ceux qu'on appelle les lanceurs d'alerte
03:42sur la fraude fiscale.
03:44Mais on voit aussi que ceux qui aident les migrants
03:47sont condamnés
03:47et donc il y a intérêt à faire le lien
03:49entre tous ces combats-là,
03:50toutes ces résistances-là
03:51et arriver à se dire qu'on a intérêt
03:52à se battre tous ensemble.
03:53Je pense que c'est en créant ce genre de dynamique
03:56qu'on arrivera à faire bouger les choses
03:58chacun dans notre coin,
03:59ce n'est pas la peine.
04:01Mais c'est vrai que nous apprenons beaucoup aussi
04:04sur le terrain grâce justement
04:06aux relations qu'on a avec les autres camarades
04:08et c'est très très enrichissant.
04:11Dans un pays,
04:12on doit pouvoir exprimer une contradiction
04:13et quand on ne veut plus exprimer cette contradiction,
04:15ce qui est le cas,
04:17là il y a un vrai danger,
04:18c'est-à-dire que la démocratie,
04:19elle n'est plus entière
04:20si en face, il n'y a pas des gens
04:21qui peuvent exprimer cette contradiction.
04:22Et moi je le sens vraiment aujourd'hui,
04:24que soit tu files droit,
04:25tu te tais et t'encaisses ton chèque
04:26à la fin du mois,
04:28soit tu milites
04:29et tu ne peux plus avoir une carrière normale
04:30et tu ne peux plus
04:31ne pas subir ce genre de choses
04:33qui sont très dures à vivre
04:34au niveau familial,
04:35au niveau perdre mon métier
04:36que j'exerce depuis 18 ans,
04:38c'est quelque chose de très dur
04:39que je ne croyais pas vivre un jour dans ma carrière.
04:40Et donc c'est vrai que c'est quelque chose
04:42de très important pour moi
04:44de le faire savoir,
04:45de le faire connaître.
04:46Le pire, ce serait de gagner
04:47ou de perdre en silence.
04:49Le pire, c'est le silence.
04:50Tous ensemble, nous ensemble, ouais !
04:52Ouais !
04:53Tous ensemble, nous ensemble, ouais !
04:55Ouais !
04:56Bon !
04:57Tous ensemble, tous ensemble, ouais !
04:58Alors, révolution !
05:01On disait chez nous,
05:02on tueur le jour, on tueur toujours !
05:04On tueur le jour, on tueur le jour,