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  • il y a 13 heures
Mardi 18 juillet une manifestation était organisée à Paris entre la place Saint Michel et le Sénat, pour protester contre le projet de « nouvelle loi anti-terroriste » qui ferait entrer dans le droit commun, de mesures d'exception afférentes à l’Etat d’urgence. Création de « périmètres de protection », Perquisitions administratives et « électroniques », Assignations à résidence, Interdictions de séjour, de Fermetures de lieux de culte, Surveillance hertzienne seraient misent en place sous la seule décision d'un préfet.

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Transcription
00:00État d'immigrant, État policier !
00:04Mardi 18 juillet, une manifestation était organisée à Paris entre la place Saint-Michel et le Sénat
00:09pour protester contre le projet de nouvelle loi antiterroriste
00:13qui ferait entrer dans le droit commun des mesures d'exception afférentes à l'état d'urgence.
00:18Je suis présent ici pour signifier mon opposition à la transcription de l'état d'urgence dans le droit commun,
00:24dans la loi,
00:25puisque j'étais déjà opposé à la sixième prorogation de l'état d'urgence qui a eu lieu la semaine
00:32dernière.
00:32Tout le monde s'inquiète effectivement de cette transposition puisqu'elle peut avoir un caractère arbitraire
00:37et on a vu comment ça a pu être utilisé contre les manifestants pendant les manifestations sur la loi travail,
00:43la loi El Khomri,
00:44mais aussi pendant la COP21 où des militants écologistes ont été assignés à résidence.
00:49Donc on voit comment sous couvert de lutte contre le terrorisme, on finit par aussi lutter contre le mouvement social.
00:55On a vu que l'état d'urgence s'appliquait beaucoup sur les mouvements sociaux ou des gens qui n
00:59'avaient rien à voir avec le terrorisme.
01:01Deuxièmement, dans ce projet de loi actuel, il est prévu d'instaurer des périmètres de protection
01:08qui pourraient s'appliquer aux manifestants, aux mouvements sociaux, notamment ceux qui peuvent émerger,
01:14qui peuvent se développer à la rentrée.
01:16Et on voit même, en s'appuyant sur des exemples concrets des spectacles de rue,
01:23où il aurait été imposé aux organisateurs de mettre en place des systèmes de vigiles,
01:29de financer un dispositif de protection qui a fait monter considérablement le coût des festivals.
01:36Et donc on redoute évidemment que cette disposition s'applique.
01:40C'est-à-dire qu'un jour le préfet de police va dire « Ah, est-ce que vous avez
01:43des vigiles pour contrôler les manifestants ? »
01:47« Est-ce que vous êtes sûr que les personnes qui vont entrer dans le périmètre auront été fouillées ?
01:50»
01:50« N'auront pas sur eux quelque chose qui peut constituer un danger ? »
01:54Et donc à partir de là, ce qui va avoir évidemment pour effet de réduire la liberté d'expression, la
02:02liberté de manifester.
02:03Là, dans tout lieu ou événement susceptible, ou sont susceptibles d'être commis des actes de terrorisme,
02:10le préfet pourra prendre des mesures, on pourra palper les gens, les fouiller.
02:14Et s'ils refusent, sur l'espace public, ils ne pourront pas circuler, ils seront obligés de rebrousser chemin.
02:19Et ça, ça pourrait être mis en œuvre aussi bien par les forces de l'ordre que par des agents
02:22de sécurité privés,
02:24dont le gouvernement nous dit « C'est très bien, ils sont 148 000, donc ça va nous laisser vraiment
02:28une grande marge de manœuvre. »
02:29Des lieux ou des événements dans lesquels des actes de terrorisme potentiellement peuvent être commis, c'est tout endroit.
02:34Ici, là où on se trouve aujourd'hui pour cette manifestation, dès qu'il y a plus de 10 personnes
02:38dans un lieu, il peut y avoir un acte de terrorisme.
02:40Donc c'est une définition qui n'est absolument pas restrictive et qui va permettre finalement de transformer l'espace
02:45public
02:46en un espace où le préfet pourra décider si les gens peuvent circuler ou non.
02:50Les mesures qui nous sont proposées augmentent de manière exorbitante les pouvoirs de police administrative
02:56et donc les pouvoirs qui sont entre les mains de l'exécutif, du gouvernement, au détriment de la séparation des
03:02pouvoirs.
03:02La police administrative, normalement, c'est pour prévenir les risques d'atteinte à l'ordre public.
03:07Ce n'est pas pour permettre d'assigner des gens à résidence, pour permettre des visites, des perquisitions chez les
03:14particuliers.
03:16Ce genre de mesures-là, normalement, elles doivent être décidées par des juges indépendants du pouvoir politique.
03:21Et là, ce n'est pas ce qui va se passer.
03:22Et effectivement, un pouvoir avec en plus des mesures qui sont définies de façon très floue
03:26et qui peuvent toucher une large partie de la population,
03:31ce sont des mesures qui pourraient ensuite être utilisées de manière extrêmement grave
03:34et qui le seront de toute façon, quel que soit le régime,
03:37parce qu'on voit bien qu'il y a un risque d'arbitraire qui est très important.
03:39Ça crée à la fois, alors, non seulement un climat favorable à la répression,
03:45au fait que les policiers peuvent faire à peu près n'importe quoi.
03:50Je vous rappelle qu'année dernière, déjà, c'était passé dans la loi
03:53qu'ils pouvaient être armés chez eux, etc., en dehors de leur travail.
03:59Donc on voit ce que ça peut donner dans les quartiers populaires.
04:02Mais c'est surtout, en fait, le changement progressif de nature du pouvoir.
04:09On a l'impression que ce pouvoir, qu'on pourrait qualifier de libéral-mondialisateur,
04:17est en train de tout verrouiller, non seulement d'un point de vue politique,
04:23non seulement d'un point de vue syndical, mais également d'un point de vue répressif,
04:27pour faire passer en force toutes ces mesures.
04:31Surtout que pour l'état d'urgence, on ne pose pas la question centrale, en réalité.
04:34On cherche des moyens juridiques pour attraper les terroristes plus vite.
04:37En tout cas, c'est la volonté qui est affichée.
04:38Mais on ne se pose pas la question de qui va attraper ces terroristes, concrètement, sur le terrain.
04:43Or, quand on voit qu'il va y avoir 450 millions d'euros de moins
04:46pour le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice, là, dès 2017,
04:50je me demande comment on va faire, alors qu'on voit qu'on manque de magistrats,
04:53qu'on manque d'officiers de police judiciaire,
04:54et que nos services de renseignement ne sont toujours pas réorganisés correctement.
04:58Donc nous, on pose clairement la question des moyens,
05:00parce qu'on veut empêcher les attentats terroristes sur le territoire national,
05:04les actes terroristes, clairement, il ne faut pas en douter.
05:06Mais pour ça, on veut des mesures efficaces,
05:08à savoir des moyens supplémentaires pour les services qui sont à la manœuvre.
05:11État d'urgence, État policier, nous ne lâcherons rien de nos libertés.
05:19État d'urgence, État policier.

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