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  • il y a 15 minutes
Ce mercredi 11 janvier, plusieurs centaines de militants, syndicalistes, représentants politiques ou simples citoyens avaient fait le déplacement à Amiens pour « allez chercher la relaxe » des huit ex-salariés de Goodyear. Hélas, sauf pour l’un d’entre eux, de relaxe il ne fut point question puisque sept des huit accusés écopent de peines de prison avec sursis allant pour certains jusqu’à 12 mais, avec mise à l’épreuve durant cinq ans et inscription au casier judiciaire. Un verdict qui s’inscrit dans un climat de violente répression anti syndicale.

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00:00Relaxez nos camarades, on n'est pas des voyous !
00:11Ce mercredi 11 janvier, il y a été plusieurs centaines, militants, syndicalistes, représentants politiques ou simples citoyens
00:18à avoir fait le déplacement à Amiens pour aller chercher la relaxe des 8 ex-salariés de Goudière, dont le
00:25jugement était rendu aujourd'hui.
00:27Hélas, sauf pour l'un d'entre eux, de relax il ne fut point question, puisque 7 des 8 accusés
00:32écopent de peine de prison avec sursis allant jusqu'à 12 mois
00:35et une mise à l'épreuve de 5 ans et l'inscription au casier judiciaire.
00:39Un verdict incompréhensible pour leur avocat, qui voit dans cette dissociation des peines une volonté de casser l'indéfectible solidarité
00:47des ex-salariés de l'usine d'Amiens.
00:49On ne sait pas quel est le critère qui a conduit la cour à distinguer entre ceux qui ont été
00:52condamnés pour séquestration et ceux qui ont été relaxés pour séquestration.
00:56Il y a un certain nombre de confirmations des sanctions sur l'effet de violence.
01:01On va regarder ça très minutieusement.
01:05On va décider ensuite, pour ceux qui ont été condamnés, si on va exercer nos voies de recours.
01:10Mais bon, il y a quand même beaucoup de déceptions chez tous les salariés poursuivis.
01:17Ça fait des mois et des mois qu'on clame partout que, si on regarde de près ce qui s
01:23'est passé en janvier 2014,
01:24il n'y a pas un élément matériel permettant de condamner chacun de ces militants syndicaux.
01:30Voilà. Je crois que ceux qui ont lancé cette démarche en criminalisation,
01:35de ceux qui se battent pour sauver leurs emplois,
01:38sont probablement aujourd'hui encore trop contents.
01:44Il y avait une attente. On pensait qu'on allait pouvoir redresser la barre
01:48et faire que justice soit rendue à tous les salariés de Goudieur
01:52et bien au-delà de tous ces salariés qui, partout, dans les usines françaises qui sont menacées de fermeture,
01:58cherchent à empêcher ces catastrophes sociales de se produire
02:01avec les moyens qui sont les leurs, avec l'émotion que ça suscite.
02:04Vous voyez, quand des multinationales sont exonérées d'impôts,
02:10se livrent à des manipulations absolument scandaleuses
02:13pour ne pas payer un centime à l'État
02:17et que ces multinationales sont exonérées,
02:21pas seulement d'ailleurs de leur contribution fiscale,
02:23mais de toute poursuite,
02:24on a un peu du mal à comprendre comment on peut, de l'autre côté,
02:28déinfliger avec tant d'obstination, des sanctions pénales lourdes
02:32à des gens qui n'ont rien fait d'autre que tenter de sauver leur emploi.
02:36J'ai perdu mon boulot, j'ai divorcé,
02:39j'ai eu une période très difficile dans ma vie,
02:41je suis au chômage, je ne suis pas indemnisé.
02:44Financièrement, c'est un peu la galère,
02:45je toucherai les indemnités qu'à partir du mois de février,
02:47j'ai eu six mois sans salaire, c'est très très compliqué quand même
02:49et en plus, une condamnation dessus de la tête,
02:51ça commence à faire beaucoup pour un seul homme.
02:53Au-delà du cas Goudière, c'est le climat de répression anti-syndicale
02:56qui était en cause aujourd'hui à Amiens.
02:58C'est sûr que l'objectif du pouvoir politique
03:01est d'impressionner et de faire peur
03:05et d'essayer aussi d'isoler les militants
03:08de l'ensemble du monde du travail.
03:09Mais je crois que c'est peine perdue.
03:11Il y a un moment donné ou un autre, de toute façon,
03:13le monde du travail va relever la tête,
03:15il va reprendre confiance en lui
03:17et là, il faudra qu'on aille très loin
03:19et il faudra qu'on leur impose des mesures,
03:21que ce soit à nos patrons ou au gouvernement,
03:23des mesures qui soient durables pour protéger nos conditions de vie.
03:27On sait aussi que malheureusement,
03:29des attaques contre des militants,
03:30c'est en train de pleuvoir de partout
03:32et dans tous les domaines.
03:33Il y a les attaques contre les salariés
03:35qui se battent contre une fermeture d'usines.
03:37On a vu en début de semaine
03:38contre ceux qu'on appelle les lanceurs d'alerte
03:42sur la fraude fiscale.
03:44Mais on voit aussi que ceux qui aident les migrants
03:47sont condamnés
03:47et donc il y a intérêt à faire le lien
03:49entre tous ces combats-là,
03:50toutes ces résistances-là
03:51et arriver à se dire qu'on a intérêt
03:52à se battre tous ensemble.
03:53Je pense que c'est en créant ce genre de dynamique
03:56qu'on arrivera à faire bouger les choses
03:58chacun dans notre coin,
03:59ce n'est pas la peine.
04:01Mais c'est vrai que nous apprenons beaucoup aussi
04:04sur le terrain grâce justement
04:06aux relations qu'on a avec les autres camarades
04:08et c'est très très enrichissant.
04:11Dans un pays,
04:12on doit pouvoir exprimer une contradiction
04:13et quand on ne veut plus exprimer cette contradiction,
04:15ce qui est le cas,
04:17là il y a un vrai danger,
04:18c'est-à-dire que la démocratie,
04:19elle n'est plus entière
04:20si en face, il n'y a pas des gens
04:21qui peuvent exprimer cette contradiction.
04:22Et moi je le sens vraiment aujourd'hui,
04:24que soit tu files droit,
04:25tu te tais et t'encaisses ton chèque
04:26à la fin du mois,
04:28soit tu milites
04:29et tu ne peux plus avoir une carrière normale
04:30et tu ne peux plus
04:31ne pas subir ce genre de choses
04:33qui sont très dures à vivre
04:34au niveau familial,
04:35au niveau perdre mon métier
04:36que j'exerce depuis 18 ans,
04:38c'est quelque chose de très dur
04:39que je ne croyais pas vivre un jour dans ma carrière.
04:40Et donc c'est vrai que c'est quelque chose
04:42de très important pour moi
04:44de le faire savoir,
04:45de le faire connaître.
04:46Le pire, ce serait de gagner
04:47ou de perdre en silence.
04:49Le pire, c'est le silence.
04:50Tous ensemble, nous ensemble, ouais !
04:52Ouais !
04:53Tous ensemble, nous ensemble, ouais !
04:55Ouais !
04:56Bon !
04:57Tous ensemble, tous ensemble, ouais !
04:58Alors, révolution !
05:01On disait chez nous,
05:02on tueur le jour, on tueur toujours !
05:04On tueur le jour, on tueur le jour,

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