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  • il y a 6 minutes
Le tribunal administratif suspend l'arrêté de la préfecture de police de Paris qui interdisait le parcours de la manifestation parisienne entre Bastille et Nation. Interrogé sur la suspension, par le tribunal administratif de Paris, de l'arrêté de la préfecture de police de Paris qui interdisait le parcours de la manifestation parisienne entre Bastille et Nation, Laurent Nuñez annonce que la préfecture va "faire appel". Audience prévue à 22h ce 30 octobre.

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Transcription
00:00Je vais vous lire une réaction, Sophia Tizaoui. C'est la présidente de la région Île-de-France qui réagit
00:04et qui dit
00:05« Incompréhension totale devant la décision du tribunal administratif, suspendant donc cet arrêté du préfet,
00:10qui visait à protéger les quartiers républiques Basty-Nation.
00:14Les commerçants vandalisés le 17 octobre, les habitants de ces quartiers ont déjà suffisamment souffert,
00:19ils doivent être protégés par la puissance publique.
00:21Le droit de manifester n'implique pas de choisir son parcours. »
00:26Est-ce que vous entendez que dans le contexte actuel, vu le risque sécuritaire, on ne puisse pas forcément demain
00:32choisir son parcours ?
00:33Non, parce que justement, c'est le travail de l'État, encore une fois, de sécuriser les manifestants et à
00:38la fois les Français tout court.
00:40Je ne vais même pas aller plus loin que ça parce qu'on est tous des Français.
00:42Donc c'est juste son travail.
00:44Et aujourd'hui, la sécurité, c'est un devoir d'État.
00:46Et il ne faut pas que ce soit un prétexte pour imposer des mesures liberticides.
00:49Et aujourd'hui, c'est ce qui se passe.
00:50C'est-à-dire qu'on prend le prétexte de la sécurité pour nous empêcher de choisir notre parcours.
00:54Mais sauf qu'à la base, ça ne fonctionne pas comme ça.
00:56C'est que les Français veulent manifester d'un point A à un point B.
01:00Et on fait en sorte que ça se passe bien.
01:02Et on met tout ce qu'il faut.
01:03Et il ne faut pas qu'aujourd'hui, des gens ont peur de manifester parce que c'est majoritairement le
01:07cas aussi.
01:08Il ne faut pas qu'aujourd'hui, des jeunes se retrouvent avec des mains arrachées ou des yeux éborgnés.
01:11Et aujourd'hui, ça devient...
01:12Mais qu'est-ce que vous dites aux commerçants que vous vous représentez, par exemple, qui ont peur et qui
01:15se barricadent ?
01:17Mais moi, je les comprends.
01:18Et bien sûr que nous-mêmes, nos méthodes d'action, moi en tant qu'ancienne présidente d'un syndicat lycéen,
01:23ou même actuellement les syndicalistes étudiants, lycéens, la CGT, etc., n'ont jamais appelé à la violence.
01:28Ce n'est pas dans nos moyens d'action.
01:30D'accord ?
01:30Après, vous voyez bien que ça se passe aussi.
01:32C'est systématiquement de la violence.
01:34C'est un climat assez malsain quand même aujourd'hui, une manifestation.
01:36Bien sûr.
01:36Parce que vous savez aussi que les policiers, ils ont peut-être besoin de se reposer un petit peu.
01:40et qu'effectivement, moi, je ne vais pas me joindre à une manifestation
01:42où je sais que d'un côté, on aura des gens qui seront extrêmement énervés,
01:46qui vont essayer de provoquer des policiers,
01:47et de l'autre côté, des policiers qui n'ont peut-être pas pris de vacances depuis six mois,
01:50qui sont à bout.
01:52Donc c'est trop malsain, l'ambiance est trop malsaine.
01:54Vous vous dites que ça suffit maintenant.
01:55Non, mais c'est-à-dire que moi, je comprenais les revendications aujourd'hui,
01:58au début, et j'ai trouvé plutôt assez clair.
02:00On parlait du nombre de professeurs à remplacer,
02:02on parlait de parcours sup et de ces ambiguïtés,
02:07on parlait des moyens que vous aviez au niveau des lycées.
02:10Je pouvais vraiment les comprendre.
02:11Et puis on a vu, mais je pense comme tout le monde,
02:13que la manifestation et cette revendication
02:17aggloméraient trop de gens autour,
02:19qui étaient là uniquement justement pour aller provoquer les forces de l'ordre,
02:22qui se réjouissent de la casse.
02:25Moi, je ne sais pas quand ça va s'arrêter en fait.
02:26Du coup, on est d'accord, on peut se mettre d'accord sur un point,
02:29c'est que c'est une minorité.
02:30Les 800 000 personnes qui étaient dans la rue la semaine dernière,
02:32ce ne sont pas 800 000 casseurs.
02:34Oui, mais vous avez une responsabilité à partir du moment où les gens
02:36voient que ça met autant de gens qui cassent.
02:39Déjà, tout d'abord, dans un mouvement social,
02:41on est en France, on connaît notre histoire,
02:42il y a toujours eu son lot de casse.
02:43Ce n'est pas une surprise.
02:44Donc ça, c'était une question que je voulais vous poser.
02:46Vous, vous considérez que pour obtenir gain de cause,
02:49ça doit passer par la casse ?
02:50Ce n'est pas ce que je suis en train de dire,
02:51c'est que juste quand on fait l'analyse aujourd'hui
02:52de nos mouvements sociaux, comment ils fonctionnent,
02:54c'est qu'aujourd'hui, on a une histoire française
02:57qui fonctionne comme ça.
02:58Peut-être qu'il faut qu'on progresse.
02:59Peut-être qu'il faut qu'on laisse que ça se passe différemment.
03:01À un moment donné, il faut aussi chercher l'origine.
03:04Ce n'est pas une justification du tout.
03:05Mais quand vous avez un pouvoir qui ne vous écoute pas,
03:08quand vous allez aux urnes NFP 2024,
03:11quand on remporte une majorité relative à l'Assemblée nationale,
03:13et que le président décide de ne pas nommer
03:15quelqu'un de cette coalition-là,
03:17donc quand même on va aux urnes,
03:18on ne nous écoute pas,
03:19et bien force est de contrater...
03:20On est d'accord pour dire qu'on ne peut pas attendre six mois.
03:22On ne peut pas attendre six mois.
03:23On est d'accord ou pas ?
03:24Mais bien sûr que non.
03:25Je veux dire, l'échéance de la prochaine élection présidentielle
03:28en fait est beaucoup trop tard.
03:29Et là, c'est chaque semaine.
03:31On remet ça demain, on remet ça...
03:33Qu'est-ce que vous dites à celles, par exemple,
03:35qui sont là sur ce plateau et qui veulent manifester ?
03:37Faites une pause !
03:38Faites une pause, bien sûr,
03:39parce que tout le monde a le droit un petit peu
03:41d'avoir du calme dans ce pays.
03:42Je veux dire, on ne peut pas continuer à vivre comme ça.
03:44C'est trop anxiogène.
03:46Est-ce que vous pensez sincèrement que nous,
03:47on aurait aimé manifester ?
03:49Ce que je veux vous dire, c'est qu'aujourd'hui...
03:51Oui, je pense qu'il y a des gens
03:51qui prennent plaisir à manifester.
03:53Il y a aussi des gens qui prennent plaisir
03:54à aller casser, à foutre le bordel.
03:56Et ce n'est pas seulement sur un parcours bien défini
03:58puisqu'aujourd'hui, en traversant Paris,
03:59les magasins du 8e se barricadent,
04:02du 15e, du 16e, c'est partout.
04:04Ce n'est pas le job de commerçant
04:05d'aller chez Castorama ou Laura Merlin aujourd'hui,
04:07acheter des planches et les fixer.
04:09Ils ont autre chose à faire.
04:09Je suis d'accord, et ce n'est pas notre job aussi
04:11à nous en tant que jeunes ?
04:12Votre job, c'est d'aller à l'école.
04:13C'est de bosser.
04:14C'est votre boulot.
04:15Très bien, mais comment est-ce qu'on fait
04:16quand on veut aller à l'école
04:17mais qu'en fait, l'État ne nous donne pas les moyens ?
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